G3j

  • Robert Altman a fait irruption sur la scène cinématographique en 1970 avec le film M*A*S*H. Il a révolutionné le cinéma américain et en une décennie a réalisé des chefs-d'oeuvre tels que John McCabe, Nous sommes tous des voleurs, Le Privé,Trois Femmes et, bien entendu, Nashville. Puis, après une période de désillusion, il s'est réinventé à travers une série de films audacieux : The Player, Short Cuts et Gosford Park. Juste avant la sortie de son quarantième et dernier film The Last Show, il a reçu un Oscar d'honneur remis par une Académie qui l'avait longtemps ignoré. Sa carrière unique et singulière est racontée à travers les mots de sa famille et de ses amis, des agents, scénaristes, coéquipiers, producteurs et vedettes avec qui il a travaillé. On y retrouve Meryl Streep, Warren Beatty, Julianne Moore, Paul Newman, Martin Scorsese et tant d'autres. Robert Altman - réalisateur visionnaire, fêtard invétéré, homme de famille excentrique et légende hollywoodienne - reprend vie dans cette biographie cinématographique. Mitchell Zuckoff, professeur de journalisme à l'université de Boston, travaillait avec Robert Altman à ses mémoires peu avant sa mort. Il tisse ici les derniers entretiens où se mêlent histoires et articles de journaux, dressant le tableau d'une vie en tous points extraordinaire.

  • Impossible de résumer Huit et demi, authentique chef-d'oeuvre du cinéma considéré comme un blasphème à sa sortie en 1963. Projection des démons intérieurs du maestro à mi-vie, il demeure une énigme et continue d'inspirer nombre de films d'" auteur ".
    Ce livre donne les clés qui ouvrent sur l'univers personnel d'un magicien qui jongle avec ses souvenirs et sa " mauvaise éducation ". Il nous apprend d'ailleurs que Federico Fellini avait écrit et filmé une autre fin. D.A. Miller est professeur de cinéma et de littérature anglophone à l'université de Californie à Berkeley. Il collabore régulièrement à la revue Film Quarterly.

  • Français The matrix

    Joshua Clover

    C'était hier, au printemps 1999. Matrix était sorti depuis quelques semaines aux Etats-Unis et s'apprêtait à débarquer sur l'Europe, précédé d'une réputation explosive et mélangée. Le film avait créé la surprise outre-Atlantique en cassant la baraque du box office et en remplissant miraculeusement les coffres de la Warner qui n'avait pas démontré une confiance aveugle dans ce projet, ce qui formait un argument en soi. Mais il était aussi accompagné d'une mythologie déjà déroutante, dont la presse américaine, qui n'avait que rarement semblé aussi divisée, émettait le témoignage contradictoire. Pour certains médias, Matrix était l'évangile cyber que l'époque attendait, son miroir générationnel, la borne prophétique de l'âge digital. Pour d'autres, c'était un emblème du décervelage globalisé, la proue nihiliste d'un vaisseau-monde devenu fantôme, inhumain et désensibilisé. Pour beaucoup, néanmoins, Matrix était incompréhensible.
    (extrait de la préface de Olivier Séguret)

  • " La vie ce n'est pas les biens matériels. Pas de compartiment à bagages dans ton corbillard. La vie c'est les expériences exceptionnelles que tu rencontres. À mesure que tu grandis, ton jeu devient meilleur. Ne laisse jamais des joueurs moins avancés te ramener à leur niveau. Il ne s'agit pas de se foutre en colère contre tout. Il s'agit de se foutre en colère quand il faut. Un vrai mec ne ment pas aux femmes. Les dames savent à quoi s'en tenir. Si tu mens, si tu fais des embrouilles, tu n'es pas un vrai mec, tu es un tricheur. Ce ne sont ni les spectateurs, ni les commentateurs, ni les critiques qui ramassent les médailles. Ce sont les joueurs ! Si on te propose de l'argent facile, casse-toi. Ça n'existe pas. Tous les jours on me demande où j'ai appris à vivre. Réponse : devant le juge au tribunal. On m'avait dit que je ne dépasserais pas vingt et un ans. Chaque fois que je me réveille, c'est une victoire. Je touche mes primes, baby ! " Ice, la glace, est un beau titre pour les mémoires de ce type cool. Tracy Marrow, alias Ice-T, est né dans le New Jersey. Enfant unique, il perd ses parents très jeune, devient gangster à Los Angeles puis sert durant quatre ans dans l'armée. Il sort une série de disques de rap West Coast très innovants et forme le groupe de trash metal Body Count, dont le premier album comprend le titre controversé Cop Killer. Il est actuellement le héros de la série New York Unité Spéciale où il joue le rôle de l'inspecteur Fin Tutuola.

