Sciences humaines & sociales

  • Dans la culture moderne occidentale, la sagesse spinoziste peut valoir comme « un modèle de la nature humaine la plus parfaite », pour reprendre une formulation de Spinoza lui-même. En effet, pour ce philosophe, le sage est un homme libéré de tout préjugé et de toute passion par l'usage constant de la raison pour la conduite de la vie. Ce rationalisme, s'il se réfère à un Dieu-Nature infini, reste essentiellement un souci de l'homme pour l'homme, une sorte d'humanisme. Libéré d'une Providence personnelle et imaginaire, le sage reçoit tous les événements avec sérénité, et cette sérénité rationaliste est toujours en même temps une « béatitude ». Le sage spinoziste, à travers toute l'histoire de la pensée européenne, apparaît donc bien comme l'homme libéré, serein et parfaitement heureux, totalement intégré à l'univers infini et à la société civile où il vit. C'est la prégnance et la perfection de cette sagesse qui nous incitent à interroger de plus près cette philosophie qui nous propose cela même que nous cherchons : la liberté d'esprit et le bonheur vrai.

  • Le réexamen de la personnalité de Moïse Maïmonide ne laisse pas d'être riche d'enseignements. Et pourtant, on ne parvient pas à déchiffrer entièrement l'énigme d'une telle vie, celle d'un penseur juif persécuté, tourmenté par le destin malheureux de son peuple et obligé de quitter son Andalousie natale pour la lointaine Egypte où il vivra ses vieux jours. Le même constat s'impose quant à son oeuvre. Alors que la philosophie et la théologie sont aujourd'hui deux vocables presque antinomiques, pour un penseur du XIIe siècle, il en allait autrement : la philosophie proprement dite, c'est-à-dire une spéculation différente des sciences traditionnelles qui se réclament de la révélation, visait les mêmes objectifs que la théologie ou la science de la Tora, mais avec des moyens différents. Ainsi, Maïmonide s'est délibérément rallié au modèle et à la tradition des lettres judéo-andalous qui l'avaient précédé. D'une certaine manière, il fut l'héritier des philosophes et des théologiens espagnols d'Espagne qu'il dépassera en tentant une synthèse originale entre les doctrines d'Aristote et les enseignements de la Tora. Esprit épris d'universalité, Maïmonide a souhaité rouvrir la voie de l'alliance de l'homme avec Dieu : pour lui, les sources et les documents de la révélation doivent connaître une exégèse spirituelle, seule apte à en faire éclater l'infinie richesse.

  • Autour d'une sélection de textes d'Épicure (né vers 341 av. J.-C.), cet ouvrage décrit une philosophie, une sagesse, un mode de vie particulier et à dimension universelle : l'épicurisme. Avec brio et clarté, l'auteure nous fait entrer dans la vie, le langage et les modes de pensée d'Épicure et nous expose les fondements de sa doctrine. Axée sur une étude pénétrante de la Nature et sur la recherche du bonheur, l'école épicurienne, l'une des plus importantes écoles philosophiques de l'Antiquité, est une maison de pensée communautaire ouverte et bienveillante. L'on y philosophe ensemble pour discerner le plaisir à accueillir et les maux à rejeter, et par là atteindre dans la vie un salut individuel immédiat, un bonheur digne et à la portée de chacun.

