Le Passage

  • Avec plus de 200 photographies originales et rarissimes, prises entre 1910 et 1939 à la naissance des studios à Paris, Berlin et Hollywood, Tournages nous plonge dans l'atmosphère fascinante et oubliée de l'époque du muet et des premiers pas du parlant, à la rencontre des grands maîtres du cinéma : David W. Griffith, Cecil B. DeMille, Friedrich W. Murnau, Fritz Lang, Erich von Stroheim, Ernst Lubitsch, Abel Gance, René Clair, Jean Renoir... Sur les plateaux de films légendaires tels Intolérance, Napoléon, Metropolis, Ben Hur, L'Aurore ou L'Ange bleu, l'occasion de retrouver les plus grands acteurs que furent Marlene Dietrich, Greta Garbo, Clark Gable, Ingrid Bergman, John Wayne, Cary Grant, Katharine Hepburn, Michel Simon, Maurice Chevalier... l'occasion aussi de redécouvrir à leur origine le métier d'opérateur, les conditions de tournage, les techniques de décors, ou encore les relations entre cinéastes, acteurs et techniciens sur le plateau. Ces vintages uniques proviennent de la collection de la Cinémathèque française et d'une collection privée : le fonds Isabelle Champion.

  • La Réunion du Conseil national de l'audiovisuel... réunit douze nouvelles oulipiennes. Dans ce recueil jubilatoire, Ragnar Helgi Ólafsson joue avec les mots autant qu'avec les divers modes d'écriture (récit épistolaire, conte fantastique, rapport administratif...). Mais c'est là pour mieux pointer avec humour et tendresse, les limites de la condition humaine et la tendance quasi maniaque de l'homme à vouloir contrôler et organiser chacun des aspects de son existence.

  • Cinéaste éclectique, passant sans difficulté d'un genre à l'autre, Steven Spielberg a trop souvent la réputation d'un réalisateur de grand talent mais aux idées simples, voire pauvres. Or, un examen un tant soit peu attentif de ses films révèle une véritable profondeur de pensée. Humaniste convaincu, Spielberg n'en reste pas moins obsédé par l'inhumain mais révèle un optimisme teinté de pessimisme, une lumière voilée par les ténèbres. L'étude d'un corpus circonscrit permet de mettre au jour une éthique et une métaphysique nuancées : loin de tout dogmatisme, l'humanisme spielbergien veut croire en l'homme, tout en étant lucide sur la difficulté d'une réconciliation de ce dernier avec lui-même et avec le monde.

  • Souvent vanté pour sa contribution essentielle à l'histoire du western, John Ford est pourtant le réalisateur d'une oeuvre hétérogène où se mêlent documentaires, films éducatifs, épisodes de séries télévisées, westerns et drames dans lesquels se fond, avec constance, une veine plus fantaisiste. Ignorée, cette dernière révèle toutefois une part de son tempérament, toujours prompt à se délecter d'une dimension humoristique.

    Depuis la filiation au comique de Mack Sennett jusqu'à l'humour étranglé de The Last Hurrah, les auteurs revisitent ici les passages comiques présents dans les chefs d'oeuvres, dans les fantaisies des années 1930-1940, comme dans les films plus inclassables mettant à l'honneur le talent picaresque du cinéaste.

  • En marge de ses activités de médecin et de romancier, Martin Winckler nourrit une véritable passion pour la fiction télévisée, genre plébiscité par le public mais encore mal connu et dédaigné par la critique.
    LES MIROIRS DE LA VIE, consacré aux séries télévisées américaines, passe en revue plus de trente séries dramatiques des vingt dernières années, devenues pour certaines d'immenses succès populaires en France. Il décrit les différents genres - séries policières, judiciaires, médicales, fantastiques et réalistes - et analyse dans le détail les oeuvres les plus représentatives : Urgences, Ally McBeal, New York Police Blues, Buffy contre les Vampires, X-Files, Star Trek, Le Caméléon, etc.
    Il insiste sur le fait que, loin de n'être que des " objets de consommation ", les séries dramatiques contemporaines, par leurs thèmes et leur construction, constituent de véritables miroirs de la société américaine et que les meilleures d'entre elles sont des fictions de grande qualité, dignes des meilleurs films et des meilleurs romans.

