Editions Du Patrimoine

  • L'image la plus connue de Victor Hugo est certainement celle du patriarche à la barbe blanche photographié par Félix Nadar, qui a voué un véritable culte à l'écrivain dès les années 1850. Or, dans son atelier sont venues poser toutes les célébrités des lettres, des arts et du monde politique, dont beaucoup ont joué un rôle important dans la vie d'Hugo: éditeurs, journalistes, députés....
    Cet ouvrage illustre un demi-siècle de rencontres autour de Victor Hugo grâce à quelque 200 portraits photographiques et caricatures de Félix Nadar ou de son fils Paul. Il fait ainsi revivre tout un contexte d'échanges entre le grand homme et ses contemporains - échanges amicaux, admiratifs ou au contraire virulents et hostiles, mais jamais indifférents.

  • Le 3 août 1954, Colette disparaissait, en son appartement du Palais-Royal, au coeur de Paris, qu'elle habitait depuis plusieurs décennies. Sidonie-Gabrielle Colette, bourguignonne dans l'âme, était devenue l'incarnation de ce quartier de Paris où sa figure de femme de lettres s'était définitivement construite. C'est là-même que la République lui organisa le rare privilège de « funérailles nationales ».

    Visiteurs et photographes ont défilé dans son antre bourré de livres, de bibelots, de souvenirs, de tissus. Clouée par l'arthrite dans son « lit-radeau » dès la fin des années 1940, Colette observe le jardin, Paris et la vie des autres « de sa fenêtre ». Ce livre permet de redécouvrir à travers elle un Palais-Royal vivant, populaire, plein de gouaille et de surprises nocturnes, tel qu'il était avant de devenir l'écrin superbe et monumental d'aujourd'hui. Autour de Colette, ce sont ses voisins qui revivent : Jean Cocteau, Jean Marais, Emmanuel Berl et Mireille, Christian Bérard, Pierre Lazareff, ou Raymond Olivier, mais aussi de jeunes visiteurs comme Truman Capote, Leslie Caron ou Jean Genet.

  • C'est à Chandigarh, capitale indienne au pied de l'Himalaya, que Le Corbusier mit en oeuvre pour l'unique fois de sa vie ses théories urbaines à l'échelle d'une ville entière. En 1947, lors de la partition de l'Inde et du Pakistan, l'état du Punjab fut divisé : Lahore, son ancienne capitale, étant désormais au Pakistan, Nehru confia trois ans plus tard la construction d'une nouvelle capitale à une équipe dirigée par Le Corbusier.

    En photographiant Chandigarh à partir de 2010, l'intention de Manuel Bougot était de faire un portrait intime de la ville en figeant sur la pellicule exclusivement des intérieurs privés et administratifs. Mais face à l'architecture impressionnante des sites et notamment celle du Capitole Complex, qui regroupe la Haute cour de justice, l'Assemblée législative et le Secrétariat général, ce projet a évolué pour raconter cette ville que ses habitants appellent "The City Beautiful".

    Manuel Bougot s'est attaché à montrer l'appropriation par les Indiens de cette architecture occidentale et, au-delà, la confrontation de deux cultures que tout semblerait opposer, faisant un état des lieux soixante ans après la naissance de cette capitale prévue pour cinq cent mille habitants et qui en compte aujourd'hui plus de deux millions.

    À des années-lumière de l'idée que l'on se fait des grandes villes indiennes, au coeur de la densité minérale des bâtiments en béton, Chandigarh exhibe de magnifiques espaces verts, des parcs luxuriants où écureuils et singes se promènent en liberté et où les habitants font leur jogging quotidien.

    C'est cette capitale originale, le plus grand chantier de Le Corbusier, que nous restitue le photographe, dans ce livre auquel contribuent également l'historienne de l'architecture Caroline Maniaque, et l'architecte indien Balkrishna Doshi, Pritzker prize 2018, qui accompagna Le Corbusier dans cette aventure hors norme.

