Diaphane

  • Après la crise constitue une plate-forme internationale de discussion entre artistes, écrivains, théoriciens, curateurs et historiens questionnant le statut même de la photographie aujourd'hui, notre relation à l'image, ainsi que les dimensions politiques et culturelles de celle-ci, à partir d'une mise en perspective de l'image photographique contemporaine à l'ère numérique avec la crise de la représentation à l'époque de la naissance de la photographie.
    Les contributeurs viennent aussi bien de la théorie critique, du roman, de la performance, de la photographie de mode, des musées, du film et du design, mais ils abordent chacun la question du support photographique. Dans leurs conversations, l'histoire de la photographie et sa pratique contemporaine ne sont jamais séparées : la photographie est conçue en dehors du cadre limité de notre obsession du numérique. En comparant la situation actuelle des images photographiques avec la crise vécue par la représentation à l'époque de la naissance de la photographie dans les années 1820 et 1830, nous comprenons qu'il faut mettre en perspective la radicalité de notre relation à l'image photographique. Nous pouvons ressentir le fardeau existentiel d'être entouré d'images, tout en essayant de mieux comprendre la profondeur historique d'un questionnement qui a commencé bien avant la génération actuelle qui se livre à des interrogations cruciales de notre époque en termes de politique, de culture et de créativité. Cette crise de la représentation est peut-être arrivée à sa fin et a été remplacée par un nouvel état du monde dans lequel la concurrence entre peinture et photographie n'est plus le seul et unique problème.

  • Lorient-Keroman, 2016.

    Je marche sous la pluie. Une odeur de poissons envahit mes narines.
    Des docks, des entrepôts, des marins, des navires.
    La pluie souvent fouette le bassin, le Slipway où l'on répare et repeint les bateaux. Dans les Dom-bunkers, immenses cathédrales allemandes de la Seconde Guerre mondiale, les soudeurs travaillent le métal.
    Au fil de deux années, je vais réaliser un travail lent, réfléchi qui mêle portraits et lieux, objets et paysages. Je cherche à capter la poésie qui se dégage de ce vaste théâtre industriel, dans lequel l'homme se mesure à l'océan. J'utilise une chambre photographique, qui fonctionne avec des plan-films de 4x5 inch, pour suspendre le temps, pour conserver la mémoire du quartier de Keroman. Je compose chaque image sur mon dépoli, m'abritant sous mon voile noir, positionnant mon appareil lourd, monté sur pied, enregistrant le monde dans son épaisseur.

  • Français En Somme

    Alexa Brunet

    Pendant un an à intervalles réguliers, Alexa Brunet s'est attachée à observer la jeunesse dans ses activités autour d'Albert dans la Somme. Tissant un réseau de connaissances elle s'est fait accepter et a su orchestrer la banalité des situations quotidiennes : la baignade dans le canal, le pique-nique dominical, le match de foot des grognasses, la soirée télé, les ball-traps, les commémorations des Première et Deuxième Guerres mondiales...
    Ses images nous interrogent sur la vie qui s'offre aux jeunes en milieu rural.

  • Eisenstein s adaptation of Karl Marx s Capital (1927 1928) is a phantom in a double sense: although never realized, it has nonetheless haunted the imagination of many filmmakers, historians, and writers to the present day, most recently with Alexander Kluge s News from Ideological Antiquity: Marx Eisenstein Capital. Furthermore, its first public materialization a ten-page fragment of the director s work diaries was marked by what remained absent: Eisenstein s images and working materials.
    Dance of Values aims to conjure the phantom of Capital once again only this time on the basis of the full scope of Capital s archival body. This visual instruction in the dialectical method, as Eisenstein himself called it, comprises over 500 pages of notes, drawings, press clippings, expression diagrams, plans for articles, negatives from October, theoretical reflections and extensive quotations. Dance of Values explores the internal formal necessity underlying Eisenstein s choices in Capital, arguing that its visual complexity as well as its epistemic efficacy reside precisely within thestate of its material: the dance of heterogeneous themes and disparate fragments, a non-linear, provisory, and non-articulated flow.
    Sequences from archival materials, published here for the first time, are constructed not as mere illustrations, but as visual arguments of their own leading to a more concrete understanding of Eisenstein s stake in Capital: a visual theorization of value. A close reading of Eisenstein s archive in its formal necessity allows not only for the reconstruction of morphological elements present in Marx s theory of value but also for the theorization of a more fundamental crisis of the political-medial representation, a present that extends from its contemporary context to today. Employing an unambiguously morphological procedure, Eisenstein s montage sequences produce a kind of surplus value entirely their own: a semiotic excess, which stirs the materials and represented bodies into a dance analogous to Marx s dance of petrified conditions. It is in this polymorphic and diffuse language associated with the stream of consciousness of Joyce's Ulysses that Eisenstein saw the strongest critical and affective potential for the future cinema.

