Beauchesne

  • "La principale originalité de Caragiale, c'est que tous ses personnages sont des imbéciles", Eugène Ionesco.


  • si les grammaires de l'hébreu biblique abondent, les manuels sont assez rares, du moins en français.
    l'hébreu, langue sémitique à la morphologie très structurée, présente une syntaxe souple oú domine la parataxe. sa phonétique, en revanche, particulièrement complexe, nécessite une longue pratique des textes. maintes fois, des élèves ont manifesté le désir d'avoir entre les mains un instrument de travail qui les familiarise progressivement avec les mécanismes de la langue à partir de la lecture de textes appropriés.
    le manuel de j. weingreen. a practical grammar for classical hebrew, en usage depuis plusieurs décennies (1939 ;1959), répond pleinement à ce besoin. très attendue, l'édition française du " classique " anglais de j. weingreen, par la clarté et la justesse de ses exercices, comble donc un vide et est devenue rapidement le " classique" français d'hébreu, comme l'est devenue en grec l'initiation au grec du nouveau testament de j.
    w . wenham. cette nouvelle édition revue et corrigée a été organisée, réalisée, en commun, par les sessions de langues bibliques. les hébraïsants francophones, qui sont nombreux, sauront, sans nul doute, en tirer le meilleur parti.

  • Successeur de la méthode de J. Wenham, qui avait aidé des générations d'étudiants à apprendre le grec, ce manuel a été entièrement renouvelé par Jeremy Duff.
    Se fondant exclusivement sur le grec biblique et ne supposant aucune connaissance préalable de cette langue, ce livre permet, au bout d'une vingtaine de leçons, de pouvoir lire le Nouveau Testament dans le texte.
    Cette nouvelle version est plus pédagogique que celle qui la précède. Adoptant les techniques d'apprentissage des langues vivantes, elle introduit les éléments grammaticaux au fur et à mesure de la progression des leçons : cela permet au débutant de traduire dès les premières leçons des phrases issues du Nouveau Testament.
    L'ouvrage a été considérablement adapté pour le mettre à la disposition du public français. D'une part, le manuel se fonde sur la grammaire du français. D'autre part, il a été largement récrit pour qu'il corresponde aux habitudes universitaires françaises. De nombreux concepts grammaticaux ont été introduits, le grec a été systématiquement accentué, l'ordonnancement de certains chapitres a été revu pour qu'ils répondent aux habitudes d'apprentissage de l'enseignement du grec.

  • Si les grammaires de l'hébreu biblique abondent, les manuels sont assez rares, du moins en français.
    L'hébreu, langue sémitique à la morphologie très structurée, présente une syntaxe souple oú domine la parataxe. sa phonétique, en revanche, particulièrement complexe, nécessite une longue pratique des textes. maintes fois, des élèves ont manifesté le désir d'avoir entre les mains un instrument de travail qui les familiarise progressivement avec les mécanismes de la langue à partir de la lecture de textes appropriés.
    Le manuel de j. weingreen, a practical grammar for classical hebrew, en usage depuis plusieurs décennies (1939; 1959), répond pleinement à ce besoin. très attendue, l'édition française du "classique" anglais de j. weingreen, par la clarté et la justesse de ses exercices, a comblé un vide.

