Desclee De Brouwer

  • À partir d'une conférence particulièrement forte donnée dans le cadre du Collège des Bernardins, François Cheng poursuit une éblouissante méditation sur la beauté, aux confins de l'Occident et de la grande tradition chinoise. Tel est le défi adressée à l'homme: au coeur du mystère du mal, au cours de nos existences, comment laisser réfléchir, envisager la beauté? Comment lui donner visage, dans l'expérience artistique certes, mais aussi toute la vie même, dans la recherche de la bonté, de la sainteté, de la vertu? Dans cette tension vers le beau, nous ne pouvons marcher que L'oeil ouvert et le coeur battant, pour entrer dans ce qui est plus grand que nous-même.
    Une réflexion puissante et à l'écriture lumineuse.

  • "Elle a lu la quatrième de couverture, a frissonné d'étonnement.
    Ce récit ressemblait à s'y méprendre à un épisode de son existence. Elle a déposé l'ouvrage sur le comptoir et est allée ouvrir la porte de la librairie. À neuf heures, les clients sont encore rares et, dans la lumière du matin qui glissait sur la vitre, elle a commencé à lire ce texte inattendu". Les événements de notre vie, même les plus obscurs, sont posés dans la main des anges. Dans le cocon de sa librairie, une jeune femme tombe sur un récit bouleversant : elle y reconnaît un drame enfoui dans son passé.
    Et si cela donnait un sens nouveau à sa vie ? Un roman fort, un hommage à la puissance des livres. Après Avec l'Intime, Pont désert et Reçois et marche publiés chez Desclée de Brouwer, Frank Andriat nous offre un nouveau texte souriant et profondément humain.

  • Notre monde aurait-il quelque mauvaise conscience, quelque problème avec la mémoire et l'absence ? D'un côté, l'inflation mémorielle qui touche groupes et communautés pour commémorer un drame, un événement, un personnage célèbre. D'un autre, et de manière surprenante, la tentation de l'effacement, de l'oubli qui touche tant de contemporains. Tous ceux qui disparaissent sans crier gare de nos sociétés, sans qu'une protestation ne s'élève... Il y a donc sans doute urgence à faire " acte de présence ", comme y invite Sylvie Germain. Alors que nous habite la tentation du virtuel absolu, qui évacué la chair et la pesanteur des choses, l'heure n'est-elle pas au retour de ce temps présent, à ce monde-ci, quitte à y affronter le mal ou la peur ? Pour découvrir aussi que le silence est habité, au-delà de l'angoisse...

  • Sous ce titre à forme de fable, qui peut paraître incongru à première vue, Jacqueline Kelen n'en propose pas moins un véritable petit traité de vie spirituelle. Dans les Amitiés célestes, elle s'intéressait aux grandes amitiés spirituelles qui ont pu exister entre un homme et une femme. Mais ici, pourquoi parler du colimaçon ? Sans doute parce que la recherche de Dieu colle aussi à la terre, dans une démarche d'incarnation. Sans doute également parce que la spiritualité est une recherche entêtée, un retour et un enroulement sur soi à la découverte de Dieu. Et puis, la maturité spirituelle, la maîtrise intérieure demandent enfin du temps et de la lenteur, du silence. Autant de valeurs qui sont souvent au rebours de notre modernité.
    Un texte ciselé.

  • " Partir, dit-on, c'est mourir un peu.
    " Mais partir d'où, pour aller où, et qu'entend-on par " mourir un peu " ? Comment le verbe mourir peut-il s'accommoder d'un adverbe de quantité alors qu'il désigne un événement à chaque fois unique, définitif, absolument inquantifiable ? Il en est du verbe mourir comme du verbe aimer : leur adjoindre un adverbe de quantité, d'intensité ou de manière revient à en moduler le sens de façon radicale, l'air de rien.
    " Il m'aime/elle m'aime/je t'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie... pas du tout ", scandent les amoureux sur un ton enjoué en effeuillant des marguerites, Mais la désinvolture n'est qu'un masque, le jeu s'avère bien plus sérieux qu'il n'y parait car l'enjeu est extrême en vérité - il en va présentement, ardemment de l'amour. On risque son coeur, sa joie, son plus vif espoir. L'amour, la mort, on ne badine ni avec l'un ni avec l'autre.
    Effeuiller le verbe mourir ainsi qu'une fleur des champs c'est mettre à nu son propre coeur ses pensées, son espérance. " Dans ce nouveau livre, Sylvie Germain traque la dynamique de la quête spirituelle à travers le thème des pas, de l'arrachement de la mort à nous-mêmes, avec l'écriture vive et inspirée qu'on lui connaît.

