It Editions

  • De nombreuses performances artistiques aujourd'hui se proposent de remplacer le film par son énoncé sous la forme d'une conférence illustrée ou d'une lecture. Des fragments d'un film à venir (photographies, documents, fragments de scénario) sont présentés en guise du film lui-même. On peut s'interroger sur ces nouveaux formats. De quoi sont-ils le symptôme ? S'agit-il d'un futur performatif du cinéma ?

    Proposons cette définition du film performatif : un événement, unique ou susceptible de reprises, qui actualise, à travers une série d'énoncés, verbaux, sonores, visuels, corporels, émis par un ou plusieurs participants en présence de spectateurs, un film virtuel, à venir ou imaginaire. Situé entre les différents médiums - conférence, film, théâtre, performance -, le film performatif en exacerbe chacune des puissance. Réduit à son simple énoncé, le film s'actualise sous les yeux des spectateurs en exposant l'ensemble de la chaîne de fabrication, de la simple intuition à sa cristallisation plastique, renvoyant l'artiste à la fonction de producteur.

    Du film performatif esquisse une cartographie de ces nouvelles pratiques en proposant à des artistes et des cinéastes de livrer des documents relatifs à leur expérience performative : textes, comptes-rendus, suites visuelles ou entretiens.
    --- Sous la direction d'Érik Bullot.
    Avec Filipa César, Esperanza Collado, Thomas Clerc, Alexis Guillier, Franck Leibovici, Silvia Maglioni & Graeme Thomson, Peter Miller, Rabih Mroué, Uriel Orlow, Simon Ripoll-Hurier, Roland Sabatier, Clara Schulmann.

    Direction artistique : Ludovic Burel.
    Conception graphique : Camille Garnier.
    Traduction : Zoé Baraton, Érik Bullot, Thibaut Gauthier, Marie-Laure Lapeyrère.

  • Français Avatars de Rousseau

    Collectif

    Avatars de Rousseau donne un aperçu des survivances de Rousseau, depuis sa mort jusqu'à nos jours. Ses sentiments, ses idées, ses postures, ses préoccupations, vivent d'autres vies dans d'autres corps que le sien : révolutionnaires de 1789 ; écologistes ; musiciens, depuis Gluck jusqu'aux enfants chinois ; éducateurs de Pestalozzi à Montessori et Freinet ;
    Romantiques tels Stendhal ou Sand ; socialistes de Blanqui à Jaurès ; résistants ou collaborateurs français de la 2ème Guerre mondiale ; indépendantistes algériens ; psychanalystes inlassablement intrigués par le cas Rousseau. Chaque chapitre est accompagné d'un essai visuel qui mêle archives historiques et-ou documents récents et esquisse des constellations d'images « justes et lointaines ».

  • Vortex Populi est un essai visuel rassemblant cinq oeuvres de Didier Fiuza Faustino. Cet ensemble de projets participe d'une réflexion sur l'espace public réalisée à partir de l'appropriation du motif de la barrière Vauban. Pour Faustino, cette recherche débute en 2013 avec Memories of Tomorrow, une installation conçue pour les Jardins des Tuileries. La même année, cette intervention donna lieu à une performance réalisée lors de Nuit Blanche à Paris sous le nom de Love Song for Riots. Deux ans plus tard, Didier Fiuza Faustino revisite cet instrument de canalisation des foules et propose Vortex Populi, un tourbillon de barrières Vauban installé au coeur de la nef du MAGASIN. Simultanément, à l'occasion de la Biennale d'Architecture de Chicago de 2015, il détourne cet artefact du pouvoir et conçoit l'installation BUILTHEFIGHT, qui présente, sous la forme d'un assemblage d'armes individuelles, un bouclier d'autodéfense destiné aux manifestants. Ainsi, la barrière Vauban, après avoir été décorative, performative et installation monumentale, s'impose chez Didier Faustino comme objet-prototype pour les luttes populaires.

    Pelin Tan, sociologue et critique d'architecture, dépeint dans un court essai la méthodologie de la « forme transversale », méthodologie qui a alimenté l'évolution de cette recherche formelle. Mis en regard, des documents d'archives tels que des gravures dessinées par André Le Nôtre, Sébastien Le Pestre, marquis de Vauban ou encore Raoul Auger Feuillet, invitent le lecteur à la création de ponts entre les divers systèmes diagrammatiques de représentation des organisations spatiales, mêlant architecture et chorégraphie, auxquelles la démarche de Faustino fait écho.

