Camion Blanc

  • Enrique Seknadje, auteur au Camion Blanc d'un portrait de David Bowie en Ziggy Stardust, aborde ici l'oeuvre de David Lynch de façon «lynchienne» : le réalisateur est mis en scène dans ses propres territoires hallucinés, et l'auteur joue de la fameuse boîte bleu (Mulholland Drive) et de sa clé, enfin réunies dans les mains d'une seule et même personne. Enrique Seknadje devient le Bob de Lynch, cette personnification du maléfique et de la manipulation, pour visiter l'oeuvre du réalisateur en nous dévoilant tous les compartiments secrets de la psyché lumineuse, tourmentée et chaotique de leur créateur. Car les films de Lynch tendent un miroir au cerveau humain : non-linéaires, dotés de différents niveaux de mémoire, faits de phases narratives entremêlées, isolément logiques et globalement cinglées, mais constituant essentiellement le reflet authentique d'une vie contemporaine de moins en moins compréhensible. Et si le personnage principal des films de Lynch n'était autre que le concept d'inquiétante étrangeté de Freud ? Welcome to the atrocity exhibition ! » Sébastien Raizer, Camion Noir

  • Sans J.X. Williams, le visage du cinéma contemporain aurait été différent. Quentin Tarantino, Scorcese, Kenneth Anger et même Godard lui doivent beaucoup. Pendant des décennies, l'oeuvre du sulfureux J.X. Williams a été occultée. F.B.I, C.I.A, mafia, loges occultes et gros poissons d'Hollywood ne souhaitaient pas que J.X. Williams remonte à la surface. Trop tard, Noel Lawrence, Jean-Emmanuel Deluxe assistés d'auteurs talentueux (Jean-Pierre Dionnet, Elisabeth Barillé, Jean Mareska, Richard Gaitet, Pierre Mikaïloff, Jean-Yves Guilleux, Bernard Bacos , Saladin Sane, Alain Thierry et Xavier Sanjuan) lèvent enfin un coin du voile. Un ouvrage fascinant pour comprendre la face cachée de l'industrie du divertissement. Le vrai visage de l'american dream enfin révélé !

  • Le moteur pétaradant déchirait la nuit dans un magma de cliquetis dissonants. Ils roulèrent à fond la caisse sur une route désaffectée caressant l'espoir de percuter de plein fouet un semi-remorque qui aurait eu la miraculeuse idée de leur griller la priorité. Les Schrader, bien décidés à en finir avec leurs névroses, venaient de commencer une séance de roulette russe à bord de leur bagnole. Ils étaient déterminés à rejoindre un monde qualifié de meilleur, l'historique mortifère de la famille ayant déjà fait ses preuves sur le plan statistique. La scène ressemble à s'y méprendre au final du Thelma et Louise de Ridley Scott. Paradoxalement, Leo semblait avoir la tête ailleurs, comme perdu dans des pensées hors sujet au vu de l'étrange contexte. La tension était extrême. Le moteur de la Chevrolet faisait un tel baroufle qu'on aurait juré le bruit d'un Spitfire en piqué dans la nuit du blitz anglais. Paul regardait droit devant lui et marmonnait des banalités, du genre tirades existentielles quand on n'a plus grand-chose à dire et très peu de temps à vivre. Subitement, Leo se mit à gueuler, tentant de couvrir de sa voix les décibels de la mécanique en surrégime. L'intervention inopinée de Leo gâcha les précieuses secondes que savourait Paul, celles, si délicieuses, qui précèdent le grand saut vers l'inconnu.

