• Si " 980 000 " a fait de Maxime N'Debeka le poète du peuple congolais, il est aujourd'hui, avec Le Président, un dramaturge populaire dont l'efficacité s'unit au talent. En effet, en passant de la poésie au théâtre, il va vers un public plus large, celui d'une population tout entière qui, l'obstacle de la lecture levé, retrouvera dans le spectacle de cette pièce une autre forme de la tradition orale.

  • La « chimère » ou, plus précisément, « le possible chimérique » fusionne avec le rêve pour constituer au regard de Maxime N'Debeka la quête esthétique. Il l'amuse non seulement comme un poète révolutionnaire dans la tradition de Vladimir Maïakovski, mais aussi comme baudelairien et nervalien. Pour l'aède congolais, écrire s'apparente à l'action qui rend « jouissive l'architecture de la Beauté toujours invécue » (p. 15).
    C'est la définition même de l'utopie, mais nulle utopie n'existe pour le poète, car l'utopie suppose d'abord l'enracinement dans le réel.
    Ainsi, Toi, le possible chimérique s'étale en larges versets qui jouent subtilement des limites du souffle, en croisant les ressources du rythme avec la puissance évocatrice des vocables. Néologismes, adjectifs et adverbes abondent, qui émettent un son mi-élégiaque mi-épique.
    Maxime N'Debeka y insère magistralement sa langue maternelle, tout comme à l'ouverture des Divagations de rêveur insomniaque où des vers brefs et transparents viennent couronner son besoin de concret.

  • Français L'oseille ; les citrons

    Maxime N'Debeka

    Au goût citron.
    - C'est une parole révolutionnaire qui traverse le geôlier et le maton en vue d'une réconciliation possible.
    - Ce sont les cartes postale d'amour envoyées à sa femme.
    Après Toi, le possible chimérique paru dans la même collection en 2015, Maxime N'Debeka nous revient avec l'une de ses oeuvres phare des années 70 dont l'actualité, hélas, pas variée d'un pouce. Il nous appartient de lire et faire découvrir ses recueils de poèmes qui, sur le continent africain, sont peutêtre les seuls dignes du qualificatif de révolutionnaires.
    Salué à sa parution en 1975 comme un poème majeur de la littérature congolaise par Sylvain Bemba, Jean-Baptiste Tati-Loutard et Henri Lopes, L'Oseille / Les citrons n'a pris une ride en plus de cinquante ans. La petite République du Congo est passée de 980 000 habitants à environ trois millions à ce jour - un effectif qui accroît d'autant son malheur. Dans cette édition du jubilé, l'auteur l'accompagne d'une postface qui éclaire pour la première fois sa rédaction.
    Maxime N'Debeka ne nous livre pas seulement ses « carnets de prison », il nous y fait entendre aussi le cri des bagnards mêlé à l'espoir, lorsque le prisonnier est étreint au petit matin par la nostalgie de son épouse et de son fils. L'amour dispute son coeur à la colère, et quelquefois le criminel vole au secours du révolutionnaire.
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  • Le présent recueil vient de conforter l'architecture d'une oeuvre qui s'installe, pierre après pierre, dans la durée.

  • Français Sel piment a la braise

    N.Debeka. Maxim

    • Dapper
    • 17 October 2003

    Qui, de Zackarion, dit Vieux Zack, " Grand Scrutateur de la Foi démocratique ordonnée ", ou du Père Nourrisseur, préside réellement aux destinées du Bangragra ? Seul Monsieur le Maire en a une certaine idée.
    Recruté par le Vieux à la veille du mariage de sa fille, Monsieur le Maire a une mission délicate à mener : circonvenir les ennemis de son mentor, fantômes et autres esprits mai décédés qui menacent de s'inviter à la cérémonie. Or, le Grand Scrutateur a promis au Père Nourrisseur chargé de conduire la mariée à l'autel, un jour de gloire. Saura-t-il tenir sa promesse ? Dans l'ombre, un homme observe les tractations : le colonel Boulvio, de l'Agence Centrale de l'Intelligence.
    Sous ses allures de polar métaphysique, ce récit vif et enjoué plonge directement le lecteur au coeur de la paranoïa de ses personnages, tous plus pathétiques les uns que les autres.

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