  • A la fois hagiographe, érudit et maître spirituel, Abû `Abd al-Rahmân Al-Sulamî est l'auteur d'une centaine de traités sur la spiritualité soufie, dont Tabaqât al-Sûfiyyah, une encyclopédie biographique dédiée aux maîtres soufis, oeuvre maîtresse qui le rendit célèbre.
    Issu d'une famille d'initiés, Sulamî est une des sources essentielles pour la connaissance de la spiritualité des Xe et XIe siècles (IIIe et IVe siècles de l'Hégire). Cette première traduction d'un traité phare de Sulamî demeuré longtemps inédit, y compris en langue arabe, constitue le document le plus ancien connu sur les femmes soufies, indispensable à quiconque veut connaître la spiritualité féminine des premiers siècles de l'Islam.
    Ce texte est aussi un recueil d'enseignements des plus précieux dont la validité et la force demeurent, en dépit des siècles, d'une permanente actualité. Composé de 84 notices sur les principales saintes musulmanes, il met à jour le rôle décisif qu'elles ont joué dans l'élaboration de la tradition islamique elle-même. Enrichi d'extraits de deux importants traités, Sifat al-Safwa d'Ibn al-Jawzî et Al-Kawâkib al-durrîya de Munâwî, qui achèvent de donner une image claire de ce qu'étaient certaines de ces saintes, ce traité est également accompagné d'un grand ensemble de notices sur les différents maîtres spirituels mentionnés au cours de cet ouvrage.
    La postface de Michel Chodkiewicz, étude remarquable sur "la sainteté féminine dans l'hagiographie islamique" dresse un panorama de celle-ci au fil des siècles et permet au lecteur de situer ce traité au sein de la civilisation islamique. Il nous rappelle que, de tous temps, les femmes ont accédé aux plus hauts degrés de la hiérarchie initiatique.

  • Hermès Trismégiste, une figure qui tient à la fois de la tradition grecque et de la tradition égyptienne, représente surtout une voie de sagesse, une voie d'immortalité qui prétend apporter le salut à ceux qui s'engagent dans cette voie. C'est une voix qui se fait entendre à travers des écrits qui miment l'enseignement d'Hermès, lequel mime déjà la Révélation primordiale dont il aurait bénéficié.
    Cette voix se fait aussi probablement entendre à travers des maîtres historiques qui poursuivent la tradition hermétique. En effet, il est difficile d'affilier la tradition hermétique à un culte spécifique ni à une « école » philosophique particulière, mais la tradition hermétique, qui se déploie dans le temps dans une grande diversité, emprunte à différents courants philosophico-religieux et s'adapte, afin de s'adresser au plus nombre, tout en ne voulant être accessible qu'aux plus dignes.

  • Grande mystique, philosophe, enseignante, militante syndicale, ouvrière en usine, engagée dans la guerre d'Espagne puis dans la Résistance à Marseille puis à Londres, Simone Weil recherche le Vrai, le Beau et le Bien et s'achemine vers le Christ en étudiant passionnément aussi les religions prémonothéistes, principalement les Upanishad. Son parcours fulgurant ira du Platonisme, qu'elle n'abandonnera jamais, aux Évangiles, du marxisme théorique à l'anarchisme. Elle rencontre Trostky, est l'amie de Souvarine. Elle abandonnera un pacifisme très militant pour s'engager dans la guerre. Révoltée contre tous les systèmes d'oppression, sa vie ardente se veut proche des faibles et des affamés.
    C'est auprès de Gustave Thibon, du Père Perrin et des dominicains de Marseille qu'elle recherche Dieu tout en s'opposant à l'Eglise Catholique. Sa rencontre avec le Christ sera parsemée d'illuminations à Solesmes, à Assise et au Portugal. Elle désire passionnément le baptême s'en rapproche et s'en éloigne. Elève d'Alain, elle rencontre ou correspond avec Bousquet, René Daumal, Bernanos, son frère André, grand mathématicien, Raymond Aron dont la femme était sa collègue au lycée. Avec tous, inlassablement, elle discute de religion, d'histoire, de politique et de mathématiques.
    A travers un dialogue contradictoire mais nuancé, les auteurs examinent les différentes facettes de ce diamant aux mille reflets que constitue l'oeuvre de Simone Weil que certains admirent avec ferveur autant que d'autres la critiquent avec douleur. Ignorant jusqu'à son existence même, un nombreux public sera heureux de faire sa connaissance et trouvera de quoi alimenter leur recherche par la lecture de textes dont la qualité la plus indiscutable est la beauté et le chatoiement de la langue et des idées.

