P.i.e. Peter Lang

  • Cet ouvrage regroupe les textes présentés lors du colloque international « Grandes » et « petites » langues et didactique du plurilinguisme et du pluriculturalisme. Modèles et expériences qui s'est tenu à Paris, en juillet 2006 dans les locaux de la Sorbonne, à l'initiative de l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). Il s'agissait de mobiliser internationalement les acteurs concernés par une réflexion sur une didactique du plurilinguisme et du pluriculturalisme en construction en Europe. En se donnant pour objet d'identifier les modèles didactiques et leur circulation d'une langue à l'autre, ces travaux interrogent, chacun selon l'angle spécifique de son terrain, de son contexte ou des pratiques analysées, ce que le sens commun désigne par « grandes » et « petites » langues. Celles-ci sont appréhendées ici en tant que représentations sociales et catégorisations qui fluctuent au gré des histoires nationales, des renversements géopolitiques et des visions du monde traversées par les profondes mutations résultant de la mondialisation.

  • Coménius jette, en 1657, les fondements de la didactique. Ambitieux, il promet à ses lecteurs un « art universel de tout enseigner à tous ». Une foule bigarrée de successeurs, acquis à cette noble cause, apportent ensuite leur pierre à l'édifice, qu'il s'agisse de philosophes, de pédagogues ou, à partir du développement des sciences humaines, de chercheurs en éducation, en psychologie et en didactiques spécialisées. La moisson a été abondante ; elle peut donner le tournis à l'enseignant du XXIe siècle qui chercherait, en peu de temps, à en tirer les principales leçons. Cet ouvrage a l'objectif de l'y aider : il se propose de ramasser - dans un langage clair, direct et dénué de jargon inutile - l'essentiel de ce que la florissante littérature didactique peut apporter à l'enseignant d'aujourd'hui pour la conduite efficace de ses enseignements. Pour alléger le propos et s'assurer de leur réalisme, de nombreux exemples et illustrations jalonnent la réflexion, l'humour n'étant pas exclu à titre d'assouplissant didactique. L'ouvrage est articulé autour des principales composantes de l'Art d'enseigner : comment alimenter la soif d'apprendre des élèves ? Définir et annoncer des visées claires d'acquisition ? Bâtir les enseignements sur le déjà-là ? Apprêter les savoirs pour les rendre enseignables, sans les déformer ? Choisir la méthode adéquate ? S'assurer que la cible est atteinte et corriger le tir au besoin ? Gérer la discipline et installer son autorité de maître, au sens de celui qui a la responsabilité de faire apprendre ?

  • A l'image du mur de Trump ou du renforcement des frontières européennes, de plus en plus d'États militarisent leurs frontières au moyen de murs à l'efficacité discutable. Pour expliquer cette obsession globale, il est utile de revenir sur les controverses qui banalisent ces outils militaires à partir de deux matrices de la sécurité frontalière contemporaine, à savoir la « barrière de sécurité » israélienne en Cisjordanie et la « barrière frontalière » états-unienne à la frontière mexicaine. Les murs s'inscrivent dans un spectacle politique, destiné aux citoyens emmurés, et joué par des acteurs conservateurs, sécuritaires et xénophobes. Ces acteurs problématisent les mobilités, développent une expertise sécuritaire, et attaquent l'État pour mieux le forcer à agir. Fondé sur deux enquêtes en immersion auprès d'eux, ce livre entend dépasser la thèse des murs comme signe du déclin de la souveraineté étatique dans le monde globalisé pour mieux souligner comment la répétition de ces spectacles renforce le militarisme des sociétés au détriment d'autres approches humanitaires, juridiques ou économiques des mobilités.

  • La « révolution » du numérique, entamée au tournant des années 2000, a entraîné dans un tourbillon de transformations l'ensemble de la filière cinématographique, de la création à la diffusion. L'ampleur des mutations engendrées (disparition d'acteurs des industries techniques, destruction massive d'emplois et de savoir-faire, redéfinition des contours de métiers anciens et apparition de nouveaux) a sensibilisé une partie de la communauté scientifique. Des projets nationaux et internationaux d'envergure ont vu le jour, avec le souci de cartographier les changements et surtout de préserver des connaissances et des compétences menacées de disparition. À l'heure où ces projets de recherche semblent se multiplier, cet ouvrage collectif, tiré d'un colloque universitaire, propose de se concentrer sur des questionnements d'ordre méthodologique : comment aborder les changements intervenus dans la filière cinématographique ? à partir de quelles sources, avec quels outils et selon quelles approches ? quels problèmes méthodologiques la recherche sur les métiers et les techniques du cinéma et de l'audiovisuel soulève-t-elle ? Autant de questions traitées dans ces pages, à partir de contributions d'une jeune génération de chercheurs dont les travaux, parmi les plus novateurs, incarnent aujourd'hui une dynamique significative au sein des études cinématographiques et audiovisuelles. S'il y a urgence à étudier un monde qui semble disparaître et se transformer sous nos yeux, il est tout aussi urgent de s'attarder sur les modalités de la recherche, sur les outils méthodologiques et les sources à disposition.

