Mjw

  • Cet ouvrage interroge les rapports complexes des psychanalystes à l'institution, en prenant pour axe inaugural les conflits de pouvoir au sein des écoles et groupes de psychanalystes. Depuis la création, selon les voeux de Sigmund Freud, de l'International Psychoanalytic Association, les luttes d'influence, sur fond de rivalités individuelles et collectives, n'ont cessé de sévir, suscitant des orientations divergentes dans les enseignements théoriques comme dans les pratiques cliniques. Les dissensions entre psychanalystes reposent sur deux principaux facteurs que nous examinerons en détail : d'une part, le concept clinique de contre-transfert, dont ce livre retrace l'histoire depuis sa découverte par Ferenczi, à travers les vicissitudes de sa cure avec Freud, et d'autre part, la procédure de la passe, que Jacques Lacan institua au sein de l'École Freudienne de Paris, en énonçant sa Proposition du 9 octobre 1967. Malgré les réserves formulées par Sigmund Freud à propos de l'usage du contre-transfert dans la cure, les psychanalystes anglo-américains ont privilégié une relation duelle symétrique, visant la réparation et la gratification, à partir des conceptions théoriques développées par Rank et Ferenczi, perdant ainsi le véritable tranchant de la psychanalyse. Contrairement à une idée reçue, Jacques Lacan, de son côté, n'a pas négligé la dimension du contre-transfert mais l'a articulée à la dynamique du transfert, en déduisant l'élément inhérent et indispensable à la position de l'analyste : le désir d'analyste. S'adressant aussi bien à des psychanalystes expérimentés qu'à des étudiants en psychologie ou à des profanes portant un intérêt à la psychanalyse, ce livre précise les modalités de formation dans cette discipline. Il s'attarde notamment sur le sens de la phrase de Lacan : « Le psychanalyste ne s'autorise que de lui-même... », insistant sur le fait que, dans le champ de la parole, le collectif - que représente le tiers Autre - ne saurait être évacué. Leurrant le sujet, les démarches gratifiantes relèvent de simples techniques psychothérapiques qui, en gommant les effets de la castration liés à la perte définitive et irréversible de l'objet primordial, entravent le travail de fin de cure. De nombreuses illustrations cliniques, puisées chez Sigmund Freud, ou encore chez Jacques Lacan et Solange Faladé, étayeront notre propos. Afin de définir mais aussi de préserver ce qui caractérise la position d'analyste, l'auteur approfondira les observations d'Ernst Kris et de Lucia Tower, commentées par Lacan dans ses Séminaires. La description des pratiques dissidentes, à commencer par l'analyse mutuelle de Sándor Ferenczi, et l'évocation des dérives auxquelles ont abouti les psychanalystes anglo-américains (M. Balint, M. Little, P. Heimann, L. Loewenstein, O. Renik...), mettront en évidence, par contraste, la position à tenir lorsque l'on travaille comme psychanalyste.

  • Dans de nombreuses situations, le processus de résilience face à l'adversité et aux événements potentiellement traumatisants se déroule sans l'aide des professionnels. L'étude de ces situations a permis de déterminer quels sont les facteurs impliqués, ainsi que les mécanismes sous-jacents, et a conduit à l'élaboration de programmes visant la construction de la résilience. Sur la base des connaissances ainsi accumulées, l'ouvrage Bâtir la résilience présente une large pale?e de méthodes utilisables dans différentes situations rencontrées dans la pratique clinique. Si certaines méthodes ont un caractère préventif, d'autres aident à traverser plus facilement les situations vécues. En même temps, l'ouvrage ouvre des pistes pour la création de nouvelles méthodes applicables dans des situations où celles-ci manquent. Sont, aussi, fournis des exemples d'interventions visant la construction de la résilience dans des communautés, des sociétés secouées par la violence. Les méthodes sont présentées de manière didactique et chaque fois que cela est possible, contextualisées dans ce que la recherche mondiale a produit ; ceci explique le sous-titre de l'ouvrage, considéré comme un Manuel de pratiques professionnelles. Bâtir la résilience est le résultat du travail d'un groupe d'enseignants-chercheurs, de praticiens et de doctorants du Cameroun, du Canada, de la République Centrafricaine, de la République Démocratique du Congo, de France, d'Italie, de Roumanie, du Rwanda, du Sénégal.
    L'ouvrage a été élaboré sous la direction de Serban IONESCU, psychiatre et psychologue clinicien, professeur émérite de psychopathologie à l'Université Paris 8 Vincennes -Saint-Denis et à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Il est membre correspondant de l'Académie de médecine de Roumanie et l'auteur de très nombreuses publications, dont 32 ouvrages.

