Pu De Paris-sorbonne

  • Les aveux de la chair, dernier volume de l'Histoire de la sexualité, fruit de près de huit ans de travail sur le christianisme ancien, est le livre auquel Foucault aura consacré le plus de temps, sans parvenir à l'achever complètement. Le détour par les Pères de l'Eglise (Tertullien, Augustin, Cassien, etc.) devait contribuer à éclairer le rapport que l'Occident entretient au corps et à ses plaisirs, au croisement de la subjectivité et de la vérité. Publiés posthumément en 2018, déjà traduits en plusieurs langues, Les aveux de la chair révèlent l'étendue des recherches conduites par Foucault sur les premiers siècles chrétiens, que les textes et les cours jusqu'ici connus laissaient à peine deviner.

    Le présent ouvrage organise une rencontre inédite : les lectures "chrétiennes" de Foucault sont ici interrogées par seize historiens, philosophes et théologiens internationaux, spécialistes de cette période ainsi que de la pensée de Foucault. En quoi l'approche de Foucault renouvelle-t-elle la manière de lire les Pères? Permet-elle d'aborder autrement la question de la nouveauté apportée par le christianisme dans la culture antique ? Et comment cette nouveauté peut-elle faire sens en philosophie aujourd'hui ? Questions cruciales, non seulement pour l'histoire des idées, mais d'abord et avant tout pour la compréhension de notre actualité.

    Les auteurs James Bernauer, Philippe Büttgen, Philippe Chevallier, Elizabeth A. Clark, Agustin Colombo, Frédérique Ildefonse, Laurent Lavaud, Laurence Le Bras, Paul Mattei, Bernard Meunier, Sébastien Morlet, Michel-Yves Perrin, Jean Reynard, Michel Senellart, Arianna Sforzini et Johannes Zachhuber.

  • Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Laurence Bertrand Dorléac partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : " Arcimboldo ou Rhétoriqueur et Magicien " de Roland Barthes.

  • Dans le Paris de la Belle Époque, de plus en plus d'ouvriers, d'employés et de petits fonctionnaires accèdent à la consommation. Les garde-robes se diversifient, les intérieurs populaires se peuplent peu à peu de meubles, comme la très convoitée armoire à glace, et la décoration envahit le logement. Les plus aisés des ouvriers et des employés arrivent même à acheter une bicyclette ou une machine à coudre. Cette nouvelle culture matérielle émerge grâce au développement du crédit qui donne accès financièrement à la consommation et de la publicité qui donne envie d'acheter des biens nouveaux. Georges Dufayel, en pionnier de cette révolution commerciale, a bâti un empire économique à la fin du siècle. Ses magasins grandioses, installés boulevard Barbès, deviennent les temples de la consommation populaire parisienne.

    Ces objets et leurs usages témoignent également d'une culture populaire spécifique, encore marquée par la vulnérabilité économique et le recours à la débrouille. De la fréquentation du Mont-de-Piété à l'achat d'objets d'occasion chez les brocanteurs, en allant parfois jusqu'au vol, ces pratiques ressemblent bien souvent à des "consommations transitoires", non sans le risque, aussi, de la saisie des biens et de l'expulsion du logement. Touchant à l'histoire de la vie privée, des échanges économiques ordinaires et de la culture matérielle, cet ouvrage met en lumière à la fois les dominations multiples qui pèsent sur les classes populaires et les petits arrangements, les micro-résistances, qui traversent le peuple des choses et les choses du peuple.

  • Les réflexions de Nietzsche sur les femmes n'ont pas une place marginale dans son oeuvre ; elles ne sauraient se réduire à des préférences personnelles et moins encore à des égarements ponctuels. Bien au contraire, elles s'inscrivent dans son entreprise philosophique et sont en étroite relation avec les thèmes centraux de sa pensée.

