Al Dante

  • Gang blues ecchymoses, un roadmovie visuel et poétique signé Sadie von Paris et Véronique bergen.
    Sous l'objectif de la jeune photographe Sadie von Paris, les cris d'une génération en quête d'un ailleurs, un voyage dans la jungle de l'asphalte, l'ivresse des sens, les rituels des substances et de l'éros.
    Aux paysages mystico-urbains de la colère shootés par Sadie von Paris se noue la danse des mots de Véronique Bergen.
    Un livre placé sous le signe de l'insurrection contre tout ce qui emprisonne, un braquage du réel étriqué un « non » à l'assassinat de nos existences un rugissement de tendresse aussi une création de mondes alternatifs dans le chaos acosmique contemporain Tout ce qui bouge est politique.

  • On connaît la star hollywoodienne, la sex-symbol. On a beaucoup écrit sur sa vie privée qui peut se résumer en une succession d'échec. On croit connaître son insatisfaction récurrente, tant dans sa vie professionnelle que dans sa relation au monde. Mais tous ces flashes superposés sur ces fragments de vie (fragments écrits, filmés, photographiés...) plutôt que de révéler la personne, font écran au sensible, durcissent le mythe, participent, jusqu'à dans sa mort, à la fabrique du divertissement - jusqu'à sa mort, tragique (suicide ? overdose ? assassinat ?) dont elle est dépossédée, et qui devient, elle-même, source de nouvelles fictions...
    La force de ce nouveau récit sur et autour de Marilyn Monroe se trouve dans la capacité de l'auteure à inventer l'écriture qui redonne chair au sujet ; et qui dote le sujet d'une voix neuve, sensible, intelligente. Ce portrait de l'actrice, de cette star "antistar", est d'une telle densité qu'il nous offre par la même occasion le portrait en creux d'une époque, d'un système, et des homme qui forge "malgré elle" ce que l'actrive devient et contre quoi, dans un même temps, elle se rebelle.
    Un roman qui semble écrit du sensible même de la star...

  • Rudolf di Stefano, jeune cinéaste, parle ici de cinéma, à travers tout un jeu de citations de quatre cinéastes qui illuminent la contemporanéité cinématographique comme quatre phares incontournables : Robert Bresson, Jean-Luc Godard et le couple Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.
    Le dispositif citationnel est partagé en trois parties (1. Bresson - 2. Godard -3. Huilllet/Straub), eux-mêmes divisés chacun en cinq sous-parties thématiques ( sur des sujets tels que le rythme, le rapport au texte, le corps, la notion de travail, l'homme/la femme, l'éventail des sentiments, le politique.). Il sert à la fois de partition et de charpente à la dérive réflexive (au sens situationniste du terme) de l'auteur, qui utilise les paroles de ces «maîtres» à penser ( et à filmer) pour alimenter et conduire sa propre réflexion sur son rapport au monde via le cinéma, ouvrir des chantiers théoriques et inventer une langue qui serait celle d'un cinéma qui s'invente du présent.
    Ce livre, totalement novateur, découpé en plan/séquences, est à la fois un dispositif poétique, un roman de la pensée, un film en mots.

  • Une série de performances photographiques de Fabienne Létang, confinée dans son studio, avec des textes de Liliane Giraudon, Amandine André et A.C. Hello.
    « ...Désormais les entraves intimes, sociales et politiques resserrent tragiquement leurs liens. La peur se fait de plus en plus prégnante. Dans un futur proche, ne nous restera bientôt comme dernier geste que celui de prendre notre tête entre nos mains ou lever les yeux au ciel... ».
    Dans cet état réflexif, confinée dans son studio, Fabienne Létang a conçu et réalisé ces performances photographiques, sur lesquelles les auteures Amandine André, A. C. Hello et Liliane Giraudon réagissent.

  • L'inversion temporelle étourdit le spectateur de cinéma depuis l'invention du cinématographe : les frères Lumière montraient déjà dès les premières projections un mur démoli qui se redresse, ou des plongeurs qui sortent de l'eau et reviennent sur leur plongeoir.
    Derrière ce trucage élémentaire du défilement inversé, il y a un enjeu philosophique surprenant qui est révélateur non seulement du cinéma dans son entier mais d'une façon de redéfinir le temps lui-même.
    Le cinéma est-il l'art du temps, ou l'art de ce contretemps qui se décline sous d'innombrables facettes, de l'inversion temporelle pelliculaire la plus spectaculaire et la plus dénuée de sens à toutes les sortes de retours dans le passé qui défient la mort, l'irréversible, la causalité, la raison, la pensée, l'ordre établi ?
    Cette grande figure traverse à la fois les plus grands classiques de l'histoire du cinéma (Chaplin, Cocteau, Dreyer, Coppola, Bergman, Wells, Lynch, Hannecke.), et une myriade incroyable de curiosités insolites et rares qui relèvent du cinéma expérimental, de l'art vidéo, de l'art contemporain, de l'installation. sans compter que l'approche proposée ici, qui se veut la plus large et la plus complète possible, aborde aussi la musique et la littérature.
    Avec son vaste corpus d'oeuvres et les nombreux champs intellectuels mobilisés, ce livre entend non pas tant faire le point sur cette figure complexe, que réactiver sa subversion, plus que jamais nécessaire en ces temps de mélancolie post-moderne et post-politique.

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