• Il était une fois un pays. Une de ces jeunes nations nées de l'éclatement sanglant de l'ex-Yougoslavie. Un pays dont les racines puisent dans les tréfonds de l'empire austrohongrois et auquel ses dirigeants successifs n'ont cessé de promettre un avenir radieux tout en fermant les yeux sur ses dérives adolescentes : clanisme généralisé, favoritisme, népotisme des élites.
    La Croatie a tant à offrir. Destination de villégiature à nouveau prisée des touristes européens, elle reste l'un des poumons de cette Mittel-Europa qui inspira tant d'écrivains et de peintres. Mais voilà : renaître après la guerre d'indépendance puis rejoindre l'Union européenne ne s'est pas fait sans compromis. C'est ce morceau d'histoire que ce récit plein d'humanité s'efforce de raconter.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Écrit par un grand reporter habitué à sillonner le continent européen, vétéran du tragique conflit des Balkans, il lève le voile sur ce que la propagande nationaliste occulte et sur ce que la volonté de convergence européenne néglige. Une sorte de voyage-confession, pour mieux cerner ce qu'être Croate veut dire aujourd'hui. Et donc mieux le comprendre.

  • Fruit de plus de dix ans de travail, ce matre-livre raconte la riche et grande histoire de la Russie, des origines la fin de l'URSS, en passant par l'tablissement d'une autocratie imprialiste assise sur la force de l'orthodoxie et d'un nationalisme conqurant. Un classique dont l'ampleur et l'intelligence se conjuguent avec un rare bonheur d'criture, ici prsent dans une dition entirement revue et augmente d'une prface indite de Marie-Pierre Rey. " C'est un travail sans quivalent, une lecture indispensable pour qui s'intresse au pouvoir de la Russie et s'interroge sur son avenir. " Jean-Franois Revel

  • Accoutumés à s'identifier aux drames de leur histoire, les Polonais ont encore de la peine à saisir que leur pays est devenu un grand d'Europe. Quel chemin parcouru pourtant ! À Varsovie, à Cracovie, en Silésie ou dans les coulisses du monastère de la Vierge noire à Czestochowa, la Pologne moderne se conjugue au quotidien avec la nostalgie populaire d'une noblesse rurale, les frustrations nationalistes et religieuses, et un goût effréné de la littérature et des arts.

    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il revisite, d'abord à travers un récit riche en anecdotes, en couleurs et en rencontres, puis à l'écoute de grands intellectuels, les clichés des charges héroïques des Uhlans, le tourbillon des valses de Chopin et l'image d'un peuple irrémédiablement associé à Jean-Paul II, le pape vainqueur du communisme. Un voyage architectural, gastronomique, linguistique et culturel pour mieux connaître les passions polonaises. Et donc mieux les comprendre.

    Un grand récit suivi d'entretiens avec Jan Sowa (historien), Janusz Czapinski (sociologue) et Ludwik Dorn (ancien ministre).

  • Français Roumanie

    Henri Paul

    À la croisée des empires romain, ottoman, austro-hongrois et russe, la Roumanie arbore un destin unique, broyée par les décennies de plomb de la dictature, et aujourd'hui animée d'une extraordinaire vitalité européenne.

    Il fallait, pour raconter cette si fertile terre balkanique, ouverte sur la mer Noire, un auteur capable de l'aborder sous tous les angles, sans préjugés, à la fois analyste politique, conteur historique et fin lettré. Henri Paul a réussi cette prouesse de nous écrire une chronique roumaine inégalée, peuplée de personnages hauts en couleurs et scandée par un récit impressionniste digne de Paul Morand, l'un de ses prestigieux prédécesseurs. Culture, arts, gastronomie, religion, humour, mais aussi gangrène de la corruption et dangereuse ambiguïté de la classe politique. Tout y est.

    Ce petit livre est le roman d'une rencontre, celle entre l'auteur et les Roumains. Une prose unique, sans fard, érudite, fidèle à la grande tradition intellectuelle de ce pays où la langue française demeure une fête.