  • L'acte " criminel " a toujours interrogé les grands cliniciens qui se sont consacrés à la question de la personne du criminel (Charcot, Freud, Lacan, Rorschach, Szondi...). L'histoire de la criminologie s'écrit en même temps que celle de la psychologie, de la psychopathologie et de la psychiatrie, mais aussi de la philosophie, de la médecine et de la pharmacologie. C'est l'aspect phénoménologique et psychopathologique de la criminogenèse (origines plurielles du comportement criminel) qui sera abordé ici. Loin d'une justification psychopathologique, les auteurs cherchent à comprendre le chaos d'un cheminement psychique et ses méandres anamnestiques aux origines supposées du crime. Les réponses possibles sur le plan psychothérapique, pénal, pénitentiaire ou de réinsertion doivent composer avec une analyse de l'ensemble de ces variables condensées dans l'acte surdéterminé criminel. Le consentement est également une question majeure et nouvelle. Celle-ci ouvre à de nouvelles voies d'accès à partir de la phénoménologie de l'intersubjectivité, mettant en lumière le corps à corps qui le constitue et le partage dans une fusion des horizons de signification.

    " Criminologie et Phénoménologie " a été le titre d'un colloque organisé par M. Wolf-Fédida et Ph. Besolles à l'Université Denis Diderot - Paris 7 donnant lieu à une formation en Master2 Recherche du même nom à l'École doctorale et Centre de Recherche en Psychanalyse, Médecine et Société (CRPMS, E.A. 3522) - une tradition dans cette UFR qui a vu l'attribution du doctor honoris causa de Peter Szondi, criminologue-phénoménologue, par excellence. Les auteurs témoignent ici de la continuité de leur travail dans ce domaine et répondent à l'intérêt de nos jeunes chercheurs pour une telle formation.

  • Le préanalytique est actuel dans l'histoire de la psychanalyse, dans le cabinet de l'analyste, en institution de soins et dans une Société d'analystes où il s'agit de produire de l'analytique à partir du non analytique. Ce livre présente les écrits préanalytiques de Freud (1877- 1897) qu'il n'a pas incorporés dans ses oeuvres complètes en partant de l'analyse de mots d'esprits yiddish (Witze). Le yiddish est la langue vernaculaire des Juifs ashkénazes, composée d'hébreu et d'araméen, de langues romanes, slaves et de moyen haut allemand, écrite en caractères hébraïques. C'est une langue sans territoire qui pause la question du rapport du corps au langage et à l'inconscient dans une situation de multilinguisme. C'est un processus historique et langagier qui permet de saisir le transfert à une langue.

  • Ce livre porte sur le travail clinique en centre maternel à partir des entretiens d'accueil à la Maison de la Mère et de l'Enfant à Paris, qui reçoit des mères seules avec leur bébé pendant un an et demi. La rédaction de cet ouvrage couvre cette durée. Le lecteur pourra s'apercevoir qu'il revient aux enfants une position analytique sans pour autant être des analystes. La psychanalyse peut être appliquée en institution sans qu'elle soit de la psychanalyse comme en cabinet, ni de l'analyse institutionnelle, tout en donnant le pouvoir à la parole par divers dispositifs. On s'intéressera à la question : qui parle vraiment dans un discours ? Même si l'éducatrice ou la puéricultrice parlent de la mère ou de l'enfant, dans les réunions cliniques, il n'est pas sûr qu'il s'agisse de ces derniers. Souvent, lorsque l'on parle de la mère, c'est l'enfant qui parle et inversement, ou quelqu'un d'autre, le père, par exemple, ou un ancêtre. Il faut être très attentif à la polyphonie pour pouvoir identifier la voix qui parle comme dans l'expérience analytique, d'ailleurs, sans se précipiter dans une identification. Les entretiens d'accueil sont toujours dans l'entre-deux d'un passé et d'un avenir de la future résidente et de son enfant, dans un contrat qui porte sur la naissance d'un sujet enfin possible, qu'il s'agisse de la mère, de l'enfant, du père ou d'autres. Le projet inconscient de la mère y déploie les points morts de l'histoire familiale dans un transfert des affects désaffectés, dans un espace qui peut devenir analytique, quelle que soit l'appartenance culturelle. L'entretien d'accueil est confronté à la vivacité du moment qui devra s'inscrire dans le temps grâce à un espace, et sans que cela soit prévisible ou qu'on puisse l'anticiper.

