• Si, dans Le Chemin de Macau, Jean-Marie Planes revenait sur sa vie en parlant des maisons qui avaient compté pour lui, c'est en se souvenant des plages qu'il a assidûment fréquentées qu'il précise son propos. Il aura suffi d'une visite chez un dermatologue lui montrant des taches apparues sur son visage pour que la réponse poétiquement médicale que lui fait le médecin, « ça, c'est une vie de soleil ! », ouvre la boîte à souvenirs.
    Et nous partons avec lui pour les plages de son enfance, Biarritz, Arcachon, l'île de Ré, où l'on sent que l'alchimie de l'eau, du soleil et du sable sera vite indispensable à celui qui, toujours, préférera les vagues et le vent pour se sentir en vie et peut-être aussi, quelquefois, heureux. Les plages de l'enfance avec pelles et râteaux ne sont pas celles de l'adolescence, qui sont bien différentes aussi de celles où l'on va, adulte, seul ou accompagné, pour jouer à d'autres jeux, plus secrets, plus délicieusement interdits.

    À chaque époque de sa vie, l'auteur a fréquenté les plages. Elles sont récréatives, lorsque, jeune professeur à Arcachon, il corrigeait ses copies assis sur une dune où les grains de sable se mêlaient aux feuilles annotées ; consolantes, pour fuir l'annonce imminente de la mort d'un père, ou plus équivoques quand les jeux du désir mènent la danse. On retrouve même la désolante plage d'Ostie où Pasolini perdra la vie. Une vie de soleil est une ode aux rivages, où la lumière, l'espace et le sentiment de liberté donnent un instant l'impression d'être protégé de tout, et du pire aussi.

    Dans ce beau texte, Jean-Marie Planes s'interroge : Que cherche-t-on sur une plage ? Et il semble bien avoir trouvé une réponse : Cette certitude si frêle de jeunesse, d'une heureuse apparence, de cet air de bonheur, trompeur.

  • De Tanararive à Antsirabe, route des hauts plateaux.
    A l'arrière du minibus, je somnole. Croupes fauves où moutonnent de maigres buissons. Terre ocre, ocre-jaune, terre mauve. Rizières en terrasses, rizières en damiers, ajustement compliqué et précis des rizières. La lumière est oblique. Fumées obliques des fours à briques. Feux d'herbes aux fumées lentes. Marcheurs au bord des routes, paniers au bras, paniers sur la tête, paniers aux extrémités d'un bambou, sur l'épaule.
    Marchés au bord des routes, papayes, tomates, bananes, brèdes, choux, lunettes de soleil, montres, démonte-pneus, casques de motard, bidets. Tombeaux au bord des routes.
    Au loin, des montagnes érodées, adoucies, des montagnes basques, je vois la Rhune, il me semble. Beauté profuse. Fermons les yeux.

  • Jean-Marie Planes est homme de goût et n'a pas celui de parler de lui. Mais il aura suffi d'une lettre très officielle lui signifiant son congé d'un appartement qu'il occupait depuis trente ans, pour que, tout à coup, se dessinent à l'estompe, tous les lieux qui ont jalonné son parcours. Sans chronologie, sans ordre apparent, si ce n'est celui du coeur, nous feuilletons avec lui cet album de famille, récapitulation d'une vie par les endroits qui en furent, quelquefois le centre, le refuge, et d'abord l'appartement bordelais de la rue Duffour-Dubergier, lequel, soit dit en passant, fut aussi celui de la famille Mauriac. « C'est là, écrit François Mauriac dans Commencement d'une vie, que je suis né à la vie consciente ». On aura compris que la présence de cet illustre prédécesseur ne sera pas anodine. Car les lieux gardent en eux les traces de ceux qui les ont investis, un temps, fugacement parfois, puis les restituent, dans le silence d'un après-midi d'été, à l'heure de la sieste, dans une charteuse d'assez belle facture, à Macau par exemple. Faut-il toutes les citer ces maisons de la vie ? Celles de l'enfance bien sûr, les plus importantes peut-être, puis les autres. Maisons de famille, chalet arcachonnais, appartements. Et une géographie commune : Un mouchoir de poche, dessiné par une main d'enfant sur une carte du Sud-Ouest. Bordeaux, Caudéran, la côte Basque, Fronsac, Macau. On s'enracine dans les mêmes lumières, les mêmes odeurs. Seule change l'avancée du temps. Il y a les ombres légères, les effrois d'enfant, le rire d'une mère, la tendre complicité d'une grand-mère, les premières lectures, les absents. Ceux qui s'éloignent, pour toujours.
    Le chemin de Macau mêle, avec élégance, humour et émotion, tous ces moments de vie. D'une vie.

  • Les apparitions du Ressuscité, pas plus que sa résurrection ne ressemble à celle ce Lazare, ne sont comparables aux visions des mystiques, ou au privilège dont jouirent tel petit pâtre ou telle bergère.
    Je ne tiens pas pour rien, l'histoire de l'Eglise non plus, les témoignages de sainte Thérèse, de sainte Catherine de Sienne, voire de Bernadette Soubirous. C'est par l'étude des mystiques que Bergson a accédé à la foi. Pour eux, pour
    d'autres, l'ineffable devient un jour, un beau jour, objet d'expérience. Cette expérience, qui est celle du divin, est aussi celle que font les apôtres.

  • Cours d'harmonie divisé en 12 leçons claires et faciles (Nouvelle édition) Date de l'édition originale : 1855 Le présent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale des ouvrages de la littérature Française mise en place avec la BNF.
    HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant numérisé ces oeuvres et HACHETTE LIVRE les imprimant à la demande.
    Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque, mais qui seraient aujourd'hui jugés condamnables.
    Ils n'en appartiennent pas moins à l'histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique.
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