  • La « recherche de la Vérité » est au coeur de la démarche maçonnique. Cette recherche de la vérité n'est rien de moins que le questionnement philosophique, au sens ou l'entendaient les philosophes grecs ;
    Questionnement philosophique qui est, selon eux, la seule voie rationnelle possible d'accès à la sagesse.
    Encore faut-il que cette recherche soit faite sur des bases conceptuelles justes et que l'on soit d'accord sur la défi nition des mots, leur sens, exprimant ces concepts. C'est la condition préalable pour que l'on puisse progresser dans la recherche.
    C'est ce que proposent les auteurs

  • Selon l'auteur, ce sont la longue collusion du religieux et du politique ainsi que l'identification et la soumission du spirituel au religieux institutionnel et doctrinaire qui ont amené « Les Lumières » à vouloir séparer l'humanisme, ce souci de liberté, de dignité et de fraternité de tous les humains, du spirituel, cet autre souci non moins humain d'être relié à une unité, perfection fondatrice que l'on nomme le Sacré, le Divin, l'Être, l'Un, Dieu, l'Universel, l'Intemporel, en pensant pouvoir légitimer l'humanisme par la seule raison scientifique, et ce malgré l'évidence historique des sources à la fois religieuses et philosophiques de celui-ci, et jusqu'à en arriver à croire en l'autosuffisance démiurgique d'un humain maître, possesseur de la nature et autocréateur de lui-même. Jamais l'humain, semble-t-il, à moins de ne plus l'être, ne pourra se satisfaire de sa condition et cesser de vouloir la comprendre et l'améliorer.

  • Victime pour une large part d'une vulgarisation de seconde main, ou de ce qu'il est convenu d'appeler une "idéologie française", l'oeuvre de Cari Gustav Jung est généralement très mal connue en France, ou sujette à de grandes incompréhensions - particulièrement sur le sujet de tout ce qui touche au "religieux", qui lui est tellement reproché.

    Spécialiste reconnu de la pensée jungienne, qui a influencé aussi bien Mircea Eliade qu'Henry Corbin, Gershom Scholem ou Henri-Charles Puech, Michel Cazenave, après avoir établi dans un premier volume ce qu'on peut entendre par la "réalité de l'âme", revisite, en les "refondant" pour l'occasion, les multiples textes qu'il a consacrés à ce problème des rapports de Jung et de la "psychologie jungienne" à l'expérience religieuse, afin de lever les malentendus qui se sont si souvent accumulés à ce sujet.
    Il permet ainsi de les replacer dans la perspective qui est la leur ; celle de la grande tradition de la philosophie allemande, de la pensée néo-platonicienne et de l'histoire de la culture de l'Occident, y compris dans sa découverte d'un Orient qui avait tant à lui apporter.

  • Si Platon l'a célébrée, l'Âme du monde le fut aussi, plus tard, par d'autres traditions métaphysiques. Elle est l'anima mundi des Chrétiens du Moyen Age, la nafs al-Kuliyya (l'Âme universelle) des Musulmans, la shakti de l'Inde. Nos philosophes nous disent qu'elle est Médiatrice entre, d'une part, le monde de la matière dans lequel nos corps se meuvent, et d'autre part, l'Intellect et, au-delà de lui, la transcendance de l'Un. Aucune parole rationnelle humaine ne peut saisir l'Essence, l'Origine ultime. Médiatrice, l'Âme du monde est cette immanence et cette présence du divin, elle tient son rang de liant universel.
    L'abandon de l'Âme et de l'Âme du monde n'a pas seulement généré la crise écologique, elle a aussi eu des conséquences sur la représentation sociale occidentale du monde et de ses diverses sociétés. Carl Gustav Jung était conscient de cette déformation. En 1928, dans Problèmes de l'âme moderne, il écrivait ces lignes qui gardent, encore aujourd'hui, leur pertinence : « L'âme de l'Occident se trouve dans une situation critique, d'autant plus critique que nous préférons encore les illusions de notre beauté intérieure à la plus impitoyable vérité. L'Occidental vit dans un véritable nuage d'ivresse individuelle qui tend à lui dissimuler son vrai visage. Mais que sommes-nous pour les hommes d'autres couleurs ? Que pensent tous ceux que nous exterminons par l'eau-de-vie, les maladies vénériennes et le continuel vol de leur terre ? ».
    Retrouver le chemin de l'Âme du monde, c'est donc incontestablement se donner la possibilité de faire advenir un monde de la réconciliation par-delà les dualismes qui déchirent l'unité du monde. C'est ce que tente de nous démontrer dans ce livre Michel Cazenave et Mohammed Taleb.

