Fage

  • Les photographies de Raphaël Salzedo témoignent de sa longue fascination pour les stupéfiants « tableaux » inscrits dans les pierres par les longs processus géologiques, pour cette « écriture des pierres » si bien dite en son temps par Roger Caillois.
    Calcaires de Toscane, agates, septarias, marbres à dendrites, grès de l'Utah, jaspes de l'Aveyron... : avec le seul concours de la lumière, Raphaël Salzedo fait parler les silencieux motifs colorés magnifiés par la scie du tailleur de pierre.
    Au lecteur d'exercer sur les failles, fissures, éclats, cristaux offerts à sa contemplation sa liberté de projeter des figures ou, plus simplement, sa faculté ou puissance d'admirer.

    Dans son essai De l'expressivité des pierres, l'historien de l'art et philosophe Bertrand Prévost soutient que les pierres sont des images en soi, non pas seulement pour nous qui les regardons et y reconnaissons des formes (ruines, arbres, grottes, montagnes, paysages marins...). Il se fixe pour tâche de saisir le contrecoup que cet extraordinaire potentiel esthétique des pierres porte aux arts humains.

    (Un court texte du tailleur de pierres et galeriste Claude Boullé introduit le livre, suivi d'une présentation du photographe)

  • Man Ray Nouv.

    Français Man Ray

    Man Ray

    « Ici, vous pouvez m'objecter et me dire qu'il existe tout autant de façon de dessiner une pomme.
    Vous conviendrez cependant que peu importe la manière dont une pomme est présentée ; de l'interprétation photographique à l'interprétation abstraite, toutes ont une chose en commun : la pomme ne peut jamais être mangée avec autant de plaisir que le vrai fruit. Avec les mots, tout est possible, appeler le noir blanc, appeler bêche une pelle, appeler le vrai faux, ou le faux vrai, la droite, la gauche ou vice-versa. Finalement, nous assistons au spectacle de tous ces acrobates mangeant leurs propres mots, sinon avec plaisir, du moins pour le délice et la satisfaction de leurs auditeurs. » Préface pour un roman imaginaire, 1944

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  • Stanley Greene, né le 14 février 1949 à Brooklyn (New York) et mort à Paris le 19 mai 2017 à Paris, est un pho- tojournaliste américain.
    À la fois grande gueule de la photographie, poète visuel, baroudeur, il commence à photographier pour peindre ses sujets. Au début de sa carrière, il écume les concerts rock, documente la scène punk de San Francisco et couvre les défilés de mode à Paris. Dans les années 90, parfois sans contrepartie financière, il documente la première et la deuxième guerre en Tchétchénie, allant jusqu'au bout de son sujet. Cette guerre devient une plaie personnelle.
    Ce travail obtiendra le Prix W. Eugene Smith en 2004.
    Récompense hautement symbolique, compte-tenu des liens qui unissait les deux hommes. Eugene Smith, fig- ure du photographe engagé et tourmenté, l'avait poussé à étudier la photographie dans les années 70. Membre de l'agence VU de 1991 à 2007, Stanley Greene était un des fondateurs de l'agence Noor. Il était attaché à une pho- tographie plus proche de l'essai que du scoop.
    « C'est vrai, il y a de plus en plus de photographes. Et des bons. Il faut donc être encore meilleur. Génial, même. Mais je ne veux pas d'un monde où les photos sont parfaites et irréprochables. Ça ne rime à rien. Le plus important est de comprendre l'acte photographique et de développer une vision personnelle. Il faudrait en parler aux peintres. Doivent-ils mettre à la poubelle leurs huiles, aquarelles et pinceaux et ne créer que des peintures numériques ? Ce serait insensé. Peu importe l'outil, ce qui compte, c'est votre vision et votre regard. La photographie est un langage visuel. C'est un échange. Un partage. » Entretien avec Stanley Greene par Dimitri Beck, « La photographie a été mon salut», in Polka, 19 mai 2017 En couverture : HIDDEN SCARS, Camp réfugié de Sleptovsk- Sputnik, Ingushetia, juin 2000 © Stanley Greene, NOOR

  • Nadar

    Nadar

    "Je suis né aux approches de ces temps d'innocence où un ministre ne volait pas plus de cent mille francs : encore s'y mettaient-ils à deux, comme pour se faire mieux prendre, et, plus étrange encore condamner. Les moeurs étaient douces, les coeurs simples."