  • Français Territoires d'expériences

    Collectif

    • Diaphane
    • 15 October 2013

    Territoires d'expériences est un projet artistique et culturel mené, à l'échelle du département d'Ile-et-Vilaine, à l'initiative de L'aparté, lieu d'art contemporain du pays de Montfort (communauté de communes situées à l'ouest du département) et du Carré d'Art, galerie de photographie du Centre Culturel Pôle Sud de Chartres de Bretagne (commune de Rennes Métropole).
    C'est une expérience exceptionnelle qui a permis de favoriser la rencontre entre des artistes pratiquant la photographie et un territoire. Il en ressort des représentations qui tiennent à la fois de la réalité des espaces explorés que de l'univers esthétique propre à chaque artiste.
    Le parti pris artistique a été de retenir une technique ancienne datant du XlXe siècle, le collodion humide et la prise de vue à l'aide d'une chambre photographique, l'intention étant de faire émerger des représentations à la fois documentaires et artistiques.
    L'originalité du projet s'appuie sur la volonté de favoriser la création dans le département par l'échange durant une année entre les photographes invités. Elle repose également sur dans la dimension internationale de l'évènement par l'invitation faite à un artiste catalan.

  • Français Plein air

    ,

    À l'occasion de la cinquième édition des Photaumnales, Aurore Valade a été invitée à Beauvais dans le cadre d'une résidence artistique à travailler sur le thème " Ville habitée, portraits urbains ".
    Pendant plusieurs mois, elle a passé des annonces dans la presse locale, rencontré les habitants, en quête de modèles prêts à rejouer une scène de leur vie quotidienne et intime dans un espace public, ou ouvert sur l'extérieur.
    Les lieux et les sujets sont laissés la plupart du temps au choix des modèles qui y représentent des scènes vécues ou fictionnelles.
    L'intimité s'extériorise par un jeu théâtral présenté comme un spectacle peuplé de personnages issus de la vie ordinaire.

    Plein air propose une étrange permutation entre intérieur et extérieur où ce qui devrait être joué dedans est joué dehors.

  • Français Compiègne

    Jean-Pierre Gilson

    • Diaphane
    • 1 November 2011

    À travers ce livre, Jean-Pierre Gilson livre sa vision poÉtique d'une cité dont le puissant passé historique est présent dans chaque pierre.
    Avec une intuition très personnelle de la lumière, il brosse un portrait sensible du Compiégnois.
    Ces photographies d'un inconditionnel de l'aube révèlent une troublante atmosphère : feuillages figés dans le givre matinal, premiers éclats du soleil dans la futaie, paysages déserts dans la brume d'où l'on ne serait pas surpris de voir s'échapper quelque créature surnaturelle.

  • À Beauvais, ce lieu de détention a cessé de fonctionner en décembre 2015.
    Avec sa fermeture, allaient disparaître de petites histoires, banales, mineures, qui témoignent de la condition carcérale et différentes manières de la vivre.
    Andréa Eichenberger et Isabelle Marseille ont réuni photographies et paroles pour en donner une image et raconter comment les détenus et personnel de la prison affrontaient ce lieu, s'y inventaient et tentaient de créer des mécanismes pour qu'il devienne supportable. Denis Dormoy a travaillé à la mise en forme du recueil des paroles.
    « Les mille briques » constitue un dernier témoignage de cet enfermement au coeur de la ville.

  • Soixante-dix ans après les événements, ce travail photographique documentaire se penche sur les traces de la bataille de Normandie, à travers la voie symbolique, à vocation commémorative, qui retrace l'avancée des troupes de la 3e armée américaine, commandée par le général Patton.
    Inaugurée en 1947, sous l'impulsion du commandant Guy de la Vasselais, ce monument à l'échelle du territoire, court entre Sainte-MèreÉglise (Manche) et Bastogne (Belgique). Cet ouvrage trouve donc son origine dans l'idée paradoxale de s'appliquer à saisir un objet difficilement représentable photographiquement, du fait de son étalement géographique. Le parcours de la Voie structure ainsi le cheminement de cet ouvrage, depuis la plage d'Utah jusqu'à Rennes. Le long de quelques routes Normandes et Bretonnes, certaines traces et divers signes nous amènent, encore aujourd'hui, à entrevoir les préparatifs du débarquement et la libération, en passant par les bombardements, les combats, la vie quotidienne des soldats et des civils.
    Ces photographies, nourries par les souvenirs de témoins, par les manifestations de la mémoire et les travaux historiques, proposent un regard contemporain sur une région où les paysages durement affectés par l'histoire sont maintenant apaisés.

