Cerf

  • Cet ouvrage est une contribution originale aux études eckhartiennes et cuséennes.
    Il éclaire la prédication, tant allemande que latine, d'eckhart, qui est rarement envisagée comme telle, et développe les recherches sur la prédication de nicolas de cues, dont les 293 sermons viennent tout juste d'être édités par l'institut für cusanus forschung de trèves. ce sont justement les spécialistes de cette equipe et ceux de l'equipe de recherche sur les mystiques rhénans de metz, avec des médiévistes chevronnés, tels jean-pierre torrell et georg steer, qui présentent une étude de fond sur la prédication d'eckhart et de nicolas de cues et sur celle de leur prédécesseur, thomas d'aquin, et de disciples d'eckhart, jean tauler et henri suso.
    Ces mêmes spécialistes abordent également une autre réalité souvent laissée pour compte : la conception de l'eglise d'eckhart et de nicolas de cues. non seulement ces deux auteurs ont eu un rôle déterminant dans l'eglise de leur temps - le premier, par ses différentes charges dans l'ordre dominicain, le second, en tant que cardinal -, mais ils montrent aussi à quel point l'esprit saint est à l'oeuvre dans l'eglise : nicolas de cues anticipe même l'ecclésiologie de vatican ii, en faisant ressortir la plénitude de l'eglise dans l'eglise locale.

  • Certains, par une lecture incomplète ou trop orientée, ont reproché à Maître Eckhart de ne pas développer la christologie et d'oublier la Trinité mais, à lire ses textes, force est de constater que le Christ est omniprésent dans ses écrits, même s'il ne le mentionne pas toujours explicitement. Pour Maître Eckhart, en effet, c'est la configuration au Christ qui nous amène au coeur même de la Trinité. Et c'est la Pâque du Seigneur qui permet cette double naissance de Dieu dans l'âme et de l'âme en Dieu. L'enseignement sur la Pâque d'Eckhart s'articule autour de ces trois questions : pour qui cette Pâque est-elle préparée ? - pour tous les chrétiens ! - où l'est-elle ? - dans l'Église et en chacun ! - quels en sont les fruits ? - la résurrection avec le Christ, la divinisation !. Ces trois questions ne sont pas sans annoncer les trois autres questions qui scanderont, plus tard, le cycle d'enseignement d'Eckhart sur la naissance de Dieu dans l'âme : comment se produit cette naissance ? où ? quels en sont les fruits ?. La Résurrection et la naissance de Dieu dans l'âne ne sont, en réalité, que les deux volets d'une même réalité : la filiation divine. Dans ce petit livre, Marie-Anne Vannier nous offre un parcours lumineux où les mystères centraux de l'Incarnation et de la Résurrection permettent à l'homme de " devenir par grâce ce que l'homme est par nature ".

  • Classique du christianisme, les « Confessions » de saint Augustin sont de ces livres qui appellent une interprétation infinie. Biographie d'Augustin ou plutôt des actions de Dieu dans sa vie ? Elles ne se réduisent pas à une autobiographie spirituelle. Leur structure a été aussi longuement discutée, plusieurs plans en ont été proposés. En prenant en compte la recherche réalisée antérieurement, Marie-Anne Vannier propose une clé de lecture de l'ouvrage à partir de la notion de « locus », qui constitue en quelque sorte un fil rouge. C'est en trouvant son « locus », son lieu, l'image de Dieu qui est en lui, qu'Augustin passe du désir de Dieu au repos en Dieu, comme le manifestent la dynamique de l'ouvrage et l'originalité de l'anthropologie qui s'y dessine.

  • Cette Encyclopédie est au coeur d'un ensemble d'ouvrages, constitué notamment par deux Anthologies, l'une des mystiques rhénans, l'autre de Nicolas de Cues, ainsi que d'un volume sur L'Iconographie des mystiques rhénans. Vladimir Lossky, lui qui a présenté magistralement la Théologie mystique de l'Eglise d'Orient et rédigé sa thèse en Sorbonne sur Eckhart, reconnaissait dans l'oeuvre de celui-ci "l'apogée de la théologie mystique de l'Eglise d'Occident". C'est également l'originalité et la profondeur des textes d'Eckhart (souvent appelé le plus grand mystique du Moyen Age), de Jean Tauler, d'Henri Suso et de Nicolas de Cues, qui nous ont fait donner ce titre à cette vaste entreprise franco-allemande, qui rassemble une centaine d'auteurs.