  • Quand The Big Lebowski est sorti en 1998, la critique et le public n'ont pas réagi tout de suite. Et pourtant c'est aujourd'hui un film culte. Des milliers de fidèles dans le monde ne jurent que par lui, en connaissent tous les plans, toutes les répliques, tous les personnages. Pourquoi un tel enthousiasme ?
    Dans ce livre, J.M. Tyree et Ben Walters répondent à ces questions, sans jamais oublier que ce film est aussi un des plus réjouissants des frères Coen, un des plus comiques du cinéma américain. Hitchcock et Chandler, Altman et Busby Berkeley, bowling et femme fatale, milliardaire et " White Russians ", rescapé du Vietnam et loulou de Poméranie, rien n'est oublié dans ce petit livre très savant et très drôle, à la hauteur d'un film d'exception.
    Ben Walters est l'auteur d'Orson Welles (Life &Times) publié en 2005. Il tient la rubrique des cabarets pour le magazine Time Out de Londres. J.M. Tyree écrit dans la revue Film Quarterly de l'université de Californie.

  • Rainer Werner Fassbinder (1945-1982), auteur, metteur en scène, homme de théâtre et cinéaste, ne s'est jamais caché. Il a parlé dès le début, dans des entretiens avec des journalistes, avec des amis, il a parlé de lui-même et de son travail sans détour et dans le détail. Comme s'il voulait compléter ou corriger les éléments autobiographiques qu'on trouve, de façon ouverte ou latente, dans ses films et dans ses pièces, par des déclarations et des commentaires personnels.
    Ce volume rassemble 30 entretiens avec Rainer Werner Fassbinder, qui vont de 1969 à 1982, couvrant ainsi toute la carrière du cinéaste allemand le plus important de l'après-guerre.

    " Il y a une honnêteté tout à fait honnête, une honnêteté presque honnête, une honnêteté à demi honnête et une honnêteté presque malhonnête, et le mensonge commence seulement après elle. Je ne raconte pas toujours toute la vérité. Mais je ne mens vraiment jamais ".

  • « Je voulais tourner La Mélangite à Sète et à Venise, en couleurs et en costumes. '' Tout ça, c'est trop cher, me dit Beauregard, à qui Demy m'avait présentée. Faites un petit film en noir et blanc qui ne coûte pas plus de trente-deux millions''. J'ai immédiatement pensé tourner à Paris et en une journée (économie de voyages et de défraiements, de costumes et de complications).
    J'ai imaginé un personnage marchant dans la ville. J'ai pensé au maître de Jacques le Fataliste. Il est devenu une chanteuse déambulant dans Paris, affolée par la peur du cancer. Souvent accompagnée par sa gouvernante fataliste, Cléo attend le résultat d'une analyse médicale. La peur la réveille.
    '' Tout le monde me veut, personne ne m'aime,'' dit-elle. » « Cléo de 5 à 7 est sorti en février 1962 et Corinne Marchand faisait sensation. La musique de Michel Legrand et la chanson Sans toi touchaient le public. On est tous allés à Cannes. Notre succès à Cannes, vécu avec innocence et émerveillement, a fait connaître le film dans le monde entier et j'ai été invitée partout. » (Agnès Varda) >> La collection G3j / Une leçon de cinéma décode les films du répertoire classique ou classique-contemporain. Déjà parus dans la même collection : 8 ½ de Federico Fellini, The Big Lebowski de E. et J. Coen.

  • Ozu à présent

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    • G3j
    • 15 November 2013

    Cinquante ans après la mort de Yasujirô Ozu, ses films paraissent toujours actuels. Gosses de Tokyo, Printemps tardif, Le Goût du saké continuent de surprendre, d'intriguer, d'inspirer leurs spectateurs. Ce sont les différentes formes de présence du cinéma d'Ozu dans la création et la pensée contemporaines que cet ouvrage tente de découvrir. Il était donc naturel de faire appel à des spécialistes, appartenant à des générations différentes et qui viennent d'horizons proches ou lointains, du Japon aux Etats-Unis en passant par l'Europe, pour arpenter cette voie nouvelle. Avec des approches variées, ces universitaires, critiques et artistes, tous amateurs du cinéaste de Voyage à Tokyo, éclairent la singularité de ses oeuvres et la nature de leur rayonnement. Ils nous invitent à emprunter des chemins de traverse pour dessiner les contours d'un territoire ozuien. Tout d'abord en précisant l'évidence des hommages - rendus par Wim Wenders, Hou Hsiao-Hsien, Pedro Costa, Claire Denis, Abbas Kiarostami, et Victor Erice - qui font écho à la joyeuse sobriété du maître japonais. Puis, des résonances plus imprévues sont proposées du côté de Chantal Akerman, Takeshi Kitano, Terrence Malick, Hong Sang-Soo, Gus Van Sant, Alain Resnais, ou Kiyoshi Kurosawa. L'exigence formelle et la liberté de ton des auteurs cités renouvellent les formes d'expressions chères à Ozu, comme la durée prolongée, le point de vue flottant, la répétition narrative. Encore de nos jours, cette cinématographie reste au coeur de la réflexion sur la modernité artistique, philosophique ou culturelle. Au terme d'un parcours qui relève l'importance actuelle de Yasujirô Ozu, c'est au cinéaste japonais lui-même que reviendra le dernier mot.

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