  • C'est en prêchant une retraite en 1985 à la communauté des moines de Soligny que j'ai découvert l'existence de Gabrielle Bossis. J'ai été très étonné d'apprendre que, pour faire oraison, des trappistes trouvaient grand profit à lire et à relire les messages personnels que Jésus adressa pendant quatorze ans à cette actrice qui, à quarante-neuf ans, sur la suggestion de son curé, s'était mise à jouer avec beaucoup de succès, à travers le monde, des comédies dont elle composait le texte et la mise en scène et dont elle confectionnait les costumes et les décors.
    Et voici qu'en lisant ces comédies, je me suis aperçu qu'elle glissait régulièrement dans les réparties de ses personnages des paroles de Thérèse dont elle voulait diffuser la spiritualité. Et, dans les messages qu'elle reçoit à partir de 1936, Jésus lui demande de vivre de beaucoup plus près sa « Petite Voie ».
    Il nous semble donc intéressant de voir comment Jésus demande à une femme très engagée dans le monde de vivre jour après jour un profond coeur à coeur avec Lui, à l'école de la petite Thérèse. Jésus lui dit d'ailleurs explicitement : si s'Il l'a choisie comme confidente, c'est pour montrer à tous ceux et à toutes celles qui méditeront ces messages, qu'il est possible de vivre une très grande familiarité avec Moi sur les planches ou dans les coulisses d'un théâtre comme dans l'obscurité d'un carmel.

  • La question de l'évolution de la liturgie au XXe siècle représente aujourd'hui, dans l'Église catholique, un sujet fréquemment polémique. C'est pourquoi il est nécessaire de l'éclairer par le recours à l'histoire. Celle-ci est souvent réduite à l'évocation d'un «temps court», en regardant seulement le concile Vatican II et les années qui l'ont immédiatement suivi. Il convient, au contraire, d'élargir la perspective, en retraçant l'histoire du mouvement liturgique dans la continuité duquel s'inscrit la réforme conciliaire, sans occulter pour autant la crise des années 1970. Cette mise en perspective, appuyée sur l'évocation de faits précis, permet ainsi un retour à l'essentiel sur cette question importante.

  • On connaît Denys le chartreux par ses nombreux écrits.
    Quarante-deux volumes figurent dans la monumentale édition cartusienne de Montreuil-sur-Mer. Le " Docteur extatique " du XVe siècle, mort en 1471 en laissant derrière lui un modèle de vie ascétique, une expérience mystique intense et une oeuvre considérable tant du point de vue exégétique et spirituel que philosophique, n'a cependant pas négligé de s'intéresser aux plus humbles aspects de la vie monastique quand on le sollicitait sur tel ou tel point.
    Ainsi est né ce petit traité de la vie recluse, écrit à la demande d'une recluse qui désirait être conduite d'une main sûre sur le chemin de perfection. Rien d'intellectuel ou de savant ne vient rider la simplicité de ces " consignes de vie " données avec bonté, rigueur, mesure, et un sens évident des choses concrètes. Il s'agit d'aller droit au but : durer dans l'amour de Dieu en solitude. Aussi Denys le chartreux n'encombre-t-il pas l'esprit de la recluse avec de hautes considérations théologiques, mais, au contraire, lui simplifie la tâche en ouvrant un chemin de dépouillement, de paix intérieure et de fidélité, qui prend corps dans la prière et l'effacement de soi pour l'amour de Dieu.
    C'est à cette simplicité que ce traité doit sa fraîcheur toujours d'actualité qui justifie sa présence dans cette collection.

  • Pionnier de la mathématique du hasard, de la méthode expérimentale en physique ou de l'herméneutique biblique. Et puis catholique fervent au bord de l'hérésie mais épistémologue de l'axiomatique ; philosophe tragique de l'existence humaine mais pamphlétaire comique... Y a-t-il un point où convergent toutes ces facettes de Blaise Pascal ? C'est la recherche à laquelle se livre cet ouvrage posthume (inédit en français) de Gérard Lebrun, grand historien de la philosophie allemande qu'on n'attendait pas sur ce terrain...

    On y découvrira les méandres d'une argumentation qu'on ne saurait résumer à une étiquette (« dialectique ») ainsi que les spirales d'une pensée qu'on ne peut réduire à quelques clichés (« irrationalisme », « fidéisme »). Les routes escarpées par où nous conduit Lebrun nous réservent au moins une surprise, celle de voir surgir notre modernité là où on l'attendait le moins : à l'ombre du « Dieu caché » de Port-Royal.