  • Victime en grande partie d'une vulgarisation de seconde main, l'oeuvre de Cari Gustav Jung est souvent mal connue en France, ou sujette à de grandes incompréhensions.
    Spécialiste reconnu de la pensée jungienne - qui a influencé aussi bien Mircea Eliade qu'Henry Corbin, Gershom Scholem ou H-C Puech - Michel Cazenave revisite, en les " refondant " pour l'occasion, les multiples études qu'il fui a consacrées, afin de replacer Jung dans les perspectives de la philosophie et de la théosophie allemandes, de la tradition du néo-platonisme et de l'histoire de la culture de l'Occident.
    A travers des chapitres variés tels que " Qu'est-ce vraiment qu'un archétype ? ", " La notion de synchronicité ", aussi bien que " Jung et le Christ " ou " Jung et la réincarnation ", il restitue toute la profondeur et tout le tranchant de la pensée de Jung, en montrant comment celle-ci est " adaptée " à l'évolution du monde moderne et pourquoi de plus en plus de " spécialistes " étrangers à la psychanalyse - anthropologues, artistes et critiques, scientifiques de pointe -, font appel à ses idées et à ses intuitions les plus fécondes.

  • Depuis l'Antiquité, l'Âme du monde constitue une figure majestueuse des courants philosophiques et spirituels. Après Platon qui, dans le Timée, décrit le monde comme possèdant une âme qui a pour principale fonction de justifier les mouvements régulier des corps célestes, puis les stoïciens, qui identifieront l'Âme du monde à la divinité elle-même, ce fut au tour des néoplatoniciens, des alchimistes de la Renaissance, des philosophes romantiques et des métaphysiciens de l'Orient d'attribuer à l'Âme une fonction essentielle dans l'ordonnancement du cosmos et des êtres. Retrouver aujourd'hui le sens et les chemins de l'Âme du monde apparaît, aux yeux de toute une lignée de poètes, de visionnaires, d'artistes, de scientifiques, de philosophes, comme une exigence spirituelle, une nécessité morale, un impératif de survie.

  • Ce livre constitue un testament, et plus précisément le testimonium (témoignage) chevaleresque d'Henry Corbin.
    Le lecteur assiste là à l'authentique " confluent des deux mers " : la tradition occidentale templière et la tradition orientale du Temple. L'ouvrage constitue cette confluence érudite entre la tradition chevaleresque de l'Occident et la fotowwat (Compagnons Chevaliers) de la tradition orientale. La leçon profonde de ce livre majeur qui résume avec discrétion une longue vie spirituelle de plus en plus ardente à mesure qu'elle mûrissait au soleil invisible de la Lumière incréée, c'est que l'image archétype du Temple - en Orient comme en Occident - n'est pas séparable de la méthode " contemplative " et que finalement " le contemplateur, la contemplation et le Temple ne font qu'un ".
    C'est le pouvoir contemplatif qui construit le Temple et le Temple dressé dans l'Imaginal devient ainsi Porte du Ciel. C'est alors que la transcendance, pour reprendre une belle image à la spiritualité islamique, m'est plus proche et présente que l'artère qui palpite sa vie à ma tempe... Gilbert Durand

