Lienart

  • L'ouvrage offre l'occasion de porter un nouveau regard sur un fonds d'images atypique au sein de la production visuelle des premières décennies du xxe siècle : les autochromes - premier procédé de photographie en couleur - et les films pris à Paris par les opérateurs des Archives de la Planète. Cette vaste et noble entreprise, imaginée par Albert Kahn (1860-1940), banquier, mécène utopiste et pacifiste, poursuivait l'ambition « d'établir un dossier de l'humanité prise en pleine vie », à un moment charnière de son histoire, à « l'heure critique » de changements aussi profonds qu'inéluctables.
    Le fonds « Paris » des Archives de la Planète participe pleinement de cette volonté de documenter le monde par la photographie.
    Avec près de 5 000 autochromes et 90 000 mètres de films, il constitue l'un des plus importants fonds d'images photographiques et cinématographiques du début du xxe siècle consacrés à la capitale.
    L'ouvrage montre les particularités de cette remarquable collection qui couvre, en images couleurs et films, plus de vingt ans d'histoire de la ville. Il souligne ses liens étroits avec les grandes questions urbaines qui ont accompagné sa mutation au cours de cette période, qui la façonnèrent en ville moderne, la délivrèrent du carcan des fortifications de Thiers, à la genèse du Grand Paris. Un parcours immersif, au coeur de l'image, propre à montrer le glissement d'une capitale intemporelle, en cours de patrimonialisation, estimant son passé, vers une métropole soucieuse de progrès, tournée vers l'avenir.

  • Français Sabine Pigalle

    ,

    • Lienart
    • 1 October 2020

    Sabine Pigalle, artiste visuelle privilégiant le medium photographique, née en 1963, s'inscrit dans la mouvance d'une nouvelle génération d'artistes qui naviguent aux frontières troubles de la réalité et de la fiction. Les principaux axes de son travail interrogent mythe, patrimoine, mémoire collective, et se concentrent autour du portrait traité comme représentation d'archétypes décalés. Sabine Pigalle produit des oeuvres transversales et accomplit la rencontre entre les territoires de la peinture et de la photographie, mais aussi entre l'art ancien et l'art contemporain, entre le figuratif et l'abstrait.
    L'ouvrage présente deux séries principales. La première, Timequakes, rend hommage à la peinture humaniste. Mêlant des peintures exécutées par les maîtres de la Renaissance, des photographies de flux lumineux abstraits et des portraits contemporains à la beauté intemporelle, ces collages digitaux opèrent une collision temporelle. Superposé et sédimenté sous les strates d'époques différentes, tant picturales que photographiques, le temps, passé et présent, est compressé.
    Métaphoriquement, ces oeuvres rendent compte de notre héritage culturel.
    Dans In Mémoriam, Sabine Pigalle interroge notre rapport à l'image, mais aussi au temps et à l'identité. Elle crée un musée imaginaire, une mythologie contemporaine, en détournant le sens initial des oeuvres qu'elle revisite. Au moyen de techniques de compositions fusionnées, la géologie de la mémoire opère. Ses oeuvres donnent à voir des images d'aujourd'hui qui résonnent en chacun de nous et qui manipulent notre perception, en activant le souvenir d'une oeuvre familière, car ancrée dans notre inconscient collectif, mais qui cependant n'existe pas. En outre, elle démontre que, tant sur le plan personnel que collectif, la vérité peut être factice et la mémoire lacunaire. Une plongée dans un univers aussi intrigant que déroutant.

