Deuxieme Epoque

  • Le présent ouvrage a pour ambition de montrer en quoi consistait véritablement le métier d'affichiste de cinéma avant que n'intervienne la double révolution des années quatre-vingt qui, par l'utilisation massive de la photographie, mit pratiquement fin à la grande lignée des peintres illustrateurs. Yves os, qui fut au cours des décennies soixante et soixante-dix l'un des principaux représentants de la profession, reste aujourd'hui l'un de ses tout derniers survivants.
    Le livre prend la forme d'une conversation entre l'artiste et les auteurs visant à retracer l'histoire d'une vocation et l'itinéraire d'une carrière qui se prolongea sur près de trente-cinq années, de 1949 à 1984.
    Parallèlement, une approche iconographique, constituée de cinquante-six affiches signées Yves os, rapidement décrites et analysées, permettra de mieux mettre en évidence les grandes thématiques des films dont on lui confiait l'illustration, les choix esthétiques dominants qui étaient les siens, ainsi que les « trucs » de métier d'un créateur que les commanditaires obligeaient à travailler presque toujours dans l'urgence.

  • Elizabeth Taylor occupe une place à part dans le panthéon hollywoodien, dont elle fut incontestablement l'une des dernières légendes - sinon LA dernière, en raison de l'éclosion de son talent précoce, d'une vie tapageuse, voire scandaleuse pour l'époque, contribuant à forger son image contrastée, à la fois angélique et sulfureuse. Une personnalité ambivalente conjuguant magnétisme et superficialité, naturel et sophistication. Elle disait elle-même avec humour : « Dans la vie, il n'y a pas que l'argent... il y a aussi les fourrures et les bijoux ! » Amie fidèle, comédienne multiforme, femme fatale et femme d'affaires avisée, elle s'est également distinguée par de puissants engagements en faveur de causes humanitaires, notamment la lutte contre le Sida dès la découverte de la maladie. Sa détermination et son opiniâtreté furent à l'origine d'une mobilisation salutaire contre ce fléau. Au lieu de plonger sans réserve dans les clichés de « croqueuse d'hommes », de « star hollywoodienne » et de « femme aux diamants », ce livre permet une approche à la fois thématique, biographique et filmographique de la vie d'Elizabeth Taylor.
    Nombreux sont les liens avec des revues populaires, les références aux allures glamour de l'actrice ou encore les citations de ses tweets : une dimension qui, loin d'être anecdotique, a servi les grandes causes qu'elle a défendues. Ce sont les multiples facettes de la personnalité d'une des actrices les plus éminentes du XX e siècle qui sont ici révélées.

  • Il y a un avant et un après Welles, tant l'auteur de Citizen Kane, prolifique inventeur de formes et incarnation de l'artiste cinéaste, a laissé sa marque dans l'histoire du cinéma et inspiré des vocations. Ce livre questionne son héritage : comment son cinéma se prolonge dans d'autres oeuvres ? Qu'est-ce qui de Welles passe chez d'autres cinéastes ?
    Les auteurs montrent d'abord comment des techniques ou même des séquences de ses films ont été imitées, dans les productions B hollywoodiennes des années cinquante jusqu'à des oeuvres contemporaines qui en font ressurgir les formes narratives (La Môme, Klimt) ou renouent avec leur puissance critique (S.O.B., The Player).
    L'influence du projet artistique de Welles est ensuite mise en évidence sur plusieurs générations de cinéastes : Peter Bogdanovich, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese en héritent manifestement, mais Gus Van Sant se l'approprie aussi de manière plus secrète, et les textes ou les films d'un F.J. Ossang disent encore l'ébranlement produit par son cinéma. L'ombre portée de Welles apparaît également dans les oeuvres qui ont marché sur les traces de Don Quichotte (de Jess Franco, Terry Gilliam ou Albert Serra), dans les films-essais contemporains qui, suivant le geste fondateur de Vérités et Mensonges, font exploser les cadres du documentaire et de la fiction, et surtout dans le pastiche malicieux qu'André S. Labarthe consacre à la légende du cinéaste juste après sa mort, L'Homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours.
    La conclusion de l'ouvrage revient à Labarthe, dans un entretien sur la réalisation de ce film, ainsi qu'au spécialiste de la fabrique wellesienne, François Thomas, qui analyse comment l'apparition d'un Orson Welles de fiction dans Ed Wood de Tim Burton constitue le plus bel hommage qu'on puisse lui faire.

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