  • Gabrielle Bossis (1874-1950) : une catholique dans le monde, animatrice, écrivain de théâtre, actrice, voyageuse intrépide. Cette joie d'agir pour les autres suffirait à combler une vie. Ce serait compter sans ce rayonnement, sans cette force que Gabrielle va puiser à la Source même, au cours de ce dialogue quotidien qu'elle noue avec Lui : le Christ.
    Elle consigne cette conversation, jour après jour, dans ses carnets. Un livre suit en 1949, dont la diffusion ne fait que s'élargir, considéré aujourd'hui par beaucoup comme l'un des grands textes mystiques du XXe siècle. Lui et moi. Conversations spirituelles crée une chaîne d'âmes en quête de la Parole du coeur, conduite par la présence et la voix de Gabrielle Bossis. L'ensemble des Carnets sera publié dans en sept volumes.

  • De l'aède déclamant Homère à l'éloquence de l'Âge classique, en passant par les orateurs romains et les disputes médiévales, la parole trouve les conditions propices à son épanouissement public. Cet ouvrage aborde successivement les arts et les techniques qui visent dans des contextes variés à la maîtrise de la parole publique, les formes d'autorité associées à cette prise de parole et ses effets de séduction.
    Un cours approfondi, élaboré par des professeurs expérimentés de lettres et de philosophie, ouvre chaque partie composée d'une anthologie d'oeuvres majeures de l'Antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Âge classique. Une série de parcours permet la fréquentation suivie des textes, d'Homère à Pascal. Le riche apparat critique, les focus et grands-angles, encadrés de culture générale, en délivrent les clés de compréhension. Les questions guident le lecteur dans le repérage et la mise en oeuvre des procédés de l'art de la parole, pour une expression écrite et orale maîtrisée, tandis que s'élargissent sa conscience historique et son jugement critique. Les arrêts sur image éclairent les liens entre les arts, le langage et la pensée.
    La méthodologie de l'épreuve de spécialité est suivie de sujets « type bac » corrigés et commentés afin de s'entraîner et réviser en toute autonomie.
    Les Pouvoirs de la parole (semestre 1) permettra au lycéen d'exceller au baccalauréat :
    - dans la spécialité Humanités, littérature et philosophie, tant à l'épreuve de fin de première (coeff. 5) qu'à celle de terminale (coeff. 16).
    - et aux épreuves de Français (coeff. 10) en première et de Philosophie en terminale (coeff. 8). Chacun y aiguisera ses compétences orales par la pratique de l'argumentation, fondamentale pour la nouvelle épreuve du baccalauréat, le Grand Oral (coeff. 10).
    Conçu pour offrir au lycéen une véritable culture humaniste, cet ouvrage servira pour candidater avec succès sur PARCOURSUP dans tous les cursus universitaires exigeants : classes préparatoires littéraires, commerciales et scientifiques, Instituts d'études politiques, écoles de commerce et d'ingénieurs, écoles d'art et d'architecture, écoles de journalisme...
    Il accompagnera avec succès l'étudiant tout au long de ses études supérieures (1er et 2e cycle).

  • Qui a prêté assez d'attention à Léon XIII lorsqu'il a rappelé que l'homme passe avant l'outil et la production ? Qui a suivi Pie XI lorsqu'il a formulé le principe de subsidiarité qui est tronqué même dans l'Europe qui l'a inscrit dans son traité de Maastricht ? Qui a écouté Jean Paul II lorsqu'il lançait, au risque d'être incompris l'idée de l'employeur indirect - la collectivité - qui devrait prendre en charge tout salarié qui perd son emploi. On n'a pas attendu la crise de 2008 pour dire que le bien commun exige une instance de régulation à tous les niveaux où il se concrétise. Encore récemment, Benoît XVI, dans son encyclique Caritas in veritate (2009) rappelle que l'économie n'est pas le tout de l'homme et de la société, et que toute approche réductrice des phénomènes sociaux conduit à l'échec. L'homme est un mystère qu'aucun système ni aucune idéologie ne peuvent enfermer dans leurs limites.
    C'est le mérite de la Doctrine Sociale de l'Église de revenir toujours à la racine de l'humain, là où le Créateur a inscrit ce que « la sagesse éthique de l'humanité appelle la loi naturelle » (Caritas in veritate 59). Rechercher ce qui est l'humain dans l'homme conduit à choisir entre « deux types de rationalité, celle de la raison ouverte à la transcendance et celle d'une raison close dans l'immanence technologique ». La Doctrine Sociale de l'Église est ce travail incessant de la raison sur les profondeurs de notre humanité, une raison illuminée par « la vérité de l'amour du Christ dans la société ».