  • La géopolitique clinique interculturelle se consacre à l'étude des interactions du psychisme et de la culture au niveau individuel, social et sociétal. Se situant aux interfaces des mutations internationales et en regard desenjeux mondiaux des civilisations et de leurs évolutions, elle partage les soucis méthodologique avec lesdisciplines de la médecine, du droit, de l'anthropologie, de l'éthique, etc. Ainsi rassemble-t-elle les espaces d'interdépendances et d'appartenances des identitésplurielles et polyréférencées de tout humain.
    La géopolitique clinique interculturelle ouvre un espace de recherche fondamentale et appliquée entre héritages vernaculaires et postmodernité des sociétés et des hommes qui les dirigent. Son épistémologie comme sa discipline concerne l'impact réciproque du psychisme individuel et collectif sur le fait sociétal, politique et diplomatique. Ses travaux émargent aux composantes plurielles des cultures et leurs effets sur les organisations humaines intranationales et internationales. Son éthique et sa déontologie se fondent sur le respect de toutes les différences comme source d'enrichissement et de complémentarité des êtres humains.

    L'auteur Philippe BESSOLES est docteur en Psychopathologie Clinique et Maître de Conférences à l'Université Grenoble 1. Habilité à Diriger des Recherches;
    Qualifié aux fonctions de Professeur des Universités, il est ancien directeur du Master II Professionnel Victimologie et Criminologie de l'Université Grenoble II.
    Attaché d'enseignement et de recherche à l'Université Lyon I et Grenoble I en Psychocriminalistique (Facultés de Médecine) et à l'Université Paris VII en Sciences Humaines Cliniques (dirige le séminaire « Les Figures de l'Emprise (Victimologie/Criminologie) » et il est Professeur Associé (Visiting Professor) à l'Université Royale du Cambodge à Phnom Penh (Department of Clinical Psychology. Master in Clinical Psychology and Counseling). Membre du Réseau Asie. CNRS. MSH. Acte fondateur du champ de recherche fondamentale et appliquée en Géopolitique Clinique Interculturelle. Phnom Penh. Cambodge.
    Décembre 2005. International Observatory against Human Trafficking.

    Llustration couverture : Yves Marcérou (Y.M.), Artiste Peintre. Plasticien. Illustrateur.
    Hommage au peuple khmer. Bambou taillé et encre de chine colorée. A la mémoire des 17 000 martyrs du centre de torture de Tuol Sleng de Phnom Penh pendant la période khmer rouge. 1975 -1979. Aujourd'hui musée du génocide. Cambodge.

  • Recit dans la psychanalyse (le)

    Max Kohn

    • Mjw
    • 22 September 2014

    Ce livre répond à la question suivante : quelle est la place du récit clinique chez les psychanalystes ? Le champ de la psychanalyse se situe entre le rhétorique, un art de la persuasion et le narratif, une mise en représentation d'événements réels ou fictifs par le langage. La psychanalyse est à un carrefour entre des événements cliniques et conceptuels dont des récits témoignent. Dans le processus de la cure se joue une ouverture originale sur l'événementiel et l'historique qui engage l'éthique du psychanalyste. À partir d'un noyau d'auteurs, Freud, Klein, Winnicott, Max Kohn dégage la place du narratif dans le récit clinique des psychanalystes. Le récit dans la psychanalyse peut-il échapper à la rhétorique ? Qu'est-ce que raconter au plus juste quand on est psychanalyste ? Le récit clinique peut faire événement, c'est-à-dire inscrire une déliaison inédite, un effet de sens inattendu. La place du récit clinique pour nous analystes a les apparences d'un symptôme, il s'y joue le rapport à notre désir. Le désir de parler de sa pratique se heurte à l'exigence de rester discret. Le compromis entre le désir et son refoulement fait symptôme dans la pratique du récit clinique et ce d'autant plus qu'il s'adresse à un lecteur. Entre le subjectif et l'objectif, il y a un trajet du narratif qui témoigne de l'espace du transfert et du contre-transfert, c'est-à-dire de la cure. C'est la spécificité de la psychanalyse de poser ce problème, et qui fait qu'il ne s'agit pas de littérature. Si la psychanalyse est prise dans un effet de littérature, elle témoigne avant tout du transfert.

  • Cet ouvrage tente de répondre à une interrogation récurrente dans le soin aux adolescents limites ou borderline : pourquoi certains de nos patients paraissent devoir se trouver, ou se retrouver, dans le pire, répétant les expériences traumatiques au mépris apparemment des plus élémentaires prudences ? Les manifestations cliniques sont revues pour considérer que, plus qu'une comorbidité, le traumatisme psychique constitue en fait l'épine irritative des troubles limites. L'hypothèse du complexe traumatique décrit l'infiltration de la pensée par ce trauma toujours antérieur qui apparaît comme une sclérose transgénérationnelle des fantasmes organisateurs de la subjectivation. Certaines créations (Pantagruel de François Rabelais, Frankenstein de Mary Shelley, l'oeuvre d'Alain Bashung) permettent de courts croquis préalables à la modélisation psychodynamique. Quelques liens entre notre modernité et la sensibilisation à un tel complexe sont également désignés pour interroger l'accroissement actuel du nombre de diagnostics de personnalité limite. Cette description enrichit celle des grands axes thérapeutiques des pathologies limites à l'adolescence. Le travail des soignants est très pragmatiquement évoqué, en représentant les supports que ceux-ci doivent trouver et créer.