  • Ce catalogue fait écho à l'exposition Mallet-Stevens et ses photographes qui se tiendra à la Villa Cavrois du 29 mai au 2 septembre. Le portfolio comprendra les 50 photos sélectionnées pour l'exposition (à partir de la collection de Jean-Louis Cohen qui en comprend env. 225). L'exposition bénéficie du label « Année européenne du patrimoine culturel 2018 ».

    Cette exposition a pour but de montrer toutes les qualités, la diversité et l'amplitude chronologique de la collection Jean-Louis Cohen, fonds photographique issu de l'agence de Robert Mallet-Stevens.
    Ce fonds révèle toute la gamme des représentations de l'architecture de la photographie documentaire à la photographie artistique en passant par les nombreuses missions prosaïques qu'ont dû remplir ces clichés : photographies de presse destinées aux publications, images de chantier ...
    En outre, le fonds comprend des images particulièrement rares. Peu montrées, peu publiées elles relèvent par exemple des débuts de la carrière de Mallet-Stevens qui n'est connue qu'au travers de rares documents. L'absence d'archives constituées de son agence explique la préciosité de ces images.
    Elles représentent des architectures qui ont parfois disparu et dont elles sont les seules traces. Quelques-unes d'entre elles ne sont d'ailleurs pas localisées.

  • Dès sa construction, la villa Cavrois fut un objet, un terrain d'exploration pour les photographes. C'est Robert Mallet-Stevens lui-même qui en lança la mode en publiant dès 1932 au sein de la revue L'Architecture d'aujourd'hui les photographies d'Albin Salaün, lesquelles donnèrent lieu deux ans plus tard au livre Une demeure 1934, petit recueil de 28 pages composé de splendides photographies en noir et blanc. Les images de la villa font alors le tour du monde et sont publiées dans de nombreux journaux et magazines.

    Dans les années 1980, le Centre Georges Pompidou confia à Véra Cardot et Pierre Joly un ultime reportage avant que la famille Cavrois ne disperse le mobilier et ne vende son "château moderne". Suivirent 10 ans d'abandon et de vandalisme au cours desquels maints photographes et artistes se glissèrent derrière les palissades pour rapporter des clichés qui, pour être souvent d'une grande beauté plastique, n'en témoignent pas moins de l'extrême dégradation de la villa. En 2015, la villa enfin restaurée et restituée dans son état de 1932 fut sans doute la construction moderne la plus photographiée et la plus publiée de l'année.

    Aujourd'hui, cette monographie en images entraîne le lecteur à travers plus de 80 ans d'une aventure architecturale unique.

  • Né en Hongrie, Emeric Feher (1904-1966) s'installe à Paris en 1926, dans les mêmes années que les Hongrois Brassaï et André Kertész ou encore l'Américain Man Ray. Photographe indépendant dès 1936, il réalise reportages et commandes publicitaires, documentant d'un regard humaniste la France de son temps. Il mène en parallèle un travail personnel pour lequel il expérimente les possibilités des techniques photographiques. En 1934, il crée avec le journaliste André Lejard, la photographe allemande Maria Eisner et René Zuber la première agence photographique française dédiée à l'illustration pour la presse : Alliance photo.
    Comme tout humaniste, Emeric Feher entend, par ses images, de témoigner sur l'homme ; l'art n'est qu'un moyen de magnifier la vie.

    Sous la direction de Françoise Paviot, cet ouvrage rend hommage à la diversité et à la richesse d'une oeuvre encore méconnue. L'essentiel du fonds Feher, constitué de plus de 20 000 clichés, est conservé au Centre des monuments nationaux. Ce catalogue accompagne l'exposition qui se tiendra au Logis royal du château du roi René à Angers du 16 octobre 2015 au 17 janvier 2016.