  • « La seule chose qui compte vraiment, c'est de saisir un moment, de le reproduire si totalement que ceux qui en voient l'image puissent le vivre comme un exact équiva- lent de ce que j'ai ressenti moi-même. »

  • Le 11 juin 1985, un mardi, Denis Roche prend une photographie où, ayant accroché son appareil à la branche d'un arbre et enclenché le retardateur, il se met en scène entrant dans l'image et marchant vers le porche muré d'une église de Cologne sur lequel un squelette graffité semble l'attendre. Cette composition, qui épouse la forme d'un récit, notamment par la description que donne Denis Roche de cette prise de vue, tout en proposant une réflexion métaphysique poignante, donne naissance à une "poétique" singulière où le texte et l'image sont considérés à parts égales, déployant depuis cette "visée" une perspective où se rejoignent la mémoire et la mort, l'instant et le souvenir, la présence et l'absence, le sujet et l'objet.
    /> Un livre qui donne envie de (re)lire Denis Roche !

  • Valérie Jouve peaufine depuis bientôt trente années une oeuvre photographique singulière et empreinte de délicatesse qui s'attache à la présence de l'humain dans la ville, toujours envisagée comme un lieu de partage.
    Jamais artificielles (elles ne racontent pas une histoire précise) mais pas complètement réalistes non plus (bien qu'elles s'inscrivent dans une approche documentaire), ses images interrogent le rapport des hommes avec leur cadre de vie, qu'il s'agisse de la banlieue marseillaise ou d'un paysage industriel au Guatemala. Le plus souvent aucune légende n'identifie les lieux ou sujets photographiés, pour la raison que « sous prétexte de reconnaître ce que l'on voit, on prête peu d'attention à une image. Aujourd'hui, on est handicapé, on a perdu le sens du visuel et de la sensation ». Il s'agit d'inciter le spectateur « à entrer dans un espace, une scénographie ».

    L'exposition au MAMC de Saint-Étienne se présentera comme une conversation intime de Valérie Jouve avec sa région natale (elle est née à Firminy, à quelques kilomètres), qui continue à nourrir son travail. Comme au Jeu de Paume en 2015, sur l'idée d'accrochage prévaudra celle de composition, de montage au sens musical, les cimaises articulant travail passé (des photographies réalisées à Saint-Étienne, pour certaines jamais montrées encore) et récentes orientations.

    Événement.
    - Valérie Jouve, exposition présentée au musée d'Art contemporain de Saint-Étienne Métropole, du 19 mai au 16 septembre 2018.

  • Jersey l'humaine, Guernesey l'harmonieuse, Sercq la poétique, Aurigny la rude sont les principales composantes des îles anglo-normandes avec chacune leur charme. C'est de la péninsule du Cotentin qu'elles apparaissent à la fois proches et mystérieuses cernées par les courants impérieux du Raz-Blanchard et du Swinge.
    Les îles, terre de la courronne ne font pas partie de l'union européenne maisl'idée commune à chaque côté de la Manche c'est de veiller à la libre circulation des personnes et des marchandises. La langue normande, le jérriais, fait partie de cet univers.
    Olivier Mériel utilise la photographie argentique pour nous donner à voir un monde multiple et unique avec les paysages et des portraits d'îliens sur ces terres de coutumes et de traditions. Guernesey par exemple est régi par le droit normand hérité de Guillaume le Conquérant qui a essaimé en Angleterre pour nourrir le droit anglais. À Serq l'interdiction de la voiture est la providence du photographe Olivier Mériel, toujours dans son berceau de Saint-Aubin-sur-Mer arpente les îles anglo-normandes avec son appareil photographique depuis 20 ans, continuant à sillonner les chemins parcourus il y a déjà bien longtemps avec son père.

  • Les affinités entre les champs politiques et cinématographiques semblent franchement électives :
    Soucieuse de mise en scène, la "comédie du pouvoir" a ses acteurs, ses répliques cultes et ses dramaturgies électorales (avec duel final).
    Ce lien entre politique et spectacle n'est ni vraiment nouveau, car puisant dans l'héritage théâtral, ni purement cinématographique, car s'exposant surtout à la télévision. Mais qu'en est-il, au-delà du seul cinéma militant, des représentations de la politique proposées par les films ?
    Une première voie, nettement identifiable, est celle des "films de campagne", avec ses classiques (1974, une partie de campagne de Depardon), ses films oubliés (Aux urnes, citoyens...
    De Bobrowski), ses piliers télévisuels (Serge Moati) et sa série emblématique ("Marseille contre Marseille" de Jean-Louis Comolli). Une seconde voie, moins homogène, s'insinue entre les frontières du cinéma lui-même : au carrefour du documentaire, de l'essai et de la fiction, des cinéastes aussi différents que Denys Arcand, Peter Kosminsky ou Nanni Moretti jettent un regard décalé et souvent critique sur le monde politique et sur ses représentations.