  • Albert Schweitzer fut un homme de premier plan dans bien des domaines. Comme théologien, philosophe, musicien et surtout comme médecin, il est universellement connu et entouré d'un véritable mythe. Contrairement à ce qui est communément admis, c'est à Schweitzer lui-même que la construction de ce mythe est pour la plus grande partie redevable. L'essentiel de ce que l'on sait sur la vie et la carrière de l'illustre médecin de la forêt équatoriale a comme source ses écrits autobiographiques. L'originalité de la présente étude est de confronter pour la première fois à la réalité historique les informations livrées par Schweitzer relativement à sa carrière, ses recherches et sa philosophie. De cette confrontation il ressort que, dans bien des cas, Schweitzer se dépeint sous un jour qui est peu conforme à la réalité.

  • À la fin de l'Ancien Régime, les relations entre la France et la Turquie ottomane sont essentiellement fondées sur le commerce maritime. Les négociants marseillais en ont le monopole et leurs établissements au Levant prospèrent à la faveur des capitulations signées avec le sultan, et d'un réseau consulaire hiérarchisé que l'État monarchique a progressivement mis en place. Les consuls sont ainsi devenus avec les corps de négociants les instruments d'une politique économique ambitieuse. Mais celle-ci a ses limites imposées par les Turcs et par le roi lui-même puisque la résidence de ses sujets dans les Échelles n'est pas libre. La Révolution va-t-elle bouleverser cette organisation économique et sociale, ces microsociétés de Français implantés dans les ports de la Méditerranée orientale ? Que se passe-t-il entre l'arrivée de Choiseul-Gouffier, dernier ambassadeur du roi à Constantinople (1784), et l'expédition d'Égypte (1798) ? Les sources consulaires mettent en lumière ruptures et continuités, et cet équilibre si fragile, tributaire des communications maritimes que remet en cause, à partir de 1793, la guerre avec l'Angleterre. Victimes de l'arbitraire des potentats locaux, soumis à la concurrence des autres puissances et coupés de la métropole, les résidents français au Levant deviennent les « oubliés » de cette liberté naissante et certains d'entre eux vont pousser le Directoire à intervenir militairement pour sauver leurs intérêts sans bien percevoir les conséquences de cette politique aventureuse. Après Les Consuls de France au siècle des Lumières et Aux origines d'une alliance improbable, le ministère des Affaires étrangères poursuit avec Les oubliés de la liberté, l'étude de la présence consulaire française au XVIIIe siècle.

  • S'il y a aujourd'hui un regain d'intérêt pour la Création, avec des découvertes de l'astrophysique, les Pères, pour des raisons différentes dues au contexte où ils vivaient, ont largement réfléchi sur ce sujet et ont développé toute une théologie de la Création. A la suite du colloque du même nom qui s'est tenu à Metz en novembre 2008, des spécialistes présentent dans cet ouvrage les thèses de ces différents auteurs, aussi bien les plus connus comme Irénée, Ambroise, Augustin que d'autres moins célèbres à l'image des Pères syriaques, autant de textes qu'il est bon de revisiter et qui ne manquent pas d'actualité. A partir d'une exégèse des premiers chapitres de la Genèse, réalisée avec différentes méthodes, les Pères sont souvent passés d'une interprétation cosmologique à une interprétation anthropologique de la Création, centrée sur le commentaire de Genèse 1, 26 : la Création de l'être humain à l'image et à la ressemblance de Dieu.

