Le Gac Press

  • C'est à la nuit tombée qu'il rejoint l'hôtel, recommandé peu avant son départ par une femme rencontrée à un dîner, assise à sa droite, dont le visage artificiellement juvénile l'avait tellement dérouté qu'il ne parvenait à en détacher son regard.
    « Surtout, prenez le temps de vous y arrêter, une nuit au moins, pourquoi pas un mois entier ? C'est un cadre idéal pour travailler, réfléchir, écrire, vous comprendrez. » lui avait-elle glissé dans un français alourdi par un accent aussi caricatural que celui de Miller, « presque aussi caricatural » pensa-t-il tout bas tout en lui souriant pour la remercier de ses conseils.
    L'hôtel est bien là, perché sur sa colline, imposante bâtisse d'influence hispanique dont il est incapable de déterminer l'époque, tant l'architecture est indéfinissable, mélange Rococo de cuivre, de pierre et de bois précieux, et les trombes d'eau qui l'ont surpris à sa sortie de l'aéroport ont maintenant cessé pour laisser place à une nuit claire, bien plus claire qu'ailleurs.

  • L'artiste brésilien Hélio Oiticica déclara en 1961 : « L'ère de la fin du tableau ».
    Il rajouta : « La peinture devait sortir du tableau, se compléter dans l'espace, non pas en apparence, superficiellement, mais dans son intégrité profonde » .
    Mathilde Roman s'empare de cette déclaration pour nous emmener faire un tour d'horizon des pratiques artistiques les plus contemporaines en matière d'installation vidéo. L'auteur convoque le théâtre et les arts de la scène en général comme nouvelle grille de lecture de l'art vidéo, de sa scénographie et de son travail sur le rôle du spectateur devenu acteur de et dans l'oeuvre.
    Roman annonce un « art de plateau » où « sculpture » et « scène » se conjuguent et triturent une des grandes notions du XXe siècle : l'espace-temps.
    L'ouvrage est un ensemble de réflexions sur les enjeux et les partis-pris qui sous-tendent ces pratiques artistiques.

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