Atelier Des Cahiers

  • Séoul, visages d'une ville est un essai issu du documentaire de Gina Kim Faces of Seoul (2009, en anglais et coréen).
    Le dispositif est simple en apparence pour ce documentaire profond : la réalisatrice coréenne revient régulièrement à Séoul, qu'elle a quitté, pour voir sa famille, et à chaque retour, elle tourne des vidéos de ses promenades et rencontres, comme on tiendrait un journal intime. De cette masse d'images anodines et accidentelles, elle tire un montage vidéo sur lequel elle tisse un commentaire inspiré sur la ville.
    Son enquête dans cette ville à la fois familière et étrangère aboutit ainsi à une méditation sur le statut de la représentation et de l'art, le souvenir, l'identité, le rapport au père. Elle y découvre qu'un film d'art et d'essai, comme une ville, une photo et toutes les formes de représentations qui ont un support physique, relient la présence du présent avec le fantasme du passé, la réalité et le désir, nous et les autres. Car les villes, comme les films et les photos, nous articulent à ce qui n'est pas nous, nous complètent et nous font nous rencontrer dans nos solitudes...

  • Nous sommes en mai 1958, un groupe d'intellectuels français s'embarque à bord d'un avion en direction de Pyongyang via Moscou. À son bord, des hommes en quête d'horizons nouveaux : Armand Gatti, journaliste, futur cinéaste et dramaturge ; Chris Marker, écrivain-cinéaste; Jean-Claude Bonnardot, acteur-cinéaste ; Francis Lemarque, chansonnier, et Claude Lanzmann, rédacteur-philosophe aux Temps Modernes de Sartre et Beauvoir, et futur maître du documentaire moderne. Gatti et Bonnardot ramèneront de cette expédition un film unique en son genre Moranbong, un film à part, insoluble dans le réalisme socialiste stalinien, trou noir dans l'histoire du cinéma français, une comète chargée de toutes les interrogations et contradictions d'une époque, en Corée du Nord comme en France. Chris Marker ramènera un album de photographies commentées qui fera date (Coréennes), Lemarque, des vues éparses filmées au cours du séjour, et Lanzmann, une histoire belle et triste d'amour impossible qu'il relatera dans ses mémoires (Le Lièvre de Patagonie). Le nord de la Corée est alors sous le contrôle de Kim Il-sung, fondateur d'une république dite populaire alliée de l'URSS et de la Chine.

    1 autre édition :

  • Les Couleurs des tumuli est un livre qui fait cohabiter deux récits - l'un photographique, l'autre textuel - qui se déroulent entre Paris et Gyeongju en Corée du Sud. La photographe Élisa Haberer est née à Gyeongju puis a été adoptée en France dès ses premiers mois. En 2014 elle y retourne pour la première fois. Partant de l'endroit où elle est née - l'ancienne maison d'une sage-femme transformée en magasin d'ustensiles de cuisine - elle décide d'explorer et de photographier Gyeongju. A partir d'un lieu qui lui est à la fois proche et étranger, elle part à la rencontre d'un quartier, d'une ville et de ses habitants.
    Au retour de son premier voyage en septembre 2014, elle débute une série d'entretiens sur ce projet avec Simon Hatab, dramaturge et auteur.
    Ce dialogue qui s'étend sur deux ans forme la matière d'un récit à mi-chemin entre le biographique, le carnet de voyage et le journal de création.
    Au-delà de la quête mémorielle, il développe une réflexion sur l'art photographique, sur notre rapport au temps et sur la construction de notre identité.

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