  • Ce livre aborde l'histoire de Fribourg-en-Brisgau sous l'angle des festivités princières qui y furent célébrées de 1677 à 1814. Au cours de cette période, cette cité « frontalière » fut confrontée à de nombreux changements de bannière : elle vit alterner des périodes de domination française et autrichienne, puis devint provisoirement modénaise, avant d'être finalement rattachée au grand-duché de Bade. Les fêtes princières étudiées dans ce volume nous permettent ainsi d'observer, comme au travers d'un prisme, chacun de ces fréquents revirements politiques. Au fil des chapitres, l'ouvrage analyse l'iconographie et les discours festifs liés notamment aux entrées solennelles célébrées à Fribourg. À travers ces festivités, l'auteur s'attache à mettre en lumière les évolutions et les permanences du jeu festif : jeu de légitimation, de séduction, de résistance aussi, parfois, auquel se livrent le pouvoir princier et les différents pouvoirs locaux. L'étude de ces célébrations fait progressivement ressortir la fidélité d'une grande partie de la population fribourgeoise à la maison des Habsbourg, malgré les efforts de communication déployés par les dynasties princières concurrentes.

  • Pourquoi enseigner la grammaire ? Quelle grammaire enseigner en classe de français ? Cet ouvrage analyse l'enseignement de la grammaire rénovée dans quatre classes de sixième primaire en Suisse. Le cadre théorique combine les principes d'une théorie de l'activité langagière avec des concepts didactiques comme ceux de temps didactique, concrétisé au travers des indicateurs d'avancement des activités scolaires, et de contrat didactique, conçu comme régulateur du partage des responsabilités, entre l'enseignant et les élèves. La théorie de la transposition didactique fournit les critères pour définir les objets enseignés en relation avec les objets inscrits dans les programmes. Les résultats montrent que les formes et le sens des objets enseignés sont en décalage par rapport à ce qui est préconisé par l'école. L'analyse critique permet une première interprétation de ce décalage. Le livre contribue ainsi à clarifier les relations entre les objets enseignés et appris et le contexte du travail en classe.

  • Comment enseigner de manière à soutenir la motivation et les apprentissages des étudiants? Cet ouvrage collectif répond à vingt questions que les enseignants du supérieur se posent à propos du développement de l'enseignement supérieur et de leurs pratiques pédagogiques. Les réponses apportées passent en revue les fondamentaux de la pédagogie de l'enseignement supérieur et les principes qui mettent l'enseignement au service des apprentissages des étudiants : clarifier les objectifs d'apprentissage visés par l'enseignement ; adopter des stratégies d'enseignement qui permettent aux étudiants d'atteindre les objectifs et d'exercer les compétences visées ; et, non des moindres, évaluer avec pertinence les apprentissages réalisés par les étudiants au terme de l'enseignement. Ecrit à l'intention des enseignants du supérieur et des conseillers pédagogiques, l'ouvrage propose des exercices pratiques qui permettent à chacun de se situer dans sa pratique professionnelle et de progresser dans son développement professionnel.

  • A l'heure où les médias font connaître et créent parfois l'événement, quelle capacité la littérature possède-t-elle de l'intégrer et de le faire advenir elle-même ? Créer l'événement, c'est d'abord insérer l'accident dans une continuité historique, idéologique, socioculturelle. Réfléchir sur un tel objet, c'est donc tenter de comprendre comment les faits se lestent de signification ou non, à travers une écriture narrative, poétique ou essayiste. Une telle opération confère nécessairement à l'événement une fonction sémiotique. Il peut n'être alors qu'un cadre relevant d'une esthétique du pittoresque ou du morceau de bravoure. Mais, il peut aussi porter en lui une leçon qu'il revient à l'écrivain de dégager. Dans cette hypothèse, l'événement prend un sens historique, mais il est en général un objet herméneutique complexe, dont la signification allégorique ou symbolique dépasse l'époque où il s'est produit. A partir d'exemples empruntés à des genres et des auteurs variés, les études composant ce volume, de Balzac à Claude Simon ou de Baudelaire à Michaux, se proposent d'analyser divers modes de construction de l'événement en littérature. Ce sont notamment les déplacements opérés dans les représentations entre le XIXe et le XXe siècle qui ont retenu l'attention, ainsi que leur sens éthique, religieux ou politique pour l'homme moderne.

