Lucien Souny

  • Français Occasion inespérée

    André Michoux

    Comme beaucoup d'histoires d'amour, celle-là se termine tragiquement : Cécile est emportée dans un accident de la route. Et Étienne ne s'en remet pas. Ni ses enfants, ni son métier d'enseignant, ni la séduisante et ardente collègue de travail n'arrivent à étouffer sa douleur. Pour fuir la maison du bonheur perdu, il part dans les Alpes, là où il se rendait souvent « avant ». Lors d'une randonnée en solitaire, il est victime, sur un sentier escarpé, d'une très mauvaise chute. Sans le passage inopiné de cet éleveur, il ne revoyait pas les siens. Il est ainsi recueilli et soigné par Alain et Marinette qui vivent dans un chalet d'alpage isolé. Le couple invite spontanément l'imprudent à séjourner avec lui, le temps nécessaire pour se rétablir avant de redescendre dans la vallée. Étienne remercie le ciel d'avoir mis sur son chemin des gens aussi généreux. Cet instant de grâce ne durera pas : le randonneur va soudainement être confronté à une situation irrationnelle et cornélienne provoquée par Marinette bien décidée à bousculer tous les principes pour parvenir à ses fins. Une histoire sans choix, sans issue. Seul l'amour aura le dernier mot.

  • Brillante élève, elle souhaitait poursuivre ses études après le lycée, mais son père en a décidé autrement : sa fille doit participer aux travaux de la ferme. Aînée de trois enfants, Cécile supporte mal l?autorité paternelle, souvent malveillante. Pour s?y soustraire tant soit peu, elle trouve un travail à mi-temps dans une bibliothèque, où elle fait la connaissance d?Étienne qui lui laisse entrevoir un tout autre avenir. Le rêve sera de courte durée, car son père a déjà choisi son gendre ! Pour fuir cette existence toujours plus oppressante, il faut partir. Alors Cécile, sur les conseils de sa mère, accepte de passer une annonce matrimoniale. Lorsque Léon, viticulteur bourguignon, se présente, il fait bonne impression. Cécile se persuade que ce robuste gaillard deviendra un époux protecteur, gentil et attentionné, et un bon père de famille. La vérité apparaîtra bien vite différente de ce qu?elle avait imaginé. Elle apprendra que la nature intime, qui sommeille au plus profond de chaque être, révèle parfois des comportements inattendus mais elle découvrira aussi que la vie peut réserver de grandes joies.

  • Né avec un pied bot, Jean-Baptiste n'a pas sa place à la ferme où le travail exige des hommes costauds et robustes. Non seulement son père le lui répète inlassablement, mais un jour il lui annonce qu'il lui a choisi un autre métier : il sera sabotier. Sa décision est sans appel. Humilié, le coeur en vrac, un maigre baluchon pour tout bagage, Jean-Baptiste a à peine treize ans quand il rejoint le père Albert, le sabotier qui circule de village en village dans sa carriole tirée par un cheval. Si la séparation est douloureuse et les débuts laborieux, le maître est patient. Pas à pas, il le forme au métier tout en lui transmettant l'amour du bois. Il saura faire naître chez son élève une vocation si forte que fabriquer des sabots deviendra pour l'apprenti une tâche exaltante. Et quelques années plus tard, c'est un jeune homme volontaire, sûr de lui, qui revient sur les terres de son enfance. Il ose même affronter son père pour installer son atelier dans une remise de la ferme. Il y rencontrera Rose-Marie, sa première cliente, un coeur à prendre. Une nouvelle période de vie harmonieuse et heureuse s'ouvre enfin pour Jean-Baptiste. Mais la guerre se rapproche et l'ennemi ne tardera pas à envahir la région.

    Dans cette déchirante histoire - vraie -, André Michoux s'est laissé guider par ces familles innocentes qui ont vu leur destin brisé par la guerre. Ce roman fait parler avec justesse les oubliés de la grande Histoire, aux prises avec la folie du monde. Un récit à l'émotion intacte et la fresque superbe d'un métier de tradition.

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