• L'enfant n'était pas encore née, mais Io-Anna s'était tatoué son prénom futur dans le bas du dos : Joyce. Et Grace, la belle-mère, devineresse, enchanteresse et guérisseuse, avait été visitée par une vision prometteuse.

    « Confiance est le chemin de ce qui échappe au malheur. » Cette parole, Io-Anna l'a laissée en dépôt auprès de Grace afin qu'elle soit transmise plus tard à Joyce. Car elle ne sait pas si elle aura le coeur à lui dire, elle-même, ce qu'elle a eu pourtant le coeur à vivre : comment, pour échapper à un ordre patriarcal honni, elle s'est enfuie sur un vélo, à travers la boue des marais, avec Sunday le colporteur qui deviendra plus tard le père de l'enfant ; comment la petite Joyce leur est arrivée, inanimée, sur un radeau flottant. « Il faut se mettre à trois pour faire un enfant », dit Grace, « le mâle, la femelle et l'Invisible. » Au pied de l'acacia, l'arbre de l'innocence, un magnifique hymne au courage de vivre, porté par trois générations de femmes en révolte dans l'Afrique d'aujourd'hui.

  • Français La malaventure

    Kossi Efoui

    • Lansman
    • 19 February 2010

    Il y a le montreur de pantins... Il y a elle, qui attend celui qui va revenir, celui qui a perdu la mémoire... Il y a Edgar Fall qui l'attend aussi, mais pour de tout autres raisons... Et puis il y a lui, Darling V., celui qui n'est pas né sous le signe du caméléon, celui qui ne pourrait vivre dans l'impasse, celui qui ne peut s'empêcher de tisser sa toile...

    Une étrange plongée dans le monde feutré de la peur, de l'oppression et de la résistance, dans un ballet de non-dit qui jongle sur le fil des apparences.

  • Français Le petit frere du rameur

    Kossi Efoui

    • Lansman
    • 19 February 2010

    Pourquoi les journaux ne parlent-ils pas de Kari ? Sa mort n'est-elle pas suffisamment spectaculaire ? Bien sûr, si elle faisait partie de ces femmes turques brûlées vives par des skinheads... Ou encore de ces jeunes filles mortes pour avoir refusé de se laisser rapatrier et marier... Maguy s'interroge et Marcus rêve son film sur fond de société en ruine. Pourtant une fenêtre reste éclairée toute la nuit...

  • - Un jeune homme d'une vingtaine d'années, s'adressant à un auditoire imaginaire depuis le fond de sa cellule, nous raconte son histoire, son enfance. Cette cellule, on le comprendra vite, est en fait une cachette d'où il attend d'être tiré par des hommes qui peuvent lui apporter le meilleur comme le pire : tout le livre est rythmé par cette attente dont l'issue ne sera connue qu'aux dernières pages.Lorsqu'il avait neuf ans, son père lui est revenu après quatre ans d'internement dans un camp à la réputation terrible, appelé la Plantation. Véritable mort-vivant, spectre méconnaissable, ce père ne prononce plus une parole, il n'est plus dans la vie. Les seuls sons qui s'échappent en secret de son gosier, il les réserve aux oiseaux prisonniers de la boue des marais, dans une forme de communication hors du monde, extra-naturelle. Cependant, une soi-disant nation nouvelle est en construction. On s'y gargarise de slogans creux, de périphrases absurdes. Le contrôle de la parole est un enjeu primordial de tous les régimes. Devenu presque adulte, le garçon refuse cette falsification du langage et ce qui va avec : l'incorporation obligatoire dans une guerre inter-ethnique qui n'avoue pas son nom. Il se cache en attendant la fuite. Paradoxalement, comme pour refermer la boucle, c'est sur les lieux mêmes de la Plantation qu'il va trouver un refuge provisoire, là où la vie de son père s'est brisée.

    - Kossi Efoui, né au Togo, se consacre en partie au théâtre. Ses pièces sont jouées sur les scènes africaines et européennes. Il a publié également de la poésie. L'ombre des choses àvenir est son quatrième roman, après le très remarqué Solo d'un revenant (2008), qui lui a valu le prix des Cinq continents de la francophonie.

  • Français Solo d'un revenant

    Kossi Efoui

    Comment montrer le chaos de l'Afrique ? Kossi Efoui tourne autour de cette unique question, tantôt par les livres, tantôt par le théâtre. C'est certainement un de nos jeunes auteurs africains les plus doués, côté jubilation verbale, et Solo d'un revenant est son plus beau livre. Le narrateur raconte le retour des « exilés de longue date » après dix ans de massacres inter-ethniques, dans un pays qui fait penser à la fois à la Sierra Leone, au Liberia, au Rwanda - et à d'autres, hélas. Il cherche à retrouver un certain Asafo Johnson avec lequel il avait fondé une troupe de théâtre en ses années d'étudiant : on comprendra qu'il le cherche pour l'éliminer. Avec très peu d'explications, de transitions, Kossi Efoui nous donne à voir des tableaux saisis sur le vif, des personnages étonnants, un patchwork réunissant avec beaucoup d'humanité les images tendres ou abominables.

  • C'est une histoire qui tire au sort comme toutes les histoires. Si elle te tombe dessus... Si tu cours, elle court. Plus vite elle te retombe dessus. Si tu lui fais la tête elle te ligote sur place, et si tu l'ignores, elle s'en contrefiche. Le jour où Pitagaba est parti. Deux fois il est parti. La première fois quand il a demandé la route. La deuxième fois quand il n'est pas revenu.

  • Français Recuperations

    Kossi Efoui

    • Lansman
    • 15 February 2010

    Pour des raisons de salubrité publique, le gouvernement a décidé de raser ce qui sert d'habitations à une faune pittoresque de traîne-misère : fouille-poubelles, prostituées, trafiquants en tout genre, petits voleurs... Bref, le royaume de Dieu et de ses amis. Une journaliste veut créer l'événement en réalisant, dans le cadre de son émission télévisée "Récupérations", une séquence choc. Elle n'hésite donc pas à reconstituer "Du côté de chez Dieu" en studio et à y convier les futurs expulsés...

  • (...) Edgar Fall était étudiant en Union soviétique. Mais il n'y a plus d'Union soviétique. Traduire en russe des romans-photos porno, tout en rêvant de traduire en français le roman inachevé de Pouchkine, voilà qui ne suffit pas vraiment à nourrir son homme. Aussi Edgar accepte-t-il de quitter sa mansarde parisienne pour suivre Urbain Mango, lui-même ex-étudiant en ex-Union soviétique, dans sa peu recommandable Odyssée : il s'agit d'effectuer des repérages en Afrique de l'Ouest pour le compte de Périple Magazine, un journal de voyages spécialisé dans les visites de l'enfer et organisateur patenté d'une véritable Bourse aux frissons. Mais y a-t-il encore une Afrique ? Arrivé à ex-Atlantis, ex-Lomé, ex-capitale de l'ex-Togo à demi submergée par les flots et totalement investie par des milices sans foi ni loi. Edgar tente de renouer le fil avec le passé, avec son passé, dans cette ville presque disparue. Tout s'éclaire et tout s'obscurcit. Le drame familial se mêle à la tragédie du continent tandis que s'agitent les clowns fantomatiques de la «mondialisation». Pourtant, sous l'amas des ruines, des morts et des souvenirs, sans doute existe-t-il un continent à construire : il y faudra de la patience, de l'imagination, une science jubilatoire de la langue... et une sacrée dose d'humour !

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