    Un grand récit suivi d'entretiens avec Lucian Boia (Je lutte contre toute une armée d'historiens nationalistes), Vintila Mihailescu (Le communisme n'a pas réussi à construire un monde nouveau et à changer le paysan roumain) et Cristian Mungiu (Un personnage qui ne paie pas de mine, malin et débrouillard. Ca, c'est le Roumain!)

  • Son isolement est une légende. Durant la Guerre froide, sous le joug communiste du paranoïaque Enver Hoxha, l'Albanie semblait une forteresse inexpugnable. À la lisière de l'Italie et de la Grèce, ouverte sur l'Adriatique, ce pays méconnu paraissait figé dans son idéologique solitude.

    Changement de cap. Depuis l'effondrement du communisme, l'autre visage de cette nation de montagnards perchée au-dessus de la mer a fini par émerger. Pays dominé par la loi des familles et des clans, mais où la chaleur de l'amitié et des relations personnelles transcende tous les clivages et toutes les barrières, une nouvelle Albanie a peu à peu pris le dessus. On y rit, on y boit, on y accueille l'étranger à bras ouverts, dans un climat unique de générosité musulmane et de fête toute balkanique.
    Ce petit livre n'est pas un guide, c'est un décodeur. Un verrou que l'on fait sauter. Il raconte l'âme d'un peuple que la folie de ses dirigeants tenta de faire sortir de l'histoire. Il dit la volonté des jeunes Albanais de retrouver le chemin de l'Europe. Car comprendre l'Albanie impose d'abord d'en saisir les règles et les coutumes immémoriales.

    Un grand récit suivi par des entretiens avec Andi Pinari (historien), Ermela Teli (actrice) et Besnik Mustafaj (écrivain).

  • L'Arménie d'aujourd'hui est un mystère, entre la mémoire douloureuse du génocide de 1915 et le lourd héritage de décennies de régime soviétique. À travers des paysages sublimes couronnés par la cime enneigée et révérée du Mont Ararat, c'est dans un pays méconnu, bastion de la chrétienté d'Orient et lesté des souvenirs entremélés de sa population, de ses oppresseurs successifs et de sa diaspora mondialisée, que cet ouvrage nous plonge.
    Écrit à la première personne par un jeune auteur passionné par le pays d'origine des siens, il mèle comme jamais les senteurs et les couleurs aux témoignages d'historiens, d'intellectuels et d'Arméniens ordinaires pour reconstituer le périple de ce peuple trois fois millénaire toujours confronté, aujourd'hui, au poids du mythe, des légendes et de sa précaire situation géopolitique entre Iran, Russie et Azerbaïdjan, ce voisin honni.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il nous éclaire sur cette cohabitation parfois difficile entre Arméniens de l'étranger et Arméniens restés au pays, cette foi viscérale et chaotique en l'avenir que le souvenir de 1915 continue souvent d'occulter aux yeux des visiteurs.
    Un livre intime et résolu à nous faire partager la vie, les doutes et les rèves de l'Arménie de ce nouveau siècle. Pour mieux nous la faire comprendre.

  • Et si la crise économique qui terrasse le pays accouchait d'un nouveau miracle grec ? Partout, de l'anarchique Athènes aux îles les plus touristiques de la mer Égée, une nouvelle odyssée hellénique prend forme. Au culte du palikare, ce héros romantique de la lutte pour l'indépendance, succède aujourd'hui une volonté de ne plus se laisser étouffer par les clans politiques, le clientélisme et la corruption.

    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il revisite, d'abord à travers un récit riche en anecdotes et en souvenirs poignants, puis à l'écoute de grands intellectuels, les clichés sur une Grèce désemparée. Sans rien cacher des responsabilités politiques des gouvernements successifs et sans masquer l'ampleur du défi posé par l'émergence des extrémismes. Un voyage culturel, linguistique, épicurien et historique pour mieux connaître les passions grecques. Et donc mieux les comprendre.

