Indigene

  • Rebondissant sur le message final de Stéphane Hessel dans Indignez-vous !
    (« Créer, c'est résister ; résister, c'est créer »), Ken Loach défendra dans ce livre sa vision engagée de l'art, à travers évidemment le choix de ses sujets - des films populaires à thème social ou historique acclamés par la critique. Il montrera aussi comment aujourd'hui, en Europe, les gouvernements étranglent le cinéma d'auteur par des logiques économiques meurtrières qui augmente les coûts, vide les salles de leur public et les films de leur potentiel artistique. Mais il défendra aussi une pratique de l'esthétisme comme engagement, au sens où Flaubert déjà affirmait : « Là où la forme fait défaut, l'idée manque » et où Picasso déclarait : « L'art est un mensonge qui nous fait réaliser la vérité. » INEDIT

  • Les sociétés africaines ont souvent été décrites comme des sociétés traditionnelles, constituées d'ethnies figées dans leurs traditions et dans des contours géographiques imposés.
    Riches, plurielles, complexes, ces sociétés sont pourtant bien éloignées de la fixité. Autrefois en constante évolution, elles le sont encore aujourd'hui, affrontant la modernité avec leurs propres valeurs, leur propre culture. A cet égard, le Mali constitue un pays exemplaire, riche d'une longue histoire : la ville antique de Djenné-Djenno était en plein essor pendant l'âge du bronze européen. Alors que l'émigration, l'exil mais aussi la démocratisation et le tourisme ont entraîné une mise en question de la société malienne, sa culture s'exporte dans le monde à travers ses créateurs, musiciens comme Salif Keita ou écrivains comme Amadou Hampâté Bâ.
    Nation musulmane où l'animisme a conservé toute sa place, mosaïque cohérente de peuples malgré ses vingt-trois langues, Etat parmi les plus pauvres du monde et pourtant troisième producteur d'or en Afrique, le Mali est le pays du paradoxe. Parce qu'elle n'est pas donnée une fois pour toutes, parce qu'elle est la combinaison de strates successives, la culture malienne nous entraîne dans la découverte stimulante d'une certaine manière " d'être au monde ".
    C'est ce mouvement que Mali kow se propose de restituer à travers un dialogue entre un ethnologue, partisan d'une définition des cultures comme des ensembles en mouvement, Jean-Paul Colleyn, et un écrivain malien de la diaspora, Manthia Diawara ; échange illustré par les photographies de Catherine de Clippel sur lequel viennent résonner différents témoignages de Maliens.

  • Dans cette allocution mémorable, prononcée le 8 septembre 2004 à la Médiathèque de Montpellier, Harrison évoque comment ses " frères indiens " perçoivent notre société : ainsi ces Sioux dansant avec de gros réveils accrochés à leur cou, car nous, les Blancs, nous sommes victimes du temps. Il démystifie aussi une idée faussement romantique de l'écriture qui serait soutenue par l'alcool et les stupéfiants et rappelle combien son rythme d'écrivain est cadencé sur le rythme profond et ample de la nature. Du Harrison à la manière d'un conteur indien, saisi dans le génie de l'oralité.

  • Définir l'identité et le génie du cinéma par ta Méditerranée, il fallait oser ! Pierre Pitiot, en Ulysse contemporain, raconte ici comment des images datant de millénaires, ensuite saisies par le mouvement, se sont dotées d'un nom tiré du grec : " cinématographe ", et sont reliées les unes aux autres par le lien de la " méditerranéité ".
    Les qualités de cet espace maritime : lumière, oralité, voyage, peinture, opéra... ont donné ses lois au cinéma. Et à ses cinémas nationaux plus particulièrement, dont il expose les trésors : Espagne, Italie, Balkans, Turquie, Syrie, Liban, Israël, Palestine, Egypte, Maghreb... L'auteur étire l'espace jusqu'au Portugal, au Caucase. En " chauvin fier de l'être ", il égratigne au passage ceux qui endossent les défroques d'une " fallacieuse Méditerranée " comme Godard, Varda, tout en réhabilitant un Méditerranéen aussi improbable que l'Américain Blake Edwards, filmant un débarquement de GI's en Sicile.

  • Exégète inspiré aussi bien d'Apocalypse Now et de Batman que de Western, Happy together et Y aura t-il de la neige à Noël ?, représentant chaleureux de toute une génération de nouveaux cinéphiles, l'auteur nous fait entrer dans la grande famille des " indépendants " : réalisateurs jusqu'au boutistes, acteurs venus d'ailleurs, producteurs au service de la passion, diffuseurs défendant des films avec des arguments humanistes, spectateurs, enfin, unifiant cette chaîne...
    Tous on en tête de promouvoir un cinéma de la diversité, de la rigueur et du doute, entre la splendeur du monde et ses ténèbres - autant de contrepoisons vivifiants dans une société laminée par l'argent.

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