• Français Formica

    Jean-Pierre Formica

    "Un tableau de Jean-Pierre Formica ne se conçoit jamais seul. Il n'est jamais pensé comme entité séparée. La peinture, chez lui, s'accommode mal de l'idée du «tableau» à laquelle il préfère celle de la peinture et de son déploiement. Toute son oeuvre se comprend dans ce «continuum», cette mobilité qu'il suit sans l'anticiper. Une peinture, chez lui, n'est jamais un programme mais un acte qui se vit comme une séquence où l'artiste initie une scène qu'il créé en puisant, dans ses vies, ses vies de peintre, sans savoir où ces chemins le mènent. Il se veut le journalier de ce mouvement qui l'entraine comme le courant de sa pensée. Il cherche l'esprit des formes." Olivier Kaepplin.
    Cette première monographie de l'artiste nous fait découvrir de façon éblouissante ce fil qui se tisse entre chacune de ses créations, révélant toute la richesse de la palette chromatique, de formes, de supports et de thèmes.

  • Peintre, sculpteur, plasticien, Jean-Pierre Formica, né en 1946 dans le Gard, est un des artistes contemporains les plus prolifiques, dont les tableaux, sculptures et installations questionnent le temps, le geste et la matière dans un renouvellement constant des techniques et des supports. Pour Olivier Kaeppelin (directeur de la Fondation Maeght), «Jean-Pierre Formica nous invite moins à spéculer sur la peinture ou la sculpture qu'à nous faire comprendre, dans un temps où l'on ne regarde plus, qu'il est important de retrouver par l'oeuvre même la richesse du voir».
    Imprégné depuis l'enfance de culture camarguaise, Formica est toujours resté profondément attaché aux traditions liées au taureau, qu'il s'agisse de l'animal mythologique ou du toro bravo qui combat dans l'arène nîmoise. Sa passion pour la tauromachie alliée à sa quête expressionniste du trait l'ont conduit à tenir, depuis plusieurs décennies, des carnets taurins qu'il réalise à main levée durant les corridas auxquelles il assiste à Nîmes, Séville ou autres fameuses places taurines. Cette somme iconographique, riche de plus de dix mille dessins ou croquis consignés dans une multitude de carnets d'esquisses, s'inscrit dans une tradition que de grands artistes aficionados ont consacrée (Picasso, Leiris, Barceló).
    À l'occasion du 60e anniversaire de la féria de Nîmes, dont Jean-Pierre Formica sera l'artiste invité*, l'ouvrage Carnets taurins propose pour la première fois une sélection de ses dessins, issus de différentes époques et exécutés indifféremment à la craie, au fusain ou au crayon. Comme l'a écrit très justement le journaliste Gérard Dupuy : «Traduire la durée dans un médium fixe, voilà un vrai défi pour l'artiste qui veut représenter la corrida.» C'est ce défi, qui se lit aussi comme une forme de performance graphique, que relève avec brio et persévérance Jean-Pierre Formica dont les visions à vif, saisies dans l'instant de leur bref surgissement, parviennent à transmettre - comme il se dit d'un taureau de caractère - l'essentialité de l'esthétique tauromachique. À découvrir ces dessins et croquis, on réalise qu'ils constituent, dans leur richesse et leur diversité, la mémoire contemporaine d'un art où la précision du geste est elle-même une condition de son périlleux accomplissement.

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