    Un grand récit suivi d'entretiens avec Tassos Anastassiadis (historien), Thomas Maloutas (sociologue) et Petros Linardos (économiste).

  • Octobre 1917 : dans le tumulte de la Grande Guerre, le coup d'État bolchevique apparaît comme un épisode parmi d'autres. Mars 1953 : la mort de Staline fait la Une des journaux du monde entier. Entre-temps, l'URSS est devenue la seconde puissance mondiale. Le modèle soviétique se pose en concurrent de la démocratie libérale. Il inquiète les uns et fascine des millions d'autres, qui ne connaissent de l'URSS que les images embellies filtrant de ce lointain pays.
    De la révolution d'Octobre à la mort de Staline en passant par la NEP, le pacte germano-soviétique et la constitution d'un bloc soviétique, cet ouvrage retrace les premières décennies de l'URSS et pose le problème de la continuité comme des ruptures entre la théorie léniniste et la pratique stalinienne.

  • Comment être Russe aujourd'hui ? Et comment comprendre une Russie sur laquelle semblent déferler de bien mauvais vents nationalistes ? La meilleure des réponses est d'arpenter son immense territoire, de recueillir les témoignages et de reconstituer, au coin d'un feu réconfortant dans les neiges et le froid de l'hiver, l'histoire extraordinairement tragique de ce grand pays.
    Il faut redécouvrir la Russie, marquée de facon indélébile par son immensité géographique. Il faut se glisser dans la tête de ses habitants, sortis à la fois si traumatisés et si fiers de tant de convulsions historiques. La superbe langue de Pouchkine déroule, insatiable, des récits à vous couper le souffle que seuls les toasts portés avec vos petits verres remplis de vodka, vous permettront de digérer.
    Laissez-vous emporter par cette terre d'aventure animée d'une inextinguible soif spirituelle et si riche en drames, en émotions, en grand espaces.
    Ce petit livre n'est pas un guide. C'est un décodeur. Il raconte le glacis impérial russe, des portes de l'Europe aux marches de l'Asie. Un voyage amoureux mais lucide dans une Russie toujours à la recherche de son grand dessein.

  • Dans ce livre de 2003 devenu un classique, Timothy Snyder retrace, sur une durée de plus de quatre siècles, la construction et la reconstruction de l'idée de nation dans l'Europe du Nord-Est.
    À l'orée de l'ère moderne, en 1569, la création de la République polono-lituanienne, dite aussi des Deux Nations, couvrant les territoires polonais, bélarusse, ukrainien et balte actuels, correspondait à une vision de la nation ouverte, fondée sur la citoyenneté et tolérante envers les langues et les religions. Elle acceptait en outre les diverses allégeances politiques en vigueur sur ces territoires.
    Selon l'historien américain, cette formule s'est brisée avec la révolution polonaise de 1863 et l'émergence du nationalisme moderne, qui lui a substitué une conception de la nation ethnique, linguistique et religieuse. Cette dernière ne tardera pas à susciter d'innombrables atrocités, qui culmineront, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, dans les provinces de Galicie et de Volhynie, avec les effroyables nettoyages ethniques réciproques entre Polonais et Lituaniens.
    La synthèse de cette histoire de longue durée, Timothy Snyder la trouve dans le fait que, quelque amère qu'ait été la reconstruction de ces nations, une politique polonaise sage et ambitieuse a abouti, après la chute du communisme, à l'abandon des revendications territoriales entre voisins orientaux, au gel des frontières issues de la décomposition de l'Union soviétique et à la construction de l'avenir par une intégration à l'Ouest (OTAN et Union européenne).
    Selon Timothy Snyder, le legs de la vieille République polono-lituanienne protomoderne reste ainsi visible à qui se donne la peine de regarder sous les cendres de la géopolitique moderne.

