Images En Manoeuvres

  • La reconnaissance de l'importance des livres de photo dans l'histoire de la photographie et de l'art est un phénomène récent. Certaines expositions et publications ont contribué à cette appréciation internationale. Parmi les premières, on trouve « Fotografía Pública / Photography in Print 1919-1939 » au musée national centre d'art Reina Sofia (Madrid, 1999) ou « Open Book from 1978 to the Present » au Hasselblad Center (Goteborg, 2005), ainsi que l'ouvrage en deux volumes The History of Photobooks signé par Martin Parr et Gerry Badger (Phaidon, 2004 et 2006).
    Quelques livres de photo latino-américains y sont référencés, mais ils sont en réalité peu nombreux. Cela peut s'expliquer par l'absence de monographies et d'expositions sur ce sujet. Cependant, les livres de photos latino-américains ont une histoire longue et remarquable, qui date également des années trente et à laquelle ont participé beaucoup des photographes parmi leses plus importants tels queles Mexicains Manuel Alvarez Bravo, Agustin Jimenez, Emilio Amero, Lola Alvarez Bravo, Guillermo Kahlo, Agustin Casasola, Nacho Lopez, Enrique Bostelmann, Pedro Meyer et Graciela Iturbide, ainsi que Martin Chambi (Pérou), Horacio Coppola, Grete Stern, Gustavo Thorlichen, Marcos Lopez, Sara Facio-Alicia d'Amico (Argentine), Sergio Larrain (Chili), Alfredo Boulton, Barbara Brandli, Fina Gomez, Daniel Gonzalez, Paolo Gasparini, Claudio perna, Thea Segall (Venezuela), Hernan Diaz, Nereo Lopez (Colombie), Mayito, Ernesto Fernandez et Ivan Canas (Cuba). D'excellents livres de photo de Claudia Andujar, Maureen Bisilliat, Stefania Bril, Mario Cravo Neto, Marcel Gautherot, George Love, Jean Manzon, Miguel Rio Branco, Peter Scheier, Dulce Soares, Otto Stupakoff y Bob Wolfeson, entre autres, ont été publiés au Brésil.
    Le Livre de photographies d'Amérique Latine propose un passionnant tour d'horizon en images de ces titres qui font l'histoire de la photographie.
    Les textes sont signés Horacio Fernández, spécialiste en la matière.

  • De 1965 à 1966, Bernard Plossu voyage au Mexique et ramène des images qui révolutionneront le monde de la photographie.
    Le livre Le retour à Mexico, à travers une centaine de photographies en noir et blanc inédites, relate son retour dans la capitale mexicaine en 1970. S'immergeant dans les banlieues, il immortalisera la vie sociale de ces quartiers défavorisés.

  • L'histoire de la photographie est aussi celle de sa prolifération, de son accession progressive à une quasi ubiquité grâce aux moyens de reproduction technique sur lesquels la presse et la publicité fondèrent leur efficacité. Dès lors il était inévitable que l'image photographique, comme à sa suite l'image en mouvement, devienne un matériau disponible pour d'autres images, d'autres usages. Remploi, collage, montage, readymade, détournement : la photographie, le cinéma et la vidéo ont ainsi donné lieu à de multiples opérations qui mirent l'accent sur leur caractère d'objet, et non plus seulement de médium. Les carnets du bal #2 proposent un tour d'horizon de ces pratiques qui constituent à elles seules une histoire parallèle de l'art et des images à l'ère moderne et contemporaine.

  • Est-il possible, est-il seulement imaginable de faire le portrait dun paysage, comme on le ferait dun autre être vivant? Un portrait rendant compte à la fois de linstant dans le temps, et de tous les signes laissés par le temps vécu, et peut-être aussi des attentes, des espoirs, des craintes pour le temps à venir? Le paysage est le plus souvent, dans lhistoire de la photographie, sujet dartérialisation, objet théâtralisé, montré comme un état, un arrangement des choses. Or le paysage est vivant, même si ses mouvements sont le plus souvent subreptices, ou très lents, au rythme de la pousse des arbres, du changement de couleur dun crépi. Nous avons besoin détapes, c'est-à-dire dinstantanés successifs, pour comprendre comment grandissent les enfants, comment nous vieillissons. Il nous les faut aussi pour constater ce que le temps est en train de faire du paysage, et surtout de celui que nous voyons tous les jours. Ce qui est montré ici, ce sont des portraits de paysages du Ventoux, des Dentelles.... Tels quils sont aujourdhui (.). Tels quils sont devenus (.).
    Tels que nous voudrions quils demeurent ou quils deviennent.

