Inventaire Invention

  • "France audioguide, c'est 71 fragments d'une Histoire de France complètement loufoque où l'auteur moque avec une irrésistible drôlerie notre époque réactionnaire faite de « retour aux valeurs », de glorification de « la France éternelle », et de mise en avant de « notre patrimoine ». En soixante pages, tout est dit : événements, personnages, hauts lieux historiques nous sont racontés comme ils devraient l'être toujours, avec un humour renversant qui semble être aujourd'hui le meilleur des remèdes contre un air du temps plutôt délétère.
    Un livre croustillant, alerte, drôle, piquant qui n'est pas loin d'être un petit chef d'oeuvre."

  • Le Japon vu par Pol Savina relève de l'expérience identitaire L'attache mongole de la paupière, nous y conduit, rapportant pas à pas, à travers la rencontre de l'altérité radicale incarnée par le Japon dans l'enfance de l'auteur, la découverte de son homosexualité. Ce texte, d'une vérité saisissante, n'hésite pas à s'aventurer au plus près de petits évènements de l'existence, où semblent se nicher les rencontres les plus déterminantes.

  • "1 La gare de Shinjuku (Tokyo) est grande. Elle accommoderait sans peine une douzaine de Gare du Nord (Paris). Les lignes de métro passent en dessous; les lignes ferroviaires dessus. Les deux entrées principales sont la West Entrance et la East Entrance. Il m'a fallu plusieurs tentatives pour arriver à passer de l'une à l'autre sans m'égarer plusieurs fois (extrait)"

  • Intime

    Pierre Alféri

    Né en 1963, Pierre Alferi est depuis longtemps considéré comme un des auteurs les plus marquants de sa génération. Depuis quelques années, il s'est engagé de façon particulièrement pertinente dans le domaine de l'image et du multimédia en explorant les innombrables possibilités de la création numérique. Ses « Cinépoèmes et films parlants » sont à cet égard une très grande réussite. Intime, textes et dessins, peut être considéré comme le scénario du film du même nom réalisé par l'auteur en 2004 qu'Inventaire/Inventaire reproduit en intégralité sur son cédérom Panoptic. Ce texte d'une grande délicatesse constitue un court poème épistolaire, autant de lettres adressées aux absents au cours d'un voyage dans les pays de l'Est. Les dessins de l'auteur - des images du film - permet au lecteur de se représenter l'espace esthétique conçu par l'auteur : une autre manière de « regarder » le film Intime.

  • Là où l'âme se déchire un peu mais toute est un dialogue poétique d'une force peu commune mettant en scène un couple de réfugiés demandant asile dans notre pays. Confronté personnellement à la détresse d'une famille menacée d'expulsion, l'auteur est allé loin dans son soutien, franchissant parfois les limites de la légalité au nom d'une certaine fraternité. De cette "aventure" si particulière, il a également tiré ce texte poignant qu'on ne lit pas sans que quelque chose se torde au fond de soi.

  • "12 Soeurs slovaques - comme CHTO interdit aux moins de 15 ans (paru en 2006 aux éditions Inventaire/Invention) - est ce qu'on pourrait appeler une « fiction objective ». Ce texte nous rapporte le quotidien de religieuses slovaques « exilées » en France depuis leur plus jeune âge - exil assez peu volontaire d'ailleurs, on parle à l'époque de « trains de petites filles tchèques » - Ce quotidien fait de croyance et de renoncement, Sonia Chiambretto nous le restitue avec une inventivité exceptionnelle tout entière au service de ces femmes qu'elle a côtoyées.
    Une nouvelle fois, l'auteur parvient à nous offrir un texte d'une force incroyable : la langue de l'autre, « itinérante », étrangère, devient une matière première à partir de laquelle l'auteur
    élabore un récit saisissant jouant sur de multiples registres - effets de traduction, mise en page appropriée -
    Ce texte, puissant, expressif, est le deuxième volet de la trilogie CHTO, trilogie de l'exil et du déracinement. Mon képi blanc complètera cet ensemble à l'automne 2007."

  • "Panoptic - le cédérom - propose la captation vidéo de la soirée de lectures publiques du 10 avril 2004 organisée par Inventaire/Invention au Parc de la Villette, à Paris, devant plus de 300 personnes. S'appuyant sur un graphisme et une interface particulièrement soignés, ce cédérom propose également la retranscription de la totalité des textes lus ce soir-là par leurs auteurs ainsi que l'intégralité du film de Pierre Alferi, Intime. Il offre aussi pour le plaisir, un détour par les coulisses, dévoilant un peu de la préparation de la lecture. Enfin, il met à la disposition du lecteur un diaporama de plus d'une centaine de photographies. Au moment où la lecture en public connaît un regain d'intérêt, ce cédérom permet d'appréhender ces textes dans une mise en espace/son qui en est inséparable."

  • Eux, ils en étaient toujours à leurs premières leçons, aux premières pages d'une méthode de langue où, derrière le japonais sans peine, ils avaient tous cru lire la Japonaise facile.

