Eclat

  • L'oeuvre cinématographique de Chantal Akerman (1950-2015) couvre presque un demi-siècle, depuis Saute ma ville (1968) jusqu'à No Home movie (2015) où elle se met en scène dans un dialogue d'une extraordinaire émotion avec sa propre mère, survivante d'Auschwitz, et dont elle a pu dire, en forme d'énigme, qu'elle était "le seul sujet de ses films". Cinquante ans d'un parcours paradoxal qui est une perpétuelle interrogation de ce que révèle le cinéma de notre regard sur le monde. L'essai de Corinne Rondeau insiste sur la dimension littéraire du "cinéma Akerman", sur son corps à corps avec la littérature et se veut aussi un hommage à un femme qui s'était livrée à une "guerre aux images avec les images", jusqu'à sa disparition tragique en 2015.

  • Français Le cinéma d'Edward Yang

    Jean-Michel Frodon

    • Eclat
    • 18 November 2010

    Edward Yang, réalisateur taïwanais (1947-2007), est l'une des principales figures du surgissement du cinéma chinois à la fin du 20e siècle. Il est aussi un des deux chefs de file de la " Nouvelle Vague " taïwanaise. Auteur d'oeuvres magnifiques, notamment A Brighter Summer Day il n'aura toutefois connu une large reconnaissance critique et publique en Occident qu'avec ce qui devait être son dernier film, Yiyi (2000, prix de la mise en scène à Cannes).
    Aucun ouvrage de référence n'existe à ce jour sur Edward Yang, ni en français ni en anglais ni en chinois. De nombreux cinéastes et responsables d'institutions cinéphiles sont mobilisés pour qu'Edward Yang bénéficie enfin de la mise à disposition de son oeuvre, et que l'importance de celle-ci soit reconnue comme elle le mérite. C'est dans ce contexte qu'est programmée une intégrale de ses films à la Cinémathèque française, qui ouvrira 8 décembre 2010.
    L'ouvrage comprendra un essai relativement important sur la vie et l'oeuvre d'Edward Yang, d'un texte consacré à chacun de ses films. Il comportera aussi des textes écrits par Edward Yang, et par plusieurs cinéastes qui ont souhaité lui rendre hommage. Il comportera en outre un grand nombre de documents iconographiques (photos de films, photos personnelles et professionnelles d'Edward Yang, reproduction d'archives de travail, mais aussi dessins, E. Yang étant également dessinateur, et très inspiré par certains aspects de l'esthétique manga).

  • Toutes les études rassemblées dans ce volume procèdent d'une hypothèse unique : avant d'être un dispositif technique ou un spectacle, le cinéma est une manière de penser les images. Selon une démarche qui trouve son origine dans la méthode d'analyse développée par Aby Warburg au cours des années 1920, ce recueil montre les échanges et les transferts qui se produisent entre histoire de l'art et cinéma, des recherches d'Etienne-Jules Marey et des films Lumière au cinéma expérimental (Jack Smith, Anthony Mc Call.), de l'art des tapis et des spectacles pyrotechniques à la bande dessinée (Krazy Kat) ou au dessin.
    Les textes de ce recueil ont le plus souvent été publiés auparavant dans les revues Trafic, Les Cahiers du Musée d'art moderne, Les Cahiers de la cinémathèque. D'autres sont le fruit de conférences données au Musée du Louvre. Tous ont été retravaillés pour l'édition de ce livre.

  • "Le mieux que l'on pouvait attendre d'un film sur la vie de Ludwig Wittgenstein était qu'il nous permette de saisir son intensité poétique. L'exceptionnel chef-d'oeuvre de Derek Jarman fait bien plus que cela. De fait, il n'accomplit rien moins que l'impossible ; il montre comment la philosophie peut devenir dramaturgie" écrit Ray Monk, l'un des plus éminents spécialistes de Wittgenstein, dans un article du très sérieux Times Litterary Supplement à la sortie du film de Jarman. Le livre, à son tour, abondamment illustré de photos de Howard Sooley, porte témoignage de ce film inclassable, proposant les
    deux scénarios successifs de Terry Eagleton et de Derek Jarman et un certain nombre de textes complémentaires sur cette rencontre "stellaire" entre le plus grand philosophe du XXe siècle, et le peintre, poète, cinéaste et dramaturge le plus imprévisible de l'avant-garde anglaise.

  • Français Le miroir noir

    Arnaud Maillet

    "Miroir noir! Bel oxymoron". Ainsi débute cette remarquable contribution à l'histoire de la culture visuelle occidentale. Dans cette première étude "panoramique" d'un instrument d'optique largement oublié, Arnaud Maillet
    recadre notre compréhension historique de l'expérience visuelle et les diverses significations possibles du miroir noir en mettant cet objet ambigu en relation avec les notions de transparence, d'opacité et d'imagination. Si ce petit instrument d'optique, longtemps confondu avec d'autres, connut une popularité avérée à la fin du XVIIIe siècle dans l'Europe des amateurs de pittoresque, il fut rejeté au XIXe siècle puis totalement oublié (ou presque)
    de nos jours. Objet scientifique pour les savants, magiques pour les occultistes, cultuel pour certaines civilisations, objets de recherches esthétiques pour les peintres et expérimentales pour les artistes contemporains, ce miroir est également indissociable du désir, de la prothèse, de la mélancolie et de la mort. Il s'agit alors de comprendre que ces divers aspects du miroir noir bien souvent ne s'opposent pas, mais constituent plutôt l'unité homogène,
    cohérente et fondamentale de tout un pan de notre culture s'articulant autour de l'équation clair/obscur. De Claude Lorrain à Christian Boltanski en passant par Alberti, de Piles, Gilpin, Coleridge, Ruskin, Matisse ou Richter, Le Miroir noir nous emmène des origines magiques et occultes du miroir noir jusqu'à ses avatars actuels à travers une série de pratiques picturales et technologiques telles que la photographie, le cinéma et l'art contemporain. Traverser ce miroir sans craindre de s'abîmer dans le côté obscur nous confronte à une évidence: c'est dans l'aveuglement que se constitue le regard. Avec 50 illustrations.

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