  • Ce premier volume des oeuvres complètes de Pierre FÉDIDA (1963-2005), contient les textes parus entre 1963 et 1975. Ces textes reflètent l'histoire de la psychologie et de la psychanalyse ainsi que la construction des objets de recherche. Commençant avec la méthodologie des tests en milieu hospitalier, les travaux vont vite être influencés par la linguistique et le structuralisme, puis par le vif intérêt porté par l'auteur au « terrain ». S'ensuivent les interrogations des apriori institutionnels dans l'esprit des années 70 afin de contribuer à un véritable fondement de la recherche clinique en psychopathologie. L'auteur est un psychanalyste engagé auprès des infirmières, de la formation à la clinique et à l'enseignement et il participa à l'introduction des techniques de relaxation dans la psychothérapie analytique. Dans ses textes il s'interroge sur le rôle de la consultation en psychologie clinique en comparant ce?e dernière à celle pratiquée en médecine et se demande comment enseigner la psychologie, assurer la formation des psychothérapeutes et adapter la méthodologie de la recherche au phénomène de la perception (phénomène subjectif mais passerelle entre la psychanalyse et la phénoménologie). Reprenant la question du genre, du féminin/masculin trouvé chez Wilhelm Fliess, la pensée de P. Fédida évolue vers des objets psychiques apparaissant dans l'analyse. Ainsi commencent les travaux sur le deuil, le fantasme, la mélancolie, la phénoménologie du geste et de la forme, thématiques qu'on rencontrera tout au cours de son oeuvre jusqu'à la fin de sa vie. Dans ce premier volume le lecteur assiste à la naissance de ce?e écriture complexe et sensible aux mouvements transférentiels et contre-transférentiels tout en s'insérant dans une réflexion psychopathologique. Le lecteur verra surgir le style d'écriture clinique si typique et propre à Pierre Fédida dès ces premiers écrits. Son élève, puis collègue, le Pr Abbas Makké (Université Libanaise, Beyrouth, Liban) a écrit la préface en témoignage de l'influence du Pr P. Fédida sur son propre parcours.

  • Français Chois

    Sophie Paris

    • Mjw
    • 21 January 2019

    Chois est le récit autobiographique d'une enfance scandée par des agressions sexuelles commises par un adulte responsable. Une intrusion qui, dans la vie de cette petite fille, laissera des traces profondes. Quant aux conséquences, psychiques, psychologiques, sociales, à l'âge adulte, elles sont relatées avec beaucoup de lucidité. L' ouvrage, original quant au contenu, présente une forme inédite. En effet, la narration adopte le point de vue de l'enfant, serrant au plus près l'histoire d'une parole. Toujours la même. De l'enfance a l'âge mûr. Une parole qui peine a se faire entendre tant, chemin faisant, elle se heurte au mur du dire de toute une société qui n'en veut rien savoir: famille, professionnels de la santé, justice, politiques. Rares sont les êtres capables d'entendre l'indicible réel. Ce livre a pour vocation d'ouvrir le débat afin d'élargir la notion de viol et de harcèlement sexuel sur mineur. La pénétration est-elle la condition sine qua non pour obtenir réparation ? Le lecteur apprendra comment, en l'absence de justice, la vie de l'adulte Se mue en un perpétuel combat pour obtenir, un jour, respect et reconnaissance tant cette violence initiale faite a l'enfance, indélébile, constitue une vulnérabilité qui, a vie, élime et lamine, l'image de soi. Comment être a jamais fière de ses actes et heureuse avec un tel passé ? Ce récit est aussi un exemple de courage, de force et de combativité. Une lutte pour l'abolition d'une loi inique. Cynique.