  • Le thème de la primauté de l'évêque de Rome a reçu une attention continue ces dernières années dans les dialogues oecuméniques. Qu'il suffise de rappeler les travaux de la Commission internationale anglicane-catholique romaine sur L'autorité dans l'Église, ceux du Groupe des Dombes où catholiques et protestants se sont penchés sur Le ministère de communion dans l'Église universelle (1985), l'annexe au Sixième Rapport du dialogue Église catholique - Conseil oecuménique des Églises sur L'Église locale et universelle, 1990, ou le document du Comité mixte catholique-orthodoxe en France sur La primauté romaine dans la communion des Églises (1991), outre les nombreux symposiums académiques sur la question de la primauté au premier et au deuxième millénaire.
    La primauté de l'évêque de Rome est actuellement au centre des discussions de la Commission Mixte Internationale pour le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe.
    Il y a quelques années, le pape Jean-Paul II publiait son encyclique Ut unum sint (1995), invitant les Églises et les communautés ecclésiales à exprimer leur point de vue sur le nécessaire ministère d'unité au service de l'Église entière. Jean-Paul II invitait à distinguer entre le contenu essentiel de la primauté et les modes de son exercice.
    Entre catholiques, orthodoxes et anglicans, il est clair que le premier siège est celui de Rome. Il s'agit encore de préciser « quel est son rôle spécifique dans une ecclésiologie de communion » comme le dit le document de Ravenne adopté en 2007 par la Commission Mixte Internationale.
    Le dialogue avec l'Orthodoxie a mis en lumière que, pour l'Orient, la primauté - à tous les niveaux : diocésain, provincial, patriarcal, universel - est toujours articulée à la synodalité, dans une tension féconde alimentée à la communion trinitaire et eucharistique.
    Dans le contexte nouveau où vit le monde globalisé, la communion des Églises du Christ est plus que jamais un but à atteindre, en fidélité à la volonté du Seigneur.

  • Leo Strauss (1899-1973) a inscrit sa pensée dans l'héritage de la tradition grecque, mais également dans celui de la tradition biblique. Se rapportant au judaïsme comme à une révélation de la Loi (pour laquelle la dimension de la foi est secondaire), il fait retour à une pensée juive (Pourquoi nous restons juifs) et tente de prolonger la réflexion de Maïmonide dans les conditions nouvelles des temps présents.
    Il s'oppose ainsi à sa rénovation par l'approche phénoménologique de Franz Rosenzweig comme à la pensée de Martin Buber, tout en se tenant à distance de la réflexion sur le mysticisme juif de Gershom Scholem avec lequel il dialogue.
    Cet ouvrage interroge la manière dont Strauss pense les relations de corrélation et de conflit entre philosophie et judaïsme. En quoi la réflexion sur la Loi, dont il poursuit l'élaboration dans la lignée de la pensée médiévale et à contre-courant de la modernité des Lumières, représente- t-elle un approfondissement de la pensée juive et jette-t-elle une lumière crue sur la situation du judaïsme dans le monde ? Quels sont les termes du débat avec les penseurs contemporains du judaïsme avec lesquels il est en relation ? Quelles sont aujourd'hui les possibilités et les limites d'une telle réflexion pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie ?
    Les études présentes ouvrent des voies différentes, voire divergentes, essentiellement heuristiques, sur les possibilités et les limites de la réflexion straussienne pour la vitalité du judaïsme et de la philosophie. Elles s'accompagnent de la parution d'un texte inédit en français : « La situation religieuse actuelle » (1930), qui représente un moment décisif de la réflexion de Strauss sur la question.
    Ont contribué à ce volume : Danielle Cohen-Levinas, Bruno Karsenti, Marc de Launay, Jean-Claude Monod, Géraldine roux, Gérald Sfez, Heinz Wismann.