  • Phénomène du rock sur 33 tours, Elvis Presley exécuta aussi parfois de façon magistrale 33. tours de piste sur pellicule en technicolor ! - excepté pour son 1er film, Love Me Tender (Le Cavalier du crépuscule), car tourné en noir et blanc. « Gras, mou, fade, inexpressif » (sic), l'acteur Elvis ne cessa de subir les assauts de la critique qui ne le ménagea guère tandis que ses millions de fans firent un triomphe à la plupart de ses films, lesquels, soit dit en passant, rapportèrent souvent de quoi largement renflouer les caisses des grandes majors compagnies d'Hollywood (Metro Goldwin Mayer, 20th Century Fox ou Paramount) qui se disputèrent l'exclusivité de ses contrats à coup de millions car il en faisait rentrer cent fois davantage, bien plus d'ailleurs que ses concurrents acteurs chanteurs, de Frank Sinatra à Dean Martin. Du film King Créole au documentaire Elvis on tour son dernier opus cinématographique, en passant par Viva Las Vegas, ce livre unique suit pas à pas le prolongement sur grand écran de son extraordinaire légende discographique. Car, quoi qu'en disent ses détracteurs, le King mérita largement sa couronne, autant face aux caméras que devant un micro !

  • Qui n'a pas en tête des images du trio Hopper-Fonda-Nicholson dans Easy Rider, sur fond de riffs signés Steppenwolf ? Des images d'hélicoptères et de napalm magnifiées par (et magnifiant) le « The End » des Doors ? Il suffit de voir une seule fois Martin Sheen danser dans sa chambre d'hôtel au début d'Apocalypse Now ou Marlon Brando, en colonel Kurtz ivre de folie mystique, à la fin du même film, pour s'en souvenir indéfectiblement. Pourquoi Sorcese a filmé les Stones ? Et comment ces images et ces musiques se développent et se transmettent de façon virale dans l'imaginaire du panthéon contre-culturel ? Eh bien, c'est ce que Franck Buioni détaille avec passion, brio et force anecdotes dans cet ouvrage magistral. « I love the smell of napalm in the morning ! » Ça tombe bien, ce livre dédié aux « réalisateurs de l'extrême » est écrit au palmitate de sodium. Sébastien Raizer, Camion Noir.

  • Depuis Scaramanga, le « méchant » du James Bond L'Homme au pistolet d'or jusqu'au comte Dracula, en passant par le magicien Saroumane du Seigneur des Anneaux, la remarquable carrière de Christopher Lee, qui couvre soixante-six années, a ravi et terrifié tous les publics. Mais sa vie se révèle être aussi étrange que ses films. La famille maternelle de Lee descend de la noblesse italienne ; le fait d'avoir grandi au sein d'un foyer atypique fut contrebalancé par une éducation anglaise classique, et ayant achevé ses études dans des établissements prestigieux, Christopher Lee s'engage dans la Desert Air Force, puis dans les Special Forces, et connaît les dramatiques expériences de la guerre. Après la deuxième guerre mondiale, il entre dans le monde bizarre du cinéma britannique. Le vif succès qu'il rencontre en interprétant le rôle-titre dans Frankenstein marque le début de plusieurs décennies de triomphes cinématographiques, parmi lesquels La Vie privée de Sherlock Holmes, The wicker Man, Sleepy Hollow et Star wars. Écrite avec un style inimitable et un esprit distancié, cette autobiographie dévoile les étonnantes expériences de l'homme que le Guardian a appelé « l'acteur le plus cool de la planète ».

  • Critique rock et auteur de nouvelles noires, Jean-Luc Manet fut notamment pendant six ans, pour le mensuel Best, le chroniqueur impénitent d'une France underground qui défricha de nouvelles voies soniques, en toute indépendance et hors des sentiers battus. Thugs, Sheriff, Real Cool Killers, Mano Negra, Burning Heads, Straw Dogs et des centaines d'autres groupes, activistes, fanzines, labels, trouvèrent grâce à lui une tribune privilégiée, pour relayer et appuyer leurs aventures épiques et énergisantes. Tel un carnet de route, voire un guide touristique de l'agitation binaire, ce livre regroupe l'intégralité des articles de Jean-Luc Manet consacrés de 1988 à 1993 aux maquis rock'n'roll et réseaux turbulents d'ici.