  • Français Les pays baltiques

    Yves Plasseraud

    • Armeline
    • 10 November 2020

    Cet ouvrage présente l´histoire des nombreux peuples qui se sont installés au fil des siècles sur les rives orientales de la mer Baltique des origines jusqu´à nos jours, peuples que l´on apprend à redécouvrir depuis l´indépendance des pays Baltes. Ainsi, si le multiculturalisme est un phénomène récent en Europe occidentale, il est en revanche très ancien dans certains territoires de l´Europe centrale et orientale. C´est le la cas avec les pays Baltes où le il constitue un héritage historique. Néanmoins, le nouveau contexte géopolitique voit de nouvelles menaces peser sur l´avenir des ces « petits États » de la Baltique. Le livre, complété par plusieurs annexes est enrichi de nombreuses cartes et illustrations, visant à donner une approche concrète du destin de ces peuples attachants et trop méconnus.

  • L'Ukraine est au centre de la nouvelle guerre froide qui s'est installée entre les pays occidentaux et la Russie. En 2013, les Ukrainiens ont conduit une révolution pour se rapprocher de l'Europe. Ils l'ont vite payé par l'annexion de la Crimée, puis par un conflit armé alimenté par la Russie, à l'est de leur territoire. Depuis, malgré la guerre qui se prolonge, l'Ukraine tente de se construire un nouveau destin. Quelles sont ses chances d'y arriver ? D'où est venue cette aspiration à s'émanciper ? Comment ce pays s'est-il transformé depuis la révolution du Maïdan ?
    Entre enquête et reportage, ce récit revient sur les événements clés de la crise ukrainienne, dont l'auteur a été le témoin. Il dessine le visage d'une nation en train de se réinventer et permet de comprendre ce qui se joue, aujourd'hui, dans ce pays nouveau sur la carte de l'Europe mais dont l'histoire vient de loin.

  • Le 12 octobre 1940 commence la légendaire histoire du ghetto de Varsovie.
    Alors que l'on célèbre le Yom Kippour, les autorités nazies donnent l'ordre de transférer dans le ghetto les Juifs vivant ailleurs, en lieu et place des chrétiens. 381 000 habitants arborant l'étoile juive (soit 40% des habitants de Varsovie) vont vivre dans un périmètre désormais clôturé. Lorsque le 19 avril 1943, à six heures du matin, les troupes allemandes pénètrent dans le ghetto, toutes les conditions sont réunies pour l'ultime transfert, celui vers les camps de concentration. Pourtant une pluie de balles, de grenades et de cocktails Molotov s'abat sur les soldats. Les combats vont durer près d'un mois. Mais le 16 mai, les Allemands prennent le dessus et le général SS Jürgen Stroop adresse ce télégramme à Himmler : « Le quartier juif de Varsovie n'existe plus. » C'est la fin de la plus grande communauté juive d'Europe. La seule qui ait opposé une résistance armée à l'extermination.
    Peu d'ouvrages sont parus sur l'histoire proprement dite du ghetto de Varsovie. Grâce à l'ouverture des archives et à la lecture de nombreux témoignages, Bruno Halioua propose ce livre de synthèse, indispensable à tous ceux qui souhaitent comprendre cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale.