  • Cet ouvrage constitue un travail inédit en langue française sur le priscillianisme, lequel n'a pas été étudié sous forme de monographie depuis celui d'E.-Ch. Babut, Priscillien et le priscillianisme (1909). Etudiant la pensée de Priscillien et analysant les doctrines et les pratiques du mouvement à partir du fondateur jusqu'à la fin du vie siècle, Sylvain J. G. Sanchez laisse de côté les vieilles interrogations sur hétérodoxie et orthodoxie, et déplace le débat : Priscillien, chrétien non conformiste, est le fondateur d'un mouvement ascétique. Et se pose une question : les courants gnostiques ou la religion de Mani ont-ils pu influencer sa pensée ou non ? Ni manichéen, ni gnostique, ni encratite, Priscillien d'Avila connaît les enseignements de ces courants, le fonds philosophique commun à tous qui l'influence, mais sa doctrine est inspirée surtout par la Bible et la tradition chrétienne. A la génération suivante, les priscillianistes des Ve et VIe siècles radicaliseront et amplifieront des éléments appartenant à la gnose (le mythe de la Chute, le dualisme anthropologique, l'origine divine de l'âme, etc.) présents dans les Traités de Wurzbourg et fruits de réminiscences néoplatoniciennes. Par le choix des problèmes et des pratiques que les priscillianistes considèrent comme importants (un regain pour l'astrologie, la descente mystique de l'âme, une exaltation de la virginité et un rejet du mariage, le goût du mensonge et du secret, l'abstinence alimentaire, etc.), l'image du mouvement sera celle d'un courant dissident de Galice.

  • Philosophe allemand du xve siècle, Nicolas de Cues fut aussi un théologien, serviteur actif de l'Église catholique. Docteur en droit, ayant pris part au concile de Bâle, il devint légat, cardinal, évêque et vicaire général de Rome. Ce sont ses actes et écrits ecclésiologiques, datant essentiellement de 1432 à 1442, qui le firent connaître.
    Pourtant, mis à part La Concordance catholique (1433-34), ceux-ci sont restés largement méconnus. La plupart ne sont pas même intégrés à l'édition scientifique de Heidelberg (1932-2011). Cette anthologie d'une dizaine de textes comble cette lacune. Ils sont caractéristiques de la volonté de Nicolas de Cues de promouvoir la nécessaire réforme de l'Église, dans l'unité, à une époque marquée par la déchirure : grand schisme d'Occident, schisme de Trèves, conflit avec les Hussites, conflit entre l'assemblée conciliaire et le pape Eugène IV, nouveau schisme d'Occident avec l'élection de Félix V...
    L'ecclésiologie cusaine s'est élaborée au contact de cette menace constante, et pour y répondre. En historien, en juriste et en politique, Nicolas de Cues défend que rien ne peut être préféré à l ´unité de l'Église, qui en est l'essence même. Ce doit être le critère de toutes les décisions. C'est elle qui nécessite toute réforme. Elle constitue certes une donnée religieuse et oecuménique, mais elle est aussi un problème politique, dont l'empereur chrétien est responsable. Et si, à l'époque de La Concordance catholique, le pontife romain ne paraît plus indispensable pour la garantir - l'empereur ou le concile pouvant également la défendre -, il n'en sera bientôt plus de même : l'empereur Sigismond meurt en 1437, le concile de Bâle se discrédite... Dès lors, le pontife romain devient à nouveau le seul centre d'unité possible.
    Héritier de nombreuses traditions chrétiennes, Nicolas de Cues convoque alors, sans vaine archéologie, les mêmes références pour défendre des positions différentes, en apparence seulement contradictoires. S'attachant aussi bien aux conciles du IVe au IXe siècle qu'à la science canonique de la fin du Moyen Âge, aussi volontiers à Cyprien et au Pseudo-Denys qu'à Léon IX et à Zabarella, il promeut une Église imprégnée de concordance entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux, où le pape et les évêques porteraient la responsabilité de l'unité et de la réforme.
    Le traducteur, le P. Hubert Vallet, est ingénieur (ESTP) et docteur en théologie de l'Institut catholique de Paris, où il a soutenu une thèse sur l'ecclésiologie cusaine. Après avoir été enseignant à l'École cathédrale de Paris et recteur du Sacré-Coeur de Montmartre, il est aujourd'hui, à Nantes, curé de la paroisse Saint-Jean-Paul-II et enseignant en ecclésiologie au Séminaire Saint-Jean.

