Confluences

  • Près d'un siècle a passé depuis les dernières photographies prises par félix arnaudin dans cette grande lande dont il fut à la fois l'observateur ô combien attentif, l'archéologue, l'ethnologue, le folkloriste, l'" inventeur " et le poète, à l'intérieur d'un vaste cercle ayant pour centre le village de labouheyre.
    C'est la magnifique idée du photographe jean-joël le fur d'être parti à la recherche des lieux et des sites imagés, de la gare de labouheyre à la chapelle de sore, des quartiers de liposthey à la fontaine sainte-quitterie de commensacq ou de l'église de sabres à l'école de morcenx, à la recherche des témoignages d'un monde en voie de disparition, lagunes de cornalis, moulin de mouliocq, pour refaire, avec une précision absolue et une infinie patience, du même point de vue que celui de félix, les toutes nouvelles images des landes de notre temps.
    L'espace s'est refermé, la forêt a coupé l'horizon, les champs de maïs ont remplacé les étendues de landes désertes, les parcs sont devenus des maisons secondaires, les airiaux des villages, et l'exode rural et le tourisme ont transformé le pays. pourtant, les images de le fur gardent l'écho du passé, là une église, ailleurs une charpente, une vieil arbre, juste un monticule. quelque chose y survit encore du monde ancien d'arnaudin.
    Il y a là quelque chose d'infiniment troublant, de profondément émouvant et d'étonnement instructif sur le devenir des pays et des hommes. en cent ans, en cent cinquante ans, le plus grand massif forestier d'europe a été l'objet de métamorphoses successives. pour raconter cette histoire et nous guider dans cette rencontre photographique entre deux mondes, le géographe charles daney nous invite à une promenade attentive à travers les principaux thèmes du patrimoine landais : la lande déserte, les traditions locales, la loi de 1857 sur la plantation des pins, les pasteurs et les gemmeurs, les grands incendies, l'arrivée des nouveaux exploitants.
    Un hommage à l'oeuvre photographique de félix arnaudin, un regard nouveau sur les landes de gascogne et un singulier livre d'art.

  • Ce livre/DVD s'est composé au fur et à mesure des entretiens filmés que Gilbert et Nicole Balavoine ont eu avec Jean Lacouture, à Paris ou à Roussillon dans le Lubéron, à l'occasion de nombreuses rencontres et notamment d'un film réalisé sur le biographe dans la collection Empreintes de France 5. C'est tout son parcours journalistique que Jean Lacouture évoque là, à travers ses rencontres avec les principaux acteurs de la décolonisation : Ho Chi Minh, Giap, Nasser, Bourguiba, Mohamed V, Ben Bella, Ben Barka, etc. Il aborde aussi son oeuvre de biographe dont la galerie de portraits doit comporter plus d'une soixantaine de personnages : Montaigne, Montesquieu, Molière, mais aussi ceux qui ont fait l'histoire du XXe siècle : Malraux, Mauriac, Blum, Mendès France, Mitterrand, De Gaulle... Enfin, il se penche sur ses origines bordelaise et ses passions : l'opéra, le rugby ou la corrida. Le DVD qui accompagne le livre comporte le documentaire de Gilbert Balavoine, L'engagement d'un journaliste.


  • hemingway à chantaco, les fitzgerald s'ennuyant à salies-de-béarn, jean cocteau rêvant de vie sauvage au piquey sur le bassin d'arcachon, ou catherine deneuve et françoise dorléac enchantant les rues de rochefort, mais pourquoi pas aussi andré téchiné tournant hôtel des amériques à biarritz, kessel entiché du béarn, les amours de saint-exupéry et de louise de vilmorin à l'hôtel maïtagarria de saint-jean-de-luz et irène nemirovsky à hendaye, dans la villa ene etxea, et tant d'autres encore, les fantômes du splendid hôtel à bordeaux, jeanne moreau dans la citadelle de blaye.
    un dimanche avec garbo fait ainsi renaître toutes ces figures magnifiques de passage pour un temps dans le sud-ouest, de lieux de tournage en palaces, d'arènes de toron en plages de sable blond. grands hommes et étranges voyageurs, visiteurs furtifs, voix éteintes au fond de la mémoire. on ressent, à la lecture de ce livre, quelque chose de la douceur de la lumière du sud-ouest, des airs de vacances, mais aussi la prémonition de catastrophes à venir et le sentiment doux et amer d'une fin d'un monde programmée.
    olivier mony réveille ainsi les chers fantômes de ceux qui nous ont fait rêver.

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