Joerg Bader

  • The Colombian-born photographer and artist Guadalupe Ruiz has undertaken a project to document the social and economic inequity in her native city of Bogotá. She explores six houses from the city's six different taxation classes whose residents range from extremely affluent to impoverished. By taking photographs of apartments and streetscapes, whole interiors and single pieces of furniture, Ruiz creates a cohesive and multilayered portrait of the city as a whole. She also examines personal and decorative objects, such as family portraits and Catholic icons found in both slums and luxurious villas, and highlights the differences and some surprising cultural parallels between socioeconomic classes.
    Guadalupe Ruiz; Bogotá D. C. is a subtle, thought-provoking examination of urban life and includes over a hundred stunning images arranged by neighborhood. A map of the neighborhoods and a complementary essay are included to provide context for Ruiz's impressive photographs.

  • Reportage photographique au coeur d'une Genève barricadée et déserte en prévision du contre-sommet du G8 en 2003. L'ouvrage déploie une mise en scène sur l'abandon de l'espace urbain, d'où fleurissent d'étonnantes constructions de défense.
    Bien avant le virus Covid-19, le photographe genevois Jaques Berthet a capturé une Genève déserte, voir assiégée. Aucun piéton, des rues vidées de toute circulation et des rez-de-chaussée barricadés avec des palissades jaunes. A se demander qui en voulait autant à une des villes les plus riches du monde ? Rumeur sur la ville est le titre du nouveau livre de Jacques Berthet qui dresse un inventaire des mesures de protection des commerçants et autres banquiers genevois avant la manifestation altermondialiste du printemps 2003.

    « Lors du sommet du G8 à Evian en juin 2003 les altermondialistes ont organisés à Genève une grande manifestation de protestation. En prévision d'éventuels débordements les commerçants du centre ville ont pris quelques précautions... Le résultat est surprenant, il ma permis de réaliser ce reportage photographique sur ces étonnantes constructions qui mettent en valeur l'espace architectural urbain. Ce travail photographique associe l'instant du vide au cadrage arrêté d'une image architecturale. Il s'agit d'une fiction sur l'abandon, la fuite. ».
    Jacques Berthet.
    Publié suite à l'exposition « Un art de la disparition - Rumeurs sur la ville » au Centre de la photographie Genève, du 4 mars au 8 mai 2016.

  • Cette publication du photographe brésilien documente les ravages écologiques et humains causés par la construction du barrage de Belo Monte en Amazonie.
    En avril 2013, l'artiste brésilien Caio Reisewitz a eu l'occasion d'étudier la ville d'Altamira : la croissance désordonnée, la dévastation de la forêt et la négligence de la communauté indigène suite à la construction de la centrale hydroélectrique de Belo Monte. Il est retourné à Altamira en avril 2018 pour photographier l'impact environnemental après la construction des barrages. Son nouveau livre photographique raconte cette histoire. Lorsque la centrale hydroélectrique de Belo Monte, en construction dans le bassin de l'Amazone, commencera à fonctionner à plein régime, les paysages seront en grande partie submergés. Le projet polémique de construction d'un barrage sur le fleuve Xingu, dans l'État du Pará, au Brésil, a considérablement modifié le paysage naturel, affectant la flore et la faune de la région, et provoquant également d'importants conflits sociaux, impliquant surtout les communautés indigènes et riveraines, déplacées par la pression croissante due à la forte croissance démographique. C'est précisément la perspective de se rendre sur place pour observer ce territoire en proie aux conflits - qu'il s'agisse du biome amazonien aujourd'hui marqué par un vaste travail d'ingénierie, ou de la population locale avec les migrants attirés par l'offre soudaine d'emplois et la circulation de l'argent - qui a poussé l'artiste Caio Reisewitz à visiter une région aussi difficile d'accès pour la première fois en 2013, puis à nouveau en 2018.