  • Franceska michalska naît en 1923 dans une famille polonaise de volhynie.
    L'univers paisible, campagnard et tolérant de son enfance ne tarde pas à se fissurer. les autorités politiques soviétiques décident de mettre au pas la région. aux arrestations et exécutions arbitraires (deux de ses oncles sont fusillés) succède la grande famine des années 1932-33, provoquée pour affaiblir les paysans opposés à la collectivisation de l'agriculture. elle épargne sa famille, mais des voisins figurent parmi les millions de victimes.
    En juin 1936, le village entier est déporté en wagons à bestiaux, puis en camions vers une destination inconnue. après un mois d'un voyage très éprouvant, on les dépose dans la steppe désertique du nord du kazakhstan. la vie s'y organise malgré l'isolement, les privations et les maladies. en 1941, l'auteur décide de se lancer dans la médecine. elle entame un véritable parcours du combattant qui l'entraîne d'alma-ata, à kharkov et czernowitz et jusqu'à wroclaw oú elle termine ses études d'infirmière, puis de sage-femme.
    Sa pugnacité et sa capacité à survivre aux pires difficultés ont raison des obstacles. se nourrissant au mieux de pain séché mélangé à de l'eau, souffrant du froid et de la peur, elle réussit aussi grâce à des rencontres avec des personnes bienveillantes. ce bref récit autobiographique, rédigé avec une économie de mots certaine, sans aucun effet de style, parvient à nous toucher par sa sincérité, et son authenticité.
    Il s'en tient purement aux faits, sans porter le moindre jugement. ce témoignage éclaire un pan peu connu de l'histoire du xxe siècle. au-delà des horreurs qu'il relate, c'est aussi une formidable leçon de volonté et de courage. l'auteur réussit à forcer son destin, à échapper à un système coercitif redoutable programmé pour anéantir toute velléité de résistance individuelle. accrochée à la vie envers et contre tout, elle nous apporte un message d'espoir.

  • « Destin, vous avez dit destin ? Soit un jeune homme fraîchement diplômé d'arabe qui croit obtenir un poste à Bagdad.
    Annulation... Une démission subite à Klaipeda en Lituanie précipite son choix. Adieu Mille et une nuits, place au froid et à la brume baltique et l'apprentissage d'une langue ...rare, le lituanien. Premier contretemps, le 21 mars 1939, la ville est rattaché au Reich. Quelques heures pour plier bagages. Repli sur Siaulai et Kaunas. Juin 40, la roue de l'histoire tourne, la Lituanie n'existe plus, elle devient partie intégrante de l'Union soviétique. Arrestation le 20 octobre 1940, la « taule » sauce NKVD.
    Fin juin 1941, on les avait oublié, les Allemands sont de retour avec une petite invit' à la Gestapo en mai 42 »...
    Mes prisons en Lituanie est un témoignage rare sur la Lituanie prise en étau sous plusieurs Occupations dont aucune n'offre de mansuétude particulière. Juin-juillet 1940, les Soviétiques occupent militairement puis annexent les pays baltes. Tous les étrangers quittent ces pays. Cependant Matoré décide de rester. Il est certain que le souhait des nouvelles autorités lituaniennes qui l'invitent à enseigner, n'est pas la seule cause de sa décision : Matoré vient en effet de rencontrer Aldona, qui sera sa compagne, et plus tard sa femme.
    20 octobre 1940, le stalinisme s'abat sur la Lituanie ; accusé par le NKVD d'espionnage, il est incarcéré à Siaulaï, et condamné aux travaux forcés. Il restera deux mois au secret, puis sera transféré à la Sûreté de Kaunas. C'est à la prison centrale de Kaunas (son troisième lieu de captivité), bondée de prisonniers politiques qu'il connaîtra les moments les plus intenses : peur, faim, espoir, solidarité.... À la fin du mois de juin 1941, l'armée Rouge quitte le pays précipitamment, fuyant devant la Wehrmacht. La prison de Kaunas, abandonnée par ses geôliers, se soulève. Matoré, comme la plupart de ses compagnons de captivité, recouvre la liberté. C'est avec l'un d'eux qu'il parcourra à pied les 100 km le séparant de Vilnius. Il réintègre l'université de Vilnius et épouse Aldona durant l'été 1941. Mais le nazisme s'est abattu sur le pays. Matoré et les siens découvrent l'antisémitisme, les ghettos de Kaunas, les premières déportations. Ses talents de dessinateur lui permettent de maquiller des faux passeports pour le compte d'un réseau d'aide aux Juifs évadés.
    La Gestapo veille. Elle l'inquiétera en mars 1942, mais faute de preuve le relâchera. Georges Matoré comprend qu'il ne peut vivre plus longtemps en Lituanie ; Le 20 mars 1943, avec Aldona, il quitte le pays. Ils traversent la Pologne et l'Allemagne pour rejoindre définitivement la France.

