Lemieux

  • Quel est le point commun entre Danièle Darrieux et Suzy Delair ?
    Outre le fait qu'elles seront centenaires cette année, elles jouèrent, à l'instar de beaucoup de leur contemporains, dans les films produits sous l'Occupation par Continental films (1940-1944).
    Si le spectateur de 2017 connaît les films considérés comme des classiques tels que L'Assassinat du Père Noël, L'assassin habite au 21, Le Corbeau, Au bonheur des dames ou certains Maigret, il ignore sans doute tout de cette boîte de production française à capitaux allemands. Cette fabrique d'images, créée par Goebbels et conduite par l'intrigant Alfred Greven (quasi inconnu et qui le demeurera après-guerre sans être inquiété), a produit une trentaine de films et su recruter la fine fleur du cinéma, côté cinéastes (Clouzot, Le Chanois, Tourneur, Cayatte...) comme côté acteurs (Harry Baur, Fernandel, Raimu, Albert Préjean...).
    Un journaliste d'investigation, fou de cinéma, a reconstitué l'histoire incroyable de cette maison. D'archives en découvertes, d'informations inédites en récits personnels de ceux qui ont imaginé, scénarisé, réalisé et joué pour la Continental, le récit prend une ampleur de roman épique et choral. Il relève bien des mystères et des charmes du cinéma français. De l'obscurité des salles de cinéma de la Continental ressortent des visages terribles ou émouvants, graves ou grotesques du cinéma, de la guerre et de la collaboration.

  • « Dès mes premiers pas dans le photojournalisme, je me rends compte qu'il n'y a rien de moins objectif qu'un objectif photographique ! Que l'image faite par le photographe dépend de ce qu'il veut lui faire dire. Qu'elle est fiancée à sa légende. Qu'elle est même dépendante du journal qui la donne à voir. L'objectivité dans tout ça ?. J'ai pris parti ! Je ne suis pas objectif ! J'ai aussi des choses à dire, certain qu'il faut les transmettre ! Je veux faire des images qui traduisent mes propres convictions ! Qui vont dans le sens des idées que je veux partager, propager ! Soumettre l'objectif de mon appareil à ma propre objectivité ! » Ainsi se présente Gérald Bloncourt, photographe et révolté dans l'âme, qui depuis plus d'un demi-siècle n'a de cesse de capturer et faire aimer les personnages d'une France rebelle et fière. Ce fils de révolutionnaires haïtiens et guadeloupéens, a du, menacé de mort, quitter son île natale pour rejoindre Paris dans les décombres de 1945. Des bidonvilles de Nanterre aux corons, des Trente Glorieuses à la désindustrialisation des années 80, jusqu'au xxie siècle et ses nouvelles injustices, il n'a eu de cesse de raconter les marges et les oubliés d'une France qu'il aime dans ses profondeurs. Une leçon de vie, une leçon de photojournalisme.

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