  • Français Les archives de la planète

    Collectif

    • Lienart
    • 28 March 2019

    Banquier richissime, amateur éclairé, humaniste artisan d'un projet pacificateur, Albert Kahn a investi la plus grande partie de sa fortune personnelle dans un immense projet, au nom du progrès des sciences sociales et de l'humanité, désireux de donner aux hommes les moyens de mieux se connaître. De cette volonté, il reste le fonds des Archives de la Planète, inventaire des réalités culturelles saisies à travers près de soixante-douze mille autochromes et plus d'une centaine d'heures de films.
    Derrière une homogénéité des supports, les Archives de la Planète constituent un projet polysémique, présentant une réelle hétérogénéité des sujets traités, croisant différents types de récits, disciplines, influences, relations à l'ailleurs... Ce projet s'inscrit en effet au coeur d'une époque complexe, charnière entre deux siècles, aux références multiples. Il rend compte d'un monde qui se modifie en profondeur, qui s'étend en même temps qu'il se circonscrit. Un monde dont les parties nouvellement mises en contact communiquent, s'influencent, s'affrontent... Un monde où un progrès technologique sans précédent permet de raccourcir les distances, d'explorer l'infiniment grand et l'infiniment petit, d'enregistrer mécaniquement le réel...
    Une oeuvre foisonnante, faite d'images convenues ou inattendues, belles ou banales, vite oubliées ou inscrites durablement dans l'imaginaire collectif.

  • Français Le mystère Clouzot

    Collectif

    • Lienart
    • 5 October 2017

    L'Enfer, La Prisonnière , Quai des Orfèvres , Le Salaire de la peur , Les Diaboliques ... Dans la mémoire cinéphile, le nom d'Henri-Georges Clouzot est associé à cette « qualité française » que contestèrent les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague : un cinéma lisse, artisanal sinon académique, en tout cas peu propice à soulever des émotions fortes. Pourtant, les fi lms de Clouzot continuent de fasciner. En témoignent les remakes, les rediffusions qui attirent une large audience ou le succès du documentaire sur L'Enfer . C'est la redécouverte de ce versant expérimental qui donne envie de se pencher sur le « mystère Clouzot », caché derrière sa réputation convenue de raconteur d'histoires effi cace. Il y a un mystère Clouzot, il y a même un vertige et une folie qui n'appartiennent qu'à lui, et qui le ramènent sans cesse au même point : la recherche d'une forme idéale, une forme que l'artiste pourrait maîtriser totalement et qui deviendrait la fi gure même de la vérité. Cette ambition insensée, il l'a côtoyée - sans jamais tout à fait l'étreindre - dans ses portraits fi lmés de grands artistes ( Le Mystère Picasso par exemple), ou lors des projets réfl exifs qui traversent sa dernière période. Mais elle est déjà présente, comme une obsession lancinante, dans le cinéma soi-disant classique qui l'a rendu célèbre. L'ouvrage aborde, à la lumière d'une riche et inédite iconographie, le rapport de Clouzot aux arts plastiques et à la modernité picturale mais aussi sa pratique photographique ou sa passion de la musique.

  • Français Lucien Hervé

    Collectif

    • Lienart
    • 23 November 2017

    Lucien Hervé (1910-2007), d'origine hongroise, est reconnu comme l'un des plus grands photographes d'architecture. Outre la reconnaissance internationale, la quinzaine d'années de sa collaboration avec Le Corbusier lui a offert un sujet original et unique.
    L'oeuvre de l'architecte lui a permis de devenir constructeur de l'image : un détail pour parler de l'ensemble, le tranchant entre l'ombre et lumière pour exprimer l'espace. Si ses principaux collaborateurs ont été des architectes, le parcours de l'artiste ne s'est pas restreint à l'architecture. Or, cette partie de son oeuvre reste relativement méconnue du grand public.
    Lucien Hervé était humaniste, profondément intéressé par la diversité des cultures rencontrées à l'occasion de ses nombreux voyages autour du monde. En Inde, au Pérou, aussi bien qu'en France, il sera attentif aux conditions de vie et de travail. Sans anecdotisme, il captera enfants et vieillards. Leur gestuelle sera un moyen pour lui de jouer avec la géométrie. Ses cadrages en plongée, ses vues en oblique, un certain dépouillement et une volonté d'abstraction caractérisent un style photographique très différent de celui de ses contemporains.
    L'ouvrage propose donc une approche inédite qui allie les photos sur l'architecture à celles sur « le vivant ». Cette juxtaposition forte entre les thèmes chers à l'artiste permet de mieux saisir la conviction qu'il exprimait : « L'humain se cache dans la manière de photographier. Quand je photographie un homme ou une architecture, mon point de vue reste le même. »