    L'ouvrage Vortex Populi est édité par it: éditions à l'occasion de l'exposition monographique Des Corps & Des Astres de l'artiste et architecte Didier Fiuza Faustino, accueillie au MAGASIN - Centre national d'art contemporain de Grenoble de novembre 2015 à mars 2016.

    Graphisme : Julie[&]Gilles

  • En parallèle de l'exposition Les Chaînes du port, figures de l'enfermement à Marseille, 18e-20e, réalisée sous la direction scientifique et artistique de Philippe Artières et Ludovic Burel, les auteurs font ici le choix d'" aligner ", en un montage à la fois intelligible et sensible, des documents d'archives relevant de ce que l'on qualifiera d'" enfermement administratif ".

    Dans la continuité de l'analytique du pouvoir développée par Michel Foucault, ils s'intéressent à ce moment de bascule historique qui, à l'occasion de la peste, sanctionna selon le philosophe le passage d'un régime de pouvoir dit " disciplinaire " à celui du contrôle du vivant, qu'il conceptualisa sous le vocable de " biopouvoir ".

    Cette constellation d'images non légendées, postulant ainsi une certaine " autonomie du visuel ", est précédée d'une préface de Philippe Artières et suivie d'une postface de Ludovic Burel.

    Archives du biopouvoir, Marseille, 18e-20e siècles est publié par it: éditions et les Archives départementales des Bouches-du-Rhône avec le concours de l'École supérieure d'art et de design de Grenoble-Valence et du centre de recherche "Philosophie, Langages et Cognition", Université Pierre-Mendès-France, Grenoble.

  • L'ouvrage Counter Fictional Design / Design contre-fictionnel rassemble quatre conférences-performances du duo d'artistes et chercheurs franco-coréen Ju Hyun Lee et Ludovic Burel, dont les oeuvres mêlent l'installation, la performance, l'édition.
    Au sein du KVM - dont l'acronyme post-identitaire se décline selon les projets en Korean Vitra Museum, Korean Vocal Museum, etc. -, ils interrogent de manière critique le statut du design, dénomination que l'on applique aujourd'hui aussi bien aux objets qu'aux comportements, dans la sphère culturelle aussi bien que managériale. Dessiné par la graphiste Sarah Vadé, Counter Fictional Design / Design contrefictionnel tresse de manière dynamique les images et les textes, les récits et les discours et met en scène, en livre, ce que les auteurs appellent des « contre-archives du design ».

  • Le design écosocial désigne une position critique rendue nécessaire par une situation sans précédent : notre mode de vie actuel rend notre existence insoutenable écologiquement et socialement. Depuis quelques années existe pourtant un design « responsable », « éthique » ou « soutenable », transformant en profondeur les pratiques issues du modèle industriel dominant. Mais rares sont les démarches qui proposent explicitement de définir le projet de design selon des conditions et des finalités à la fois écologiques et sociales.

  • Depuis quelques années ont fait leur apparition dans le monde du design des objets étranges : des objets dysfonctionnels, énigmatiques, compliqués. Ces objets relèvent d'une posture que les designers anglais Anthony Dunne et Fiona Raby ont dé?nie sous le nom Critical Design (design critique) : un design spéculatif, ré?exif, qui ne veut pas proposer des solutions, mais plutôt poser des questions, qui veut dé?er les affirmations rapides, les préjugés et lieux communs sur le rôle des produits dans la vie de tous les jours. Un design qui ne se veut pas af?rmatif, c'est-à-dire soumis aux impératifs des systèmes de pouvoir, mais au contraire critique .
    Cette « attitude » n'est pas nouvelle, mais a, au contraire, une histoire, qui longe la frontière entre art et design. L'objectif de cet ouvrage n'est pas de reparcourir cette histoire de manière exhaustive ou linéaire, mais plutôt d'en envisager quelques épisodes a?n de dégager les outils critiques dont ils sont porteurs pour l'histoire du design - comme une sismographie qui indique les résurgences de la crise d'un modèle. Quatre moments de l'histoire du design ont été choisis : le Design Radical italien (à partir de 1967 - jusqu'à Alchimia et Memphis qui en constituent en quelque sorte une forme d'épilogue), le design conceptuel néerlandais des années 1990, le Critical Design anglais des années 2000, pour ouvrir sur la scène contemporaine (notamment en France).

