Cassis Belli

  • Le photographe Fernando Ferreira a deux passions : la montagne et la littérature. Il prend pour sujet deux corporations que tout oppose a priori : les grimpeurs et les écrivains. Mais il les représente avec le même talent et les mêmes moyens. Ainsi se manifeste une parenté inattendue entre les deux. Il y a d'abord, on le verra dans ces portraits, le sens du mouvement. Ses modèles bougent et Fernando Ferreira sait capter leurs déplacements. Ils sont parfois amples, parfois presque imperceptibles. L'art du photographe est de les donner à voir. Sur le fond somptueux des Calanques, dompté par le noir et blanc, le photographe nous montre des écrivains en action, jamais figés, jamais posés. Les auteurs que l'on verra ici sont parfois dissimulés par leurs mains, cambrés, tordus, et leur visage est toujours mu par des forces intérieures qui produisent le mouvement, l'expression. On a le sentiment de découvrir en eux une vérité intérieure qui se reflète dans leurs livres.

  • Cela commença un soir de février, après le travail, sur le port. Je croisais Jean-Louis Mausset et m'enquérais de ses prochains thèmes photographiques. De notre discussion naquit l'idée de faire une série de portraits de Cassidens, avec comme fil rouge le livre, et comme décor, la librairie. L'espace de cinq mois, un coin de la librairie se transforma en studio photo improvisé avec, en toile de fond, une étagère remplie de poches, une petite échelle basique, une table et une chaise de jardin. Au lieu d'une vingtaine de portraits, comme il était prévu à l'origine, le "bestiaire" s'est élargi au fil des semaines, jusqu'à recueillir près de 150 spécimens. des lecteurs de tous âges, des livres de tous genres, pour tous les goûts. Un instant T de la librairie, et finalement le reflet assez réaliste de la petite vie qui bruisse ici. Celle d'une librairie de proximité, presque familiale, indépendante.

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