  • Au devant de la scène et à l'intersection de questions sociales multiples, le travail de rue, désigné en Suisse romande sous l'appellation « travail social hors murs » (TSHM), se caractérise essentiellement par l'action d'« aller vers » dans la rue et les milieux de vie des populations. Si le mandat est essentiellement de natures éducative et sanitaire, il naît bien souvent sur la base de problématiques d'insécurité. A quoi renvoient les termes de sécurité et d'insécurité ? Comment le travail social de rue est-il perçu ? Soumis à une même logique d'Etat, comment cohabite-t-il avec les professions dévolues au maintien de l'ordre et à l'action répressive ? Quel cadre éthique cela présuppose-t-il ? Avec des professionnels concernés, des représentants des forces de l'ordre et des publics en situation de rue, l'auteur contribue à y répondre. Une pierre à l'édifice pour la profession qui a le mérite de dévoiler une méthodologie d'actions, de souligner des limites partenariales, d'explorer des notions « tabous » sous l'angle de la philosophie, de faire émerger des questions d'éthique et d'ouvrir de nouveaux chantiers relatifs à la pratique, à la recherche et à la formation.

  • On sait bien ce qu'on appelle « norme », en linguistique : une pratique de prescription des comportements langagiers. Cette pratique, la linguistique s'est depuis longtemps habituée à la remiser dans un espace qui n'était pas le sien. Il a été une fois pour toutes entendu qu'il existait, aisément repérable, un certain usage normatif de la « grammaire », qu'on connaissait, et qu'il fallait bien distinguer de la linguistique. Ainsi, la possible normativité du discours linguistique a souvent fait l'objet d'une soigneuse dissimulation. Alors, la norme « tabou » de la linguistique moderne ? Quinze linguistes affrontent ici le problème, en partant de ses enjeux épistémologiques, historiques, sociolinguistiques, et, pour finir, grammaticaux. Cet ouvrage s'organise en deux parties. La première analyse cette présence paradoxale de la notion de norme dans le discours des linguistes. La seconde approfondit les résonances de la problématique dans le domaine qui s'y prête le plus, à savoir la syntaxe. Attachement, affect ; lois, règles ; double relation au langage : autant de paramètres desquels le linguiste ne peut pas se permettre de détourner son regard.

  • Pratique constante et rPratique constante et récurrente de la création littéraire et, plus généralement, culturelle, la réécriture a, paradoxalement, été peu étudiée en tant que phénomène autonome. Gérard Genette, avec Palimpsestes (1982), est l'un des rares théoriciens contemporains à s'être spécifiquement penché sur les variétés et les fonctionnements des relations transtextuelles que peut entretenir un texte. Cet ouvrage se propose de cerner les enjeux critiques suscités par les oeuvres littéraires dès lors qu'elles s'élaborent comme de nouvelles versions d'oeuvres, de mythes ou de discours préexistants. Une perspective ouverte, élargie à une diversité d'auteurs francophones, d'époques variées, offre une contribution significative et novatrice au champ des études littéraires actuelles, tout en faisant le lien entre les théories genettiennes, d'autres méthodologies et les oeuvres des écrivains. C'est donc sous l'appellation de « réécrivains » que ce livre propose de réunir un certain nombre d'auteurs francophones chez qui la pratique de la réécriture joue, momentanément ou itérativement, un rôle décisif qu'il est instructif d'élucider.

  • Tracer le panorama de l'apologétique à l'âge classique n'est pas chose facile, tant sont multiples les perspectives philosophiques et diverses les formes littéraires. La tentation est alors grande d'aligner les monographies. Le colloque de Metz (16-18 octobre 2008), dont sont issues les contributions du présent ouvrage, a choisi d'appréhender cette diversité foisonnante et mouvante en la soumettant à une unique approche, la question du croire. Tenant de l'imaginaire et du rationnel, la foi manifeste l'ambition de réaliser la synthèse du sentiment et de la raison. La théologie pascalienne de la grâce fournit des éléments de réponse pour faire cohabiter ces deux principes, constituant le matériau dont d'innombrables apologies se nourriront pendant plus d'un siècle. De 1650 à 1802, de Pascal à Chateaubriand, en contexte catholique comme en contexte protestant, la réflexion est inlassablement reprise sur la possibilité de rendre raison de sa foi à autrui, comme le demande saint Pierre (1 P 3, 15), alors que les progrès de l'histoire, de l'exégèse biblique ou des sciences de la nature en renouvellent les conditions. Mais peu à peu le sujet s'affirme comme la preuve première : son expérience de la foi, le témoignage qu'il en rend, l'espace de parole qu'il ouvre à l'autre, pour mettre ses idées en débat et engager un possible dialogue, sont les nouveaux moyens de la persuasion et de la conversion.