  • Cet ouvrage se veut à la fois une édition de travail au sens théorique (remarques d'interprétation, aide pour vaincre les difficultés techniques, etc.) et pratique (au sens premier du mot) : la partition des éditions de travail existantes est généralement tout sauf pratique (tournes de page ne suivant pas les découpes structurelles, reprises inutiles, etc.).

    La plupart des règles d'interprétation, la pédalisation, le phrasé et les doigtés, ne germent pas par intuition dans l'esprit d'un bon pianiste : elles sont le fruit de sa connaissance de l'harmonie et des structures de phrase. C'est pourquoi ce livre mènera de front l'étude des oeuvres et l'étude pratique de l'harmonie et de l'analyse.

    Frédéric Chopin ayant été un excellent harmoniste, ses oeuvres permettront un aller-retour édifiant entre le travail pianistique et l'apprentissage théorique : autant l'apprenti pianiste découvrira progressivement, par ces Polonaises, l'harmonie et l'analyse, autant ces deux outils maîtrisés lui permettront de mieux apprendre et interpréter les oeuvres.

    J'insiste sur l'adverbe progressivement : il s'agit de lui faire prendre conscience peu à peu de certaines règles interprétatives qui font tellement défaut - même chez certains interprètes reconnus - et ne seront pas à ressasser lorsqu'elles auront été assimilées. D'où l'intérêt de concevoir cette collection comme une méthode à suivre, fascicule par fascicule.

    Avant d'aborder ce cahier, le lecteur est censé, en solfège (oui je sais, c'est, de nos jours, un gros mot dans les conservatoires comme à l'Éducation nationale !) :

    1. savoir lire ses notes parfaitement ;
    2. connaître ses intervalles ;
    3. connaître les tons (relatifs), les modes, les gammes, les degrés.

  • "Cet ouvrage paraît à l'occasion de la création à Lausanne, lors de la semaine sainte 2017, de La Passion selon Marc. Une passion après Auschwitz du compositeur Michaël Levinas. Cette création prend place dans le cadre du 500e anniversaire de la Réforme protestante. Elle entreprend de relire le récit chrétien de la passion de Jésus dans une perspective déterminée par la Shoah.

    Ce projet s'inscrit dans une histoire complexe, celle de l'antijudaïsme chrétien, dont la Réforme ne fut pas indemne, mais aussi celle des interprétations, théologiques et musicales, de la passion de Jésus de Nazareth. Et il soulève des questions lourdes, mais incontournables. Peut-on mettre en rapport la crucifixion de Jésus - la passion chrétienne - et l'assassinat de six millions de juifs ? Ne risque-ton pas d'intégrer Auschwitz dans une perspective chrétienne, et du coup de priver la Shoah de sa radicale singularité ? De redoubler la violence faite aux victimes d'Auschwitz en lui donnant un sens qui en dépasserait le désastre, l'injustifiable, l'irrémédiable ?