  • Ce second volume des oeuvres complètes de Pierre FÉDIDA, 1963-2005, contient les textes parus entre 1975 et 1976. Ici commence une production féconde où l'histoire de la psychanalyse en France s'écrit par rapport à son application à la clinique. Mais c'est aussi le début de l'ère de la dépression qui est présente de façon de plus en plus importante dans les divers exposés cliniques et révèle également la prise de conscience de l'importance des troubles alimentaires. L'auteur, psychanalyste, montre son engagement, lequel l'a amené à participer aux débats relatifs à l'hospitalisation et au diagnostic clinique, à proposer des notes de lectures, à élaborer la préface à Esquirol et la présentation de ses propres séminaires de recherche. Tout cela l'a conduit ainsi à ouvrir la discussion sur des domaines où la psychanalyse pouvait contribuer, comme c'est le cas, à la fin du volume, à comprendre les répercussions de la guerre sur le vécu du sujet. Dans ce second volume le lecteur assiste à la confirmation de cette écriture typiquement fédidaéenne naviguant entre la phénoménologie binswangérienne - à laquelle il a été formé - et la clinique psychanalytique, incluant les mouvements transférentiels et contre-transférentiels vers l'interprétation. Ces contributions sont préparatoires aux trois ouvrages de références des années 1977, écrits par Pierre Fédida, L'absence, puis Corps du vide et espace de séance, et, enfin, Le concept et la violence. La préface du Pr Jean Guyotat (CHU Lyon), qui a été son Maître lors de sa formation hospitalière puis qui est devenu un ami, a été écrite en témoignage de son amitié pour l'élève brillant qu'était Pierre Fédida, après sa disparition, lors de la commémoration à l'Université Paris 7 en 2003 de son oeuvre et de son travail universitaire. En reproduisant ce texte, l'éditeur rend hommage à cet ami très cher, le Professeur J. Guyotat, disparu en 2017.

    Pierre FÉDIDA (1934-2002), psychanalyste (Association Psychanalytique de France, APF et International Psychoanalytic Association, IPA) de renommée internationale et professeur des universités (Denis Diderot - Paris 7), a été à l'origine de nombreuses créations universitaires et scientifiques (Laboratoire de Psychopathologie fondamentale, Centre d'Étude du Vivant, co-fondation de l'Institut de la Pensée Contemporaine, co-création Revue Internationale de Psychopathologie et membre fondateur d'associations de recherche). Directeur de l'UFR « Sciences Humaines Cliniques » (Paris 7) et fondateur de la « Psychopathologie fondamentale », il est l'auteur d'environ 250 publications dont des traductions en plusieurs langues.

  • Hubert Henrotte est le fondateur avec quatre confrères des deux agences de photojournalisme GAMMA et SYGMA, qu'il a dirigées pendant plus de 30 ans. II revient sur la période où le photographe s'alliait au journalisme, sur l'identité du métier, sur la nécessité de créer une agence. Il raconte aussi les impératifs du métier de photographe qui trouve le terrain par lui-même. Depuis l'époque a change et le regard en arrière permet aujourd'hui de redéfinir cette profession qui semblerait en voie d'extinction. Il n'est pas le seul à se soucier du métier de photojournaliste et de l'avenir de la presse. Car les dirigeants de la presse et les photographes célèbres qu'il a interviewés ici avec la collaboration de Floris de Bonneville lui donnent leur vision de la situation actuelle et expliquent chacun leur façon de fonctionner dans leurs collaborations ou livrent leur regard sur le métier tel qu'il est aujourd'hui. Soucieuses de préserver une éthique du métier mais aussi son économie, qui, comme dans le passé, devait pouvoir les faire vivre, les personnes interviewées permettent de mieux connaitre l'envers du décor d' un métier complexe, parfois au péril de la vie de celui qui l'exerce. L'auteur s'interroge sur l'avenir et fait des propositions, là aussi appuyées par les interviews des différents acteurs du journalisme et de la communication. L'ouvrage est tine référence pour établir un état des lieux dans le secteur de l'information et pour proposer des réponses aux questions d'actualité.

  • "Existe-t-il un au-delà de la castration ? Et un au-delà du complexe d'oedipe ? L'auteur a choisi de questionner cette aporie que Freud nous a léguée comme point de butée infranchissable des cures psychanalytiques et d'étudier ce concept majeur en psychanalyse qu'est la castration, pivot de la vie psychique, son lien inextricable avec le complexe d'oedipe et son implication dans la formation et dans la résolution des symptômes. À l'appui d'un travail théorique et de la clinique psychanalytique d'aujourd'hui, il s'agira de montrer comment la cure psychanalytique, et la position du psychanalyste, visent à introduire la notion de la castration. Ce travail propose d'articuler les oeuvres de trois auteurs majeurs de la psychanalyse, Sigmund Freud, Jacques Lacan et Pierre Fedida, non pas pour les opposer ou les confondre mais pour mettre en perspective leur champ d'expérience, selon leur référentiel et leur style, desquels ressortiront notamment les notions de Spaltung (division et clivage) et d'absence.
    Julie Mortimore, psychothérapeute, assure des psychothérapies et des psychanalyses en libéral. Elle a effectué son doctorat en psychanalyse à l'Université Paris Diderot Paris-VII (Université de Paris). Elle est membre clinicienne du RPH-École de psychanalyse."