  • Ils vivent hors des sentiers battus.
    Ils se sont improvisés bâtisseurs en toute liberté, seuls, en famille ou en groupe, en campagne ou en ville. Cabanes dans les arbres, habitats troglodytes, maisons rondes ou carrées, huttes éphémères, leur habitat est à leur image, unique et plein d'inventivité. Sa conception répond par ailleurs aux besoins du quotidien : s'abriter, s'alimenter, se chauffer. Leur démarche s'inscrit dans un processus global ; l'habitat est témoin d'une pensée, de valeurs humaines, d'un mode de vie respectueux de l'environnement.
    Durant quatre ans Alexa et Irène Brunet (soeurs et compagnes de routes) sont parties à la rencontre de ces auto-constructeurs. Les photographies d'Alexa, les textes d'Irène et les illustrations de Maude Grübel rassemblés dans ce livre préfacé par Joy Sorman, présentent vingt-cinq lieux et habitants à travers la France. Un passionnant voyage au cours duquel le lecteur pousse doucement la porte de ces fascinantes maisons sans jamais en forcer l'intimité.

  • Juliana Beasley, en héritière d'une tradition photographique américaine (Arbus-Goldin), s'intéresse aux marges de la société qui l'entoure. New York est « sa ville » et c'est là, dans le quartier déshérité de Rockaways qu'elle travaille à documenter depuis quatre ans une petite communauté blanche en bout de course, miséreuse et oubliée. Invitée en résidence à Sète par CéTàVOIR, Juliana est partie à la découverte d'un espace clos, une île, de sétois tellement attachés à leurs spécificités, d'une culture également. Le Sud, et cette ville de Sète si singulière. Une aventure pour elle, périlleuse parfois, tant le décalage est immense entre la vieille Europe du Sud et l'Amérique d'aujourd'hui. Il en résulte un livre, le troisième d'une collection passionnante, après Anders Petersen et Bertrand Meunier, si différent, en carrés et en couleurs, après les noirs âpres de 2008 et 2009, d'où surgit une Sète faite d'intérieurs baroques et d'histoires particulières. Une autre Sète que nous découvrons grâce à Juliana Beasley.

  • Français Altitude

    Afons Alt

    Hors des idéologies de bienséance, à côté de la polémique, en construisant un opus, un livret d'opéra qui laisse percevoir le chantier de l'entreprise, la cartographie de la pulsion, plus exactement de l'impulsion à aimer et le champ de plus en plus irrigué d'un artiste arrivé à maturité qui ne confond plus prédilection et prédestination, en s'écartant de la cartomancie et du catalogage, en prenant soin d'être concis et de rentrer dans le détail, le challenge est de faire un livre qui soit lui-même une oeuvre, une halte, une anse, un sas.