  • ? L'Insurrection hongroise de 1956 est un événement essentiel de l'histoire du XXe siècle. Il s'agit de la première grande « révolution antitotalitaire ». C'est un moment de la conscience mondiale, qui a fasciné les observateurs du monde entier (Sartre, Camus, Aron, Milosz...).
    ? Nous célébrerons les 60 ans de cet événement centre européen à la fin de l'année 2016 (23 octobre-4 novembre 2016).
    ? Jusqu'à présent, le public français ne connaît pas la façon dont les événements ont été vécus, racontés, pensés et remémorés par des témoins de premier plan : les écrivains hongrois.
    ? Cet anniversaire et l'intérêt actuel du public français pour la littérature hongroise suggèrent qu'une anthologie s'impose pour donner à voir comment les écrivains ont raconté ce moment unique de l'histoire.
    ? Cette anthologie, où les grands noms pourront voisiner avec des auteurs moins connus du public français, quoiqu'importants, vise à proposer une version aussi pluraliste que possible des événements et de leur mémoire hongroise.
    ? Ces textes sont presque tous inédits en France.

  • La République de Moldavie. Certainement l'un des pays d'Europe les moins connus des Français. Qui se souvient de la guerre civile qui fit rage au début des années 1990 sur ce territoire grand comme la Belgique ? Quant est-il aujourd'hui du conflit en Transnistrie ? Où va la société moldave ? Les peuples de Moldavie formeront-ils un jour une nation commune au sein d'un Etat unifié ? C'est pour répondre à ces questions que deux des meilleurs connaisseurs de la région ont écrit ce livre, retraçant l'histoire, souvent agitée, de ce qu'on nommait au XIXe siècle la Bessarabie. Décortiquant les discours nationalistes, cet essai s'attache à éclairer la réalité moldave. Une large part est faite à la compréhension des processus identitaires moldaves, au travers notamment l'élément qui cristallise toutes leshaines : la langue.

  • Chelm est une petite ville, située à 300 km de Varsovie, où passe la frontière entre la Pologne et l'Ukraine. Dans la première moitié du XXe siècle, avant la Seconde Guerre mondiale, la moitié de ses 30 000 habitants était composée de Juifs. Sa renommée, aujourd'hui encore, lui vient de la place qu'elle tient dans le folklore et l'humour des Juifs d'Europe de l'Est et de la portée symbolique que revêt son nom. La légende raconte qu'à la création de la ville se produisit un accident céleste entre deux anges, l'un porteur du sac de la sagesse, l'autre de celui de la bêtise et que ce dernier sac se déversa sur elle.

    Ce livre reconstitue une Chelm mythique à partir des meilleures plaisanteries compilées par Druyanov. Il procède à une sociologie humoristique des Juifs d'Europe de l'Est au XIXe et au début du XXe siècle. Depuis lors, Chelm s'est étendue, son esprit gagnant d'autres lieux.

    Ce livre se veut, malgré de sourdes allusions à Varsovie, Montréal, Casablanca ou Tel-Aviv, un hommage à... une Nouvelle Chelm.

  • Comment est-on passé, en quelques décennies, d'une Pologne exemplaire, européenne, aux intellectuels brillants (Geremek, Michnik, etc.), à une Pologne nationaliste, euro-sceptique , anti migrants qui remet en cause l'État de droit ?
    Le dossier rendra compte des débats d'idées en Pologne aujourd'hui, notamment ceux qu'animent des intellectuels ou des acteurs sociaux de la nouvelle génération. Il s'agit de mettre en valeur tant ce qui relève de la spécificité d'une histoire longue (place de l'Église, mémoire de la guerre et de la Shoah) que du bilan contrasté des trente dernières années (transition démocratique, politiques européennes, mouvements de femmes). Après tout, ce que nous constatons dans ce « jeune » État membre européen a préfiguré, à bien des égards, les évolutions politiques en Autriche, en Italie, au Royaume Uni ou en Suède, qui ne sont pas d'anciens pays communistes « de l'Est ».