  • Ce livre de Max Kohn présente les chroniques intitulées « L'oeil du Psy » parues depuis 2012 dans les Cahiers Bernard Lazare à l'initiative de son ancien Rédacteur en chef, Claude Hampel (né le 18 octobre 1943 à Varsovie, mort le 11 novembre 2016 à Paris) qui dirigeait aussi les Cahiers Yiddish. La chronique de magazine est une forme écrite courte qui nécessite de bien préciser sa pensée et d'aller à l'essentiel. C'est un art de bien dire. Une parole juste, c'est comme un geste juste. Max Kohn y aborde différents sujets d'ordre culturels, pris dans des conversations avec des proches, en essayant à chaque fois d'avoir un regard neuf sur un livre, un film, un concert, une pièce de théâtre et de faire partager ses intérêts et ses passions avec le lecteur, autour des thèmes du langage et des langues, de la musique, de la littérature, de la psychanalyse. Comme le dit Walter Benjamin, le chroniqueur est le narrateur de l'Histoire dont la matière est la vie humaine, chaque instant vécu devient une citation à l'ordre du jour. Dans le cas d'une maladie, le chronique peut durer longtemps. Mais cela peut devenir aigu dans une chronique, un raccourci.

  • Pas d'enfant pour Athéna

    Edith Vallée

    • Mjw
    • 6 March 2014

    Toute femme a pensé à la maternité : désir puissant, simple éventualité, ou alors, " non merci, pas pour moi. " Tourner le dos à la maternité paraît relever d'une préoccupation dont seule la modernité est capable. Or, Gaëtane apprend que, bien au contraire, les déesses grecques ont éprouvé le désir d'être mère et aussi, son contraire. Gaëtane veut savoir, pour elle. Elle n'entend pas cet " appel des entrailles ", signe d'une profonde envie d'enfant, dont parlent tant de mères et même son mari. Son père s'en mêle aussi, jusqu'à ce qu'elle relève le défi de mener une enquête. Le hasard et la recherche obstinée la mettent en face de femmes qui ont choisi la non-maternité. Elle découvre en chacune une déesse grecque. Entre humour, émotion, et passion, sa vie va changer. Ne s'agit-il pas moins de choisir ou non la maternité que de Se choisir ? Un cheminement vers sa vérité, sept voies possibles que suivent quelques femmes, les Childfree, femmes libres d'enfant.

    Édith VALLÉE, docteur en psychologie, s'intéresse depuis trente ans aux femmes qui tournent le dos à la maternité. Elle a publié plusieurs essais et articles. Aujourd'hui, elle révise son analyse de départ. À travers ce roman, elle présente sa nouvelle compréhension du choix de ces femmes.

  • Arthur Tatossian est une grande figure dans la psychiatrie phénoménologique contemporaine française. Sa connaissance des langues lui a permis de lire les textes fondateurs de la phénoménologie dans l'original. Ce recueil de textes, épuisé depuis quinze ans, constitue un ensemble précieux pour différentes raisons. D'abord, il est très rare d'avoir accès à une description de cas longue, et, de surcroît, d'un point de vue phénoménologique, de plus, rédigé en français donc ne subissant pas les effets artificiels d'une traduction. Le lecteur trouvera en début d'ouvrage le cas d'une patiente schizophrène. L'auteur compare le vécu de sa patiente avec d'autres cas de phénoménologues (Blankenburg, Kuhn, Tellenbach...) partiellement traduits en français. Puis, il est rare qu'un auteur phénoménologue discute au fur et à mesure les textes de ses collègues phénoménologues, ce qu'on lira ici, avec une préférence pour les phénoménologues belges et hollandais (autour de Waehlens, Buytendjik, Van den Berg, Van der Horst, Rümke...) quant à la réflexion sur le délire. Ensuite, cette phénoménologie contemporaine de Tatossian prend position par rapport aux préoccupations nosographiques actuelles, les discute en référence à la psychanalyse et discute l'actualité sur l'interculturalité ainsi que le rapport entre symptôme et culture. Enfin, l'auteur propose dans cet ouvrage une vue d'ensemble sur les possibilités d'une psychiatrie phénoménologique. C'est l'occasion de se faire une idée de son travail à travers le temps. Car, il faut savoir que l'auteur propose une oeuvre conséquente depuis les années 1960 qui sera publiée au fur et à mesure par des tomes organisés de manière chronologique.

