La Difference

  • « Le premier tome, synthétique, analyse la modernité de Welles et s'achève avant qu'il ne débute au cinéma[...].
    Ishaghpour y montre comment le cinéma a été le terrain sur lequel les grands enjeux et les révolutions de l'histoire de l'art se sont manifestés, en accéléré.
    Mais aussi, par son approche érudite de l'histoire, de la politique et de la société, de la philosophie et du cinéma, Ishaghpour identifie la constellation gravitant autour de chaque film, et souligne chez Welles son historicité, non seulement par rapport à l'Histoire mais aussi par rapport au cinéma. Le second tome est consacré aux «films de la période américaine» du cinéaste, d'abord accueilli par Hollywood et ses producteurs, puis désavoué pour cela même qui faisait la grandeur shakespearienne de ses films - la liberté de son exercice créateur. Enfin, le troisième tome aborde «les films de la période nomade», dans lesquels Welles, conscient de l'identité du cinéma comme oeuvre et marchandise à la fois, radicalise son propos sur le faux de l'image. Ishaghpour définit la modernité d'Orson Welles à partir de l'idée que celui- ci fut le «premier réalisateur qui soit arrivé à l'image en partant de la parole». Le parlant, et le son en général, sont en effet le noyau sur lequel s'est construit le cinéma de Welles qui, en dissociant mots et choses, réalité de l'image et image de la réalité (maintenues jusqu'alors dans une unité illusoire par le cinéma classique) a rendu la «caméra visible», introduisant la réflexivité et la modernité au cinéma. »

  • Par ce projet, l'artiste met en lumière la beauté des femmes de son entourage, stars magnifiées comme sublimes inconnues. Artiste complet mêlant poésie digitale et photographie, Leonardo Marcos ne se contente pas de capturer l'image glacée d'une beauté désincarnée. Par sa méthode de travail inédite, fondée sur des entretiens filmés permettant de capter la beauté intérieure comme extérieure de ses modèles, il saisit l'essence même de ces personnalités, capturée dans un geste, un regard, une phrase, dans une alchimie du corps et de l'esprit. L'oeuvre marie ainsi portraits et extraits de conversations et rend hommage à la beauté féminine sous toutes ses formes, au-delà des frontières et des âges.

  • Visconti et Rossellini ont été les deux grandes révélations cinématographiques de l'après-guerre en Europe.
    La déflagration mondiale avait brisé l'unité du spectacle et du réalisme coexistant chez Renoir et dans le cinéma classique. Sous le vocable de " réalisme ", il y eut deux chemins différents : l'acte de filmer, la pureté du cinéma pour Rossellini, et son impureté foncière pour Visconti, le cinéma comme synthèse des arts - peinture, musique, littérature, théâtre, opéra. Les arts traditionnels, tout ce que le cinéma et l'univers industriel avaient détruit, Visconti espérait les faire revivre grâce au cinéma : l'espérance d'une unité de l'ancien et du nouveau, le désir de voir se réactualiser, grâce au peuple, la tradition culturelle humaniste des maîtres d'autrefois - dans le sens historique et esthétique du terme.
    " L'Italie qui demeure dans l'Italie qui change. " L'histoire réelle, la modernisation rapide de l'Italie, a transformé cette espérance en une volonté de réconciliation qui se brise une dialectique du progressisme et de la décadence. Le cinéma de Visconti est devenu la mémoire d'un certain passé perdu de l'Europe : un moyen d'évocation, d'adieu, de long regard sur ce qui est invoqué une dernière fois mais comme pour venir mourir.
    Un cinéma de temporalité, de remémoration où le sentiment de fin du monde - comme d'une famille qui se déchire, ou de l'individualité qui se détruit pour retrouver sa vérité - est vécu dans le désir et la passion. Cet essai relie l'analyse thématique, celle des matériaux et des formes, à la dimension esthético-philosophique et historique. Il propose une synthèse interprétative de ce que Luchino Visconti appelait son " oeuvre personnelle ".

  • Jacques Henri Lartigue eut une existence passionnante pour trois raisons qu'il résumait lui-même le plus simplement du monde : " Je peins, j'écris, je fais des photos.
    " Dès 1900, il tient son journal qui parcourt tout le siècle, dessine pour capter ce qu'il voit - dans une multitude de registres : croquis sur le vif, pochades, dessins techniques ou de mode, caricatures -, mais aussi pour doubler la prise de vue photographique au cas où celle-ci serait ratée. Dilettante entêté, assoiffé de bonheur, doté d'un incurable optimisme, Lartigue a pour unique but de faire de la vie le sujet de son art.
    S'il est célèbre en tant que photographe, il se considère avant tout comme peintre. Il mène de front jusqu'à sa mort, en 1986, ces trois disciplines - dessin, peinture et photographie - qui sont analysées ici pour la première fois. L'essai enlevé et brillant de Patrick Roegiers saisit dans l'ensemble de ses pratiques Jacques Henri Lartigue, à qui le Centre Georges Pompidou consacre, en cette année 2003, une grande rétrospective.

