• Carl Gustav Jung fut le collaborateur de Freud dans l'élaboration de la pensée psychanalytique de 1906 à 1912 date de leur rupture. Celle-ci occasionna une fracture durable dans le mouvement analytique. En contrepoint de la théorie sexuelle des névroses élaborée par Freud, Jung proposait d'autres paradigmes : l'importance de l'attachement archaïque à la mère, la nécessité du sacrifice volontaire des attachements infantiles plutôt qu'une castration subie et acceptée, la persona, le Moi, l'ombre, l'anima/animus, le Soi. Il élargissait ainsi la vision d'un inconscient personnel aux dimensions d'un inconscient « collectif », dépositaire de structures inconscientes, communes à l'humanité, présidant au développement de l'intelligence, de l'affectivité, des cultures.
    L'oeuvre est foisonnante, chargée de références mythologiques, traditionnelles, symboliques, historiques, jusque dans l'étude de la tradition alchimique européenne.

  • « Une nuit de novembre 1990, alors que nous rentrions chez nous, mon mari et moi, notre voiture percuta, dans l'obscurité, un véhicule immobilisé sur la chaussée. Mon mari fut tué sur le coup et je me retrouvais, victime de fractures multiples, hospitalisée pour de longs mois. » La force du destin qui unit les êtres, qui noue deux vies, les dénoue un jour, renvoyant l'un vers l'inconnu de la mort, l'autre dans l'ici-bas du quotidien. Comment vivre cette rupture, cet ébranlement et retrouver l'élan créateur qui anime les nuits et les jours ?
    C'est en écrivant son journal que, pendant toute une année de deuil, Marie-Claire Dolghin-Loyer avait tenté de survivre, en acceptant de défaire certains liens, d'en nouer de nouveaux. À l'occasion, 28 ans plus tard, de la réédition de ce journal, elle s'interroge sur cette traversée : un deuil est-il tout à fait terminé ? Parfaitement accompli ? Jamais sans doute. Les souffrances au jour le jour, les débâcles et les éclaircies ont tissé de nouveaux fils de vie. La nécessité d'affronter le vide qu'a créé l'absence de l'être aimé l'a conduite vers de nouvelles créativités. La méditation sur ces temps d'épreuve se révèle un accompagnement pour affronter les décennies à venir.

  • Dès notre toute petite enfance, nous sommes sensibles aux contes et aux récits légendaires qui enchantent la vie et que rien ne nous fait oublier.
    Que sont-ils pour qu'ils aient sur notre esprit un tel impact ? Pour que, non contents d'enchanter les heures joyeuses, ils aient à nous apprendre tant de choses sur la conduite de la vie ? Ils émanent de la tradition orale, transmis fidèlement et aussi patiemment remaniés par des générations de conteurs qui, de tout temps, ont raconté à leurs peuples ce qu'il en était de la destinée humaine, de son passé, de son avenir.
    Ils expriment la sagesse de l'inconscient et parlent au plus intime de nous- même. La psychanalyse s'est intéressée, on le sait, aux grands mythes grecs issus eux-mêmes de ce fond légendaire. Les auteurs freudiens, comme Bruno Bettelheim, les auteurs jungiens, comme Marie-Louise von Franz ou Clarissa Pinkola Estés, ont cherché à décrypter le langage de ces récits. Marie-Claire Dolghin- Loyer s'appuie ici sur le trésor des contes pour illustrer les différents concepts jungiens et les rendre ainsi plus accessibles, plus proches de notre sensibilité.

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