  • Peintre, dessinateur, lithographe et photographe Paul Cabaud a passé sa vie sur les rives du lac d'Annecy, ne quittant sa ville natale que pour de courts séjours italiens ou parisiens, après une formation dans l'atelier du peintre genevois Joseph Hornung. Son oeuvre comprend des portraits de ses contemporains mais c'est essentiellement en tant que paysagiste qu'il est reconnu de son temps et c'est une Vue du lac d'Annecy que l'État achète au Salon parisien de 1870. Il multiplie les croquis sur le vif et peint sans relâche la campagne annécienne, la vie quotidienne dans les rues de la vieille ville, les forêts et les rivières... La montagne lui inspire de gigantesques panoramas, dont deux seront restaurés à cette occasion.

    /> Paul Cabaud se lance à l'âge de 38 ans dans la photographie. À cette époque c'est encore une technique artisanale et exigeante. De 1855 à 1856 il se bat avec la chimie et ouvre finalement son studio dans les années 1860. Il est considéré comme l'un des premiers photographes professionnels annéciens.

    L'exposition retrace la carrière de l'artiste et fait se répondre plus de 150 oeuvres, tableaux, dessins, lithographies, carnets de croquis et photographies (tirages originaux mais surtout plaques de verre). De nombreux documents d'archives permettent d'illustrer la biographie de cet artiste, personnalité marquante de la vie culturelle, intellectuelle et politique de la seconde moitié du 19 e siècle à Annecy.

  • Porter un regard sur les lacs alpins à travers la peinture, la photographie, l'architecture et la publicité : telle est la volonté de cette publication richement illustrée qui offre un panorama de la représentation des paysages lacustres de points de vue touristiques célèbres. Ainsi la vue de Genève et du Mont Blanc depuis Pregny, le lac de Côme, Isola Bella, Brienz, le Léman et le château de Chillon, le lac du Bourget, le lac d'Annecy depuis la pergola de la villa Coppier.

    Quelles sont les origines de notre admiration esthétique pour le paysage lacustre ? Comment les peintres ont-ils traduit cette admiration ? Quelles «mises en scène du lac ? Quels éléments, point de vue, lieux ont été privilégiés au travers des différentes écoles, jusqu'à l'époque contemporaine ? Ces questions sont au coeur de la problématique de cet ouvrage consacré pour l'essentiel aux lacs alpins, problématique construite à partir d'un double présupposé : le regard de l'homme social crée le paysage et les peintres, de par leur sensibilité esthétique et leur statut dans la société, sont des acteurs privilégiés de l'invention et de la diffusion de modèles esthétiques paysagés.
    Entre les productions artistiques du passé et les discours les plus contemporains du marketing lacustre, la mise en relation d'approches littéraires, cinématographiques, picturales, architecturales, voire la production d'objets manufacturés, souleve la question fondamentale de l'évolution de notre regard sur les paysages lacustres.

  • Français Barrages de Bretagne

    Collectif

    • Fage
    • 22 September 2016

    Bien que les barrages ne soient pas le type d'ouvrages que l'on associe d'emblée à la Bretagne, ils sont présents en de très nombreux points du territoire.

    Les collections photographiques du musée de Bretagne témoignent de la diversité de ces ouvrages qui vont de la retenue locale alimentant un village au projet de l'usine marémotrice de la Rance dont l'écho est international.

    Les photographes font preuve d'un intérêt précoce pour ces larges structures en réalisant dès la seconde moitié du XIXe siècle des clichés qui rendent compte des phases de chantier ou illustrent la monumentalité de l'ouvrage achevé dans le paysage.
    Ces images sont autant de témoignages du développement de la Bretagne à diverses époques, que l'eau des retenues alimente la population, accompagne l'essor de l'agriculture et de l'urbanisme ou permette l'implantation d'activités industrielles.