  • A l'heure où le caractère insulaire du Mont-Saint-Michel a été rétabli et le paysage de la baie profondément renouvelé, cette monographie exceptionnelle - la première depuis l'ouvrage publié par les Editions du patrimoine en 1998 - retrace l'histoire de ce chef-d'oeuvre monastique depuis sa fondation. Les spécialistes ici rassemblés abordent tous les aspects du site, du village, de l'abbaye, de son histoire, de son imagerie, de sa rénovation.
    Depuis le songe du moine Aubert dont les textes témoignent dès le IXe siècle, jusqu'à la transformation du Mont en prison dès le règne de Louis XIV, et sa résurrection au XIXe siècle, aucun aspect n'est omis. Des chapitres évoquent tant la vie religieuse que la vie intellectuelle, l'une des plus brillantes de la France médiévale, mais aussi l'histoire de ses pèlerinages, et de ces nouveaux pèlerins que sont les touristes depuis la fin du XIXe siècle.
    Cet ouvrage de référence s'appuie sur une iconographie de qualité, souvent inédite.

  • Pour vivre et revivre les riches heures du septième art « monumental » de Carl Dreyer et Jean Renoir à Patrice Chéreau et Bertrand Tavernier. Pour un large public d'amoureux et d'amateurs du cinéma et du patrimoine. Dans nombre de films, les monuments français - châteaux, cathédrales, vastes demeures... - ont été les partenaires des plus grandes stars. Ils y jouent souvent un rôle essentiel, non seulement pour raconter l'Histoire, mais aussi pour stimuler le plaisir visuel ou l'intelligence du spectateur. Ces monuments peuvent être filmés dans leur réalité, mais aussi être aménagés, transformés, réinventés, voire entièrement reconstruits, en grandeur réelle ou par le biais de l'imagerie numérique. Cet album nous permet d'explorer l'envers du décor : le travail des décorateurs, l'imagination des metteurs en scène, le charisme des comédiens magnifient le monument comme star de cinéma. Ce beau sujet est abordé à travers des textes de spécialistes destinés au plus large public, complétés par des propos et témoignages de professionnels du cinéma et illustrés par de nombreux documents rares et spectaculaires : photos, affiches, dessins et maquettes de décors et de costumes... Les auteurs sollicités pour cet ouvrage proviennent d'horizons divers ; si les historiens du cinéma et du patrimoine sont nombreux, les professionnels du cinéma ne sont pas en reste : réalisateurs, décorateurs, costumière, directeur de la photographie ...

  • L'image la plus connue de Victor Hugo est certainement celle du patriarche à la barbe blanche photographié par Félix Nadar, qui a voué un véritable culte à l'écrivain dès les années 1850. Or, dans son atelier sont venues poser toutes les célébrités des lettres, des arts et du monde politique, dont beaucoup ont joué un rôle important dans la vie d'Hugo: éditeurs, journalistes, députés....
    Cet ouvrage illustre un demi-siècle de rencontres autour de Victor Hugo grâce à quelque 200 portraits photographiques et caricatures de Félix Nadar ou de son fils Paul. Il fait ainsi revivre tout un contexte d'échanges entre le grand homme et ses contemporains - échanges amicaux, admiratifs ou au contraire virulents et hostiles, mais jamais indifférents.

  • Le port, lieu de passage d'un monde à l'autre, avec ses multiples activités et corps de métier, a inspiré de nombreux photographes.
    Cet ouvrage propose une promenade chronologique et géographique principalement dans les ports européens de la mer du Nord à la Méditerranée.
    Vers 1860, J. Laurent photographie les ports espagnols et portugais et Henri Desclée le monde, déjà révolu en 1900, des ports du Nord. Les frères Séeberger mettent en scène les marins de la Royale à Toulon. François Kollar suit la construction du Normandie au Havre.
    Denise Colomb nous fait partager le rude quotidien de l'ile de Sein et Roger Parry nous emmène en Polynésie française.
    Arrivé aux USA, Kertész réalise un reportage de commande, resté inédit, sur le port de New York.
    René-Jacques nous donne à voir les coulisses de Remorques, avec Michelle Morgan et Jean Gabin.
    Une introduction de Daniel Rondeau accompagne ce beau voyage portuaire tandis qu'une large synthèse remet en perspective ces portfolios aussi divers que variés.