  • La thématique générale de la Didactique du français langue étrangère et seconde dans une perspective plurilingue et pluriculturelle est apprendre, enseigner et travailler avec le français et en français dans un environnement plurilingue et pluriculturel. Cet ouvrage a pour objectif de définir et délimiter la place du français langue étrangère et des échanges francophones dans les sociétés plurilingues et pluriculturelles du XXIème siècle, dans le domaine académique et dans le domaine professionnel. Les différents articles proposent donc à la fois les fondamentaux de la didactique du FLE/FLS, une réflexion sur les contextes d'enseignement du FLE/FLS et sur les aspects socioculturels liés à l'enseignement/apprentissage du FLE/FLS. Il s'adresse aux enseignants de langue, formateurs en langues, formateurs de formateurs (HEP), conseillers pédagogiques, inspecteurs pour la langue ... et médiateurs linguistiques et culturels, dans des structures de formation nationales et internationales, du secteur public, privé et parapublic.

  • Instaurée par une conception homogène de la nation, l'école est trop souvent adepte de la langue unique et magistrale et le plurilinguisme y trouve rarement une place légitime. Dans de nombreux pays toutefois, plusieurs langues se côtoient et s'entrechoquent, jusque dans la salle de classe. Ces territoires qui, de fait, embrassent des normes plurielles, fondent alors des contextes éducatifs sensibles, car les élèves n'y comprennent pas toujours la langue du maître. Or le monde est en train de découvrir et de légitimer la multiplicité de ses langues. Poser que la diversité linguistique dans la salle de classe ne doit plus être un facteur d'échec est urgent. Enseigner en admettant la grammaire et les mots de l'autre est une nécessité. En février 2004, une vingtaine de chercheurs spécialistes des îles de l'Océan Indien, des Antilles et de la Guyane, mais aussi d'Europe et d'Amérique, se sont retrouvés à l'Université de La Réunion pour envisager comment gérer le plurilinguisme à l'école. La présente publication rend compte de l'originalité de leurs travaux sur les politiques linguistiques et les démarches éducatives que ces situations requièrent, dans l'attention la plus pointilleuse aux enjeux du présent.

  • L'espace européen de l'enseignement supérieur a bouleversé la manière de penser, d'envisager l'enseignement des langues et des cultures étrangères. En Espagne et au Portugal, la tradition de l'enseignement du français s'en est donc trouvée reformulée. La réflexion des enseignants, constante et attentive aux nouvelles situations sociopolitiques, a entraîné de nouveaux débats et lancé d'autres défis dans une réalité en construction qui s'avère commune à tous les pays européens.Ce volume rassemble divers travaux portant sur les différents enjeux de l'enseignement et l'apprentissage du français langue étrangère, de la traduction et de l'évolution des représentations véhiculées dans la transmission de la culture française et francophone. Ces contributions non seulement confirment l'apport des nouvelles technologies pour l'enseignant mais aussi, au-delà des savoirs des domaines impliqués (FLE/S, FOS, traduction, culture et littérature), soulignent le besoin d'une compréhension de la dimension identitaire en même temps que la nécessité de l'acquisition de la culture de l'Autre afin de faciliter le transfert de connaissances entre les différentes langues et cultures.

  • Les présences réciproques, mais aussi les interférences, entre la culture française et les cultures ibériques, notamment espagnole et portugaise, s'avèrent abondantes et constantes dans le temps, avec une insistance toute particulière à l'époque moderne. Les nombreuses études contenues dans ce volume soulignent les aspects différents des phénomènes signalés et contribuent à une plus profonde connaissance des mécanismes et résultats de ces présences et de ces interférences. Les études sont regroupées en trois parties dont la première concerne la présence de la langue française et son enseignement ; la deuxième insiste sur les textes littéraires, avec de nouveaux regards et de nouvelles perspectives d'analyse ; et la troisième - la plus volumineuse - reprend d'une manière plus spécifique les réseaux d'interférences qui se sont établis entre les littératures francophones et les cultures ibériques.