  • Un exposé à la fois historique et théorique de ce qu'est l'athéisme. La partie historique part de l'Antiquité pour en venir aux grandes figures du XXe siècle et à l'actualité. Est évoquée au passage l'extraordinaire figure de l'abbé Meslier, « un athée de choc », disciple de Descartes.
    Une partie « Problèmes et controverses » aborde les thèmes qui reviennent le plus souvent : origine des religions, le problème du mal, l'athée et la vertu, réponse des athées à quelques arguments...
    Une troisième partie « Dévoiement et perspectives » montre comment l'athéisme a pu se transformer pour ressembler à une religion et envisage l'avenir pour ce mode de pensée. Il s'agit ici d'un essai qui présente l'athéisme dans son ensemble et non d'un engagement en faveur d'une thèse.

  • De l'âme aux yeux, en passant par le coupe de foudre, le baiser, le visage, le désir, la fièvre, l'auteur dessine, non pas la " carte du tendre ", mais celle de l'Amour fou.
    C'est donc à un voyage que nous invite Michel Cazenave vers les territoires de l'amour-passion et de l'amour mystique : " vers ces îles mystérieuses au-delà de l'horizon ou attendent, comme les fauves, toute la force du sexe et la puissance de l'âme, la violence d'un désir qui ne sait de limites, la jouissance absolue de l'esprit et du corps, l'un à l'autre rejoints... ". A travers citations et poèmes, c'est à un choix forcément subjectif que c'est livré l'auteur.
    Il ne prétend pas " vouloir recenser tous les livres embrassés par les flammes de l'amour ", tout au contraire, il revendique cette subjectivité, due aux " humeurs fugitives " qui ont inspiré ce florilège de l'amour éternel.

  • N'est pas nomade qui veut ou qui pense de bonne foi l'être, n'étant pas vraiment sédentaire...
    Et la mondialisation ne change rien à l'affaire. Ni le mouvement seul, par quoi Aristote définissait la vie, ni des changements fréquents de lieu ou même un cosmopolitisme impénitent ne disent exactement la même chose que ce mot qui continue à faire rêver les sédentaires alors que se sédentarisent les derniers vrais nomades de la planète. Et pourtant... Du nomadisme, il faut retenir l'esprit, qui, toujours migre, plus que la lettre.
    Il n'y a de vraie vie que nomade s'il est vrai que vivre, c'est apprendre à déchiffrer pas à pas l'écriture secrète de certains lieux. De A à Z, d'" aventure " à " zénith " en passant par " mirage ", " nostalgie " et " tente ", chaque article nous fait voyager, en empruntant aussi bien à la poésie, la mystique, la philosophie, les récits de voyage qu'à l'expérience personnelle de l'auteur.

  • Pour Tadao Takemoto, la perte des traditions serait la perte de l'âme du Japon. Ce livre est une quête des racines japonaises en s'appuyant sur le témoignage d'écrivains qui servent de miroir. Voici donc une chorégraphie : du Japon vers la France, de la France vers le Japon...
    Rappelons qu'au Japon le miroir est sacralisé. Ce fut grâce à un miroir qu'Amaterasu, déesse du soleil, sortit de la grotte où elle s'était enfermée, et offrit à nouveau ses rayons à la nature reconnaissante. Dans les sanctuaires shintô, le miroir constitue pour beaucoup une énigme. Honorer un miroir ?
    Allons ! Et pourquoi l'a-t-on enfermé ?
    L'Occidental ne sait à quoi se raccrocher. Principe essentiel de la culture japonaise : le plus précieux doit demeuré caché.