  • La veille de la pleine lune du mois hindou de Phalgouna, en février-mars, dans chaque village de l'Inde, à chaque carrefour, on dresse de grands bûchers, avec pour combustible des galettes séchées de bouses de vaches « sacrées ». Le soir venu, d'immenses brasiers illuminent chaque carrefour, où l'on vient brûler, par paquets, de vieux vêtements, et avec eux tous les mauvais souvenirs de l'année écoulée. Au matin, on rend visite à ses amis, ses voisins, ses aînés, et on enfarine le visage de tous ceux que l'on rencontre à grandes poignées de poudres multicolores en criant « Holi Haï ! », « C'est Holi ! ». La plus exubérante des fêtes indiennes s'appelle Holi, fête de l'Amour et du Printemps. Quelle folie et quel bonheur ce fut de vouloir photographier ces foules en extase, hurlant de rire, soufflant à tue-tête dans des clairons et des sifflets, courant déchaînées en tous sens, tapant à bras raccourcis sur des tambours, des bidons ou tout ce qui pouvait provoquer un peu plus de tumulte sauvage et de joie délirante ! Car nul n'est épargné. C'est une bagarre générale, gigantesque, et en même temps une vaste rigolade. Le but de cet extraordinaire festival religieux est de faire fondre les frontières entre les individus pour fusionner avec la divinité. Les cataractes de couleurs se mêlent et se confondent en tourbillons irisés de soleil, pour masquer tous les corps, les unir en une seule apparence identique et sombre. Et de ces ténèbres, en une sublime métamorphose, surgit la lumière de l'Unique. Il n'y a plus d'ego, plus d'hommes ni de femmes, plus de jeunes ni de vieillards, plus de riches ni de pauvres. L'âme individuelle rejoint l'âme universelle. Pour quelques instants magiques, chacun se retrouve en amour avec le Cosmos, et le Temps n'existe plus.

  • Ce travail se compose de portraits en diptyque de petites filles, candidates à des élections de mini-miss beauté, et leurs mères, organisatrices de ces concours.
    Ces concours amateurs ont lieu dans le Nord de la France dans une région économiquement en difficulté, et se déroulent presque tous les week-ends dans des salles des fêtes municipales. Les photographies ont été réalisées dans les vestiaires où les fillettes sont apprêtées par leurs mères.
    Ces portraits fille/mère fonctionnent comme des miroirs, ils interrogent la projection réciproque qui se joue à travers cette activité, les désirs intimes qui s'échangent et se confondent dans cette relation.
    Ils soulignent aussi les artifices de la féminité, ces fantasmes contradictoires qui veulent une femme à la fois pure, innocente comme un ange et séductrice, obscène comme un démon. Sur ces visages et ces corps d'enfant, ces critères mêlés deviennent monstrueux et révèlent leur hypocrisie.

  • La Camargue, les Alpilles, la Crau sont parmi les plus remarquables des sites naturels de la Provence. Saiton suffisamment que la qualité de leurs paysages tient à l'activité qui les façonne et les perpétue depuis des millénaires : l'élevage, qu'il soit bovin, ovin, caprin ou équin? Que la transhumance estivale vers les alpages, du massif du Mercantour à celui du Mont-Blanc, est également garante de la préservation de ces espaces naturels exceptionnels ?

    Au travers d'un travail photographique au format panoramique qui l'a amené à parcourir l'ensemble des territoires du Pays d'Arles à 20 mètres d'altitude, Lionel Roux nous fait découvrir sous un angle original des aspects méconnus de ces paysages uniques.
    Accompagné de portraits et témoignages des manadiers, gardians, éleveurs et bergers, cet ouvrage nous interroge également sur l'avenir de ces élevages et de ces paysages, dans des espaces soumis à de fortes pressions, urbaines, industrielles ou encore touristiques.

  • Petite prospérité, classes Moyennes en Afrique est un projet initié et mené par Joan Bardeletti. En associant photographie d'auteur et travaux de recherche sociologique, l'enjeu était de tracer le profil d'une autre Afrique, celle d'un entre-deux oscillant entre richesse et pauvreté. Au terme de deux ans de rencontres avec plus de soixante personnes dans cinq pays du continent, Joan Bardeletti donne à voir les multiples facettes des classes moyennes dans leur quotidien, s'intéressant à leurs lieux de loisir, de travail, leurs pratiques religieuses et aux événements politiques qu'elles rencontrent. Travaillant dans des régions distinctes dont l'histoire et les pratiques culturelles sont très différentes, l'artiste a mis en lumière la diversité des classes moyennes et ce qui les rapproche tel que l'intelligence, l'énergie et l'ambition si visibles dans ces images.