  • Heisei

    Rateboef Beatrice

    Le Japon vu par Béatrice Rateboeuf se décline en une série de courts chapitres en va-et-vient, où masseurs aveugles, thons géants et kamikazes de 18 ans font irruption dans les vingt-quatre heures d'une journée de la narratrice, côtoyant les visions fulgurantes d'un passé qui ne passe pas : Hiroshima et Nagasaki.

  • Ce texte énigmatique de Florence Pazottu est à lire à la fois comme une genèse et une poétique. Genèse, car s'il tranche, a des allures de récit des origines et semble nous raconter la naissance de la poésie à la manière des chamanes d'Amazonie. Mais s'il tranche, est aussi une poétique où s'énonce sans faux-fuyants ce que Florence Pazzottu considère comme tel : « poésie n'est pas d'un moi n'est pas d'un qui se sait ni d'un absent...».

  • "Texte : LILIANE GIRAUDON - Dessins : CHRISTOPHE CHEMIN

    Mes bien-aimé(e)s est un ensemble de treize biographies exceptionnelles. Walser, Tsvetaïeva, Brecht, Rimbaud, Sappho, Artaud, Pouchkine, Collobert, Dickinson, Nietzsche, Racine, Benjamin, Beckett sont tour à tour campés avec une précision souveraine. Chaque biographème, chaque citation parlent d'eux-mêmes. Aucun pathos, aucun sentimentalisme aucun subjectivisme déplacé ne viennent contrarier le jeu de construction auquel se livre Liliane Giraudon : construction / (re)construction lente et passionnée d'existences vouées à la littérature et que la littérature semble avoir consumées.
    Ces textes sont autant de reconnaissances d'une dette dont tout écrivain se sait éternellement redevable à l'endroit des auteurs qu'il a aimés et qui ont fait de lui ce qu'il est devenu.
    Jamais le genre biographique, si galvaudé par ailleurs, n'aura été abordé avec une telle originalité."

  • "Une fois de plus, Sonia Chiambretto surprend tout le monde en jetant cette fois son dévolu sur la Légion étrangère. Après s'être attachée à une jeune réfugiée tchétchène - Chto, I/I éd. 2006 -, après avoir côtoyé une vieille dame, soeur de la Charité - 12 soeurs slovaque, I/I éd. 2007 -, l'auteur nous entraîne aujourd'hui dans la compagnie d'un légionnaire pour nous livrer le dernier volet de sa trilogie de l'exil et du déracinement. Le style Chiambretto est ici toujours aussi opérant. Inventions typographiques et oralité donnent à cette « fiction objective » une force peu commune. Le récit, plus court que les précédents, plus direct encore, continue de travailler la question de la reconstruction de la personne dans un environnement étranger, et partant explore encore et toujours, mais d'une manière absolument nouvelle, la question de l'identité."

  • Criture

    Arno Calleja

    Le sexe est une pureté. je vais à la pureté. la pureté est simple. au plus je me simplifie au plus pur je suis. la pureté c'est le sexe. je fais le sexe. Le sexe est un mélange. le mélange est pur. je parle touseul. je me mélange. la parole est une chose sexuelle. en parlant touseul je vais au sexe. parler c'est appeler le sexe. c'est pourquoi parler c'est chercher la nudité. et on ne la trouve jamais. parce que parler c'est compliqué. seul le sexe est une simplicité. en parlant je cherche la simplicité du sexe. et il n'y a pas encore assez de sexe dans ma pensée. alors je recommence. alors je cherche. alors je parle. je parle sans savoir. je vais au sexe. je vais à l'intensité de la sexualité. je vais au simple. je vais parler. je parle de l'intensité du simple. je veux me simplifier par le travail du sexe. je parle touseul. je fais de la criture.

  • Sept ans plus tôt, Amparo a quitté son village du Chiapas pour gagner la capitale, Mexico. Mexico pour elle brillait des feux de l'illusion, mais les bidonvilles des gigantesques faubourgs ne ressemblent pas à son rêve. Depuis lors, hantée par son désir de retourner chez elle, retour que la malédiction lancée par le clan rend impossible, Amparo ressasse tout à la fois son présent et son passé et ce ressassement d'une femme, comme souvent dans l'oeuvre de Catherine Lépront, devient le corps même du texte. L'écriture incroyablement syncopée et l'ampleur du sujet - exil, rupture du lien familial, écrasement social, solitude, mais aussi puissance du désir, et de l'énergie vitale - rendent ce texte inoubliable.

  • On vous l'avait dit. Vous saviez qu'il y avait des risques. Vous avez signé en toute connaissance de cause et pourtant, aujourd'hui, vous êtes sur le point de vous plaindre. Dans ces conditions, débrouillez-vous.