  • De 1878 à 1914, des photographes français parcourent les Balkans - une contrée, ou plutôt un Orient " mal défini " au dire de Pierre Larousse.
    Héritiers de la tradition du " Grand Tour " issue des artistes du XVIIIe siècle, ils bénéficient de la modernisation des pratiques du voyage, notamment du chemin de fer avec l'inauguration de l'Orient-Express en 1883, et de l'apparition des premiers guides, le " Baedeker " et le " Joanne ". Ces photographes, que les conditions géopolitiques tumultueuses ne rebutent pas (conclu en 1878, le traité de Berlin, qui organise le reflux de la vague ottomane présente dans les Balkans depuis le XVe siècle, laisse libre cours aux conflits nationalistes), figent à merci, en noir et blanc d'abord puis, à partir de 1907, en couleurs avec l'apparition du procédé autochrome, un riche patrimoine architectural dans cette région du monde tour à tour submergée par les Empires romain, byzantin et ottoman et qui a bénéficié, plus ponctuellement, des influences vénitienne sur les côtes adriatiques et austro-hongroise au nord.
    De ces voyages naîtra un goût pour les arts byzantins relayé par plusieurs publications tant universitaires que destinées au grand public. En 1910, avec la première édition du Manuel d'art byzantin, la discipline s'installe durablement dans le cursus des études universitaires. Mais ces photographes - qui ont pour nom Jean-Baptiste Feuvrier (1842-1921), Jules Gervais-Courtellemont (1863-1931), Aymar de La Baume Pluvinel (1860-1938), Auguste Léon (1857-1942), Gabriel Millet (1867-1953), Eugène Richtenberger (1856-1920) , ils sont vingt et un présentés dans l'exposition - ne se borneront pas à immortaliser les monuments.
    Ils s'attacheront également, pour certains, à photographier les hommes et les femmes dans leurs costumes traditionnels, et feront oeuvre d'anthropologue en observant leur mode de vie. Ces archives photographiques participent ainsi d'un mouvement de réappropriation des cultures grecque, romaine et byzantine, mais insidieusement celui-ci conduira à réfléchir sur l'urbanisme des villes de l'avenir. Le Voyage d'Orient de Le Corbusier dans les Balkans en 1911 - un voyage au cours duquel il n'omet de photographier ni les anciennes maisons d'Istanbul ni celles d'Andrinople - apparaît aujourd'hui comme emblématique de ce nouveau regard jeté sur l'architecture.

  • " mon cher nadar.
    Mes enfants sont dans le ravissement de mes photographies, et ils vous remercient de les avoir faites et ils me remercient de vous les avoir fait faire. " ainsi george sand félicite-t-elle félix nadar, le 24 mars 1864 : le célèbre photographe vient d'exécuter une série de portraits de la femme de lettres, alors au faîte de sa gloire. " daguerréotypée " par richebourg en 1852, l'écrivain avait pourtant vécu comme un désastre ses premiers contacts avec la photographie.
    Ce livre présente pour la première fois ces épreuves refusées par le modèle mais récupérées dix ans plus tard par l'entreprenant nadar. pour enrayer la diffusion d'une image qu'elle détestait, george sand n'avait plus qu'à offrir sa tête au grand portraitiste. cet ouvrage permet également de découvrir, à travers une trentaine de lettres totalement inédites, les états d'âme de la " bonne dame de nohant " quant à ses photographies et de comprendre les liens d'amitié qu'elle noue avec la famille nadar.