  • Le paysage architectural d'après-guerre en Picardie est remarquable et incontournable. La région ayant été dévastée par les Première et Deuxième Guerres mondiales, la tâche démesurée de reconstruction a touché toutes les formes de structure bâtie : agricole, civique, domestique et religieuse. Des villes et illages entiers furent reconstruits, créant un environnement architectural exceptionnel pour le XXe siècle.

  • " L'oeil d'Alphonse Guillot traverse la première moitié du XXe siècle.
    Adepte du Vérascope Richard, un appareil photographique stéréoscopique de petit format, Guillot mèle dans son album photographique des témoignages relatant sa vie privée et des moments clefs de l'Histoire. Tour à tour portraitiste dans son milieu familial, ethnographe, reporter adepte de l'instantané, le photographe rend compte des métamorphoses et des drames de son époque.
    Il fixe la naissance du voyage automobile et du tourisme de masse, la transformation du paysage urbain et des campagnes auxquelles la route donne accès, les délices du balnéaire ; il décrit par bribes des épisodes de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.
    Au fil de ses images, il enregistre la vie de sa famille, rythmée par les amours, les naissances, les décés. Cet amateur de théâtre trouve aussi, dans la magie du relief stéréoscopique, le moyen de poursuivre sa passion au travers de nombreuses mises en scène burlesques.
    La figure singulière d'Alphonse Guillot retrace, de manière plus universelle, les recherches de milliers d'opérateurs anonymes qui ont, avec la photographie d'amateur, écrit le roman visuel du XXe siècle. "

  • Français Le collège

    Florian Van Roekel

    • Diaphane
    • 22 October 2015

    Ce travail du photographe Florian van Roekel est issu d'une résidence mise en place par Diaphane au collège Jean Fernel à Clermont-de-l'Oise. Présent régulièrement pendant une année scolaire au sein de cet établissement, le photographe porte un regard fragmenté sur ces moments suspendus de l'adolescence. Fidèle à son attention pour la couleur, Florian van Roekel nous surprend dans cette quête attentive de ces instants de jeunesse.

  • Cette publication explore le rôle pionnier du photographe Eadweard Muybridge dans le développement de la projection d'images en mouvement à la fin du XIXe siècle et rend compte de son exceptionnelle influence sur la création visuelle contemporaine.

  • Le sable est un matériau granulaire constitué de centaines de minéraux différents. Il est, le plus souvent, produit par la décomposition du granit et très prisé dans le secteur de la construction. Il est surtout en voie de disparition, ou plutôt victime d'une gigantesque migration due à la folie des hommes et aux impératifs économiques du commerce du béton. Tout le monde s'en fout. Les grains de ce sable sont assez légers pour être transportés par le vent et l'eau. Ils s'accumulent alors pour former des plages, des dunes... Ce sont ces grains de sable que j'ai photographié.

  • Français Associations

    Cédric Martigny

    • Diaphane
    • 17 September 2011

    Quel type de sociabilité les associations inventent-elles ? Quelles actions bien spécifiques pourraient définir la "participation" ?
    Cédric Martigny choisit de répondre photographiquement à ces questions en plaçant la parole et l'échange au coeur de ces mises en scène.
    Les personnes sont représentées au sein de chaque groupe en interactions, reliées les unes aux autres par des enchaînements de gestes coordonnants (regards, poses...).
    Chaque association est ainsi définie individuellement par un ensemble d'interrelations où chaque individu agit également librement, dans une gestuelle et une activité originale. Ces portraits de groupes peuvent donc être vus comme des scènes de genre qui placent le quotidien et les relations d'échange au centre de la représentation.