  • Avec L'effet papillon, Louise L. Lambrichs revient sur le génocide des Musulmans de Bosnie en apportant de nouveaux éléments à charge contre le régime ultranationaliste de Belgrade. Toutefois son propos est ici plus optimiste et s'intéresse de près au travail de mémoire que ces peuples devraient réaliser - et plus largement tous les peuples européens - , travail indispensable pour que l'histoire cesse enfin de sa répéter. Ce livre, avant même d'être publié, circule déjà dans les Balkans et quelques chancelleries européennes...

  • « Les lois de l'hospitalité est le fruit d'une résidence que j'ai faite aux Nouvelles Subsistances à Lyon. À partir d'entretiens que j'ai réalisés avec une vingtaine de personnes qui vivent à Lyon et dont la langue maternelle n'est pas le français, j'ai écrit un texte qui reprend leurs histoires, les croise, les reconstruit et les invente. Ce texte a été mis en scène par Marie Vialle...» O. Rosenthal.
    A travers ces dix entretiens avec des étrangers séjournant en France, l'auteur nous précipite au coeur d'une réalité perdue de vue depuis longtemps. Ces entretiens nous racontent autant d'histoires personnelles, autant d'itinéraires singuliers à rebours des lieux communs courants sur le compte de l'étranger. Olivia Rosenthal donne à entendre quelque chose d'irréductible et de poignant d'où jaillit une forme de respect profond, nous rappelant ainsi aux fondements mêmes des lois de l'hospitalité.

  • À travers 12 tableaux, où textes et photographies sont étroitement liés, l'auteur nous livre un inventaire halluciné de ce qui est. Un écho au livre Le monde est beau, d'Albert Renger-Patzsch, photographe de la Nouvelle Objectivité. Une forme d'encyclopédie détournée, métamorphique, entraînée vers la poésie la plus pure. « Les plantes », « les animaux », « les visages », « les machines », « les mains » sont quelques-unes de ces compositions texte/images d'où émane cette étrangeté douce et envoûtante si particulière à Suzanne Doppelt.
    Le monde est beau, il est rond est la deuxième publication de Suzanne Doppelt chez Inventaire/Invention.

  • Inventaire/Invention est heureux de publier ce livre qui ne paye pas de mine, heureux de présenter à ses lecteurs un auteur absolument hors norme. L'intérêt se situe moins dans la forme du livre - une succession de courts textes racontant la vie d'un phasme, insecte si proche de l'informe, si proche du rien - que dans ce qui émane de chacune des phrases de ce texte : une poésie de « l'idiotie », si bien analysée par le critique Jean-Yves Jouannais, un art naïf et brut jouant avec une liberté absolue de tout ce qui fait une phrase. Tiphasme est phasme est de ces oeuvres qui jalonnent l'histoire de l'art et de la littérature, tel le monologue de Benjy ou les oeuvres tardives de Walser, qui ouvrent une faille dans le champ de la représentation, où nous plongeons avec une émotion sans pareille.

  • « Medium is mess » se compose d'un ensemble de brèves parus dans la presse quotidienne, brèves relevées par l'auteur et commentées par elle. Le choix n'est pas neutre et illustre assez bien ce mélange de barbarie et d'absurdité dont NC a fait la matière première de son oeuvre (La Scie patriotique, Barnum des ombres). Les commentaires, en contrepoint de ces brèves, tantôt éclairant l'anecdote, tantôt l'obscurcissant davantage créent une tension très singulière. Cette tension entre le réel comme jeté là et la tentative de lui donner du sens semble nous faire participer au mouvement même de la pensée comme volonté d'éclairer le chaos et, tout autant, d'ouvrir au coeur de la représentation de l'humain une béance sans fond.

  • Dans la lignée de son premier livre I love New York, Philippe Guéguen nous donne ici à lire, comme en passant, les fragments de réel dont son quotidien, comme le nôtre, est parsemé. Mais ses lecteurs ne s'y trompent pas, ils savent que la prose de Philippe Guéguen a quelque chose de surnaturel : le mode mineur dont il use, par son degré de vérité et de justesse, les transporte bien au-delà de la banalité des situations évoquées. Une écriture de la transcendance, en quelque sorte, qui nous projette par-delà cette "vie minuscule" que Philippe Guéguen a placé au coeur de son oeuvre littéraire.

  • Tout s'explique

    Tanguy Viel

    A travers la lecture critique d'Explications, un livre d'entretiens de Pierre Guyotat et Marianne Alphant, Tanguy Viel nous donne sa vision de la modernité en littérature et plus précisément de ce que l'auteur de Cinéma appelle " la fabrique de l'écriture ".

  • Claudia est morte lentement d'une lente dégradation.
    Sa mort était devenue de plus en plus prévisible cela quand bien même les médecins parlaient encore de guérison, ce dont autour de Claudia on doutait, puis ce à quoi bientôt on ne crut plus du tout ; mais on se tut parce qu'il était inutile dorénavant d'en discuter : déjà il était trop tard

  • Le roman est un mode d'élucidation du réel, mais d'un réel inaliénable par le politique, l'historique ou le spectaculaire.

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