Infolio

  • «?On a un bien joli canton?», écrivait Jean Villard-Gilles au début de La Venoge. Dans d'autres textes, il disait les Vaudois épicuriens mais inquiets, bien-pensants mais tolérants, modestes et malicieux, indécis sauf pour trois décis?: des «?tout bons types?» en somme. Mais existe-t-il réellement une mentalité vaudoise?? Et si oui, comment la définir?? Entre traditions et globalisation, Histoire et terroir, parler et papet, poètes et topettes, Liberté et Patrie, qu'est-ce qui aujourd'hui dessine la «?vaudoisitude?»?? Voilà qui soulève une épeclée de questions.
    Au gré d'une enquête originale, le portrait traditionnel du «?bon Vaudois?» est ici confronté au regard d'une trentaine de personnalités, de B comme Baker à Z comme Zisyadis?: des connaisseurs du canton, ses autorités, ses représentants, ses chantres, ses acteurs, vaudois de souche ou assimilés, d'âges et d'horizons variés. Sans oublier un regard extérieur, celui de Pascal Couchepin. Ainsi questionnée, l'image figée du Vaudois reprend vie. Entre pérennité et changement, elle raconte une culture locale confrontée au monde moderne, et tout le chenit. Le langage et l'accent vaudois, porteurs d'identité, font par ailleurs l'objet d'un puissant chapitre.
    Enfin, l'exposition Y en a point comme nous, conçue en 2015 par le Musée romain de Lausanne-Vidy, est présentée dans un cahier richement illustré.

    Au-delà des analyses, la «?vaudoisitude?» se décline en intuitions et en sensibilité, s'imbibe de tendresse, de plaisir, d'ironie?: libre à chacun de l'embrasser, de la savourer, de s'en amuser?!

  • Attention... Prêts? Départ!
    Chez nous autres mammifères, la vie commence par une course de spermatozoïdes: 300 millions de concurrents, un seul vainqueur. La compétition est en nous.
    Elle règne dans la nature, par le jeu de la sélection naturelle et sous forme de luttes multiples. Mais la coopération, souvent sous-estimée, est elle aussi déterminante.
    Primates sociaux, les humains ont progressé en additionnant leurs forces et en conjuguant leurs connaissances et leurs talents. Pour autant, ils adorent se mesurer les uns aux autres: l'affrontement est un de leurs divertissements favoris. Les joutes de l'Antiquité ont suscité l'engouement des foules. Et de nos jours la compétition-spectacle est partout. Le monde s'arrête pour une finale de foot. Pour gonfler l'audimat, les télévisions déclinent tous les aspects de la vie en concours à suspense.

    Mais la rivalité n'est pas qu'un spectacle pour public passif. Tout le monde est en lice dans un concours quotidien: dès l'école on est sujet à l'évaluation, au classement, au palmarès. Il faut être compétitif, «exprimer son potentiel», s'améliorer constamment. Faire de son mieux ne suffit pas: il faut faire mieux que les autres. Dans une société libérale régie par le marché et la concurrence, la compétition de tous contre tous s'impose comme une norme. Jusqu'au moment où, au lieu de courir pour gagner, on court pour courir.
    Par définition, la compétition crée l'inégalité. Peu à peu s'instaure une partition entre gagnants et perdants. Ou plutôt, en langage à la mode, entre winners et losers.

    Depuis toujours pourtant, l'union fait la force. Face à l'urgence des enjeux planétaires, écologiques et humains, la compétition débridée est-elle vraiment la meilleure solution?

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