    Examiner les images de femmes que Nietzsche construit et les rôles qu'il leur accorde, étudier la façon dont il se sert de la typologie dans ses analyses de figures féminines, soulever la question de savoir pourquoi il crée des personnifications féminines d'entités abstraites, s'interroger sur ses positions vis-à-vis des femmes émancipées, comprendre les raisons qui le conduisent à combattre frontalement les femmes de lettres : voilà le fil conducteur de cette enquête. À partir d'une lecture immanente des textes de Nietzsche, Scarlett Marton met en relief les ambivalences multiples et variées qui caractérisent ses prises de position à l'égard des femmes : elles concernent le comportement des femmes mariées face aux esprits libres, l'attitude des femmes aimantes vis-à-vis de leurs amants, les traits des femmes bien-aimées de Zarathoustra, comparés à ceux des femmes seulement humaines. En définitive, quand il traite des femmes émancipées, Nietzsche ne témoigne plus d'aucune ambivalence. Il retrouve le geste d'exclusion caractéristique de la philosophie des temps modernes.

  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Arnaud Esquerre partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "On y croit toujours plus qu'on ne croit. Sur le manuel vaudou d'un président" de Jeanne Favret-Saada.

    Croisant sorcellerie, droit et politique, un procès fait en 2008 par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, à une maison d'édition ayant édité une poupée vaudou à son effigie, attire l'attention de l'anthropologue Jeanne Favret-Saada. Elle livre quelques mois plus tard une analyse magistrale de cette affaire dans un article présenté par le sociologue Arnaud Esquerre.

  • A partir de 1967, Michel Foucault s'essaye à un répertoire d'actions plus classique sous la forme de signature de pétitions, appels et autres lettres ouvertes. Le présent volume en donne à lire les principaux, que Michel Foucault cosigna jusqu'à sa mort prématurée en 1984. Un portrait méconnu du philosophe apparaît à travers ces textes, le dessinant à la fois attentif à ce qui survient en France mais aussi aux quatre coins du monde.

  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Michelle Zancarini-Fournel partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Quelle histoire pour la révolution ?" de Jean Chesneaux.

  • Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Violaine Sebillotte partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : « Les activités collectives et le politique dans les cité grecques » de Pauline Schmitt Pantel.

  • Ce livre n'est pas une égo-histoire. Pas plus qu'un mémoire de synthèse. Claire Zalc s'empare avec originalité du motif de l'écriture rétrospective du « je » savant et transforme l'exercice en jeu de piste. « Elle se souvient ». Et d'abord d'avoir toujours lu et travaillé à partir de l'oeuvre de Georges Perec. Les affinités arbitraires et électives qui la lient à son histoire et à ses pratiques dessinent une approche du métier comme de la discipline. L'itinéraire de l'historienne rencontre celui de l'écrivain sans jamais se confondre avec lui. De W à Z, s'entrecroisent deux manières alternées de penser le retour d'expériences de soi, entre récit biographique et parcours académique. Ce n'est pas seulement un Souvenir d'enfance, d'adolescence, d'étudiante ou de « jeune chercheuse » confirmée. Le mode d'écriture inspiré et documentaire donne à voir l'infra-ordinaire des procédures d'élaboration scientifique. Réécritures et relectures enchâssées composent un récit à la fois littéraire, intime et savant. Au gré des résurgences d'archives explorées, de lieux parcourus et de projets de recherche accomplis, une histoire-science sociale affleure.

  • La décolonisation de la pensée et des savoirs est de plus en plus présente dans la littérature contemporaine (philosophie, sciences sociales, littérature). On peut la définir comme une démarche comprenant trois dimensions : une critique de la raison hégémonique et universaliste (déconstruction), une critique de la raison colonisée (émancipation et désobéissance épistémique) et une reconstruction des savoirs dans le cadre d'un espace commun et transculturel (migration et traduction).
    L'afrocentrisme est l'une des formes de décolonisation de la pensée et des savoirs. Ce courant de pensée, qui a prospéré aussi bien en Afrique que sur le continent américain, se présente d'une part comme une critique de l'eurocentrisme et d'autre part comme une approche, fondée sur la théorie du stand point, pour l'étude de l'histoire et des réalités africaines à partir de modèles endogènes. Bien que ce courant de pensée ait donné lieu à de vives polémiques idéologiques et à des critiques épistémologiques bien fondées, il conserve toute sa force paradigmatique et son potentiel critique, mobilisable moyennant un travail de mise à jour. Il permet de repenser divers sujets comme la philosophie ellemême, l'historiographie philosophique, la colonisation, la décolonisation, l'histoire, le développement, la gouvernance, la citoyenneté, etc.

