Bilingues en russe

Livres bilingues russe-français et russe-anglais

  • «Soudain ma poitrine fut ébranlée, frappée comme de quelque chose qui la transperçait, et des larmes, de douces larmes jaillirent de mes yeux. Je me cachai le visage dans les mains, et frémissant tout entier comme un brin d'herbe, je m'abandonnai sans force à ma première prise de conscience, à la première révélation de mon coeur, au premier éveil encore incertain de mon être... Cet instant fut celui où s'acheva ma première enfance...».

    Naissance du sentiment amoureux, exaltation et espoirs fous, frustrations et déceptions... tout concourt, sous la plume d'un Dostoïevski emprisonné, à livrer une ode à l'enfance, aux premiers émois et tout simplement à la vie, avec une vérité et une profondeur rarement égalées.

    Traduction révisée par Simone Sentz-Michel.

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  • douze

    Blok/Alexandre

    Dans une grande hallucination, Blok rédige Douze entre le 8 et le 28 janvier 1918. La publication de ce texte provoque une vraie tempête. Peu d'écrivains ont osé faire aussi vite de la Révolution le thème central d'une oeuvre littéraire. Dans les rues de Petrograd, les murs sont placardés d'affiches où figure un vers du poème : « Marquez le pas révolutionnaire ! » Les bolcheviques relayés par la critique soviétique font de Douze leur étendard. Pour eux, l'essentiel est clair : le poète est de tout coeur avec la classe ouvrière. Il ne se démarque pas des soldats de l'Armée Rouge. Pourtant, les choses sont plus complexes. Le poème s'attache à l'âme de la Révolution plus qu'à la révolution politique elle-même. C'est une oeuvre inaugurale au sens où elle invente le langage nouveau de la modernité poétique en Russie. Par ses recherches rythmiques Douze est lié à toute l'oeuvre antérieure de Blok, dont il est l'aboutissement et le dépassement. Son rythme novateur crée le vers tonique libre en russe : la distinction entre la cadence du vers et celle de la langue parlée s'efface. Les poèmes, au nombre de douze, n'en forment qu'un, liés entre eux par la continuité narrative de l'avancée des douze soldats dans la tempête de neige. Suivant la théorie du "poème énonciateur" de Mallarmé, la voix poétique progresse dans son propre inconnu, l'auteur découvre son poème en même temps qu'il l'écrit. Ainsi Blok "aperçoit" un Christ en suspension. Une utopie au sens où l'invention poétique est elle-même celle du politique.

  • premier amour

    Ivan Tourguéniev

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  • Il y a sans doute peu de pays au monde où la poésie spécialement écrite pour les enfants soit aussi populaire qu'en Russie, au point de s'être constituée en genre tout à fait à part depuis le début des années vingt de notre siècle. Si elle a pu servir parfois de refuge à des poètes qui, tels Kharms, Sapguir ou Grigoriev, n'avaient pas la possibilité, sous le régime soviétique, de publier leurs oeuvres " pour adultes ", cette poésie reflétait cependant les réalités du pays et de l'époque, singulièrement articulées par le jeu obsédant du son et du sens, du rythme, du mètre, de la rime : " Ne crains pas les contes de fées. / Crains plutôt le mensonge. / Un conte ne peut pas tromper : / En plein dans le vrai il nous plonge ". Ce volume réunit dix des poètes les plus représentatifs (Sacha Tchiorny, Korneï Tchoukovski, Samuel Marchak, Daniil Kharms, Boris Zakhoder, Valentin Bérestov, Guenrikh Sapguir, Roman Sef, Younna Morits, Oleg Grigoriev), des poèmes que des millions d'enfants russes, aujourd'hui encore, connaissent par coeur.

  • Le narrateur des Carnets du sous-sol est un anti-héros, repoussant, agaçant, cuistre, mais capable d'un monologue d'humilié et d'offensé, qui fait le juste procès du monde moderne et de toute hypocrisie.


    Cette oeuvre majeure de la littérature russe est proposée ici dans une traduction inédite particulièrement accessible aux lycéens. Le monologue qui constitue le récit est, par son style vivant et son thème, au croisement des cultures européennes et à la source de la modernité. Il offre des perspectives d'analyses multiples et propose une excellente ouverture aux interrogations philosophiques et à l'écriture contemporaine.

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  • contes d'Odessa

    Isaac Babel

    C'est aux images de son enfance dans la vieille communauté juive d'Odessa que Babel devra son inspiration. Les Contes d'Odessa sont une évocation attendrie, suite de tableaux pittoresques, fortement colorés de l'ancien monde, celui d'avant 1917 : la juiverie d'Odessa, ses bandits, ses marchands, ses putains, sa misère, la terreur des pogroms...
    Le destin de certains écrivains se devine à la lecture de leurs livres.

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  • requiem

    Anna Akhmatova

    • Minuit
    • 1 May 1966

    L'or se couvre de rouille, l 'acier tombe en poussière, et le marbre s'effrite.
    Tout est prêt pour la mort. ce qui résiste le mieux sur terre, c'est la tristesse, et ce qui restera, c'est la parole souveraine. anna akhmatova. en russie, à la fin des années trente, parmi les millions d'innocents arrêtés qui disparaissent dans les cachots et dans les camps, il y a le fils d'anna akhmatova, un des grands poètes russes du siècle. elle compose alors des poèmes qu'elle n'ose même pas confier au papier : des amis sûrs les apprennent par coeur et, pendant des années, se les récitent régulièrement pour ne pas les oublier.
    En évoquant sa tragédie personnelle, akhmatova parle au nom de toutes les victimes, et aussi de toutes les femmes qui, comme elle, ont fait la queue pendant des semaines et des mois devant les prisons. ses vers " formés des pauvres mots recueillis sur leurs lèvres ", comptent parmi les plus poignants de la littérature russe. les dizaines de millions de voix étouffées et brisées qui, grâce à elle, traversent l'espace et le temps pour parvenir jusqu'à nous, résonneront encore longtemps dans la mémoire de la russie.

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  • " Mort à l'étrangleur ! ", criait la foule enragée, et les coups lourds des gaffes de pêche ébranlèrent les planches du portail. Les chiens déchaînés se mirent à aboyer avec acharnement. La foule s'agitait, le portail craquait et, enfin, céda. Armés de gaffes et de harpons, les pêcheurs firent irruption dans le jardin, massacrèrent les chiens et assiégèrent la maison.
    " Ouvre la porte ! criaient les pêcheurs. De toute façon tu ne sortiras pas d'ici vivant. "

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