  • Un photographe. Photographier le noir, l'artificiel, le mouvant.
    Des images aux couleurs ruinées par des halos imprévisibles. Manier l'imprécis et capter les sensations de la nuit. Partout sur la terre, dans les villes, électriques, et les campagnes sans lumières, les déserts au feu de camp. Composer avec des lumières résiduelles, respirer avec économie, pour être immobile. Des images en volant, calé contre des supports de fortune. Les lumières de cinéma du Paris des petites rues, le rouge et le vert des « Chinatown », le trop peu d'éclairage des villes à basfonds, Tananarive, Vera Cruz, Mexico, les néons tout puissants en Asie du sud-est, les lumières du feu, seule source perdue, magnifiant les hommes du désert en Libye et au Niger, les visages grignotés de noir, les silhouettes instables, les couleurs éclatées, les enseignes arrogantes, la misère décuplée, le bonheur et le malheur poussés vers leur extrême vérité.
    Photographier, parfois protégé par la nuit, plus souvent fragilisé et exalté.

  • "Tout commence par une robe de mariage qui m'a été achetée par ma mère, il y a douze ans." Orly Dahan.
    De fil en aiguille, son initiation au mariage, son désir-rejet pour cet évènement s'est poursuivi et a donné naissance à une exposition présentée dans le cadre de la Nuit Blanche 2004 à Paris, la cérémonie-performance du mariage s'est déroulée le même jour au cours de la soirée. L'exposition, quant à elle, a eu lieu du 13 septembre au 13 novembre 2004.
    La Robe de Mariée d'Orly Dahan présente l'ensemble de cette démarche artistique.

  • À travers les photographies de ce livre, Bernard Plossu nous plonge au coeur d'un calme irréel, une nouvelle harmonie surprenante d'où se dégage un charme presque oriental. Paysages, scènes champêtres, des images qui nous renvoient au grand romantisme du XIXe siècle. Nous sommes contemplatifs face à cette grande nature : espaces dégagés, végétaux, arbres, animaux, poésie, magie, frontière, terre et eau. Sans oublier les hommes qui travaillent et façonnent ces endroits.
    Véritable «état des lieux» sensible des sites situés sur les rivages des lacs d'Annecy, du Bourget et du Léman, cet ouvrage reflète l'atmosphère si particulière des lacs de Savoie et de Haute-Savoie.
    Les photographies ont été réalisées pour le Conservatoire du Littoral, organisme qui a pour mission de conduire une politique foncière permettant d'assurer la conservation des sites naturels et de valoriser son patrimoine paysager.

  • Figure emblématique de la photographie suédoise, Anders Petersen brandit des images d'univers inconnus, troubles et déroutants qui pourtant s'expriment tout près de nous : à Paris, Saint Étienne, Gap. Ses photographies dont on perçoit l'influence documentaire nous confrontent à l'intimité crue de ses rencontres avec des marginaux, des prostitués, des échoués... Au-delà de la frontalité des images, l'émotion et la pudeur sont de mise, révélant un engagement social à montrer simplement l'humanité dans sa différence, l'humanité oubliée par la norme en vigueur.

  • Le texte est constitué d'une suite d'aphorismes portant sur un genre que les cinéphiles apprécient tout particulièrement, et qui a pourtant donné lieu à fort peu de publications : le road movie. Le choix initial a été de multiplier les approches, dans la mesure où ce « genre » se caractérise par l'extrême diversité des oeuvres qu'il regroupe. En effet, la notion de road movie a émergée en même temps que le « Nouvel Hollywood », à savoir à un moment où les cinéastes tentèrent justement de briser le système des « genres » classiques tel qu'il existait depuis les années trente.
    L'analyse se fait donc par petites touches et par éclairages successifs. En cela, l'écriture épouse la même structure que celle de nombreux films de route : celle d'une errance propice aux rencontres en tous genres. Anecdotes, analyses de séquences, rapprochements avec le western, éclairages philosophiques, parenthèses oniriques, comparaisons avec d'autres formes d'arts, citations de cinéastes : le lecteur est embarqué dans une balades buissonnière.
    Il a également la possibilité de décider librement de son parcours, puisque le livre peut aussi bien se lire en partant du milieu, ou même de la fin. Ainsi, le lecteur peut s'identifier au héros d'un road movie. La rencontre est sans aucun doute un des axes majeurs de ce texte composite. Or, comme si la genèse du livre faisait écho à son thème, ce projet a bénéficié d'une participation aussi précieuse et décisive qu'inattendue : celle du célèbre photographe Bernard Plossu.
    Ce dernier a en effet accepté que quelques unes de ses oeuvres inédites, inspirées autant par le voyage que par le cinéma, viennent offrir un contrepoint poétique aux aphorismes dont le texte est tissé.