  • « Recevoir. Me rendre capable de recevoir, prendre conscience que je suis une capacité, un espace pour l'autre. Et, pour être une capacité, cesser de vouloir me remplir. Je ne peux pas recevoir dans l'abondance, je ne peux recevoir que dans l'abandon.» Cette méditation qui se développe dans le silence et dans l'écoute nous conduit à l'essentiel : nous ne vivons pas de nos forces propres, nous avançons sur le chemin parce que nous sommes avancés. Plutôt que de croire à notre puissance, il s'agit de faire confiance à notre fragilité. C'est par elle, en elle et avec elle que nous pouvons recevoir la vie qui nous offre de marcher.
    Ce livre prolonge Avec l'intime.

  • Tous les chemins mènent à la mer.
    Sur cette plage du nord, un peintre a posé son chevalet. il peint le ciel changeant, les silhouettes en vacances. mais voici qu'un cheval fou fend l'espace et révèle à chacun sa part de rêve et de souffrance. résidents ou locataires, qu'on ait cinq ou soixante-quinze ans, il arrive qu'on perde pied : on se pose les questions vitales et on cherche un écho près des autres. le jeune homme en fauteuil roulant écoute l'adolescente en mal de père ; une famille nombreuse joue non loin d'une femme esseulée ; un couple savoure la joie de vieillir ensemble.
    Les solitudes sont avides d'attention, de tendresse et d'apaisement. mais comment reprendre pied lorsque la vague trop forte a bousculé le fragile équilibre ? dans ce roman, l'auteur de célébration du quotidien poursuit son exploration des visages et des paysages, des choses de la vie, en quête de l'essentiel sous les apparences.

  • Notre société, obsédée par le vieillissement, la dégradation du corps ou celle de l'esprit, succombe au "jeunisme".
    Il devient impératif pour chacun d'apparaître au mieux de sa forme, de masquer les rides, de cacher sa fatigue. qui d'entre nous échappe à cette hantise ? et si ce n'était qu'un leurre ? poursuivant le dialogue avec ses lecteurs, colette nys-mazure livre une réflexion sensible sur le temps du vieillir. avancer en âge, c'est peut-être approcher l'âge de vivre authentique, celui de recevoir différemment les autres, les choses, l'existence.
    L'auteur de célébration du quotidien évoque avec bonheur les moments et les mots de la vie ordinaire. sur le ton de la conversation chaleureuse, elle allie gravité, humour et poésie.

  • Après avoir célébré le quotidien, Colette Nys-Mazure a choisi de donner la parole aux femmes.
    Non à travers des propos idéalistes ou démagogiques, mais à partir de leur vie concrète, d'un lieu symbolique, le monde du rail. Ces femmes, Colette Nys-Mazure les a rencontrées, puis recréées sous la forme de courtes nouvelles, comme autant de portraits, en action. " J'ai chéri ces visages, tous ces visages des différents âges de la vie j'ai été dans la locomotive et sur le quai ; j'ai communiqué, compati, ri et partagé.
    J'aimerais qu'en lisant Battements d'ailes, la lectrice cheminote ou pas - se dise : "C'est bien elle, la guichetière, la bibliothécaire, la contrôleuse, c'est bien moi.'' Je souhaiterais que les hommes - cheminots ou pas - les saluent sans réserve. Singulières et différentes, soeurs, femmes. "

  • Dans le chef d'oeuvre qu'il composa à la fin du XIVe siècle, Jean d'Arras raconte l'étrange et magnifique histoire d'amour qui unit, pendant de longues années, le chevalier Raymondin et la fée Mélusine. Mais cette légende évoque tout autant l'alliance précieuse et très ancienne passée entre l'Éternel et la créature humaine, toujours libre de rompre son serment ou de garder la Parole confiée.
    Le passage de la fée décrypte ce récit initiatique en offrant des sujets essentiels à méditer : les épreuves et la grâce, le désir, le secret, la solitude, la parole donnée. Le conte devient alors roman d'apprentissage et quête de transcendance. Il invite chacun à s'interroger sur le sens de l'amour, sur la vie de couple ou la fidélité. autant de thèmes universels.

  • Cela pourrait s'appeler simplement Scènes de la vie du Christ, puisque ce livre est d'abord une série de « tableaux animés », retraçant les étapes de la vie de Jésus, de la Nativité à la Crucifixion en passant par la Fuite en Égypte. C'est que la vie de Jésus, à force de longévité, a sans doute fini par devenir la somme des récits qui la composent, faite d'images millénaires et de légendes dorées, comme autant de fantômes qui traversent nos mémoires. Or, quelquefois, aux fantômes, on a envie de redonner un corps.
    Ce livre qui a connu voici deux ans une première édition illustrée. Cette nouvelle édition reprend exclusivement le texte.