  • Français Portrait anyway

    Serge Bismuth

    • Diaphane
    • 1 December 2012

    Ce sont toujours des pensées contradictoires que recouvre l'idée de portrait, quelle que soit - anyway - la manière de la décliner, si tant est qu'elle ne vient jamais à l'esprit de quiconque sans faire peu ou prou écho à cette pensée bizarre que Roland Barthes a traduite ainsi dans sa Chambre claire : « Il est mort et il va mourir. » Paradoxale et grammaticalement trouble, cette incroyable conjonction ne précise-t-elle pas l'absurde et impossible durée en laquelle s'installe tout portrait, autant que le motif et le voeu que forment plus ou moins secrètement, sinon tous les portraits, les plus réussis ?
    Ce sont ceux-ci qui devraient être les plus haïssables comme l'observe ici Paul Ardenne.
    Toutefois, hors de cette intolérable idée de portrait réussi, voire de portrait craché, il est tant d'autres occurrences qu'il convient de soutenir encore de la notion de portrait.
    Parmi celles-ci, Peeter Linnap souligna le charme des erreurs parfois flagrantes de quelques-unes, ainsi toujours amusantes mais rarement rédhibitoires par rapport à l'hypothétique idée d'orthoscopie supposée définir les limites au sein desquelles peut être reconnue à l'idée de portrait la valeur d'un genre auquel une tradition artistique a conféré une certaine noblesse.
    Mais il est d'autres façons de chérir certaines formes de portrait qui, celles-là, semblent indiquer tout à la fois les limites de l'idée de mauvais genre et des usages convenables des effigies. Dans cette perspective, Jay Ruby proposa d'interroger la pratique du portrait post-mortem devenue de plus en plus confidentielle et peut-être désormais inavouable.
    C'est aussi vers cette difficile circonscription de la personne - spécialement lorsque passée au crible de ses nouvelles images - que se tourne Margot Burident qui interroge la phénoménologie récente de ses avatars sur des surfaces autrement et plus miroitantes que jamais, faites maintenant de cristaux liquides ou de diodes luminescentes, aujourd'hui à l'enseigne virtuelle de Facebook et consorts.
    C'est une bonne part de ces questions qu'abordent les textes ici rassemblés, comme le firent aussi, à titre d'hypothèse et de quelques autres façons, les oeuvres rappelées dans cet ouvrage.

  • Renouant avec les grandes commandes institutionnelles, Habitat en Région, collectif pour le logement social, opte ici pour une démarche culturelle qui dépasse le choix d'images illustratives et permet d'ancrer dans le temps ce projet documentaire.
    Fidèle à la tradition de la commande photographique, le collectif TempsMachine témoigne dans ce premier volume, des paysages du logement social dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
    Pour le deuxième volume de cette collection, Nolwenn Brod, Philippe Grollier, Yannick Labrousse, Vincent Leroux et Patrice Normand du collectif Temps Machine ont parcouru la Normandie et le Nord-Pas-de-Calais. Ils apportent, chacun à leur manière, une interprétation de la représentation de l'habitat tout en questionnant le document contemporain dans sa valeur contemplative.

  • Français Escape

    Tina Merandon

    Pour la sixième édition des Photaumnales, la photographe Tina Merandon a été invitée à réaliser un travail de création sur la ville de Beauvais autour du thème "Quartiers libres".
    Dans le cadre de cette résidence artistique, elle a collaboré avec de nombreuses associations beauvaisiennes et construit un parcours, nourri de rencontres et d'échanges entre modèles et photographe.
    Les images nées de cette complicité ne révèlent jamais complètement la ville mais esquissent les contours des quartiers et questionnent sur la présence des corps dans l'espace urbain.
    Ces corps, anonymes ou identifiés, amalgamés ou suspendus, ces rencontres improbables ou ces confrontations suggérées témoignent de notre place dans l'espace et aussi de notre difficulté à comprendre les formes, lorsqu'elles s'éloignent du champ des probables.

  • Français Baby box

    Daniel Challe

    "Georges Eastman Kodak commercialise sa première Brownie Camera en 1900. Destinée aux amateurs et aux enfants, elle est une boîte à capturer les rêves. Les Brownies sont aussi ces petits démons, décrits par Robert Louis Stevenson dans son Chapitre sur les rêves qui préfigure les découvertes de Sigmund Freud et de la psychanalyse.
    Dans cet essai, Daniel Challe revisite son journal photographique à partir de cette coïncidence : la découverte de l'Inconscient et l'invention des appareils photographiques d'amateur. Il pose la question d'une possible relecture de l'histoire de la photographie par d'autres chemins que celui du Réalisme, en questionnant la photographie dans sa dimension onirique... à cet endroit où elle conjugue le regard de l'amateur et celui de l'enfant."

  • Le territoire de Salaise sur Sanne est ordonné selon des strates souvent bien délimitées. Sur les seize kilomètres carrés de cette petite commune se juxtaposent de manière saisissante des paysages fort contrastés. Rythmée par les saisons, cette série de photographies de Yann de Fareins est conçue comme une traversée géographique et un état des lieux de cet espace en mutation.
    Partant de la singularité de ces lieux, ces photographies révèlent certains aspects communs de notre mode d'organisation sociale.

  • "Dans un monde où les flux financiers sont de plus en plus virtuels, le papier-monnaie résiste, et reste de la matière, du coton, de l'encre, du travail des hommes. Véronique Ellena observe le rapport des hommes à leur tâche. Elle choisit des gestes qu'elle demande aux ouvriers de "tenir", comme on tient un rôle, comme un danseur tient une position, suspendue, hiératique parfois. Sa photographie explore le rapport du corps à l'outil et à l'espace de travail. Les petites coupures apparaissent comme les oeuvres multiples et uniques d'une industrie d'art qu'on a l'habitude de s'échanger aussi fébrilement qu'indifférents au grain de la feuille, à la finesse de la gravure, à la qualité d'impression."

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