  • Pourquoi croit-on en l'image photographique ? s'interroge l'auteur dans cet essai stimulant. Quel est son rapport avec la réalité ? Pourquoi l'exhibe-t-on comme la preuve qu'un événement s'est réellement produit alors qu'elle résulte d'une multiplicité de procédés techniques sans cesse actualisés. Parce qu'elle relève de l'empreinte, telle que la tradition chrétienne nous l'a transmise par le Saint-Suaire ou le voile de Véronique et qu'à la différence des autres représentations iconiques, elle n'offre pas seulement un simulacre du réel, elle en propose la preuve.
    « La photographie, explique l'auteur, nous propose une transposition des pratiques religieuses dans la vie quotidienne du monde contemporain. »

  • Orson Welles est l'initiateur du cinéma moderne.
    Il occupe, dans le parlant, la place qui était celle de Griffith dans le cinéma muet.
    L'oeuvre d'Orson Welles est l'histoire de l'émergence et de la disparition de l'individu. Elle est la mise en scène de l'Individualité souveraine, dans sa double figure antinomique et liée : volonté de domination et absence de pouvoir de l'artiste. Au moment de l'apparition de la civilisation industrielle et des masses anonymes des grandes villes, la reproduction technique, la photographie et la grande presse avaient séparé l'art et le public en opposant deux phénomènes liés et contemporains : l'avant-garde et l'industrie culturelle.
    L'utopie de tous les grands cinéastes a toujours été de dépasser par le cinéma - reproduction technique, art et marchandise à la fois - le fossé entre l'art et le public. L'oeuvre et la vie ruinée d'Orson Welles sont emblématiques de l'impossibilité de cette utopie : être en même temps un génie et un article de masse.
    Orson Welles cinéaste, une caméra visible aborde le cinéma comme le souhaitait Eisenstein : en gros plan et en plan d'ensemble.
    Dans ce troisième volume de la trilogie consacrée à Welles - qui paraît simultanément avec les deux autres volets : Mais notre dépendance à l'image est énorme...
    Et Les Films de la période américaine - Orson Welles, tel Gregory Arkadin, la figure mythique qu'il a inventée, est devenu nomade. Non pas, comme le personnage de son conte moderne, pour étendre sa domination sur le monde, mais en tant que Souverain d'un royaume inexistant où il aurait pu réaliser des films. Ce royaume avait une terre d'origine : Shakespeare et le théâtre, où l'acteur et le metteur en scène Orson Welles était venu au monde.
    C'est là que, réduit à lui-même, Welles retournait sans cesse : Macbeth, Othello, Falstaff. Les trois derniers films de Welles ont pour objet la souveraineté esthétique : Falstaff, Une histoire immortelle, Vérité et mensonge - et l'inachevé De l'autre côté du vent. Ils sont tous consacrés à l'art et à l'artiste, devenus de plus en plus problématiques, dans un monde dominé par l'image-communication-marchandise, où même l'artiste, disait Adorno, se transforme en " faux ".

  • Sculpteur, photographe et vidéaste, Henri Foucault développe un univers artistique qui, par le jeu de la lumière, se plaît à réinventer de nouvelles formes de perception. De cet affrontement entre deux pratiques, entre le lent façonnage d'un volume et la fulgurance de l'acte photographique, surgit la possibilité de fusionner la sculpture et la photographie. Photographier et sculpter, sculpter et photographier, c'est cette alternance qui s'accomplit dans l'oeuvre de Henri Foucault.
    Avec le photogramme qui, comme le scanner, restitue les volumes, et l'imposition d'épingles en inox ou en strass, Henri Foucault renouvelle l'art de la photographie en lui donnant une dimension sculpturale.

