Lucie

  • Français Disconnecting people

    Julien Falsimagne

    • Lucie
    • 14 March 2017

    Aujourd'hui, j'ai pris le métro pour la première fois au pays des nouvelles technologies, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, je n'ai pas été déçu.
    Comme dans de nombreuses grandes villes, le métro de Séoul est un moyen de transport privilégié pour éviter les bouchons qui saturent chaque jour les axes de cette mégalopole de dix millions d'habitants. Sous terre, les écrans envahissent l'espace, on en trouve aux quatre coins du quai et dans chaque rame. Le voyageur est sollicité à outrance, on l'informe sur son itinéraire, lui rappelle les règles de bonnes conduites et plus surprenant, on lui vente l'intérêt des opérations de chirurgie esthétique pour améliorer son sourire ou redresser ses jambes.

    Au-delà du tumulte ambiant, ce sont les usagers qui m'ont interpellé. Dans la rame, pas un passager ne tient un livre ou un journal, aucun ne se laisse aller à la rêverie, pourtant si commune aux voyageurs du quotidien. Au pays du géant mondial de la téléphonie mobile, la pratique veut que chaque individu ait les yeux rivés sur son smartphone avec au programme des jeux, des prêches évangéliques, l'actualité des réseaux sociaux, des films, des mangas, mais aussi les fameux dramas, sorte de telenovela dont les coréens raffolent. Depuis maintenant deux semaines que je parcours Séoul, cette ville m'apparaît comme un véritable terrain de jeu et si les sujets sont nombreux, le microcosme du métro s'avère être un bon indicateur de la société coréenne. Une amie me racontait un jour que contrairement en France où l'on affirme son identité avant de parler de ses originales sociales et culturelles, les Coréens confient d'abord d'où ils viennent plutôt que qui ils sont, laissant leur individualité de côté. Dans le métro, il en est tout autre. L'individualisme est le maître mot, chacun est dans sa bulle, ou plutôt dans son smartphone. C'est donc à la fois curieux et amusé que j'ai commencé à faire des photos et ironie de la chose, c'est avec mon smartphone que j'ai décidé de travailler.

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