  • Carl Gustav Jung fut le collaborateur de Freud dans l'élaboration de la pensée psychanalytique de 1906 à 1912 date de leur rupture. Celle-ci occasionna une fracture durable dans le mouvement analytique. En contrepoint de la théorie sexuelle des névroses élaborée par Freud, Jung proposait d'autres paradigmes : l'importance de l'attachement archaïque à la mère, la nécessité du sacrifice volontaire des attachements infantiles plutôt qu'une castration subie et acceptée, la persona, le Moi, l'ombre, l'anima/animus, le Soi. Il élargissait ainsi la vision d'un inconscient personnel aux dimensions d'un inconscient « collectif », dépositaire de structures inconscientes, communes à l'humanité, présidant au développement de l'intelligence, de l'affectivité, des cultures.
    L'oeuvre est foisonnante, chargée de références mythologiques, traditionnelles, symboliques, historiques, jusque dans l'étude de la tradition alchimique européenne.

  • Réalité et Vérité sont, philosophiquement, deux notions distinctes.
    Appréhender le réel dans sa complexité n'est pas aussi simple qu'il y parait et la vérité, quant à elle, ne peut jamais être possédée entièrement ; elle ne peut qu'être approchée de façon partielle.

    D'aucuns considèrent qu'elle ne peut être que révélée, émanant de l'entité divine, d'autres qu'elle peut être approchée, tel René Descartes et son fameux « Je pense donc je suis », par le seul exercice de la raison humaine.
    C'est, bien sûr, la méthode cartésienne qu'emploie Michel Barat pour aborder ces deux notions.
    Cet espace entre réalité et vérité est le lieu propice à une réfl exion, une rêverie, une méditation... C'est à cette pérégrination, tout autant philosophique qu'émotionnelle, que Michel Barat invite le lecteur. C'est ainsi que n'ayant comme repères que quelques concepts philosophiques solides, l'auteur entraîne auprès de lui son lecteur dans une promenade méditative où l'on rencontre, de l'Antiquité nos jours, tous les philosophes qui se sont interrogés, habités par ces questions essentielles : qu'est la réalité, la vérité, qu'est-ce que vivre, qu'est-ce qu'être ?

    « Aucune sûreté ne s'offre pour dire et penser le réel, aucun abri ne s'ouvre pour accueillir la vérité. Pour vivre sans s'abrutir ni perdre la raison, il nous faut habiter entre deux » écrit Michel Barat.
    C'est dans cet « entre deux » que l'auteur invite fraternellement le lecteur : « fraternellement » car, pour lui, c'est la rencontre de « l'autre », dans son altérité absolue qui nous amène à « être ». C'est ainsi que « reversant la formule de Descartes, il est amené à conclure : « Tu es donc je pense ».

  • Qu'est-ce qui caractérise notre précieuse conscience occidentale née sur les rives de la Méditerranée ? Aujourd'hui, dans l'essor de la mondialisation, quel rôle a-t-elle encore à jouer ?
    Berceau de la civilisation occidentale, la Méditerranée souffre : en Italie, les bateaux épaves des migrants déferlent sans trêve ; la Grèce est ? nancièrement exsangue ; la France fait partie des pays les plus pollueurs d'Europe...
    Marie-Laure Colonna, philosophe et psychanalyste, montre que notre héritage antique recèle des secrets à même de guérir cette souffrance - individuelle comme collective - de l'âme occidentale. Cet héritage est sans conteste le monde des mythes, peuplé de héros et de divinités : Osiris, certes, mais aussi Dionysos, Apollon, Orphée et le Christ. Leurs aventures, tragiques, symbolisent les périls de notre conscience et son odyssée vers l'éveil. Elles re? ètent les parcours actuels des femmes et des hommes en quête de paix intérieure.
    Réenchanter l'Occident, c'est emprunter le chemin des héros mythiques de la Méditerranée, celui de la connaissance de soi et de l'expérience intérieure, pour réconcilier l'Âme et la Science. Une deuxième Renaissance est possible : la santé de la planète en dépend.

  • Pythagore est un mathématicien grec de la fin du ive siècle avant J.-C, probablement le plus connu de tous. Comme pour la plupart des savants de son époque, on ne dispose d'aucun document écrit de sa main et les soixante et onze lignes des Vers d'Or qu'on lui attribue sont apocryphes et sont le signe de l'immense développement de la légende formée autour de son nom. Les premières biographies qui racontent sa vie sont écrites plusieurs siècles après sa mort. Il est donc difficile de savoir si elles rapportent des faits réels ou imaginés par le temps.

