• L'humour, c'est connu, se pratique au premier, au deuxième voire au troisième degré selon que l'on a ou non l'esprit d'escalier.
    Jean-Do, le héros du roman, cumule l'esprit d'escalier, les vertus alpestres des grands séducteurs et un sens de l'humour qui, degré par degré, fait gagner son lecteur à la Loterie nationale du rire. Jean-Do fait rire. D'abord, privilège du désespoir, de lui-même, encore et toujours acteur de ses ridicules de fils de famille, né une cuillère nickelée dans la bouche et un baobab dans la main, tout occupé de lui-même, de ses conquêtes, de ses caprices.
    Il fait rire ensuite de ses semblables, les oisifs et les oisives du grand monde qu'il décrit avec la précision jubilatoire d'un ornithologue traquant l'oie blanche, le merle moqueur et la vieille VIP. Mais ce n'est pas tout. Jean-Do a des problèmes de conscience, des tourments métaphysiques, des interrogations philosophiques pour lesquelles il n'a d'autre interlocuteur que l'Eternel, c'est-à-dire Marcel Proust.
    Un Marcel mélancolique, observant que son temps perdu n'est pas retrouvé, et que Jean-Do a beau se décarcasser, il n'est pas prêt de le rapporter aux objets trouvés. Si en anglais " swan " est un cygne noir, pour Pierre Grimhlat, Jean-Do (Swann) est un signe qui glisse avec élégance sur le lac de la page blanche et s'envole vers les cieux toujours bleus où l'humour abolit les nationalités. Gérard Mordillat.

  • Français Autodidarque

    Pierre Grimblat


    Né en 1926, P. Grimblat n'a cessé d'écrire depuis son adolescence. Il a réuni ici le meilleur de soixante années de création, mêlant poèmes improvisés ou textes plus complexes dans lesquels transparaissent parfois onirisme et mélancolie. Ses poèmes sont précédés d'un entretien dans lequel il retrace sa vie : la Résistance, les prisons de Vichy, la rencontre de Vian et Queneau.


  • Mes vies de à a z

    Pierre Grimblat

    • Chiflet
    • 4 April 2013

    Pierre Grimblat a eu 90 ans en juillet 2012. Cet autodidacte génial est l'homme qui a le plus marqué le monde de la publicité, du spectacle et du cinéma entre les années 50 et 2000. Producteur, réalisateur de plus 100 films publicitaires, d'une trentaine de longs métrages et de séries télévisées cultes comme L'Instit et Navarro, il nous fait partager à travers ce répertoire amoureux ses plus belles rencontres avec ceux et celles qui ont marqué sa vie passionnante : Audiard, Vian, Queneau, Cocteau, Truffaut, Dard, Ronet "son frère", Gainsbourg et Birkin (dont il est à l'origine de la rencontre), Trenet, Bleustein-Blanchet, Mitterrand et bien d'autres dont ses innombrables conquêtes féminines au gré des ses cinq mariages.

  • Pierre Grimblat semble avoir passé un pacte avec la chance : d'origine modeste, autodidacte d'un naturel charmeur et fantaisiste, il débute à Saint-Germain-des-Prés en disant ses poèmes aux terrasses des cafés. Remarqué par Boris Vian et Raymond Queneau, il entre à la radio, puis gravit rapidement tous les échelons des métiers du spectacle. D'abord dans le disque avec Jacques Canetti, ensuite dans la publicité près de Marcel Bleustein-Blanchet, puis au cinéma comme réalisateur - c'est dans Slogan que Serge Gainsbourg rencontre Jane Birkin - enfin à la télévision où avec un flair infaillible, il crée et produit la plupart des célèbres "séries" qui font les grands soirs du petit écran. Au fil de sa carrière, menée avec une désinvolture légendaire, il privilégie l'amitié, l'amour du public et les femmes. Ecrits dans une langue verte, qui fait parfois songer aux dialogues de son ami Audiard, ses "souvenirs" rassemblent un prodigieux casting. On y retrouve ses copains (de Truffaut à Eddie Constantine et Maurice Ronet, son "frère"), ses conquêtes féminines (innombrables, pittoresques, et dispersées entre Beverly Hills et Saint-Tropez) et ses émotions de jeune enfant d'émigrés ébloui par Paris. Des mémoires ? Oui. Mais inattendues. Et d'où l'on ressort avec une furieuse envie de vivre.

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