Boreal

  • Français Le cinéma québécois

    Marcel Jean

    • Boreal
    • 14 November 2005

    Alors que le cinéma américain continue d'accroître sa domination sur les marchés internationaux, le Québec résiste d'une manière étonnante. En effet, en 2004, les films québécois s'accaparaient 14% du marché local, performance remarquable qui constitue une véritable exception à l'échelle occidentale.
    L'histoire du cinéma québécois tout entière est conditionnée par les rapports qu'entretiennent les créateurs avec le public local. L'étroitesse du marché québécois ainsi que sa singularité (culturelle et linguistique), à l'intérieur de l'immense marché nord-américain, sont à l'origine de la fragilité économique de cette petite cinématographie tiraillée entre la France et les
    États-Unis. L'évolution de la société québécoise transparaît également dans les bouleversements qui marquent l'histoire du cinéma québécois. La société ultra-catholique et fermée sur elle-même des années 1940 et 1950 donne naissance à une première vague de documentaires et de films de fiction; viennent ensuite la Révolution tranquille et la montée nationaliste, qui se traduisent par l'éclosion du cinéma direct et l'effervescence du jeune cinéma de fiction des années 1960; le
    désenchantement référendaire, dont l'équivalent est le climat de morosité cinématographique qui persiste de 1980 à 1984 et, enfin, le Québec à l'heure de la mondialisation, celui de l'entrepreneurship, dont l'image reflète le nouveau discours pro-industriel des cinéastes, des producteurs et distributeurs.
    Marcel Jean aborde l'industrie cinématographique à partir des films qui en sont issus, et privilégie donc les auteurs par rapport aux producteurs et aux administrateurs. Précisons que Le Cinéma québécois est, comme son titre l'indique, un essai sur le cinéma québécois et non sur le cinéma au Québec. Cet ouvrage traite essentiellement de l'esthétique, de la thématique et, parfois, de la réception publique et critique des films.

  • Il y a les cinémathèques pour les conserver et les programmer, mais qu'est-ce qui demeure en chacun de nous des films que nous avons vus pour la première fois au cinéma ? Que reste-t-il de nos amours cinématographiques ? André Habib se livre à une exploration docte et maniaque de ces restes de cinéma qui s'accumulent, en désordre, dans la mémoire du cinéphile, la sienne et celle d'une vingtaine d'autres fous de cinéma qu'il a interrogés et pour qui le septième art est une passion, un vice impuni. Universitaire mais mordu, il signe un essai sur la cinéphilie qu'il considère comme une discipline anarchique.

  • « J'ai lu votre texte. Il m'a beaucoup touché. C'est, de toute ma vie, parmi les plus exacts que j'aie lus sur mon travail. » Tels ont été les premiers mots de Denys Arcand à Carl Bergeron, jeune essayiste de quarante ans son cadet, après qu'il a pris connaissance de Un cynique chez les lyriques. En effet, c'est un portrait sensible du cinéaste que l'auteur ébauche ici à travers une lecture et une interprétation serrées de son travail, des premiers films pour l'ONF jusqu'aux films de consécration. Lettré casanier et ironique, lecteur de Gibbon et de Machiavel, pré-boomer étranger au nationalisme canadien-français comme au lyrisme de la Révolution tranquille, Arcand cultive une sensibilité en porte-à-faux avec les grands mythes collectifs qui ont forgé la société québécoise. Cette sensibilité, d'aucuns l'ont qualifiée avec raison de « cynique », sans avoir toujours conscience de la signification du mot, qu'ils associent à un trait de caractère plus qu'à une intelligence des choses. Carl Bergeron remonte aux sources intimes du cynisme philosophique d'Arcand et montre au contraire la filiation trouble et émouvante qui n'a cessé d'unir celui-ci à son pays natal, dans une tension permanente entre le sentiment d'appartenance et la nécessité de faire une oeuvre. En complément de lecture, un Denys Arcand attentif lui fait écho par des commentaires mordants et éclairants, tantôt évoquant des anecdotes, tantôt proposant des explications sur son parcours.

  • Pour être journaliste, il ne suffit pas de savoir raconter l'événement dans une langue claire, il faut aussi rendre les faits intelligibles en les replaçant dans leur contexte et, souvent, en transmettre l'essentiel en quelques lignes.

    Pour y arriver, les journalistes disposent de techniques de recherche et d'outils documentaires : techniques d'entrevue, techniques de couverture d'événements et de prise de notes, sondages, rapports scientifiques, rapports annuels, réseaux de personnes-ressources, etc.

    Plutôt que de présenter une description théorique de ces ressources et techniques, l'auteur a choisi de rédiger un guide qui tient compte des conditions de travail réelles des journalistes. Dès lors, Le Métier de journaliste se présente à la fois comme un premier guide des sources d'information accessibles aux journalistes de la presse écrite ou électronique et comme un portrait critique de l'information.