  • Re: vers une histoire mineure des expositions et des performances est une collection d'essais textuels et visuels basée sur l'exposition Celebration of the Body organisée en 1976 par Ingrid et Iain Baxter (N.E.ThingCo.) à Windsor, Canada, et sa réactivation en 2012 en trois actes, à Lyon, Saint-Fons et Londres, par Fabien Pinaroli et al. Le volet londonien de ce projet a consisté en deux journées d'étude intitulées Re: Towards 'Minor' Histories of Exhibitions and Perfomances. Dans une série de conférences- performances, vingt et un artistes et commissaires ont expérimenté différentes stratégies de reprise. Parmi elles, la republication, le catalogue pirate, l'enquête juridique, la réanimation ou le souvenir assisté par enregistrement vidéo. Re: vers une histoire mineure des expositions et des performances assure le passage de la performance à la publication - du live au livre, ces deux mots ne se différenciant que par un R, le R de Re :
    Avec les contributions de Jean-Philippe Antoine, Pierre Bal-Blanc, Kiff Bamford, Lucas Bouissou, Olivier Bosson,Mathieu Copeland, Christophe Domino,Will Holder, Adam Lauder, Ju Hyun Lee & Ludovic Burel, CS Leigh,MoM (Museum of Museum),Warren Neidich, Émilie Parendeau, Fabien Pinaroli, Adrien Sina

  • There is a Love Affair Between the White Cube and the Black Square compile tous les projets réalisés à ce jour par le duo d'artistes Karina Bisch et Nicolas Chardon.

    Au point de raccordement de O'Doherty et de Malevitch, ils nous donnent ici à voir « l'inconscient esthétique » à l'oeuvre dans cette relation amoureuse entre un cube blanc et un carré noir.

    À travers une série d'oeuvres signées à quatre mains, ils prônent le mélange des genres (picturaux, scupturaux et performatifs) et, plus généralement, comme le dit le philosophe présocratique Héraclite, « le mélange des choses mélangées ».

    Oeuvres collaboratives donc qu'un coeur pixellisé récurrent cristallise (pour rester dans le vocabulaire stendhalien de De l'amour) : coeur à côté duquel ils posent, lunettes noires chaussées, tels deux M.I.B. (Men in Black) de l'art abstrait contemporain ; mais encore, coeur que Karina, dans un pull-over Mondrian cette fois, brandit - l'étymologie, on le sait, est la même que bander - au bout d'un bâton, mi femme-sandwich, mi symbolique suppliciaire bataillienne...

    Exemple de performance ici narrée : La Ligne, celle-là même que Nicolas brise à coups de pied, pendant que Karina, sa Black & Decker à la main, la rafistole en en raboutant les morceaux épars...

    L'ouvrage inclut un texte de Joana Neves, ainsi qu'un entretien avec Anne Dressen.

  • Fidèle à sa pratique picturo-sculpturale, Nicolas Chardon nous rappelle au besoin, après Lacan, que le « réel du droit, c'est le tordu » !

    On y retrouve en effet ses carrés déformés, comme s'ils avaient été peu ou prou réalisés de sa main gauche (ou de la main droite d'un gaucher contrarié).

    Sous une double modalité donc ici : in situ, intra-muros de la Villa Medicis où il vivait alors - les carrés noirs y jouxtent des sculptures antiques, comme il se doit, amputées - ; et ex-situ, extra-muros, urbi et orbi, où les mêmes résurgences visuelles malévitchiennes côtoient cette fois des éléments de mobilier urbain et autres graffitis (dont l'Italie, comme leur nom l'indique, est l'inventrice historique).
    />
    Cette partie de translation, de cache-cache visuel, dans les murs et hors les murs, Jean-Marie Courant, alias Regular, la rejoue d'un point de vue graphique en offrant côté traduction les moitiés manquantes des tableaux entre-aperçus du côté de la source, du texte « original ».

    Le tout est augmenté d'un texte de Jean-Marc Huitorel ainsi qu'un autre de Cecilia Canziani.

empty