  • Ici tout n'est qu'ordre, cadrage, et rigueur de composition. Dans les photographies d'Olivier Garros (né en 1943) comme dans un logis aménagé de façon minimaliste. Pourtant Garros est un homme qui bout à l'intérieur d'une sensibilité vive, alimentée par un regard à trois cent soixante degrés sur le monde, les hommes et les femmes.
    La lame de Garros, c'est évidemment son Leica. Difficile d'imaginer reporter aussi soucieux des lignes, des formes, des sur- faces et des mille jongleries que permet l'écrasement en deux dimensions et en noir et blanc de notre monde tridimensionnel coloré. Pour autant, l'humain, le social même, ne sont pas occultés, comme en témoigne son travail sur les manifestations en général et celles de 1995 en particulier. C'est aussi un portraitiste qui sait obtenir de ses modèles, surtout féminins, une pré- sence d'une intensité émouvante jusqu'au trouble.
    Travaillant le noir et blanc mais aussi la couleur, deux volumes réunis sous coffret étaient nécessaires pour présenter les deux volets de l'oeuvre photographique de l'artiste.
    Olivier Garros a aussi brillé dans un exercice photographique peu pratiqué : l'illustration littéraire. Avec Le Voyage en Espagne de Théophile Gautier et Le rendez-vous de Patmos de Michel Déon, il a donné deux exemples très réussis d'un genre trop rarement osé par les éditeurs littéraires de nos jours. Reporter, photographe de studio, vidéaste, mais aussi opérateur de ciné-ma avec plusieurs films à son actif, Olivier Garros trace sa ligne, à l'écart.

    Un texte de Raymond Roussel accompagne le volume consacré à la photographie en noir et blanc?; Gérard Fromanger en signe un dans celui consacré à la couleur.

  • Photographe d'origine russe, né en 1930, Lionel Kazan se fait très vite un nom dans le milieu de la mode des années cinquante et soixante grâce à ses clichés réalisés pour Elle - magazine pour lequel il signera pas moins de 92 couvertures de 1953 à 1965 -, Nouveau Fémina, Vogue, Harper's Bazaar, Glamour, Marie-Claire. Il côtoie les plus grands photographes de mode de ces glorieuses années d'après guerre : Irving Penn, Richard Avedon, Cecil Beaton, Jean-Loup Sieff, Guy Bourdin.
    Il laisse d'innombrables trésors, que sa fi lle a récemment découvert dans de grandes boîtes Easten Kodak et qu'elle nous fait à son tour partager ici : des photographies inédites de Brigitte Bardot, des portraits de la toute jeune Catherine Deneuve à ses débuts, d'un Fernandel inattendu. Il a ainsi, à la faveur de son travail, photographié les plus grandes vedettes de ces années-là de Roger Vadim à Ingrid Bergman, de Coco Chanel à Yves Saint Laurent. L'ouvrage est une invitation à retraverser deux décennies à travers l'oeil d'un photographe : une peinture de l'atmosphère socio-culturelle, des styles vestimentaires, des icônes mais aussi des coulisses d'un métier, entre shooting et studios.
    Chronologique, le livre dévoile aussi l'intimité d'un homme. Sa fi lle, Alexandra Kazan, a selon ses propres mots cherché à « reconstituer son parcours, aller sur ses traces, remonter le temps. » On découvre ceux qui ont croisé sa route : Marc Allégret, qui lui offrira son premier appareil photo à l'âge de douze ans, Hélène Lazareff, Alex Liberman. On écoute ceux qui ont participé au monde de la mode de cette époque :
    Mannequins comme Bettina Graziani ou celle qui deviendra sa femme, Pia Rossilli, rédacteurs de magazines comme Claude Brouet ou Marie- Thérèse des Cars, photographes et amis, comme Gilles Bensimon ou Jean-François Clair, publicitaires comme Jean Feldman.
    Alternant documents d'archives, planches-contacts, tirages, reproductions de pages et couvertures de presse, l'ouvrage se termine sur les Swinging Sixties et les folles nuits au New Jimmy's admirablement rendus aussi sous la plume de Marc Desgrandchamps.

