Littérature générale

  • Les années ont passé grand train.
    P'tit Louis n'est pas devenu " le grand moutardier du pape ". (Est-il seulement devenu grand ?) Aujourd'hui, c'est un homme mûr. Mais à cet âge où le poids des ans vous entraîne en douceur vers un demi-sommeil, il laisse Joséphine entrer dans sa vie et dans son coeur. Elle entend bien s'y pelotonner tout à sa guise, au sortir d'une séparation tumultueuse, pour y laper amour et considération. Hélas ! comme disait Mémé, " il y a un hic " : leur très grande différence d'âge.
    Il n'en faut pas plus pour aviver les rancoeurs de familles aux courtes vues, les jalousies de collègues de travail que le bonheur dérange, les commérages au vitriol du voisinage. Le temps n'est pas si loin des charivaris braillards où l'on malmenait les amoureux qui s'en allaient au mariage par des sentiers nouveaux. P'tit Louis se remémore avec une once de nostalgie la Savoie traditionnelle, les ruelles en terre battue de son vieux village où l'on accueillait les veufs qui avaient le culot de se remarier avec une belle jeunesse en faisant barricade à grand tintamarre, avec force pétards, crécelles et autres boîtes.
    Mais Grand Louis est envoûté. Il n'a jamais vraiment quitté P'tit Louis, ni perdu de vue les rêves, les espoirs, les audaces de l'enfance. Il nous entraîne, avec Joséphine, dans une quête éperdue et épuisante du bonheur, à travers les paysages magiques des terres de Savoie, de la Chartreuse, de la vallée de l'Ain ou du Vieux Lyon. Est-ce Joséphine qui grandit ? Est-ce le vieil ours mal léché qui laisse P'tit Louis éclairer son chemin ? Qu'importe ! Ils marchent main dans la main.
    On verra bien !

  • Quelle chance que ma mère ait eu l'audace de braver l'autorité paternelle et m'ait envoyé au lycée Ampère à Lyon, moi le petit " gone " des campagnes lyonnaises ! Naturellement destiné à ne fréquenter l'école que jusqu'au brevet, et encore...
    Puis à entrer en apprentissage, je me suis retrouvé sur les bancs de cette institution lyonnaise où le coureur des bois que j'étais se frotta aux fils des dynasties lyonnaises du barreau, des affaires ou de la médecine ! Ils ne m'ont jamais admis dans le cercle de leurs fréquentations. J'y perdis nombre de mes repères, mais j'y gagnai une inimaginable soif de militer pour l'égalité des chances et de lutter contre toutes les injustices.
    Au secours, je suis prof de collège ! est un témoignage né de la convergence féconde de deux passions : enseigner l'histoire dans la joie et la bonne humeur et susciter chez les élèves l'aspiration au bonheur. Ce retour sur images est dédié à tous les jeunes enseignants catapultés dans un espace dont ils ont appris les contours sans en connaître les mystères, à tous les élèves qui m'ont aidé à apprendre autant sur la jeunesse que sur moi-même, à tous les collègues, grands perdants de l'évolution de la société, trop dépossédés de leur image symbolique forgée dans l'estime et la crédibilité.
    Je dédie ces souvenirs aux principaux de collège observés du coin de l'oeil. Je me suis diverti à observer chez eux les grandeurs ou les ravages nés d'un pouvoir bien périssable. Je dédie enfin ces réflexions aux responsables de l'Education Nationale, institution fondamentalement essentielle dont la mission est de porter la jeunesse sur les chemins de la réussite humaine, professionnelle et citoyenne.
    Bref, j'ai fait le plus beau métier du monde !

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