  • Prendre en compte le monde vécu du patient, partager son monde devenu notre monde et l'y accompagner dans l'aventure psychothérapique a partir d'une herméneutique de Ia clinique du Lebenswelt prend le sens dune véritable éthique d'être avec I'autre. le concept husserlien de LeensweIt peut se traduire par monde de la vie ou monde vécu: il est au centre des travaux du grand psychiatre phénoménologue marseillais A. Tatossian. Neuf de ses articles, pour la plupart inédits ou restés très confidentiels, paraissent enfin dons la première partie de ce livre. Le lecteur découvrira des études approfondies de la phénoménologie du corps, de la clinique de la dépression, de la schizophrénie et du temps humain, mais aussi une réflexion de fond sur la clinique, sur les rapports entre symptômes et phénomènes, sur l'inconscient et sur l'apport de la phénoménologie a la psychiatrie. La seconde partie du livre expose la relecture personnelle que fait V. Moreira de Tatossian, de Merleau-Ponty et des grands psychiatres phénoménologues européens dans une optique clairement affirmée de pratique psychothérapique. Grâce a elle, grâce a ses livres, a ses traductions et diffusions au Brésil des travaux de Tatossian, de nouvelles orientations de recherches théoriques et cliniques en psychopathologie morphophonologique ont vu le jour au Laboratorio de Psicopatologia e Clinica Humanista Fenamenolégica (APHETO) qu'elle dirige a l'Université de Fortaleza De son point de vue d'Outre-Atlantique, V. Moretra réinterroge la psychiatrie phénoménologique européenne dans son histoire et son implication dans I pratique psychothérapique Pour t'aider a creuser certaines problématiques, elle a su de plus mobiliser des élèves, des collègues, des amis, tels I Telles et la notion de Iiberté chez Merleau Panty, E Leite et la dépression, J. Pita et le délire, J. Chamond et la névrose obsessionnelle, L. Bloc et la question de l'articulation entre théorie et pratiques. A la fois clair, rigoureux, didactique et original, cet ouvrage s'adresse aux étudiants débutants comme aux chercheurs confirmes, aux philosophes curieux de la clinique psychiatrique comme aussi aux psychothérapeutes soucieux de trouver un fondement théorique solide et valide a une pratique clinique qui ne se satisfait pas des impasses actuelles de la psychologie positive ou des incantations du New Age.

  • L'insulte devance la pensée, le cri la dépasse, le chuchotement la répare peut-être. Que fait-on en insultant l'autre sinon le ranger dans une catégorie, le renfrogner dans son origine, dans un genre toujours déjà nommé ? La psychanalyse au contraire se donne pour tâche de déployer, avec la culture et à côté de la politique, la pulsion qui existe vers l'inconnu, de préserver l'Ouvert contre le mythe des abysses qu'est toujours la recherche morbide d'une origine fixe (« ta race ! »). La psychanalyse invente un nouveau métier, et donc un nouveau discours où le raté du désir est placé comme objet. Il incombe à celui qui l'exerce d'être pris pour quelqu'un d'autre, l'Autre, un autre, pour ensuite être abandonné, déchu. Évidemment, d'être pris pour un autre engendre bien des malentendus. C'est insultant comme la vie peut l'être. Celle-ci se récapitule au divan, il y a des cris qui sortent des silences, et se murmurent parfois des chuchotements, comme chez Bergman, non pas adressés au contemporain trop semblable ou complaisant, à l'« ami dans les générations », comme dit le poète russe Ossip Mandelstam, mais à un vraiment autre, qu'il s'agira de rencontrer dans l'écume du monde, passé, présent et à venir. La séance analytique, qui est dans son ordre une performance, reçoit cette vocation de réparer le court-circuit qu'est l'insulte, de rétablir l'ordre des signifiants que la psychose, avec sa façon de poser la réponse avant la question, a inversé. Vingt chapitres comme vingt tableaux viennent examiner, autour de Freud, avec Rabelais, la pensée de Judith Butler et d'autres, l'insu de l'insulte.

  • Français Hiatus adolescent

    ,

    • Mjw
    • 22 February 2018

    L'adolescence n'est pas une maladie et dans ce sens, ce livre n'est pas un traité sur l'Adolescence. Il se lit plutôt comme un Essai. Car la rencontre entre des analystes aventureux et des adolescents blessés, blessants et perdus nous met en garde devant toutes sortes de généralisations. Ces rencontres évoquent plutôt la houle de la mer ou la vague qui « vient par en dessous » tant la clinique peut être déstabilisante et inattendue. La consultation ou la psychothérapie place le psy (psychiatre, psychanalyste, psychologue clinicien) du côté des travailleurs de la mer, tels que les décrit Victor Hugo, par la façon de se faire malmener. Incontestablement, il y a des qualités et des compétences requises dans la clinique de l'adolescence qui font penser comme à un hommage à Montaigne. Comme lui, nous dirions : « Peignons pas l'être mais le passage ». L'hiatus adolescent n'est donc pas une nouvelle catégorie diagnostique mais une proposition de donner un nom à ce que l'on trouve dans la clinique. Trop grave, trop important, obéissant à trop d'influences entre le familial, le sociétal, le pédagogique, l'institutionnel et le pulsionnel pour se réfugier derrière une prétention théorique quelconque, nous l'avons ainsi nommé « Hiatus » pour tenter de dire en une formule, ce que nous espérons juste, entre justice et justesse, de cette relation, de ce temps logique et de ces mouvements du corps et de l'âme. Parlons de la rencontre clinique et non de la théorie, car il n'y a pas de garantie dans ce domaine ni pour ces essais non transformés ni pour ces tentatives encore vaines : deuils de la tendresse et de l'enfance, inventions de la génitalité et de l'âge adulte. La référence à la psychanalyse reste pourtant toujours utile et ces essais sont aussi un hommage à Freud. Nous pensons cette ouverture comme indispensable à la clinique : c'est comme la rencontre improbable de « deux tunnels qu'on perce des deux côtés de la montagne ».