  • Dans la pénombre d'une salle de cinéma ou d'un salon familial se rejoue l'univers historique, dramatique ou mythologique de l'Antiquité sur toile de fond de notre imaginaire collectif. Que reste-t-il dans notre cinéma actuel des fameuses ruines romantiques et des artefacts brisés et incomplets, des fragments anciens, objets partiels qui ont fait l'identité visuelle de l'Antiquité depuis l'invention de l'archéologie jusqu'à nos jours?? Comment, dans ses mises en image de la culture populaire contemporaine (dessin animé, péplum 3D), l'objet antique en vient-il à être investi d'un pouvoir de métamorphose, dissolvant les frontières des mondes, des temps et des cultures comme par magie ? Au fil des chapitres, chacun constituant un cas d'étude, s'élabore une herméneutique de la réception antique à l'écran aujourd'hui, sous le régime de la métamorphose lumineuse et matériologique. Car tout est affaire d'éclairage, de regard que l'on pose, d'angle mort révélé, de matière qui s'illumine et se transforme.

  • Français Bars de buenos aires

    Constanza Mirre

    Certains bars de Buenos Aires sont uniquement fréquentés par des hommes.
    Ce sont des espaces où discussions, dialogues et monologues se répètent et se superposent à l'infini, comme un objet situé entre deux miroirs. Là les téléviseurs ne s'allument pas, les réfrigérateurs ne s'arrêtent pas de ronronner, les bouteilles ne se débouchent pas et la poussière ne s'essuie pas. Ces bars, qui passent presque toujours inaperçus pour le promeneur, se trouvent dispersés dans plusieurs quartiers de la ville.
    Ils sont néanmoins en voie de disparition et reflètent les habitudes d'une autre époque. Ils sont en général partie intégrante de L'habitation du propriétaire ou du gérant. Ce qui est privé ou intime devient ainsi public et vice-versa : ils sont comme un salon qui appartiendrait aussi bien au patron qu'à ses clients. Ces bars, dont les horaires d'ouverture varient selon le caractère de chacun, sont des entités uniques et irremplaçables.
    Chacun a une ambiance qui reflète la personnalité de son propriétaire. Parfois, c'est le patron en personne ou sa femme qui fait la cuisine ; parfois ce sont les sandwiches au saucisson qui prédominent. À la Casaquinta, ce sont les clients qui sont aux fourneaux. L'origine de ce livre remonte à 1991, quand Constanza Mirré est entrée dans un magasin qui faisait aussi office de bar et occupait une partie d'une maison en tôles de deux étages.
    Un membre de la famille propriétaire de ce commerce était assis à une des cinq petites tables et panait des escalopes milanaises. À partir de cet instant, la photographe a consacré trois années à saisir et à sauvegarder la magie de ces lieux.

  • Son nom est entré dans la légende avec une émission-phare, " Le Divan d'Henry Chapier ", qui, durant sept ans, a permis à des millions de téléspectateurs d'entrevoir l'intimité des stars et des réalisateurs.
    Si on se souvient de ses directs de Cannes, Venise ou Deauville, de sa voix mythique et de son redoutable talent de confesseur, on ignore souvent qu'Henry Chapier milite depuis son adolescence pour la cause du cinéma. Pour un cinéma de combat présente un choix de ses articles les plus engagés publiés de 1960 à 1978, et invite les jeunes générations à reprendre le flambeau. Ni histoire du cinéma, ni encyclopédie exhaustive, ces parti-pris et ces coups de coeur convoquent aussi bien Fellini que Henri Langlois, Jean-Luc Godard que Pasolini, Isabelle Adjani débutante qu'Alain Delon au temps de Visconti.
    Cet itinéraire passionné, fait d'enthousiasmes, de redoutables colères et d'un vigoureux appétit de transmettre, donne un ton inimitable à ces chroniques, où le plaisir d'écrire le dispute à l'humour. On entre dans ce livre comme dans le plus captivant des feuilletons. C'est la résurrection de la grande époque, pas si lointaine, où le cinéma, essentiel dans la vie de chacun, était un phénomène populaire, un enjeu polémique pour les habitués des écrans, et, pour Henry Chapier, un combat quotidien qu'il continue à mener aujourd'hui avec toujours autant de passion.