  • Se plaçant résolument sur le terrain de l'écart et du corps, c'est-à-dire d'une expérience quasi physique et littérale de la photographie, Denis Bernard reconsidère l'ensemble de ce qui la fonde et l'oriente, et notamment ses invariants techniques. Que nous dit Denis Bernard ? Qu'il y a un " angle mort de la photographie ". Standards, normalisations, dispositifs et dispositions, en s'imposant, ont figé peu à peu les choses. L'aventure, dès lors, consiste à regarder, ressentir ou penser différemment le " fait technique ". D'où la nécessité de remettre en cause " toute décision qui a conduit à ne pas voir " et d'opérer un glissement singulier du centre vers le bord ou l'épaisseur de l'image. On visera ainsi à préparer des " pièges à lumière perdue ", à scruter " l'à côté de la plaque ", à traquer des " seuils de transparence ", à saisir " l'empreinte d'un coup de foudre " ou inventer des " machines à voir ". Nouvelle donne: il s'agit de photographier autrement. De " voir encore, dedans et au-delà ". De privilégier les " brouillons acharnés " d'une " nouvelle étreinte ".

  • Français Herman de Vries

    Anne Moeglin-Delcroix

    • Fage
    • 11 June 2009

    Né au Pays-Bas en 1931, proche du groupe Zéro dès 1962 à Amsterdam, Herman de Vries réalise depuis 1999 des oeuvres sur le territoire de la Réserve géologique de Haute-Provence. Méditatives, poétiques, philosophiques, ses oeuvres interrogent le regard de l'homme sur le monde.

    Herman de Vries appartient à ces artistes, peu nombreux, qui, au tournant des années 1950 et 1960, en différents pays, ont changé l'art de fond en comble, non pour le détruire, mais pour le ramener à lui-même, à sa fonction la plus haute, dont l'histoire des beaux-art l'avait éloigné. Ce qui fait leur affinité profonde est en effet la conviction que l'art n'a pas l'art pour fin, qu'il n'est pas un domaine spécialisé de l'activité humaine, un métier avec ses techniques artisanales spécifiques destinées à fournir à la sensibilité des objets particuliers. Pour eux, l'art est une manière pour s'orienter dans la vie.
    Richement illustrée, cette monographie thématique est consacrée à l'ensemble des réalisations d'Herman de Vries à Digne-les-Bains. Elle a été principalement motivée par l'acquisition en 2007, par le musée Gassendi, du Musée des terres, oeuvre majeure d'Herman de Vries, fruits de collectes réalisées dans le monde et regroupant aujourd'hui 7165 echantillons utilisés par l'artiste pour ses frottages de terre: « Cézanne a peint des impressions de paysage. J'ai collecté la terre de ses paysages. Elles sont plus réelles que les couleurs de ses peintures, elles sont les vraies couleurs. » Le sommaire aborde tous les thèmes du travail d'Herman de Vries à travers les oeuvres conservées dans les collections du musée Gassendi et in situ : Journal de Digne ; Musée des terres ; Sanctuaire de Roche-Rousse ; Cabinet de Botanique du docteur Honnorat ; Jardin des roses ; Traces et points ; Le jardin sans jardinier ; Fenêtres ; Statements.

  • Bien que le proverbe dise que l'habit ne fait pas le moine, la photographie nous transmet fréquemment le message inverse. Les portraits au daguerréotype nous montrent l'aristocratie et la bourgeoisie richement et élégamment vêtue et les militaires en grande tenue, mais rien n'a changé avec le développement et la démocratisation de la photographie, et à la façon dont est vêtue la personne figurée, nous décodons d'un seul regard le rôle social qu'elle occupe, ses fonctions, son métier. En outre, une subtile mais forte charge symbolique est associée aux vêtements de travail et uniformes présents dans un portrait photographique.
    Une cinquantaine de photographies provenant des collections du musée de Bretagne proposent de décrypter cet univers codifié où se nouent les notions de pouvoir, de hiérarchie et de distinction sociale. Des années 1840 jusqu'à nos jours, du prêtre au militaire, de l'ouvrier au pêcheur, du boucher au facteur, ce parcours photographique met l'accent sur la mise en scène du costume et apporte de multiples informations sur le contexte historique et social.
    Cet ouvrage accompagne une exposition sur le même sujet, au titre éponyme, qui sera présentée à Rennes du 6 juin au 16 novembre 2014.