  • C'est Hitchcock lui-même qui affirmait que Plus le Méchant est intéressant, meilleure sera l'histoire d'un film. Un axiome respecté à la lettre par le créateur de James Bond, Ian Lancaster Fleming, disparu il y a bientôt cinquante ans, alors que se poursuivait le tournage de Goldfinger, le troisième film consacré aux aventures de son héros, l'increvable agent 007. Et une recette ensuite appliquée verbatim dans les films qui ont parsemé un demi-siècle d'histoire du Cinéma. Même si vous n'avez jamais vu un James Bond de toute votre vie (ce qui laisserait supposer que vous habitez au fin fond de la Mongolie extérieure - et encore), les images véhiculées par ces formidables super-Méchants sont aujourd'hui passées dans l'inconscient collectif. Un chat persan blanc évoque immanquablement l'animal de compagnie du fourbe Enst Stravro Blofeld, tandis qu'un volcan abandonné fait surgir l'image d'une base secrète high-tech. Un aquarium peuplé de poissons exotiques ramènera au vil Stromberg de L'Espion qui M'Aimait et le moindre bug informatique de votre PC vous fera croire à une intervention maléfique de Raoul Silva. Ce modeste ouvrage répertorie donc les plus grands adversaires de James Bond, s'amuse à classer leur folie destructrice, détaille par le menu leurs modus operandi, et les erreurs à ne surtout pas commettre quand on se frotte à l'agent 007. Bref un petit guide non exhaustif pour devenir le parfait futur Maître du Bond.

  • Qu'est-ce qui réunit des films aussi éloignés dans le temps qu'Edward aux mains d'argent de Tim Burton, Metropolis de Fritz Lang, Dracula de Tod Browing ou Alien, le huitième passager de Ridley Scott ? "Le Cinéma gothique, un genre mutant" propose de tirer un trait d'union entre ces films au demeurant si différents à travers l'étude de sept thèmes : les vampires, le Diable, les monstres, le fétichisme, les fantômes, le mysticisme et les loups-garous. Sans élitisme ni clientélisme, ce livre traite aussi bien de la période expressionniste allemande que de la nunsploitation, des films de la Hammer ou de films plus mainstream. Il s'adresse autant aux fans de cinéma qui souhaitent redécouvrir des films sous un autre angle qu'aux aficionados de la contre-culture goth qui souhaitent être éclairés dans leurs choix de films.

  • Nous savons déjà que les comédies sont conçues pour faire rire, que l'action se doit de divertir, que l'horreur procure frissons et angoisses, que le porno excite, que le drame provoque des larmes. Mais que sait-on d'oeuvres comme Subconcious Cruelty, Begotten ou Melancholie der Engel ? Absolument rien. C'est l'étrangeté totale, l'expérience de l'inconnu. C'est cette ascension vers un ailleurs mental qui rompt avec toutes les conventions cinématographiques et artistiques, en les transgressant. Plusieurs questions s'imposent : qu'est-ce qui a pu contribuer à la création et à l'évolution d'un tel cinéma ? Et pourquoi aimons-nous cet art si singulier, sensé nous inspirer de la répulsion ? Pourquoi exerce-t-il chez nous une telle attraction ? Les réponses se trouvent dans ce livre. Rétrospectives et dissections sont les méthodes appliquées pour explorer tous les horizons possibles et imaginables d'un certain cinéma extrême, allant du gore allemand aux films undergrounds new-yorkais des années 80, au Bis d'exploitation crasseux et immoral, aux OFNI expérimentaux les plus déments, jusqu'à l'intégration de la pornographie dans le cinéma déviant. Nous analyserons les éléments majeurs de cet art si fascinant, les cinéastes bafoués, censurés, relégués dans leur microcosme, ceux qui ont osé. Nous aborderons le mythe du snuff movie, explorerons les oeuvres trop ambigües pour être évoquées ailleurs, les inabordables, les inaccessibles, celles dont personne ne veut parler et qui, à ce jour, demeurent encore inconnues pour d'obscures raisons.

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