    Le livre propose une série d'éclairages sur les questions que soulève le projet d'une Passion après Auschwitz : relectures du récit de la passion selon Marc, analyses historiques, réflexions sur quelques figures juives de l'interprétation de la Shoah, reprises théologiques chrétiennes enfin, autour des questions posées à la christologie et à la théologie de la passion. L'ouvrage se conclut par un entretien avec le compositeur qui revient sur son approche de cette thématique et sur sa démarche.



    Ont participé à cet ouvrage : Danielle Cohen-Levinas, Corina Combet-Galland, Marc Faessler, Pierre Gisel, John Jackson, Daniel Krochmalnik, Pierre-Olivier Léchot, Michaël Levinas, Jean-Marc Tétaz et Christoph Wolff.

    "

  • Entre la lettre qu'adresse saint Bruno à son ami Raoul le Verd, entre 1096 et 1101, pour l'attirer au désert et Silence cartusien de Dom Augustin Guillerand, il s'est écoulé neuf siècles.
    L'homme du Moyen Age et l'homme du XXe siècle se sont rencontrés par-delà les générations dans une même unité d'esprit faite de solitude, de silence et de purification intérieure. Leur prière a rejoint celle de leurs frères et soeurs aux noms dispersés ou perdus dans la mémoire collective : les trois Guigues, Marguerite d'Oingt, Denys le Chartreux, Ludolphe de Saxe, Lansperge, etc. Une famille spirituelle a tissé le manteau de sa vie en Dieu avec quelques principes forts maintenus par une observance rigoureuse des Coutumes érigées au XIIe siècle et par des écrits lumineux et profonds inscrits dans une sensibilité dépourvue d'intellectualisme où l'union à Dieu est l'unique nécessaire.
    Les larmes, la nourriture, le silence découvre les premières intuitions de la spiritualité des Chartreux et leur écho chez les auteurs de la maturité de l'Ordre. Le tracé suivi dégage l'unité entre les lignes de force dessinées par les voies de la purification, de l'oraison et du désir de Dieu que reflète le don des larmes, par celle du goût de Dieu dans la rencontre de sa Parole, nourriture quotidienne du moine, et enfin par celle du dépouillement dans le creuset du silence et de la solitude.

  • L'orthopraxie catholique en matière de jeûne se fonde sur le respect de trois règles : un seul repas complet par vingt-quatre heures, auquel on a ajouté, à partir du xiiie siècle, une légère collation vespérale ; l'abstinence des viandes et des laitages ; l'heure imposée pour l'unique réfection quotidienne, soit la mi-journée. Cadre disciplinaire général que nombre de théologiens se sont efforcés d'assouplir pour rendre les contraintes du Carême plus supportables. Dès lors s'est développée une ample casuistique dont les interrogations ont pu surprendre. S'il est vrai que les liquides ne rompent pas le jeûne, est-il permis en Carême de boire entre les repas du café, du chocolat, de la bière, de l'eau-de-vie, ou de manger de la pastèque ? Si les poissons sont incontestablement des aliments maigres, qu'en est-il des oiseaux aquatiques, des canards, des poules d'eau, des flamants, des crocodiles, des reptiles ou, au Brésil, du caïman yacare ? Entre les tenants de la rigueur et les partisans de l'indulgence, l'opposition a été telle que le magistère romain a dû réagir : entre 1741 et 1745, le pape Benoît XIV publie trois encycliques pour tenter de raffermir une discipline du Carême dont les observances tendaient à se relâcher. En dépit du geste pontifical, la pratique quadragésimale apparaît très fortement affaiblie à la mi-xixe siècle. Avec l'effacement du respect du précepte du jeûne ecclésiastique se donne à voir la sortie du catholicisme de l'ordre pénitentiel qui a longtemps été le sien.

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