  • Daniel Boudinet

    Collectif

    • Lienart
    • 14 June 2018

    Connue grâce au Polaroid publié dans La Chambre claire de Roland Barthes en 1981, l'oeuvre de Daniel Boudinet est poly- morphe. Portraitiste d'acteurs ou d'écrivains, il sillonne aussi Paris - sur lequel il publie son premier ouvrage Bagdad-sur-Seine -, et voyage en Algérie, en Asie et au Moyen-Orient, d'où il rapporte des images en noir et blanc mais surtout en couleur.
    Lorsqu'il commence sa carrière au début des années 70, le noir et blanc reste de mise, notamment grâce aux effets esthé- tiques qu'il permet. Rapidement, Daniel Boudinet va pratiquer la couleur, jusque-là réservée soit à une pratique familiale et amateur, soit à la photographie d'auteur. La ville et son architecture, soulignée et sublimée par les lumières artifi cielles de la nuit, deviennent ses sujets de prédilection, lui permettant de retrouver alors, par son utilisation de la couleur, son métier premier de décorateur.
    Sa grande compréhension de l'architecture et des jeux que celle-ci peut créer avec la lumière l'amène à travailler pour l'Insti- tut français d'architecture ou pour la Caisse nationale des Monuments historiques. Patrimoniaux ou contemporains, les monu- ments y apparaissent dans leurs détails, symboles d'une présence humaine mais sans trace de vie.
    Tour à tour proche du journalisme, répondant à une commande, ou impliqué dans une démarche d'auteur, Daniel Boudinet se situe à l'exact point de rencontre de ces rôles, à une période - les années 70-80 - où s'invente le statut d'artiste photographe.

  • Surtout connu pour ses photographies autour des événements de Mai 68, Gilles Caron a laissé en à peine quatre ans une oeuvre extraordinairement riche et variée : témoignage historique, politique et artistique.
    Pompidou, de Gaulle, Brel, Truffaut, Bardot, autant de clichés aussi forts que ceux des GI blessés au Vietnam. Sa vie photographique est celle d'un photographe reporter d'agence de presse de la fin des années 60 qui, entre un Conseil des ministres et une première à Bobino, se retrouve dans les manifestations et sur des champs de bataille. Alternant documents d'archive, photographies, planches contact, reproductions de pages de presse, images et correspondance personnelles, clichés d'une époque saisie à vif, l'ouvrage sous forme de scrapbook offre une double lecture : le regard d'un photographe aux prises avec son siècle et l'histoire d'un homme, dont l'itinéraire et le parcours en subiront les bouleversements incessants.
    Les légendes volontairement courtes laissent place à la voix de Gilles Caron, notamment au travers de ses lettres à sa mère, une voix dont la portée politique et humaniste résonnera longtemps.

  • Alors que le numérique bouleverse en profondeur tous les usages du cinéma, en faisant notamment disparaître peu à peu la pellicule, support utilisé depuis les premiers pas du 7e art, cet ouvrage retrace les innombrables inventions techniques qui, les unes après les autres, ont modifi é, depuis Étienne-Jules Marey et les frères Lumière, l'image captée et projetée : une histoire de la technique du cinéma, longue, riche et variée. Né de la science et de la technique, le cinéma n'a cessé d'être bousculé et remis en question par les avancées industrielles et technologiques. Et ces bouleversements lui ont permis, à chaque fois, de se renouveler artistiquement. Un cheminement chronologique, à travers 120 dates essentielles, pour (re)visiter les successives métamorphoses de l'image animée au cours du XXe siècle et jusqu'en 2015.

