Antipodes Suisse

  • Du bonimenteur à la voix-over propose une réflexion historique et théorique sur la place et la fonction conférées à la voix, manifestation sonore foncièrement humaine, au sein du medium machinique qu'est le cinématographe. En s'interrogeant sur la pratique de l'accompagnement verbal effectué lors des projections « muettes » par un locuteur live (le «bonimenteur») à l'époque du cinéma des premiers temps, cet ouvrage rend compte des spécificités de l'oralité du cinéma parlé, et con fronte la médiation qui s'opère au sein de ce dispositif aux principes de la voix enregistrée.
    A travers l'examen de la voix-over, l'ouvrage traite non seulement de la matérialité de la voix et de son enregistrement, mais aussi des relations qui s'instaurent entre les mots et les images. En proposant u ne typologie des modes de synchronisation et en s'interrogeant sur la façon dont la signification est produite grâce à l'interaction du verbal et de l'iconique, il fournit des instruments utiles à l'analyse de films. Cette dernière n'est d'ailleurs pas négligée, puisque certains films singuliers du point de vue du régime vocal font l'objet d'études approfondies qui viennent nourrir la théorie, à l'instar du Roman d'un tricheur (Guitry), de La Fiancée de Frankenstein (Whale), de Lola Montès (Ophuls) ou d'Hiroshima mon amour (Resnais).

  • En 1896, l'horloger genevois Casimir Sivan commence à tourner avec une caméra de son invention. En Suisse, l'intérêt pour le cinéma est très précoce, et rejoint des préoccupations patriotiques, ainsi que des arrière-pensées touristiques. Des documentaires et des actualités, nationales ou régionales, sont produits durant toute la période muette. La création d'un cinéma de fiction, plus coûteux, rencontre davantage de difficultés. Des critiques très qualifiés en débattent avec passion dans la presse, et les tentatives ne manquent pas, fondées sur la volonté d'exploiter les paysages, notamment alpins. Il est fréquemment fait appel aux collaborations extérieures, comme celles de Feyder ou d'Eisenstein.

    Si cette production, dont seule une partie est conservée, reste à peu près inconnue, c'est que les préjugés et l'ignorance en ont longtemps fait nier l'intérêt, voire l'existence. Mais depuis une dizaine d'années, l'Université, prenant la relève de chercheurs isolés, en a révélé la richesse, en parallèle avec la politique de préservation et de restauration entreprise par la Cinémathèque suisse. Ce livre fait le point et pose quelques jalons pour l'avenir.

  • Véhicule idéal de propagande, le cinéma est exploité par les régimes autoritaires qui accèdent au pouvoir dans l'Europe de l'entre-deux-guerres. Cette « mise au pas » n'est pas toujours le fruit d'une coercition, et elle ne se traduit pas forcément par la production de films lourdement idéologiques au didactisme fastidieux. Elle peut se baser sur la rencontre de plusieurs intérêts : idéologique certes, mais également de rentabilité car le public doit être au rendez-vous. Produits commerciaux et non seulement pamphlets politiques, ces films circulent aussi en Suisse.

  • Consommée au quotidien, la photographie de presse fait partie de notre paysage visuel depuis bien plus d'un siècle. Si elle a été rejointe par d'autres formes de mise en image de la réalité, sa fonction ne s'est pas estompée. La photographie de presse a même gagné en considération : des prix prestigieux lui sont consacrés chaque année et certains de ceux qui étaient autrefois considérés comme de simples artisans jouissent désormais d'une renommée internationale.

    La plupart des auteurs de cet ouvrage entament leur réflexion à partir de cet objet ultime qu'est le magazine illustré (ou quelquefois la presse quotidienne, désormais illustrée elle aussi). Ils ne se limitent pas à en questionner les qualités formelles et artistiques, mais considèrent en priorité la photographie de presse comme un objet symbolique, socialement inscrit, qui permet de questionner ce qui est montrable et de quelle manière ce qui est montrable est effectivement montré.

    Cet ouvrage explore également les terrains dans lesquels l'image de presse est réinvestie par d'autres usages, qui la distancient de son usage premier en l'introduisant au musée ou dans une exposition d'art.

  • En Suisse, durant les cinquante premières années du cinéma, un important parc de salles se développe, tout comme un riche réseau de distribution et une production locale régulière quoique relativement modeste.



    En analysant ces trois différents niveaux, Le spectacle cinématographique en Suisse ne se penche donc pas uniquement sur les films. Une importance centrale est donnée à la séance, qui constitue le moment où un public découvre un programme constitué à son intention.



    Son analyse permet d'évoquer des aspects aussi bien architecturaux, économiques, sociaux, législatifs que culturels. Trois axes principaux ont été définis: le premier tourne autour de la salle et de sa programmation; le second aborde des aspects législatifs et économiques; le dernier porte sur les représentations véhiculées par les films et sur la réception.



    La perspective adoptée permet d'organiser l'ensemble des territoires occupés par le cinéma. En se concentrant sur le "cinéma en Suisse" et non pas seulement sur le "cinéma suisse", elle propose d'explorer le vaste domaine de la consommation des films, sans se concentrer exclusivement sur la production nationale.

  • Les Peurs de Hollywood recueille une série d'études sur les représentations dans le cinéma fantastique américain, associant l'analyse des films à l'histoire culturelle. Son objectif est de porter un reg ard critique sur la problématique de la peur telle qu'elle apparaît dans les images véhiculées depuis plus de 80 ans par la production hollywoodienne. Dominant les écrans internationaux dès l'entre-deux-guerres, cette cinématographie joue en effet un rôle essentiel dans la constitution des imaginaires culturels à une échelle mondiale, tout en renvoyant à des traditions iconographiques et sociales proprement américaines. Ces dernières années, la part active prise par les États-Unis dans la mise en place d'une culture «globalisée» n'a cessé d'augmenter, rendant nécessaire une réflexion qui puisse aider à comprendr e ce phénomène.
    L'ouvrage discute d'une part la thèse traditionnelle selon laquelle les figures monstrueuses des films d'horreur ou de science-fiction signaleraient le refoulement de cauchemars collectifs. Il souligne d'autre part l'importance de certains modes de discours exprimant une vision paranoïaque de l'emprise sociale des pouvoirs politiques ou scientifiques, comme la technophobie ou le populisme. De King Kong aux X-Men, ce livre considère de nombreux films mettant en scène les mutations physiques, les invasions extraterrestres, les catastrophes, l'univers des cyborgs ou encore les agressions de fantômes ou de morts-vivants.


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