  • Catalogue d'exposition de la sixième triennale des 50JPG - 50 Jours pour la photographie à Genève, placée sous le signe des relations entre éros et cosmos.
    La sixième édition de la triennale 50JPG du Centre de la photographie Genève a eu lieu du 19 juin au 25 août 2019. Sous le titre « OSMOSCOSMOS », l'exposition principale a tenté de réunir Éros & Cosmos, mettant en évidence le trait d'union entre ces deux univers, un lien peu étudié dans nos cultures occidentales, probablement trop marquées par les monothéismes et la culpabilisation développée autour de l'éros visant à mieux soumettre l'individu à l'emprise des églises.
    Jean-Pierre Vernant, spécialiste de l'antiquité grecque, souligne que la sexualisation du dieu Éros se fait au moment où Uranus est castré et qu'il se dégage de Gaïa dans la souffrance pour devenir, au-dessus de nos têtes, le ciel étoilé. Et pour le philosophe Michel Onfray, se référant au Kama Sutra, le sexe est défini ainsi : « ... naturel, en rapport avec le cosmos, jamais séparé du monde, toujours là pour rappeler la liaison entre les parties d'un grand tout ».
    Une douzaine d'oeuvres établissent cette relation entre les deux facettes d'« OSMOSCOSMOS », telles que Words and Stars de Grazia Toderi et Orhan Pamuk ou les contributions de Ursula Böhmer, Bunu Dhungana, Heidi Hassan, Eden Levi Am, Urs Lüthi, Boris Mikhailov, Johan Österholm, Thomas Ruff, Pierre Radisic, Catherine Radosa, Annie Sprinkle (avec Beth Stephens), Christian Waldvogel et d'autres.
    « OSMOSCOSMOS » assemble des oeuvres photographiques et vidéographiques contemporaines ainsi que diverses sources iconographiques. Parmi les artistes sélectionnés, plusieurs d'entre eux ont, dès les années 1970, mis radicalement en question la définition des genres, voire la commercialisation d'Éros, que ce soit Manon, Jürgen Klauke, Renate Bertlmann, Natalia LL, Urs Lüthi, Barbara Hammer, Annie Sprinkle (avec Beth Stephens) et Liliane Vertessen ; d'autres, à la même époque, revendiquaient des esthétiques homosexuelles à l'instar de Pierre Keller ou de Walter Pfeiffer, revisitées sous une forme contemporaine par Mauricio Dias et Walter Riedweg. La trame féministe est poursuivie aujourd'hui par des artistes tels que Romy Alizée, Dorothée Baumann, Anne Collier, Déborah de Robertis, Nadia Granados, Angela Marzullo, Lina Scheynius ou encore A.L. Steiner, tandis que Eden Levi Am, Nicole Tran Ba Vang et Yuri Nagashima traitent des amours lesbiennes et/ou queers.
    S'il va de soit qu'Éros touche aussi à des problématiques politiques, force est de constater que dans nos sociétés marchandes, il est gangrené par des intérêts économiques très importants, comme le démontrent les propositions de Caroline Bernard, Fred Lonidier, Susan Meiselas, Charles Weber ou encore Patrick Weidmann.
    Néanmoins, chacun - nous l'espérons - a pu faire l'expérience, dans l'extase de l'union sexuelle, d'une sensation d'infini rappelant l'infini cosmique. Cosmic Fuck de Lee Lozano, seul dessin parmi les oeuvres présentées, en est l'expression abstraite. Toutes les évocations du Cosmos sont principalement des simulacres d'artistes. En parallèle au cosmos qui est hors de portée pour l'humain, comme par exemple les trous noirs à 53 millions d'année lumière, « OSMOSCOSMOS » tient compte des enjeux politiques dans la relation que nous, Terriens, entretenons avec le cosmos tout proche.
    Pour assembler les parties d'un grand tout qui ne pourra jamais être exhaustif, l'exposition est plongée dans la pénombre, éclairée uniquement par les rayons émanant de la projection des images ou par l'illumination de vitrines qui contiendront des impressions de toutes sortes. L'exposition, réunissant un grand nombre d'artistes que le Centre de la photographie Genève a déjà présentés, aspire à être une constellation parmi d'autres, un atlas d'images où le visiteur est invité à constituer, voire à prolonger son propre cosmos.

  • Le catalogue présente les travaux photographiques réalisés par Philippe Durand en 2006 aux Caraïbes. Elles s'inscrivent dans la continuité de sa démarche artistique, à savoir la représentation photographique des réalités socio-économiques contemporaines. Ayant pointé le décalage entre l'image magnifiée par la publicité et la production de marchandises dans un système capitaliste, il passe aux Caraïbes de l'hypervisibilité du monde marchand à l'invisibilité totale des flux financiers mondiaux.

    Le texte de Joerg Bader relève ce nouvel aspect dans le travail de Philippe Durand tandis que Denis Robert, auteur de fictions et journaliste d'investigation, par qui le scandale de Clearstream est arrivé, se sert de la métaphore de l'angle mort dans le rétroviseur pour éclairer le monde opaque des pays offshore avec leurs chambres de compensation.

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