  • " ah dieu ! que la guerre est jolie.
    " on connaît le vers amer d'apollinaire, témoin dans les tranchées champenoises des horreurs d'une guerre qui, de 1914 à 1918, fera des millions de morts et de blessés. de cette tragédie témoignent aussi de multiples photographies : la violence des assauts, leurs effrayants résultats s'y inscrivent entre noir et blanc dans toutes ces nuances de gris qu'on accorde si aisément, culturellement, aux visions dramatiques, aux ciels menaçants, aux cités dévastées, aux terres labourées par lés explosions d'obus.
    mais d'autres images existent, moins connues parce que moins montrées et reproduites, qui rendent à cette guerre ses couleurs. des couleurs étonnamment préservées, grâce au procédé autochrome mis au point par les frères lumière, comme on peut en juger par les photographies de cet album consacré à la bataille de la marne, au front de champagne et à la ville de reims. dans cette zone de combats très emblématique du conflit travaillèrent, avec ce même procédé autochrome, des photographes aussi bien français qu'allemand : jules gervais-courtellemont (1863-1931), hans hildenbrand (1870-1957), paul castelnau (1880-1944) et fernand cuville (1887-1927).
    de ces photographies en couleur de la grande guerre, alain fleischer écrit qu'elles " sont par avance et au-delà du drame des images de réparation, de réconciliation. il y a en elles le sage recul d'un temps méditatif ". et si la couleur apporte d'elle-même une touche d'espoir, le procédé autochrome, qui exige un matériel lourd et un long temps de pose, exclut l'instantané et impose de regarder " la guerre en tant qu'état : avant et après les actes ".



  • en 1839, l'annonce de l'invention de la photographie sous l'aspect du daguerréotype est un événement majeur qui place la société au coeur d'une ère nouvelle pour l'art : une image synonyme de précision, de vérité et d'invulnérabilité met en crise tout un pan de la représentation fondée sur la figuration et l'imitation des formes du visible.
    des portraits ou scènes de genre dus à des artistes tels que meissonier jettent le trouble quant à l'utilisation d'un outil que la critique n'acceptera jamais mieux que maintenu dans le rôle de la " petite maîtresse " (selon baudelaire, en 1855) ou dans celui de " l'humble servante " (selon gautier, en 1857). durant deux décennies on assiste à des polémiques oú sont entraînés critiques et théoriciens - gautier, baudelaire, janin, delécluze, töpffer.
    - mais aussi peintres et sculpteurs - ingres, clésinger, delacroix, meissonier, courbet, gérôme. au-delà de la suspicion entretenue à l'égard de certaines oeuvres présentées beaux-arts, la critique d'art est confrontée à la crainte de voir s'imposer auprès des artistes et du public le modèle de création mécanique véhiculé par le daguerréotype. ainsi, à partir de 1839, se pose la question de l'évaluation d'un art contemporain de la photographie : la menace qui se profile ne tient pas tant à l'assimilation de la photographie à l'art par une élite, qu'à celle de l'art à la photographie par le public.
    ce livre retrace la naissance d'un affrontement entre une image jugée sans qualités et un art dès lors contraint à se redéfinir.

  • Où l'on voit qu'à travers ces Orients photographiés, l'imaginaire exotique transforme à la fois l'oeuvre et la vie de Loti. Pierre Loti a voyagé toute sa vie. Comme officier de la Marine nationale, il a sillonné les océans du monde entier, traversé déserts et brousses, arpenté villes et palais pour ses missions officielles. D'Istanbul à Ispahan et Bangkok, de Bou Saada à Tokyo ou Assouan, ce sont les Orients qui par-dessus tout l'ont fasciné : Orient proche ou extrême, africain, arabe, balkanique, biblique. La photographie est pour lui un moyen privilégié de capter et surtout fixer l'éphémère - l'une des obsessions majeures et fondatrices de son oeuvre.
    Ses propres prises de vue manifestent un sens aigu de la composition et du cadrage, tant pour les monuments et paysages grandioses que pour les visages et attitudes des gens de tous les jours fixés dans un cadre de vie réaliste. De quoi découvrir un Loti homme du regard et de l'image autant que du texte.