  • Cet ouvrage s'adresse en premier lieu à tous les étudiants préparant les agrégations de Lettres et de Grammaire, mais aussi au lecteur curieux de recherches en stylistique. Se trouvent ici réunies les interventions de la traditionnelle journée d'agrégation, à l'initiative de l'UFR de langue française de la faculté des Lettres de Sorbonne Université, sur le programme de la session 2021 des épreuves de grammaire et stylistique françaises : le Testament de François Villon, L'Heptaméron de Marguerite de Navarre, les Satires de Nicolas Boileau, l'Histoire de ma vie de Giacomo Casanova, Mauprat de George Sand, Le Balcon de Jean Genet. En appuyant leurs analyses sur des aspects linguistiques, lexicales, génériques ou poétiques, les contributeurs de ce volume illustrent l'apport de la lecture stylistique à l'interprétation des textes.

  • Patrimoines incertains. Photographie et récits familiaux dans la France du XIXe siècle Manuel Charpy / "Attraction- Répulsion". Histoire de la patrimonialisation des collections photographiques Dejerine Alice Aigrain / Les archives discrètes. Entrevoir la pratique photographique au Muséum national d'histoire naturelle Lisa Lafontaine / L'Afrique de l'Ouest dans les tiroirs. Documentation scientifique et photographie coloniale à la photothèque de l'IFAN (Dakar) Anaïs Mauuarin / Un patrimoine visuel sous le communisme. La photographie amateur et sociale du président tchécoslovaque Antonin Zapotocky Fedora Parkmann / "Faut-il tout garder ?" Patrimoine et archives photographiques Marie-Ève Bouillon.

  • Les réprouvés : sur les routes de l'exil dans l'Europe du XIXe siècle Nouv.

    En revisitant l'histoire d'Européens contraints au mouvement, ce livre enquête sur le phénomène de l'exil dans un continent marqué dès le XIXe siècle par d'intenses circulations de proscrits. Sans vouloir comparer terme à terme le passé et le présent, cet ouvrage éclaire d'autres crises de l'asile liées aux exilés et réfugiés que l'Europe a connues après la fin des guerres napoléoniennes et jusqu'à la fin du XIXe siècle.
    Qui furent ces hommes, mais aussi, dans leur sillage, ces femmes et ces enfants contraints de quitter leur patrie ? Comment l'exil, de phénomène élitiste qu'il était, est devenu une expérience socialement moins sélective au fil du siècle ? Quelles ont été les réactions alors apportées par les Etats et la société civile à l'accueil des réfugiés ? Telles sont les questions auxquelles ce livre veut répondre, en éclairant la façon dont les exilés du siècle des révolutions ont inventé et pratiqué des formes d'engagement alternatif qui permettent aussi d'éclairer notre présent.

  • Depuis le début des années 1990, un marché dit volontaire des crédits carbone a vu le jour. Dans l'optique de compenser leurs émissions de gaz à effets de serre (GES), des entreprises achètent ainsi sans contrainte réglementaire des crédits carbone à d'autres entreprises ou ONG. Afin d'obtenir ces crédits carbone, dont chaque unité correspond à une tonne de GES évitée ou réduite, les opérateurs (entreprises et ONG) mettent en oeuvre des projets de réduction d'émissions de GES dans les pays du Sud. Des journalistes, des ONG environnementales et même des scientifiques considèrent que ce marché ne permet pas de réduire efficacement les émissions de GES, mais qu'il conduit au contraire des entreprises de s'acheter une image verte (greenwashing). Ils estiment aussi que les populations du Sud encourent de potentiels dangers avec la mise en oeuvre de tels projets, comme celui de se voir accaparer leurs terres au profit de projets de compensation carbone. Comment s'est construit ce marché en dépit des controverses qu'il suscite ? C'est à cette question que s'attelle cet ouvrage.

  • Tirés à part n. m.
    Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Pierre Judet de La Combe partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Le métier de philologue" de Heinz Wismann.

  • Centré autour d'un dossier thématique, ce numéro aborde l'histoire des photographes ambulants et de leurs pratiques, ainsi que celle du matériel lié à ces circulations, aux XIXe et XXe siècles. Si les ateliers et studios sédentaires ont fait l'objet de recherches historiques et d'expositions, la mobilité des photographes professionnels hors du studio a été moins explorée.