  • Le De Trinitate est l'un des ouvrages essentiels de saint Augustin, un de ceux qui lui ont le plus coûté, un de ceux qui ont le plus marqué la pensée médiévale et qui, paradoxalement aujourd'hui, est l'un des moins commentés.
    Il pose pourtant les questions fondamentales de la théologie trinitaire. Le présent livre est une introduction à la lecture du De De Trinitate : une présentation générale détaillée, suivie d'un choix de textes.

  • La théologie trinitaire a connu un remarquable essor de l'époque patristique au Moyen Age.
    Les grands textes, regroupés dans cet ouvrage, témoignent de sa dimension exégétique, liturgique, spirituelle, ecclésiale.
    Ces textes sont en soi de véritables joyaux ; telle, par exemple, cette réponse de saint Augustin à quelqu'un qui lui demandait de lui montrer la Trinité : " Tu vois la Trinité quand tu vois la charité. " Qu'est, en effet, la Trinité, sinon ce mystère d'amour, cette circulation d'amour qui pose chacun dans son être, comme le manifeste l'icône de la Trinité d'Andréï Roublev ? Cette vie même de Dieu nous dépasse infiniment.
    Comment en parler, sinon en termes de communion trinitaire, comme le font les théophanies, les métaphores, les visions, les analogies trinitaires ? Car c'est bien la Trinité qui est à l'oeuvre dans la création, le salut, les sacrements : le baptême, l'eucharistie...
    Une des meilleures images qui ait été donnée de cette communion trinitaire est celle de la première communauté de Jérusalem, où tous étaient un seul coeur et une seule âme.

  • Il s'avérait utile et même urgent de voir comment les trois concepts d'intellect, de sujet et d'image s'articulent dans la vie et dans l'oeuvre d'Eckhart et de Nicolas de Cues et quelle a été l'influence d'Eckhart sur le Cusain. Tel est le sens du projet franco-allemand qui a été mené dans le cadre de la MSH Lorraine, projet qui est unique en son genre. Son double but était de mettre en évidence le caractère décisif du rapport entre les trois concepts pour l'anthropologie et pour la théorie de la connaissance dans la modernité et de montrer que la production du regard intérieur est l'oeuvre à la fois du sujet créateur et de l'intellect qui regarde, ce qui témoigne du caractère novateur et décisif de ce projet, qui a également des conséquences actuelles.
    Pour ce faire, nous sommes partis du concept de sujet, ce qui nous a amenés à voir comment Eckhart et Nicolas de Cues étaient précurseurs des philosophies du sujet, comment celui-ci se situe dans le cadre de la noétique et quelle place est donnée à l'image, à la Bild qui, dans sa polysémie, amène à une relecture de l'oeuvre d'Eckhart et de Nicolas de Cues.

  • « Il est dans l'âme une puissance qui ne touche ni au temps ni à la chair ; elle flue de l'esprit et demeure dans l'esprit, elle est absolument spirituelle. Dans cette puissance, Dieu verdoie et fleurit absolument dans toute la joie et tout l'honneur qu'il est en lui-même. C'est une telle joie du coeur, une joie si ineffablement grande que personne n'est capable de l'exprimer pleinement. Car le Père éternel engendre sans cesse son Fils éternel dans cette puissance, en sorte que cette puissance coopère à la naissance du Fils du Père et d'elle-même, comme étant le même Fils dans cette même puissance du Père » (Sermon 2).