  • En 1851, cinq photographes, parmi les plus importants de l'époque, parcourent la france afin de " recueillir des dessins photographiques d'un certain nombre d'édifices historiques ".
    De reims à bordeaux, de strasbourg au puy, de fontainebleau à nîmes, baldus, bayard, le gray, le secq et mestral, équipés d'un matériel très lourd, photographient, chacun selon sa sensibilité, les églises, les théâtres antiques, les châteaux qui, pour beaucoup, ont souffert sous la révolution et menacent ruine. cet épisode mythique est aujourd'hui désigné sous le terme de mission héliographique, première commande publique collective de l'histoire de la photographie.
    La commission des monuments historiques, animée par prosper mérimée, qui est à l'origine de cette aventure, a sélectionné les photographes et leur a acheté 258 épreuves (avec les négatifs correspondants), longtemps oubliées, récemment redécouvertes, publiées en intégralité dans ce livre. pour mérimée et son équipe, il s'agit de documenter des édifices avant restauration à une époque oú la notion de patrimoine est encore fragile.
    Pour les passionnés de la photographie, ces oeuvres révèlent des artistes et jettent les bases d'un genre nouveau: la vue d'architecture. aujourd'hui, la mission héliographique est un modèle aux yeux de commanditaires qui, régulièrement, ambitionnent de représenter un pays, une région, une ville, un territoire. et pourtant cette épopée restait largement obscure. ce livre en cerne les étapes, les infortunes et les enjeux.

  • Jeune étudiant en architecture, charles vapereau s'embarque pour l'indochine en 1870.
    Deux ans plus tard, il s'établit à pékin comme titulaire de la chaire de langue, littérature et législation françaises. il y restera 25 ans et deviendra, après son retour en france, une sommité reconnue sur la chine. c'est lui qui réalisera la célèbre section chinoise de l'exposition universelle de 1900. ce livre présente les vues sur verre, inédites, d'un grand voyage au japon effectué en 1897 par vapereau et son épouse avant leur retour en europe.
    D'une grande fraîcheur de coloris, ces instantanés ont été réalisés grâce aux prouesses techniques de l'express détective nadar; ils ont ensuite été dupliqués, coloriés à la main et projetés en conférence à travers une "lanterne magique". on y découvre la transformation du japon de l'ère meiji après son ouverture à l'occident, ou encore un reportage saisissant sur le peuple autochtone des aïnous. un regard, remarquablement neuf pour l'époque, sur un univers méconnu.

  • ...
    Ou comment l'héritier d'une maison réputée, fort de la dernière invention d'eastman - les premiers appareils kodak à films à rouleaux -, s'aventure sur la ligne russe du transcaspien au moment même où jules verne se lance dans la rédaction d'un roman consacré précisément à ce nouveau réseau ferroviaire. l'exposition universelle de paris en 1889 permet à paul nadar de rencontrer george eastman, dont il a adopté et commercialisé les productions.
    Paul décide de tester ces nouveaux petits appareils de photographie instantanée, le kodak et son propre détective nadar, dans un périple aventureux qui fait de lui l'émule des explorateurs qu'il a vu défiler dans l'atelier familial, comme mariette et savorgnan de brazza. arrivé à constantinople par l'orient-express le 17 août 1890, il traverse la mer noire, le caucase..., parcourt deux mois durant le turkestan russe et en rapporte une moisson de clichés d'une étonnante modernité.
    Ce très bel ouvrage invite le lecteur à découvrir l'odyssée de ce précurseur du reportage, commentée par lui-même ou ses compagnons de voyage, ou bien encore par le petit journaliste de jules verne, claudius bombarnac.

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