    À travers cinq articles de fond, ce numéro propose plusieurs études qui font émerger une histoire matérielle et visuelle des opérateurs itinérants : on y trouvera ainsi par exemple un essai sur les photographes allemands en Suède dans les années 1840-1850, l'étude d'une femme photographe itinérante dans la France du XIXe siècle, une réflexion sur le matériel photographique des explorateurs, un texte sur les photographes parisiens du dehors, ou encore un article sur la querelle des photo-filmeurs dans l'après-guerre.

    Éclairages complémentaires, la rubrique "source" traite ici des brevets d'inventeurs liés à la photographie portative, tandis qu'un entretien avec le cinéaste Hu Wei vient creuser la contemporanéité de ces pratiques. En varia, on pourra suivre l'histoire d'un modèle photographié par Man Ray et Picasso, et dont l'histoire est aujourd'hui redécouverte.

  • Cet ouvrage propose une approche multidisciplinaire des biens communs, ni prescriptive, ni soucieuse de définir une voie nouvelle - comme certains auteurs récents ont cru y voir une perspective révolutionnaire renouvelée - dépassant ainsi l'alternative entre propriété privée et publique.

    En adoptant la perspective heuristique des biens communs, il questionne la dynamique des trois institutions majeures de l'économie (capitaliste), retenues comme autant de parties successives scandant le contenu de l'ouvrage : la propriété, le travail et la monnaie, ainsi que leur imbrication propre à déboucher sur différents modes d'organisation des activités et de la vie démocratique.
    Les douze contributions participent à la construction d'un cadre analytique permettant d'étudier précisément les modes de gouvernement, les structures de propriété et les évolutions des activités économiques, suivant différentes échelles de temps et d'espaces. En particulier, l'ouvrage analyse le processus historique suivant lequel l'Etat, après avoir été l'englobant par la définition et la garantie d'un service public, devient de plus en plus aujourd'hui l'englobé.
    Cela du fait des contraintes imposées par d'autres figures ou personnes morales représentant l'action publique et pouvant impulser des transformations sociales dans divers domaines (transport, urbanisme, culture, environnement et patrimoine, finance). Par ailleurs, il invite aussi à être attentif au maintien de formes de copropriété toujours menacées par des acteurs dominants cherchant à acquérir la pleine propriété de certains actifs afin de les valoriser au mieux sur les marchés.

  • Le huis-clos dans l'atelier, où l'architecte exerce un art autoréférentiel, qui puise ses modèles en lui-même, plus que dans la nature, résonne de l'expérience et de la mémoire des visites in situ des édifices et des espaces réels, parfois parcourus lors de lointains périples. L'intention qui préside au choix du modèle, précède le processus de connaissance. Ce souci, ce désir, qui motivent les enquêtes et l'extension des corpus, participent d'un projet plus ou moins collectif ou individuel, plus ou moins intuitif ou explicité : une ambition d'édifier. De sorte que le moment, technique en apparence, de l'observation et du travail graphique, qui permettent de réduire un objet complexe à une série limitée de figures, ou de photographies, trouve son ressort dans un souci de distinction par la découverte et la compréhension d'objets inédits ; par la révision des savoirs préétablis ; ou puise son impulsion, parfois obscure, dans des expériences esthétiques ou mentales plus personnelles ou intimes.

    Quatorze essais, réunis ici par Jean-Philippe Garric, interrogent la mécanique et l'économie des modèles, à travers leur formation, leur pratique et leur portée politique.

  • Chacun des dix chapitres de ce volume est consacré à l'examen philosophique d'une question ou d'une notion fondamentale en logique: la conséquence logique, la démonstration, la vérité, le sens et la référence, la logique du second ordre, la négation, les conditionnels, l'universalisme logique, les logiques non classique et le pluralisme, et le phénomène d'incomplétude. Cet ouvrage, auquel ont contribué douze chercheurs spécialisés en histoire et philosophie de la logique, comble une lacune éditoriale dans la philosophie contemporaine francophone. Il intéresse à la fois les philosophes qui possèdent une formation de base en logique et les logiciens qui souhaitent porter un regard philosophique sur les concepts fondamentaux de leur discipline. Ce premier volume sera suivi d'un second de philosophie des mathématiques (sous la direction d'Andrew Arana et Marco Panza). Le projet commun est d'offrir une introduction riche, pédagogique et claire aux principaux débats contemporains de philosophie des mathématiques et de la logique

  • « La musique a-t-elle un genre? »: la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes.

    Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l'oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations.

    Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente.

    Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.

  • Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. À l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al- Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de « l'Autre », que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.

  • L'animal désanthropisé : interroger et redéfinir les concepts Nouv.

    Depuis longtemps, nous interrogeons les animaux avec des concepts définis du point de vue humain. Cela nous a fait confondre les versions humaines de l'intelligence, du langage, des émotions, etc., avec la définition générale de ces capacités. Cela nous a amené à conclure que les animaux ne possédaient pas ces capacités ou qu'ils n'en possédaient que des versions dégradées. Voilà pourquoi il faut sortir les concepts de leurs versions humaines - soit les désanthropiser - pour les redéfinir d'une manière plus adaptée aux animaux, afin de les observer et de les interroger - avec eux, pas contre eux.

    Parallèlement, la nécessité de croiser les sciences pour comprendre les animaux oblige aussi à décloisonner ces concepts, c'est-à-dire à les sortir de leurs carcans disciplinaires. Il nous faut donc ouvrir, enrichir; redéfinir ces concepts : on peut y parvenir en important simultanément des notions issues des sciences humaines ou provenant d'autres civilisations, lorsque celles-ci se révèlent plus efficaces, ou encore en réutilisant des notions d'autrefois. L'idée n'est pas de remplacer les disciplines actuelles du vivant mais de les enrichir ; de développer un regard pluridisciplinaire, de questionner différemment les animaux : en somme de mieux voir et de mieux lire les animaux.

    Ce livre, auquel ont contribué des généticiens, des vétérinaires, des éthologues, des écologues, des neuroscientifiques, des psychologues, des sociologues, des anthropologues, des littéraires, des sémioticiens, des géographes et des historiens, s'adresse à tous - et au public passionné d'animaux.

    Contributions de :

    Eric Baratay, Farid Benhammou, Alain Boissy, Sarah Bortolamiol, Dalila Bovet, Florence Brunois-Pasina, Pascal Carlier; Fabienne Delfour ; Fabrice Guizard, Florent Kohler ; Michel Kreutzer, Sabrina Krief, Stavros Lazaris, Gérard Leboucher ; Pierre Le Neindre, Frédéric Louchart, Pascal Mallet, Lison Martinet, Nelly Ménard, François Moutou, Ludovic Orlando, Marie Pelé, Emmanuel Porte,Violette Pouillard, Patrice Régnier ; Marie Renoue, Hélène Roche,Véronique Servais, Charles Stépanoff, Margaux Spruyt, JeanTrinquier et Marco Vespa.

  • Ce livre conte l'histoire d'une ombre étrange, celle qui grandit au fil du temps sur la porte qui sert de seuil à la dernière oeuvre de Marcel Duchamp : une installation (Étant donnés) qui fut planifiée par son auteur pour n'être érigée qu'après son décès. Selon Jean Lancri, il se pourrait que cette oeuvre cataloguée comme dernière en recèle une autre, inaperçue jusqu'à ce jour, et qui serait "plus ultime" qu'elle. Logée où? À même sa porte! Entée sur son bois comme pour la hanter, il y aurait l'ombre en question... La question que pose cette ombre est ici approchée de trois manières successives. D'abord au fur d'une enquête iconographique sur la part de l'ombre dans l'oeuvre de Duchamp; puis au fil des ricochets dits "artistiques" qui furent induits par cette investigation. Car le texte de cette enquête fut par la suite "traité" graphiquement et picturalement; transformé en une production plastique qui a connu deux expositions : au musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg et à la galerie Michel-Journiac (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Par ailleurs, l'articulation entre l'hypothèse émise au cours de l'enquête textuelle et sa reprise dans l'oeuvre visuelle qui s'ensuivit a fait l'objet d'une conférence-performance dont la transcription figure au milieu de cet ouvrage. Prenant appui sur l'oeuvre dite dernière de Duchamp, son texte joue le rôle d'une charnière entre Les deux autres volets du livre tout en y assumant une fonction de surplomb épistémologique. S'y trouve mise en éclat(s) la question que voici : à quelles conditions peut-on dire qu'une recherche universitaire, conduite dans le champ institutionnel des Arts plastiques, souscrit aux exigences qui sont propres à l'art de notre temps ?

empty