  • Dans les textes qui composent ce volume deux polarités se recroisent : d'une part, symbolique et phénoménologique, polarité qui constitue la base de l'architectonique de Marc Richir, d'autre part, phénoménologie et psychopathologie. L'auteur considère que certaines pensées psychanalytiques contemporaines sont susceptibles d'apporter une attestation au bien-fondé de l'architectonique de Marc Richir, et inversement que la pensée du philosophe apporte un fondement transcendantal à tout un pan de la psychopathologie. Il ne s'agit pas d'apporter de l'extérieur une sorte de caution scientifique à un travail philosophique, pas plus que de fournir aux psychanalystes ou aux psychiatres une sorte de « garantie » philosophique. « Attestation » signifie que chez plusieurs psychanalystes et/ou psychiatres qui sont ici l'objet de références, il semble bel et bien que des concepts «richiriens» aient été «en fonction» alors même que les auteurs ne se référaient pas au philosophe. De même, des notions propres à certains psychanalystes laissent transparaître des intuitions philosophiques auxquelles la phénoménologie de Marc Richir paraît bien donner un concept.

  • Français Paris-Shannon

    François-Robert Zacot

    • Mjw
    • 15 March 2018

    Un réalisateur est désespérément à la recherche de la femme qui pourrait incarner le personnage principal de son film. Jusqu'au jour où il rencontre Shannon, une femme à la fois émouvante, naturelle et mystérieuse. Le choix de Shannon s'impose à lui. Bien qu'ils se connaissent à peine, mais grisés par les risques de cette aventure, ils se rendent, pour les besoins du tournage et malgré l'inconnu que cela représente, dans l'Océan Indien. Le village où ils sont amenés à vivre est tellement unique et pittoresque, qu'il exerce un pouvoir émotionnel énorme sur leur relation naissante. Une symbiose incontrôlable se produit entre eux et la sensualité du village, la culture de cette société. Cependant ils ne se doutent pas d'une chose : cette expérience va agir comme un révélateur et les transformer affectivement et psychologiquement, ceci de façon définitive. Une fois rentrés à Paris, ils vivent leur passion fulgurante constamment en résonance à cette expérience. Contre toute attente, ils prennent une décision étonnante, qui va faire basculer le cours de leur vie. Leur but : comprendre pourquoi ce lieu a eu un tel impact sur leur vie affective, au point de les démasquer. Au fond, ce qui les intéresse c'est de vivre une nouvelle aventure, d'aller aux limites de leur vérité intérieure, de laisser exalter leurs désirs.

  • Ce premier volume des oeuvres complètes d'Arthur Tatossian (1956-1995 voire 1997 en tenant compte des parutions posthumes), contient des textes parus entre 1957 et 1970. Ces travaux apportent des éclaircissements sur l'histoire de la psychiatrie et l'évolution de cette dernière ainsi que sur le fondement des classifications nosographiques. L'auteur insiste sur l'importance de l'aspect sociétal qui intervient toujours dans l'appréciation d'une manifestation pathologique et ainsi met en évidence la notion de conscience de rôle et de communication psychosociale. Concrètement sur le plan clinique, ce sont les tentatives de suicides, les fugues et vagabondages, le phénomène de l'adolescence et les difficultés pouvant en résulter, le genre et le transsexualisme et, enfin, l'alcoolisme qui sont les thèmes abordés ici. Lors des premiers travaux, le but étant de comprendre comment le psychiatre peut aider les patients confrontés à divers problèmes en sachant les écouter et dialoguer avec eux. Certains textes reposent sur un volet expérimental, par exemple, ceux relatifs à la recherche sur la perception et aussi, dans un premier temps, ceux relatifs à l'étude de la tentative de suicide mais très rapidement la réflexion et l'interprétation s'orientent vers une approche phénoménologique ; l'expérimentation, contre toute attente, a fait découvrir l'importance de la subjectivité voire de l'intersubjectivité et aussi du vécu ressenti par le patient. Ainsi le lecteur découvre combien la mé- thodologie de l'époque a sollicité l'attention du psychiatre (ou tout au moins de certains d'entre eux) et l'a conduit à l'atitude phénoménologique qui a permis ensuite l'essor de la psychiatrie phénoménologique.

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