    Cette troisième édition a été profondément remaniée pour rendre compte des importantes transformations provoquées par Internet, non seulement dans les techniques de cueillette et de traitement de l'information, mais aussi dans les conditions d'exercice du métier de journaliste aujourd'hui.

  • Cette nouvelle édition d'un irremplaçable ouvrage de référence présente un inventaire précis et aussi complet que possible du cinéma québécois, depuis les débuts jusqu'à l'an 2006. Le cinéphile y trouvera rassemblées en un seul volume des données essentielles sur les réalisateurs, les scénaristes, les acteurs, les producteurs et les techniciens, comprenant vidéographie, musicographie et bibliographie. Des articles sont également consacrés à des thèmes comme les salles de cinéma, les festivals, les ciné-clubs, la censure, le cinéma d'animation, le cinéma expérimental, le cinéma gai, la distribution, la coproduction, les associations et regroupements professionnels et les organismes publics.
    Enfin, ce dictionnaire recense, dans une forme facile à consulter, les génériques abrégés de plus de quatre cents films, des plus anciens aux plus récents.
    Au total, ce dictionnaire comprend près de 800 articles, rédigés par 74 spécialistes, et plus de 150 illustrations.

  • Médecin, écrivain, spécialiste des séries télévisées, il n'en fallait pas plus pour que Martin Winckler, le romancier de La maladie de Sachs, se penche sur le cas du Dr House qui, à l'étonnement ou l'effarement de téléspectateurs scotchés à leurs petits écrans durant huit saisons, a pratiqué au service (selon le jargon du métier) des " moutons à cinq pattes ", chez les patients au diagnostic difficile. Mal rasé, boîteux, misanthrope, cynique, inspiré et désemparant, ce personnage est livré à l'examen analytique, éthique et spirituel du Dr Winkler qui, tout écrivain qu'il est, envisage et situe son sujet d'étude dans la lignée des héros (un Sherlock Holmes, par exemple) que la fiction offre à nos passions de lecteurs.

    Un essai qui se lit comme un roman.

  • Français Ici etait radio-canada

    Alain Saulnier

    • Boreal
    • 12 January 2015

    Le 22 février 2012, Alain Saulnier, directeur général de l'information à Radio-Canada, est convoqué au bureau du vice-président Louis Lalande qui lui apprend qu'on met fin à son emploi. Comme journaliste et dans divers postes de responsabilité, Alain Saulnier était dans la maison depuis vingt-cinq ans. Pourquoi la direction a-t-elle décidé, après plusieurs autres mises à pied de cadres, de le remercier à son tour ce jour-là ? Le président Hubert T. Lacroix avait-il des comptes à régler ? Était-ce une décision politique voulue par le gouvernement conservateur ?

    Le Canada, pays qui a plus de géographie que d'histoire, s'est construit grâce aux communications, ferroviaires au XIXe siècle, audiovisuelles depuis. Que serait devenu le Québec sans la création, en 1936, de Radio-Canada ? On sait l'importance des séries dramatiques, de la chanson, des émissions musicales ou de variétés dans la culture québécoise. On connaît aussi l'apport essentiel des émissions d'affaires publiques et d'information dans notre connaissance du monde. Pourquoi, depuis la Révolution tranquille, le gouvernement du Canada voit-il les activités de Radio-Canada comme celles d'un serpent en son sein ?

    Quand, l'un après l'autre, d'année en année, les gouvernements canadiens ont amenuisé l'allocation parlementaire de l'entreprise publique, poussant Radio-Canada à commercialiser son antenne pour survivre, les politiques ont en fait choisi d'étouffer à petit feu la liberté de création des artistes et celle des journalistes d'informer adéquatement le public.

    Alain Saulnier raconte, dans « Ici était Radio-Canada », l'histoire de la construction et de la déconstruction de notre radiotélévision publique. Est-il trop tard pour sauver cette institution essentielle à notre démocratie ?

  • Qui était Claude Jutra, cette figure mythique, emblématique, du cinéma québécois ? Un poète, un rêveur un peu fou, un électron libre, diront ceux qui l'ont connu, une boule d'énergie sous pression, un touche-à-tout génial, un être excessif en tout. On se souvient de sa timidité vaincue par la volonté de plaire, de son charme qui lui faisait obtenir tout ce qu'il voulait, de son esprit toujours en train de mijoter des projets. On se souvient surtout de sa passion éperdue pour le septième art.

    Yves Lever s'efforce avant tout de découvrir l'homme derrière l'oeuvre, le petit garçon qui raconte film après film ce qu'il a vécu dans son enfance, l'adulte avec ses joies et ses tourments. Durant ses vingt dernières années, Jutra lui-même invitait les gens à adopter ce paradigme, répétant d'une entrevue à l'autre que tout ce qu'il avait créé puisait dans son enfance, une enfance merveilleuse, insistait-il, mais remplie de zones sombres.

    Cette biographie est le récit de la vie d'un homme complexe. C'est aussi une réévaluation critique de l'oeuvre du cinéaste et un fascinant portrait de la venue au monde du cinéma québécois.

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