  • Cet ouvrage soutient une thèse fondamentale : du point de vue idéologique et législatif, tout en Hongrie était prêt afin que le génocide des juifs de province puisse s'accomplir en quelques semaines, après l'occupation du pays par les Allemands en mars 1944. L'originalité de ce livre réside dans la publication, pour la première fois en France, de discours officiels des présidents du Conseil successifs, exposés de motifs des lois antijuives, prises de position des hauts dignitaires des Églises chrétiennes, illustrant la politique qui a préparé l'opinion à accepter la privation des droits et d'identité personnelle ainsi que le meurtre des juifs.

  • Français Une arche pour Tchernobyl

    Collectif

    Cette histoire méritait un livre. Non pas celle du terrible événement survenu le 26 avril 1986 à Tchernobyl, ni « la chronique du monde après l'apocalypse », pour reprendre les mots du prix Nobel de littérature, Svetlana Alexievitch.
    C'est l'histoire d'une prouesse technique inédite, l'invention d'une arche qui offre la possibilité de se prémunir contre un nouveau drame pour l'humanité.
    Des milliers d'hommes et de femmes l'ont réalisée sous le regard de la planète, dans des conditions extrêmement difficiles. Comment concevoir une structure qui devra couvrir un sarcophage fragile, construit en urgence au lendemain de l'explosion du réacteur 4 de la centrale de Tchernobyl et qui émet des radiations importantes en permanence ? Comment imaginer une usine de démantèlement - ce qu'est, avant tout, l'arche - dans de telles conditions, avec ses dizaines de tonnes de matières hautement radioactives, sans intervention humaine, dans des conditions de confinement quasi absolu afin qu'aucun élément contaminé ne s'échappe quelles que soient les circonstances ? Tels sont les défis auxquels ont été confrontées les équipes de NOVARKA. Et qu'elles ont relevés. Pour l'humanité. Pour cent ans au moins.

  • Entre le début du XVIIe et le XXe siècle, la Russie a connu plusieurs centaines de faux tsars et tsarévitchs dont l'un fut couronné. L'imposture s'est répandue dans toutes les sphères de la vie politique, sociale et culturelle du pays : fausse législation, faux dignitaires de la cour et de l'Eglise, faux révolutionnaires, faux fils de Staline, faux Lénines. Dans la plupart des cas, l'accueil de la population leur fut favorable, et trois grandes insurrections généralisées à l'échelle de l'Empire se déroulèrent sous la bannière d'un faux tsar.
    L'imposture russe étonne par sa démesure, car les faits ici racontés tantôt arrachent un sourire franc, tantôt laissent un goût amer ; dans tous les cas, ils surprennent. Ce livre reconstitue pour la première fois toute l'histoire de ce phénomène, sous la Russie autocratique puis communiste, avant d'identifier les composantes anciennes qui pèsent lourdement sur le présent. Parce qu'il montre que l'imposturea été sa norme politique pendant quatre siècles, ce livre offre une histoire nouvelle de la Russie, soulignant ce qu'elle a en commun avec l'histoire européenne, mais aussi, en élucidant la spécificité de son histoire politique, ce par quoi elle est depuis toujours radicalement différente de nous.

  • "Cet ouvrage présente les États qui ont prétendu à la souveraineté sur les territoires à majorité ukrainienne des anciens empires russes et austro-hongrois de 1917. Il montre comment l'héritage de la première indépendance a été revendiqué par le mouvement national ukrainien durant la période soviétique, puis par la nouvelle Ukraine indépendante à partir de 1991. Cette synthèse permet de réexaminer une période clef, à un moment où la crise ukraino-russe ouverte en 2014 remet en cause les frontières et les bases historiques de l'État ukrainien actuel."

empty