  • « La poésie m'a préparé à rencontrer le mystère de Dieu » écrivait le poète Serge Wellens. Oui, entre poésie et mystique, existent tant de correspondances au sens où l'entendait Baudelaire. La poésie est tout sauf un luxe. Substantielle, elle aide à vivre et celui qui l'écrit et ceux qui la lisent. En témoignent les poètes en temps de détresse : Desnos en France aussi bien qu'Anna Akhmatova en Russie ; des hommes et des femmes qui ont osé dire tout haut ce que tant d'autres souffraient tout bas. Défiant le pouvoir en place, ils ont souvent payé cher ce courage. Ne faut-il pas arracher la poésie à la tour d'ivoire dans laquelle on l'enferme, contre le gré de poètes souvent ? En parler sans jargon, avec des mots simples, afin de la rendre au grand public.
    C'est le projet de ce nouveau livre de Colette Nys-Mazure qui présente une sélection de ses poètes préférés.

  • Des femmes, des hommes rêvent, se croisent, courent sous l'averse. Quel que soit leur âge, ils éprouvent doutes et désirs, peurs et plaisir. Ils tentent de vivre au plus près d'eux-mêmes. L'enfance n'est jamais loin de la mémoire. Les obstacles et les revers du quotidien les bousculent parfois gravement, mais ils traversent, vont de l'avant. Sur le quai d'une gare, dans une chambre de malade, crié ou chuchoté, s'élève l'appel à la rencontre vraie. Pour Victor Hugo, la forme, c'est le fond qui remonte à la surface. Sous le travail de l'écriture, aussi précise qu'une broderie, se dévoile la quête de l'amour sans mesure auquel nous aspirons tous.

  • Déformé par les images pieuses, les caricatures ou les préjugés, Jésus pourtant n'en finit pas de bousculer et de dérouter. C'est ce Jésus-là que Francis Deniau a envie de faire découvrir. Loin des prédications convenues, l'auteur laisse s'exprimer sa sensibilité et raconte sa propre perception de manière chaleureuse. Jésus est cet ami qui est présent tout en provoquant la surprise. Il a vécu une existence d'homme, il a partagé nos questions, nos expériences, nos découvertes et nos angoisses. Parce qu'il a été au c?ur des enjeux de notre humanité, il est toujours notre contemporain. Jésus nous est proche si nous aussi nous acceptons de prendre au sérieux nos interrogations et d'y entendre une parole qui a de multiples résonances intérieures. Aujourd'hui comme en son temps, cet ami déroutant brise des clôtures et ouvre des chemins.

  • Le visage est notre royaume, un pays où alternent ombres et clartés, où se reflètent la joie et la souffrance.
    En puisant à la fois à la source biblique et aux mots des poètes, Gabriel Ringlet médite sur cette double dimension de l'existence humaine. Il l'évoque en particulier à partir de figures de femmes, de toutes celles qui, aujourd'hui, dans le monde, soulèvent les pierres de tant de tombeaux. Comme la fleur d'amandier, elles résistent. Arrachées, elles repoussent. Déracinées, elles refleurissent. Avec un peu de mort sur le visage, elles annoncent le retour du printemps.

  • Il vient...
    Temps de l'attente, temps de l'espérance, la période de l'Avent est trop souvent consacrée à l'achat des cadeaux des fêtes, à la consommation plutôt qu'à l'intériorisation du mystère de Noël. N'avons-nous pas oublié l'essentiel : la fragilité d'un tout-petit, le don de l'amour, la gratuité ? A la demande d'Henri Lambert, aumônier des artistes à la cathédrale de Bruxelles, Colette Nys-Mazure a médité autour du thème de Noël.
    A partir des naissances les plus quotidiennes, elle contemple la Nativité, ce surgissement qui redonne un élan à toute vie. Elle nous propose d'ouvrir les portes de l'Avent afin de voir poindre l'Emmanuel au plus profond de nous, aussi bien qu'à l'horizon de notre monde à feu et à sang.
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  • Port-Louis, quel temps fait-il ? C'est le printemps l-bas et il voudrait s'y rendre. Pour faire la paix avec ce fils. Pour tenter de recrer avec lui un lien malgr la prsence de Maryline et d'Antoine dans leur vie. Malgr les phrases dfinitives... Il s'est retenu de pleurer, il n'a cueilli aucun mot pour lui rtorquer... Il a cout claquer la porte et il s'est effondr. Qui est ce vieil enfant - comme le nomme tendrement sa femme - qui, enferm dans sa vie de papier, n'a pas su comprendre la dtresse de son enfant, le faisant fuir l'autre bout du monde ? Pourquoi la charmante belle-fille et le petit-fils qu'il vient de dcouvrir ont-ils t abandonns par son fils ? Quel secret se cache derrire ce geste ? Suite de Jolie libraire dans la lumire, ce nouveau roman de Frank Andriat qui chante l'criture, l'amour et l'esprance, nous offre une rflexion profonde sur la famille, la confiance et les nondits qui creusent parfois nos vies jusqu'au dsespoir,