    Pythagore est né sur l'île de Samos. Son nom signifie « annoncé par la Pythie »; la Pythie est le nom donné à l'oracle de Delphes, que son père aurait consulté peu avant sa naissance, et qui lui aurait prédit la naissance d'un fils dont la sagesse surpasserait celle de tout autre être humain. Enfant très doué, athlète, il effectue durant une vingtaine d'années une série de voyages auprès des grands sages de son époque, qui le mèneront jusqu'en Égypte et à Babylone. À son retour à Samos, il décide d'enseigner, mais ses cours intéressent peu les habitants. Il part alors fonder une école à Crotone, dans le sud de l'actuelle Italie.
    Cette école, au fonctionnement proche d'une secte, rassemble des centaines d'adeptes qui perpétueront les enseignements du maître pendant plusieurs siècles.

    Pythagore étudiait les mathématiques, la musique et la philosophie. Il professait ainsi toutes sortes d'idées, comme la métempsychose. Les disciples rapportaient toutes leurs découvertes scientifiques au maître, de sorte qu'on ne peut plus distinguer à ce jour les inventions de Pythagore et celles de ses disciples.
    On connaissait le théorème qui lui est attribué « dans un triangle rectangle, le carré de l'hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux autres côtés » bien avant cette époque. On a en effet découvert des tablettes d'argile gravées par les Babyloniens, probablement vers 1800 av J-C, donnant les longueurs des côtés de 15 triangles rectangles différents. Ce serait du vivant de Pythagore que son nom aurait été associé à la fameuse relation, et la légende rapporte que Pythagore en fut si fier qu'il sacrifia aux dieux 100 boeufs. L'école de Pythagore a peut-être été la première à donner une preuve du théorème.

  • Depuis toujours, le phénomène de la projection passionne les grands psychologues du monde, et au premier chef Carl Gustav Jung, car elle est l'une des principales causes de souffrance de l'âme et de l'esprit humains. Collaboratrice d'élection de Jung, Marie-Louise von Franz, avec la vitalité que nous lui connaissons, nous livre, dans Reflets de l'âme, tout ce qui permet de bien comprendre comment, de manière inconsciente, nous renvoyons à l'extérieur de nous-mêmes ce qui s'y trouve caché, enfoui, le positif comme le négatif. Une sorte d'effet de miroir » nous conduit à observer ces reflets chez les autres, comme s'il s'agissait de quelque chose d'extérieur à nous. Marie-Louise von Franz assoit sa magistrale démonstration sur une analyse rigoureuse remontant aux racines de l'histoire et aux sources des mythes et nous invite ardemment à élucider avec courage chacune de nos projections. De nombreuses difficultés, douleurs et conflits, personnels ou collectifs, pourraient ainsi être évités.

  • Qu'est-ce que " soi " ? qu'est-ce qu'être " ? qu'est-ce " qu'être soi " et comment construire soi-même " la demeure de l'etre " ? a travers la construction d'un château, comme métaphore de la construction de soi, c'est une éthique de la joie d'être qui nous est proposée, permettant d'accéder au bonheur de vivre pleinement, librement, ici et maintenant.
    Ce qui se construit ici, dans l'expression de l'imaginaire et la prolifération baroque de la métaphore du château, c'est une " théorie de l'allégresse ", une discrète et subtile invitation à un itinéraire du bonheur d'être, en se " construisant " en permanence et en tentant de faire de sa vie " une oeuvre ". en revenant à ce qu'il a de plus intime et singulier en lui, robert misrahi met en oeuvre et approfondit sa philosophie du bonheur.
    Dans ce déploiement conceptuel et poétique qu'est construction d'un château, il offre à tous un véritable traité du bonheur, permettant à chacun de s'inspirer de l'itinéraire proposé pour inventer son propre chemin.

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