  • Nous sommes en fin de journée. Alexandre décide de quitter la salle de microscopie après de longues heures passées à observer des micro-gouttes de cristaux liquides. Il éteint son microscope tandis que les derniers rayons du soleil d'hiver s'immiscent dans le laboratoire. L'envie lui prend de jeter un dernier coup d'oeil à son échantillon. Il est alors témoin d'un instant d'harmonie : la lumière naturelle, rasante, celle du soleil couchant, donne à cette goutte micrométrique l'aspect d'un soleil refroidi. Il immortilise l'instant sur une photographie. Une, parmi les quelque 80 présentées dans cet ouvrage. Des instantanés de beauté, saisis par des chercheurs, et qui évoquent la fragile et délicate harmonie de la nature. Révélant parfois l'invisible, jouant avec les échelles d'ob- servations, ces photographies déroutent et font travailler l'imaginaire ; elles sont autant emplies de mystère qu'empreintes d'une indiscutable vérité.

  • 1976-1986,  une decennie de couleur Nouv.

  • Omphalos

    Frédérique Lucien

    • Lienart
    • 7 March 2013

    À partir de techniques et de médiums différents - céramiques, crayons, gouaches, découpes de toile... - Frédérique Lucien questionne la ligne, sa fragilité, sa légèreté, la contradiction qui émane d'elle engendrant à la fois le plein et le vide.

    Cet ouvrage est publié à l'occasion de l'exposition Frédérique Lucien.
    Omphalos présentée à la galerie Jean Fournier, Paris, du 28 février au 20 avril 2013.

  • Français La langue géographique

    Elsa Mazeau

    • Lienart
    • 18 June 2011

    Le travail d'Elsa Mazeau s'inscrit dans le tissu social et explore les manières dont les individus sont déterminés par leur environnement. Le loisir, le temps libre, le travail, l'habitat sont autant de révélateurs des représentations identitaires, fantasmées ou réelles.
    Les images d'Elsa Mazeau parlent, et elles nous parlent. Elsa Mazeau transforme ainsi ceux qu'elle photographie et filme à la fois en modèles et en acteurs. Mais, elle ne leur demande jamais de se confesser devant l'appareil. Elle ne cherche en rien à « pénétrer », encore moins à rendre publique, leur intimité. Elle se comporte comme une enquêtrice, non en vue d'une enquête policière ou sociologique, mais davantage en rapport à une enquête d'opinion, se bornant à enregistrer les opinions et les choix de ceux qu'elle interroge.

  • Les Ames grises presente, dans le cadre du festival Allers-Retours de photographie contemporaine du musee Albert-Kahn, les oeuvres de huit photographes qui questionnent la narration liee aux conflits les plus sanglants, recents ou anciens. A lfindicible de la violence initiale succede lfecriture des evenements dans les livres dfhistoire. Entre ces deux etapes, le recit enfle.
    Dfindividuel, il devient collectif, de partisan et revendicatif, il devient progressivement neutre et factuel ; et bientot, le temps aura fait son oeuvre, seules les plaques commemoratives et les monuments aux morts temoigneront. Cette histoire commune, ecrite a posteriori, commence a lfinstant ou le traumatisme devient dicible ; ce qui la distingue de la demarche dfun grand reporter, qui produit des temoignages directs au plus pres du feu des combats. Les oeuvres, par lfattention portee aux marques indelebiles laissees dans les paysages, les corps ou les esprits, abordent la question de la memoire et du temps qui passe.
    Femmes rwandaises violees durant le genocide et leur enfant ne de ce viol portraitures par Jonathan Torgovnik ; diptyques confrontant portraits et paysages devastes realises au Liban par Rita Leistner ; exil des Espagnols, fuyant la victoire franquiste au terme de trois annees de guerre civile, relate par Laetitia Tura. Des soldats du Komala, opposes au regime iranien, rejouent sous lfoeil dfEmeric Lhuisset les scenes de leur propre vecu selon les conventions de la peinture de guerre du XIXe siecle ; le regard de Vasantha Yogananthan nous fait revivre la guerre sans repit du Sri Lanka. Camilla De Maffei se pose, elle, sur le mont Trebevi., dominant Sarajevo et ayant ete le theatre des jeux olympiques dfhiver avant dfetre occupe par les troupes bosno-serbes ; Bertrand Carriere nous embarque dans lfoperation Jubilee, tentative de debarquement des Allies menee a Dieppe, ou un quart des troupes canadiennes engagees ont peri ; enfin Patrick Tourneboeuf nous donne a voir la presence memorielle et monumentale de la Grande Guerre dans lfespace public francais.
    Autant dfallers et retours entre la subjectivite du photographe et la realite des sujets, dfallers et retours entre lfexperience artistique et sa lecture. Autant de regards engages sur la violence du monde contemporain, tout a la fois documentaires et sensibles. Autant de relectures qui sfinscrivent dans la perspective du projet dfArchives de la Planete lance par Albert Kahn au debut du XXe siecle.