  • Alors que l'Europe s'embrase en août 1914 sans que personne n'imagine encore l'ampleur du conflit, les débats sont déjà nombreux sur la pertinence de l'engagement qu'il soit politique, idéologique, économique ou religieux. Les Etats, les groupes d'opinion et les individus optent pour des positions dictées par leur conscience ou par les intérêts politiques. La guerre durant, les neutralismes les plus affirmés vont être mis à mal. Dans le cadre d'une approche historique, géographique, littéraire et artistique, l'objet de cet ouvrage est d'examiner l'évolution des enjeux géopolitiques et des débats d'ordre moral, spirituel ou idéologique qui ont conduit les défenseurs de la neutralité à maintenir leur position pendant toutes ces années ou à s'engouffrer de gré ou de force dans la voie de l'interventionnisme.

  • Le premier semestre de l'année 1972 est marqué par des événements ou des gestes spectaculaires qui sont autant de tournants dans les relations internationales. Il s'agit de deux phénomènes transnationaux : l'environnement et le terrorisme, et de deux phénomènes dans le domaine des relations inter-étatiques. C'est en particulier le cas de la première Conférence mondiale sur l'environnement tenue à Stockholm en juin avec plus de mille participants représentant 132 États. Bien que chacun d'entre eux ait ses propres revendications, le vrai critère de division sépare les pays industrialisés des pays en voie de développement qui refusent d'entraver leur industrialisation sous couvert de défense de l'environnement. Dans l'article 21 de la déclaration adoptée à l'unanimité, il est fait implicitement référence aux dommages que pourraient causer les armes de destruction massive. Et c'est la France qui est visée parce qu'elle a repris ses expériences nucléaires dans l'atmosphère en Polynésie depuis 1966. L'opposition des États du Pacifique est virulente, les tentatives d'amadouer les Péruviens sont vaines et la campagne de l'ONG Greenpeace, qui envoie un bateau dans la zone d'expérimentation, embarrasse les autorités françaises. L'autre phénomène transnational est le terrorisme, qui sévit en Allemagne fédérale depuis 1968, à l'initiative de la Fraction Armée rouge connue aussi sous le nom de bande à Baader; mais surtout au Proche-Orient avec l'attentat spectaculaire à l'aéroport de Lod (30 mai 1972) à l'arrivée de l'avion d'Air France, occasion pour les Israéliens de mettre en cause les autorités françaises qui s'ajoute au catalogue de reproches faits par Tel Aviv à Paris, dressés avec doigté par l'ambassadeur F. Huré. Enfin, deux phénomènes importants sur le plan inter-étatique : la naissance d'un nouvel État qui n'est pas le fruit de la décolonisation. Cet événement inédit embarrasse la diplomatie française qui reconnait le Bangla-Desh, mais ne veut pas que ce geste soit interprété comme « un geste hostile » à l'égard d'Islamabad, tout en souhaitant maintenir de bonnes relations avec New Delhi. Et l'ambassadeur de France à Dacca plaide pour une aide économique rapide et intelligente pour sortir ce pays de la misère. L'autre événement stupéfiant, quand on sait l'animosité des relations entre Pékin et Washington depuis 1949, est la visite du président Nixon en Chine (21-28 février), malgré la guerre du Vietnam et le problème de Taïwan, au point que notre ambassadeur à Pékin dit éprouver « le malaise naturel d'une rencontre gênante ».

  • Au printemps 1930 Henri de Régnier visita l'Espagne pour la première fois, plus particulièrement Madrid, Tolède, Avila, L'Escurial, Burgos. Cette même année, entre la mi-octobre et la mi-novembre, un deuxième voyage allait suivre : l'écrivain parcourut cette fois-ci la Catalogne et Majorque. Un troisième tour dans la péninsule, à l'automne 1932, mettait fin au périple espagnol de l'auteur : de Barcelone il descendit jusqu'en Andalousie pour s'arrêter à nouveau à Madrid avant de rejoindre Paris. Sous le titre général En Espagne les récits de ces voyages furent publiés par la Revue des Deux Mondes (quatre livraisons entre novembre 1933 et octobre 1935). Nous présentons aujourd'hui au public un voyage qui n'a jamais été publié en livre et dont le dernier chapitre, « Tarragone - Saragosse - Valence », conservé parmi les papiers de Mme Tremblot-Bougeneaux, qui aurait accompagné l'écrivain au cours de ces voyages, est inédit. Ces pages découvrent aux lecteurs un voyageur raffiné qui savait jouir de chaque moment du voyage, un grand amateur d'antiquités et d'art particulièrement épris du Gréco, un écrivain toujours en quête du mot juste, d'un lyrisme simple et sans artifice.

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