  • Frères dans la vie et frères en photographie, Charles (1870-1931) et Paul (1873-1929) Géniaux, rennais d'origine, se lancent dans l'aventure photographique dans le courant des années 1893-1894 : ensemble ils créent un atelier de collographie à Rennes, lancent une revue consacrée à la littérature et à la photographie en Bretagne, organisent des expositions, publient dans la presse. En 1898, ils partent s'installer à Paris et ouvrent un studio photographique rue du Cherche-Midi.
    Les photographies conservées au musée de Bretagne, tirages et négatifs sur verre, ne concernent que les vues réalisées en Bretagne. Paul Géniaux, seul à poursuivre une carrière de photographe (Charles se consacrant entièrement à la littérature), est plus connu pour ses images des petits métiers de Paris que pour son travail régional.
    Ses photographies, publiées en revues, offrent un panorama assez varié du monde du travail en Bretagne avant 1900 : agriculture, pêche, petits métiers. Il a également photographié scènes de fêtes, activités de détente et processions religieuses sur l'ensemble du territoire breton.

  • Parmi les thèmes chers aux photographes des siècles passés, toutes les activités liées aux productions alimentaires et à leurs transformations occupent une place de choix.
    À la campagne, en ville ou sur le littoral, la photographie témoigne ou magnifie la chaîne du travail ; elle souligne les changements qui s'amorcent, la place prépondérante accordée peu à peu à la machine.
    La Bretagne est particulièrement active dans le secteur des productions alimentaires et les photographes ne se sont pas privés de couvrir très largement ce sujet. Ont-ils toujours conscience de faire un état des lieux d'une situation dont le basculement est déjà amorcé ? Leurs choix esthétiques de paysages ruraux ou littoraux n'évoquent pas seulement la nature, mais attestent aussi des liens et des échanges entre les Bretons et leur environnement.
    Les photographes nous convient à une promenade à travers les campagnes, les côtes et les villes de Bretagne durant une période charnière (1890-1940), où deux mondes se superposent encore, dans lesquels nourrir les siens et nourrir les autres n'est pas encore synonyme de productivisme.

  • Français Collection Artur Walther

    B Wallis

    Chaque année, au moment de la FIAC (Foire Internationale d'Art Contemporain), la maison rouge expose une grande collection privée internationale.
    En Octobre 2015, place à la collection de photographies d'Artur Walther dont une partie a déjà été dévoilée aux Rencontres d'Arles en juillet 2014. Cette exposition autour de la figure humaine nous plongera dans cette collection de plus de 2 500 pièces, axée sur la photographie allemande, américaine, africaine et asiatique.
    Artur Walther est né à Ulm en Allemagne. Il vit et travaille à New York. Ancien banquier d'affaires, il ouvre sa collection au public en juin 2010 avec l'inauguration d'un musée, constitué de quatre bâtiments situés dans un quartier résidentiel de sa ville natale, Neu-Ulm / Berlafingen, dans le sud de l'Allemagne.
    Il soutient depuis vingt ans des programmes et bourses photographiques et a débuté à la fin des années 1990, collectionnant tout d'abord des oeuvres de photographes allemands contemporains - notamment les Becher et August Sander - avant d'étendre sa collection de photographies et vidéos aux quatre coins de la planète.
    Celle-ci constitue désormais l'ensemble le plus important de photographie asiatique et africaine contemporaine au monde.

  • Femme photographe installée en studio à Redon, Anne Catherine-Robert (1874-1958) exerce son activité en continu de 1910 à 1927.

    Ses photographies, pour l'essentiel une production de studio et des déplacements ponctuels hors de Redon, immortalisent des cérémonies de passage : communions, conscription, mariages. Elles révèlent l'évolution franche en quelques années des sociétés rurale et urbaine de la région de ce début du XX e siècle.
    La Grande Guerre marque une vraie rupture : photogra- phies de familles en tenues traditionnelles avant 1914, de femmes et d'enfants seuls entre 1914 et 1918, de soldats en permission ou en soins, de mariages nombreux après- guerre, mais aussi de veuves et de mutilés. Cette produc- tion signale aussi la standardisation, via l'urbanisation, des modes de vie, de l'habillement, des postures...

    La plus grande part de la production d'Anne Catherine- Robert - près de 14 000 négatifs sur plaques de verre sur les 15 200 parvenus jusqu'à nous - a été acquise par le musée de Bretagne en 1978. Conservée, étudiée minutieusement grâce à des recherches en archives et une collecte de mémoire orale, cette collection permet de saisir ce moment de mutation rapide de la société dans cette région de Haute-Bretagne.

    Ronan Balac est enseignant-chercheur démographe à l'université de Picardie Jules Verne, membre du Centre Universitaire de recherches sur l'Action publique et le Politique Epistémologie et Sciences Sociales.

    Ouvrage publié en coédition avec le Musée de Bretagne.

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