  • À une époque où la dissémination des moyens de capture et de diffusion du réel s'affirme toujours davantage, est-il légitime de déclarer que des images sont manquantes ou même susceptibles de l'être ? Sans doute plus que jamais, ne serait-ce que pour se situer à rebours d'un « tout montrer » qui occulte le devenir tourmenté des images, corrélat des discontinuités de l'Histoire. Encore faut-il distinguer plusieurs espèces d'images manquantes : les images qui n'ont jamais existé, celles qui ont existé mais ne sont plus disponibles, celles qui ont rencontré trop d'obstacles pour pouvoir être prises ou enregistrées, celles que notre mémoire collective n'a pas retenues. Au-delà du simple constat, Les Carnets du BAL analysent les effets de ces images manquantes, le vide qu'elles véhiculent ou l'imagination qu'elles suscitent.
    La collection Les Carnets du BAL a pour objectif d'explorer les enjeux de l'image contemporaine et d'appréhender dans toute sa diversité la notion de « document» visuel. Chaque sujet abordé donne lieu à des contributions théoriques, des présentations et analyses d'oeuvres sont dispensées par des artistes, philosophes, historiens, anthropologues et critiques de renom, à partir d'exemples choisis dans les champs de la photographie, de la vidéo et du cinéma.

  • 1951...
    C'EST ENCORE L'ÉPOQUE DE LA GRANDE TRANSHUMANCE À PIED qui voit, chaque printemps, des milliers de moutons quitter les pâturages de Basse-Provence pour rallier l'Alpe, les parcours d'estive, promesse d'herbe nouvelle et de grands espaces. 1951... Le photographe Marcel Coen et l'écrivain Maurice Moyal accompagnent des bergers transhumants et un troupeau de 2 200 moutons Mérinos d'Arles dans leur lent trajet vers les Alpes.
    Pendant trois semaines, ils vont partager les joies et les peines de ces hommes de la route. Il en résultera de formidables images et un récit exceptionnel, publiés dans la foulée par la célèbre revue américaine The National Geographic Magazine. Les images de Marcel Coen nous emmènent sur les chemins de la transhumance, à la suite des bergers, depuis les steppes de la plaine de la Crau, près d'Arles, jusqu'aux montagnes de la Haute-Tinée, aujourd'hui Parc national du Mercantour.
    Le texte de Maurice Moyal, On the Road to Pastures new ("Sur la route de l'herbe nouvelle") paru en 1956 en Angleterre, est à ce jour inédit en France. Néophyte ne connaissant presque rien du monde des bergers, Maurice Moyal découvre, au fil des 300 kilomètres du parcours, et nous révèle au fil de son récit, les multiples dimensions du rude métier de berger transhumant. De jour comme de nuit, d'étape en étape, de la Crau à l'Alpe, le lecteur est invité à traverser des paysages magnifiques, au rythme lent des bêtes.
    Le reportage de Marcel Coen et Maurice Moyal est bien loin de l'image folklorique de la Provence pastorale. Cet ouvrage donne une image fidèle de la transhumance, qui est tout sauf une aimable promenade. Il se veut également un hommage vibrant au courage des bergers d'hier et d'aujourd'hui.
    (Guillaume Lebaudy, Patrick Fabre, Maison de la Transhumance.)

  • Dans la foulée d'Elephant de Gus van Sant (tout à la fois enthousiasmant et problématique), retour sur un genre journalistique qui suscite beaucoup de malentendus sur les écrans. Le fait divers apparaît hélas souvent comme un levier trop commode pour un formalisme de la justesse ou de la vacuité : instrumentaliser son effet d'attente revient dès lors à soigneusement éviter sa charge, son poids mort. La notion de fait divers est en revanche essentielle si on la disjoint de celle de réalisme : comment une fiction peut-elle violemment se condenser dans ce miroitement de " faits " qu'on appelle le monde oe

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