  • Qui se cache sous la silhouette de ce "prince", rencontré au détour d'un parc ? Un simple passant, un inconnu, un homme comme un autre et pourtant rayonnant d'une lumière unique? Emmanuel Godo marche sur ses traces d'une écriture haletante. Ainsi que l'écrit le poète Jean-Pierre Lemaire en ouverture, ce "prince" n'est pas sans faire penser à "celui de Dostoïevski, le prince Mychkine", mais la silhouette de celui-ci " est encore plus mystérieuse, plus proche de la frontière de ce royaume qui est notre vie même si nous savions la vivre comme il faut". A sa manière, ce livre nous introduit dans cette "poésie de charité" évoquée par Baudelaire. Et donne une chair et une figuration littéraire à l'autre, notre semblable, si mystérieux et si proche.

  • Vivant entre Taiwan et la Chine depuis 1992, Benoît Vermander explore ici les îles et les terres intérieures que l'obscur désir du départ déjà fait pressentir, avant qu'elles chatoient et qu'elles se révèlent dans la trame des déplacements.
    Brisures de récits et de mythes, poèmes qui, entre hymne et comptine, déploient l'espace d'une langue sachant à la fois taire et féconder... Nous sommes alors mis au défi d'oser nous " mouvoir parmi le jeu pur, les épiphanies, le ruissellement vers l'en deçà, la fin, la source ", et de découvrir au fil du voyage ce que c'est que " ne plus rien vouloir et vouloir tout. "

  • ' C'est au regard qu'on porte sur ce qui nous entoure qu'on peut se reconnaître capable d'aimer. Le vide que je voyais dans le monde n'était qu'en moi. Le jugement que je portais sur les autres aussi. ' A quarante ans, Julien ne sait plus où il en est. Proche du chaos, vide de lui-même. Désoeuvré, il va s'asseoir sur un banc du pont des Arts, en face de l'île de la Cité. Il se laisse glisser dans son absence jusqu'au moment où, soudain, il se sent rencontré. Un roman qui dit, avec une grande sobriété, que c'est souvent au plus bas de nous-mêmes que nous devenons capables de recevoir l'espoir et la lumière.

  • " tout monastère est une presqu'île oú la finitude des terres pénètre comme une lame dans l'infini de la mer ; oú le moine, tel jacob encore mal réveillé et luttant pourtant avec l'ange jusqu'à la parution de l'aube, affronte le choc énorme et silencieux du divin.
    Or on sait le destin des presqu'îles : peu à peu , l'océan les use, les ronge et les effrite. ".

  • On voudrait toujours savoir ce qui est derrière la mort... Moi je crois que je ne peux pas connaître ma mort autrement que par amour... La mort et l'amour, ça se ressemble. Pour moi, la mort c'est une main qui s'ouvre et il s'en échappe d'incroyables volières... Ce n'est pas moi qu'on enterre, ce sont seulement mes souvenirs, moi je serai ailleurs là-bas, tout au fond du jardin. A travers l'histoire de Germaine et de sa révolte, Jean Debruynne propose un autre regard sur la vieillesse, au rebours d'une société qui la rejette. Et si, pour une fois, les personnes âgées prenaient la parole ?

  • Avant que de savoir écrire, l'homme a su conter pour mieux s'ouvrir au mystère du monde, au rêve, à l'audace, à l'imagination, au désir.

    Les contes que nous offre ici colette nys-mazure n'appartiennent pas pourtant au genre du fantastique ou de l'exceptionnel. elle les a puisés d'abord à cette source qui l'inspire avec tant de bonheur : le quotidien des jours, la rencontre des visages. celui d'antoinette qui sait qu'elle va mourir mais qui attend la naissance de l'enfant avant de s'en aller. celui de monsieur brice, l'instituteur retraité, qui n'en revient pas d'avoir allumé le plaisir d'apprendre dans les yeux de ces deux garçons qu'on prenait pour des cancres.
    Celui de chantal avec son amour impossible. et tant d'autres, rencontrés.
    Il faut lire ces contes comme de " modernes paraboles ", écrit claude goure dans sa préface : " a un moment précis, mystérieusement, il suffit d'un regard, d'un peu de tendresse, d'un peu d'amour pour se sentir aimé. " miracle du quotidien ordinaire, miracle de noël toujours recommencé.

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