  • La collection de photographies contemporaines du Musée de La Roche-sur-Yon comporte 262 pièces des années 1970 à nos jours.
    Forte d'une histoire d'une trentaine d'années, cette collection, atypique en France pour un musée de taille modeste, a la particularité d'être le fruit de deux grands moments de l'histoire de la photographie contemporaine : la première période, aujourd'hui historique des années 1970-1990, marquée par l'attention des artistes conceptuels aux fonctions documentaires, narratives et iconiques de la photographie et par les problématiques de renouvellement de la peinture après l'abstraction et le Pop art ; puis la seconde période du déploiement actuel de la photographie. Reconnu et institutionnalisé par la scène contemporaine, le médium photographique connaît depuis les années 2000 le développement d'un marché de l'art international. L'appropriation élargie de tous les modèles et formes photographiques existant depuis les origines du médium - du photoreportage à l'image publicitaire, en passant par la photographie intime, le portrait, le paysage, le récit, le lien avec le livre et l'écriture, etc. - et les mutations technologiques du médium ont fait émerger de nouvelles générations de photographes qu'il est vain de classer en écoles, tant leurs travaux se nourrissent de multiples héritages et infl uences.
    Riche par la qualité et la diversité des oeuvres qui y sont conservées - comme celles d'Andy Warhol, Jeff Wall, Cindy Sherman, Christian Boltanski, Annette Messager, Vik Muniz... -, la collection du musée va enfi n pouvoir accéder à la connaissance et à la reconnaissance par le grand public grâce à la publication de ce catalogue des collections.

  • Français Olivier Verley

    Gabriel Bauret

    • Lienart
    • 20 April 2017

    Le photographe Olivier Verley s'intéresse au patrimoine architectural et aux paysages, à la manière dont ils sont traversés, occupés, transformés... Il rend compte du temps immobile, du temps qui modifi e ce qui nous entoure. Ses photographies, réalisées essentiellement en argentique et en noir et blanc, sont ainsi un moyen d'inscrire notre environnement dans la mémoire individuelle et collective. Un travail de frein sur le temps qui passe.
    La plupart des oeuvres reproduites ici sont le refl et de l'évolution et des transformations d'un paysage bien particulier : celui du territoire du Vexin français, qu'Olivier Verley connaît bien puisqu'il vit et possède un atelier à Auvers-sur-Oise. Nous partons avec lui, notamment sur les bords de l'Oise, avec des clichés pris pendant les inondations de 2001 et 2006, mais aussi à la Plage de L'Isle-Adam, plus grande plage fl uviale de France créée en 1895.
    En parralèle, nous découvrons les paysages du Gers, dont la ruralité rappelle ceux du Vexin, à travers plusieurs photographies réalisées entre 1993 et 1996. Enfi n, une ouverture vers d'autres types de territoires et reliefs nous est proposée avec deux séries de clichés prises dans le parc national des Monts Sybillins en Italie et dans la région de Castille.

empty