    Un livre essentiel pour la connaissance des mystiques rhénans : les principaux textes de maître Eckhart, de Jean Tauler et d'Henri Suso sont réunis pour la première fois depuis que le corpus des rhénans est édité, en un seul volume, avec des introductions explicatives, une présentation substantielle de chaque auteur et des orientations bibliographiques. Cet ensemble de textes permet de restituer rigoureusement les traits et les caractéristiques de la mystique rhénane.

    « Pourquoi Dieu s'est-il fait homme - ce qui fut le plus sublime ? -, je dirais : pour que Dieu naisse dans l'âme et que l'âme naisse en Dieu. C'est pour cela que toute l'Écriture est écrite, c'est pour cela que Dieu a créé le monde » (Sermon 38).

  • Fruit d'une coopération suivie entre deux équipes de recherche française et allemande, ce livre présente, en une pluralité d'approches, une synthèse sur la création et sur l'anthropologie chez Eckhart et Nicolas de Cues, alors que ces deux notions avaient été peu étudiées jusque-là chez les deux auteurs ou n'avaient fait l'objet que d'études spécifiques.
    Loin de disqualifier la création, Eckhart et Nicolas de Cues montrent, au contraire, sa valeur, à partir d'un commentaire original de la Genèse. Pour illustrer cela, Eckhart introduit l'idée d'une ébullition initiale, il met en évidence le lien entre la création et la Trinité, prend en compte la dimension ontologique de la création, tout en soulignant la dialectique qui lui est inhérente, ce qui a parfois dérouté ses lecteurs.
    Le commentaire de Genèse 1, 26, de la création de l'être humain à l'image de Dieu est également le point de départ de leur anthropologie, qui n'est pas sans annoncer non plus, sur certains points, la réflexion sur le sujet. Une contribution notable à la recherche est proposée ici. Des questions d'actualité sont posées, ce qui fait aussi l'intérêt de l'ouvrage.

  • Un événement vient de marquer les études eckhartiennes, c'est l'identification par Georg Steer des Sermons 101 à 104 d'Eckhart, son cycle sur la naissance de Dieu dans l'âme.
    Non seulement ce sont les seuls sermons qu'il ait rédigés (les autres étant des notes prises par ses auditeurs), mais ils manifestent aussi que le coeur de l'oeuvre d'Eckhart se situe effectivement dans la naissance de Dieu dans l'âme, et non dans le détachement comme on l'a souvent dit. De plus, ces sermons amènent à revoir la chronologie dans l'oeuvre d'Eckhart dans la mesure où ils montrent que dès ses premières années, dès le temps d'Erfurt, la réflexion sur la filiation divine est au centre de sa pensée.
    Ce sont ces différents enjeux ainsi que leur écho chez Nicolas de Cues qui sont débattus dans cet ouvrage, par les spécialistes d'Eckhart et de Nicolas de Cues.

  • Les Pères de l'Église ont reçu de leurs communautés leur nom d'« abba », en signe de reconnaissance pour le rôle vivificateur qu'ils y ont eu. Ils se sont attachés à réaliser l'unité de celles-ci et ils ont développé cette ecclésiologie de communion, issue de l'Écriture, ecclésiologie à laquelle nous revenons aujourd'hui.

    Sans doute n'ont-ils pas fondé l'Église, qui vient de la Trinité, mais ils l'ont façonnée et édifiée, de l'extérieur et de l'intérieur, à partir de l'enseignement du Christ, transmis par les apôtres. Ils lui ont donné ses structures, ils ont mis en place les ministères, organisé la liturgie, introduit le symbolisme sacramentel... Ils ont donné une place centrale au mystère pascal, à partir duquel ils ont construit l'année liturgique. Bâtisseurs de l'Église, les Pères l'ont été à leur époque, à la suite des apôtres ; ils ont également donné des orientations, qui ont été une impulsion pour leurs successeurs. En les lisant, nous sommes comme le scribe de l'Évangile « qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien » (Mt 13, 52) pour développer l'ecclésiologie du XXIe siècle.

    Cette composante de l'oeuvre patrologique, peu explorée encore, a fait l'objet d'un colloque à l'université de Metz en mars 2008 dont nous présentons ici les actes.

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