  • Français Montevideo

    Ann-Christine Wohrl

    Les photographies en noir et blanc d'Ann-Christine Wöhrl captent l'esprit d'une ville unique au monde.
    Montevideo, qui s'élève lentement au-dessus d'une baie naturelle, sur la rive nord du Rio de la Plata, a eu un nom avant d'exister : la légende veut que l'une des vigies de l'expédition de Magellan se soit exclamée " monte vide eu ", subjuguée par le Cerro aperçu dès l'entrée du fleuve. Montevideo fut fondée en 1724, érigée comme un mur de défense plutôt que comme une ville afin de protéger les Espagnols des sièges des Portugais et des attaques de flibustiers et corsaires français et anglais.
    Mais à peine ses premiers habitants installés - originaires de Buenos Aires pour la plupart et des Canaries pour certains -, ils ressentirent la démesure d'horizons aperçus depuis la côte d'un fleuve qu'ils aiment et célèbrent comme s'il s'agissait de la mer. Les côtes du fleuve sont pour Montevideo une aire de paix et de divertissements vers laquelle tendent toutes les rues et tous les regards de ses habitants.
    Ce n'est pas un hasard si la moitié des Uruguayens, 1,5 million de personnes, a choisi d'habiter à Montevideo. Le rythme urbain, cadencé et suave tout comme les après-midi calmes, est une composante du tempérament des habitants. À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, la population de Montevideo s'est enrichie de l'arrivée d'immigrants espagnols, africains, français, italiens, allemands, anglais et suisses.
    L'heureuse rencontre de tant de traditions différentes a construit petit à petit un vigoureux éclectisme. C'est l'enchantement de ce cosmopolitisme que nous raconte ce livre ; La Rambla et le centre historique, le stade Centenario et les danses du Carnaval, les vertiges de la grande avenue et le charme tranquille des places de quartier. Plutôt qu'un témoignage, cette oeuvre nous révèle l'extraordinaire dimension prise, à Montevideo, par les actes du quotidien.

  • Français Deplacements

    Blom Jean-Baptiste

    Le graphisme est un art de l'assemblage, du collage et de la synthèse dont les différentes formes exploitent à peu près toutes les techniques de reproduction et croisent toutes les tendances de l'art contemporain.
    C'est en découvrant un rapport singulier de la photographie avec le graphisme, dont le travail de Roman Cieslewicz ou de Gunter Rambow est emblématique, que Jean Baptiste Blom a poursuivi ses recherches au point de fondre la photographie, le graphisme et la peinture en un seul médium. Son travail, le photographisme, traverse des courants de la photographie plasticienne, illustrés notamment par Richard Hamilton, Robert Cumings ou encore Markus Raetz.
    Déplacements présente des photographies dont les sujets et les thèmes résultent autant de commandes confiées à l'auteur que de son travail de studio. Il s'agit même de ne pas y voir de différences, d'où son titre. Le photographisme de Jean Baptiste Blom tente de nous conduire à cette " évidence poétique " dont parlait Paul Eluard, qui se saisit encore et toujours " aussi bien dans la froide nécessité, celle de connaître ou de mieux manger, que dans le goût du merveilleux ".

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