  • Durant les six saisons de la série Les Brigades du Tigre, André Raffray travailla à la conception de gouaches qui illustraient les aventures des héros : " J'avais eu l'occasion de rencontrer le réalisateur, Victor Vicas, qui, connaissant mon travail, me proposa de collaborer avec lui [...]. J'assistais aux projections privées, nous discutions des mises en scène des gouaches, sa documentaliste et sa monteuse me fournissaient les photos et les images nécessaires, et je réalisais les illustrations utilisées pour les prologues aussi bien que pour les fonds de générique. "

  • Orson Welles est l'initiateur du cinéma moderne.
    Il occupe, dans le parlant, la place qui était celle de Griffith dans le cinéma muet. L'oeuvre d'Orson Welles est l'histoire de l'émergence et de la disparition de l'individu. Elle est la mise en scène de l'Individualité souveraine, dans sa double figure antinomique et liée : volonté de domination et absence de pouvoir de l'artiste. Au moment de l'apparition de la civilisation industrielle et des masses anonymes des grandes villes, la reproduction technique, la photographie et la grande presse avaient séparé l'art et le public en opposant deux phénomènes liés et contemporains : l'avant-garde et l'industrie culturelle.
    L'utopie de tous les grands cinéastes a toujours été de dépasser par le cinéma - reproduction technique, art et marchandise à la fois - le fossé entre l'art et le public. L'oeuvre et la vie ruinée d'Orson Welles sont emblématiques de l'impossibilité de cette utopie : être en même temps un génie et un article de masse.
    Orson Welles cinéaste, une caméra visible aborde le cinéma comme le souhaitait Eisenstein : en gros plan et en plan d'ensemble.
    Ce premier volume de la trilogie consacrée à Welles - qui paraît simultanément avec les deux autres volets : Les Films de la période américaine et Les Films de la période nomade - tente de recréer la constellation historique, sociale, politique, philosophique, artistique, cinématographique et biographique qui a donné naissance à l'oeuvre de celui qui voulait que chacun de ses films soit une expérience cinématographique nouvelle.

  • Orson Welles est l'initiateur du cinéma moderne.
    Il occupe, dans le parlant, la place qui était celle de Griffith dans le cinéma muet.
    L'oeuvre d'Orson Welles est l'histoire de l'émergence et de la disparition de l'individu. Elle est la mise en scène de l'Individualité souveraine, dans sa double figure antinomique et liée : volonté de domination et absence de pouvoir de l'artiste. Au moment de l'apparition de la civilisation industrielle et des masses anonymes des grandes villes, la reproduction technique, la photographie et la grande presse avaient séparé l'art et le public en opposant deux phénomènes liés et contemporains : l'avant-garde et l'industrie culturelle.
    L'utopie de tous les grands cinéastes a toujours été de dépasser par le cinéma - reproduction technique, art et marchandise à la fois - le fossé entre l'art et le public. L'oeuvre et la vie ruinée d'Orson Welles sont emblématiques de l'impossibilité de cette utopie : être en même temps un génie et un article de masse.
    Orson Welles cinéaste, une caméra visible aborde le cinéma comme le souhaitait Eisenstein : en gros plan et en plan d'ensemble.
    Dans ce deuxième volume de la trilogie consacrée à Welles - qui paraît simultanément avec les deux autres volets : Mais notre dépendance à l'image est énorme..
    Et Les Films de la période nomade - il est question de Citizen Kane, de La Splendeur des Amberson et de La Dame de Shanghai - portraits de l'Amérique qui correspondent à trois moments d'invention de la modernité cinématographique : la question du cinéma, du temps, de l'image.

  • Assumer le nomadisme transculturel, pour Guimarães, cela signifie être présent aux quatre coins de la planète pour y explorer différents terroirs de la communication et en identifier les signes " ancestraux " d'une symbologie de base, qui, traduits en morphèmes, viendront nourrir la force de travail de l'image, et la rendre " parlante ".
    C'est ce que l'artiste exprime en une formule lumineuse : " Ecouter les images ". La finalité de cette approche anthropologique est tout autant linguistique qu'existentielle. Issus du répertoire magique des civilisations ancestrales, les morphèmes de Guimarães entendent exprimer au quotidien l'authenticité et la force d'impact d'un message qui se situe d'emblée au-delà de la pure narration ou de la simple décoration.

  • Ce livre rassemble 130 photographies de la comtesse de Castiglione - dont l'attitude étonnamment moderne n'est pas sans rappeler, avec un siècle d'avance, la démarche d'une Cindy Sherman, à la fois oeuvre, modèle et artiste de sa propre image - qui se fit photographier chaque jour par Pierre Louis Pierson (1822-1913) dans une toilette et une pose différentes comme si cette femme - qui fut, aux dires de tous, d'une beauté extraordinaire - avait voulu être elle-même une oeuvre d'art.
    Le texte d'André Maurois a été rédigé au moment de la vente des archives privées de la comtesse et celui de Marianne Nahon commente les photographies. Préface de Françoise Heilbrun, conservatrice en chef du département de la photographie du Musée d'Orsay.

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