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  • « Des fois je rêve d'une ville qui est Mexico, mais qui en même temps n'est pas Mexico. Je veux dire c'est une ville inconnue mais moi je la connais à cause d'autres rêves. » Les détectives sauvages Roberto Bolaño Fasciné par Les Détectives sauvages, roman fleuve de Roberto Bolaño, Julien Allouf décide de partir au Mexique emboîter le pas aux poètes réalviscéralistes dont il a suivi les errances à travers les rues de Mexico tout le long de sa lecture. Il décide de partir vivre (pour de vrai !) leurs aventures, de retrouver les bars qu'ils avaient fréquentés, les bancs, les parcs, les trottoirs qu'ils avaient arpentés... Et, par une suite de heureux hasards, il croise le chemin des poètes infraréalistes qui ont inspirés à Bolaño les personnages de son livre : Peau Divine, Ulises Lima, les soeurs Font...
    Il découvre leurs poèmes, leurs manifestes, leur quête : vivre la vie comme l'art et l'art comme la vie. « Convulsivement ». Et, petit à petit, il abandonne le livre pour se laisser gagner par la vie qui s'offre, un appareil photo à la main...
    Le journal de cette traversée se déploie entres lettres inédites, poèmes, manifestes et photographies et laisse apparaître, en filigrane, un portrait en creux de Roberto Bolaño et de l'infraréalisme, avant garde littéraire qu'il fonda en 1975 avec un groupe de jeunes poètes au coeur de l'effervescence

  • « Je ne suis pas un critique ou un spécialiste de l'histoire de la photographie, j'écris ce texte sur l'oeuvre de Bernard Plossu au regard de ce qu'elle me donne à penser, ce qu'elle m'apporte de connaissances sur le monde. Ce livre est une marche commune, une ballade à ses côtés où je dis comment je vois ses photographies, peut-être comment elles me voient elles-mêmes, comment elles m'atteignent. Ecrire en se laissant porter par le regard, sous l'empire de ses photos en essayant de comprendre ce qu'elles transforment en moi, les émotions qu'elles font naître, les rappels de mémoire. Ce n'est pas une biographie non plus, mais une conversation. Nous parlerons de voyage, d'amitié, de marche, de silence, d'un certain attachement à la solitude, à la contemplation. Au-delà de l'amitié, une connivence nous relie, une manière de toucher le monde par l'image pour Bernard Plossu, et pour moi par l'écriture, l'un et l'autre dans un affût qui ne cherche jamais l'appropriation mais le témoignage, épouser les mouvements du réel plutôt que de les commander. » David Le Breton

  • Ce livre est le fruit d'une rencontre entre une génération d'artistes syriens condamnés à l'exil pour leur engagement dans les Printemps arabes et des membres du monde français de l'art. Fin 2018 un collectif de professionnelles françaises et syriennes a organisé un programme de portes ouvertes d'ateliers d'artistes syriens à Paris, un colloque à l'école des Beauxarts de Paris et des expositions à la galerie Premier regard puis à la maison des arts de Malakoff. Ce livre recueille les traces de cette expérience. S'y entrecroisent l'histoire de la Syrie, l'histoire de la révolution et de l'exil, les récits intimes des artistes, le regard de la critique et historienne de l'art Corinne Rondeau et l'analyse sensible de la commissaire d'exposition Dunia Al Dahan.
    Ces voix multiples, riches en images, sont ponctuées de reproductions d'oeuvres prises lors de l'exposition « Où est la maison de mon ami ? » qui s'est tenue au printemps 2019 à la maison des arts de Malakoff.

  • Français Nouveau

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    • 14 January 2021

    Album concept réalisé autour du poète Germain Nouveau à l'occasion du centenaire de sa disparition (1920-2020), sous la forme d'un disque vinyle accompagné d'un livret photographique grand format de 32 pages. Germain Nouveau demeure encore une figure peu connue de l'histoire de la littérature moderne. Et pour cause : il passa une grande partie de sa vie à pourchasser les éditions de ses poèmes pour les détruire ! Pourtant, il fut un des grands hérauts de la poésie française avec ses compagnons Paul Verlaine et Arthur Rimbaud auprès desquels il écrivit une oeuvre étrange et contradictoire où voisinent érotisme et poésie sacrée.
    Personnage fascinant qui passa du dandysme libertin à une existence de "hobo" illuminé, il prit la route avant l'heure, en quête de la fameuse "Liberté libre" chère à son ami Arthur Rimbaud avec lequel il rédigea en 1874 les Illuminations. Considéré par André Breton et Louis Aragon comme "l'égal" de Rimbaud, il fut un des précurseurs du surréalisme.

  • Français La mue

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    • 8 November 2019

    Ayline Olukman élabore des natures mortes qu'elle mêle à ses peintures pour créer des paysages intimes et abstraits.
    Ces représentations ont éveillé en elle le désir de se confronter à la véritable échelle de paysages désertiques, ou au détail d'un corps. Le regard est sollicité dans un échange continu entre l'extérieur et l'intérieur, le reflet du miroir est une main tendue vers le spectateur ; un jeu de mise en abîme où la notion d'échelle et de réalité se perdent dans une série organique et sensuelle.
    Le monde est la matière et la vie le mouvement des formes. « La mue » se concentre sur le processus de création en soi, la recherche d'un sens d'appartenance au monde et au corps dans sa métamorphose. La limite de la peau est une géographie intime et pourtant universelle qui est le fil rouge de l'ouvrage.

  • Français Oublie oublie

    Anne Immelé

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    • 6 November 2020

    Le Nouveau Drouot est un quartier de Mulhouse voué à la démolition. Les photographies d'Anne Immelé témoignent d'édifices en sursis et rassemblent des portraits d'habitants dans des situations de vie difficile, dans l'incertitude de leur avenir, et parfois hantés par la nostalgie d'une enfance passée dans ce quartier construit dans les années 1950 pour accueillir les ouvriers de la reconstruction d'aprèsguerre.
    Par touches impressionnistes, le livre aborde le quartier de manière organique, montrant son évolution vers une inéluctable destruction.

  • Bernard Plossu parcourt l'Ouest américain de 1966 à 1985. Du Nouveau Mexique à la Californie, via le Nevada, l'Utah, l'Arizona, il photographie les signes, signaux, néons, panneaux et façades sur lesquels apparaissent cowboys et Indiens le long des routes qui traversent le désert. Par dérision, il appelle la série « De Buffalo Bill à Automo Bill ». Sous le regard amusé du photographe, les anciens ennemis, le cowboy, avec ses colts à la ceinture et son chapeau, et l'Indien, avec son tomahawk et sa coiffure en plumes, se livrent désormais une guerre commerciale en étant investis comme enseignes de boutiques rivales. Selon David Le Breton, ces photographies témoignent de la nostalgie inguérissable d'un monde amérindien disparu dont Bernard Plossu a longtemps rêvé. L'ombre des populations indiennes ayant vécu dans sa proximité continue à hanter le désert. Il y a là dans ces rochers et dans la nostalgie de la mesa, l'image possible d'une existence où la fêlure serait atténuée, où une hospitalité serait enfin pensable. Mémoire d'un monde sans séparation mais voué au dépouillement, à l'essentiel, à l'élémentaire.

  • Janine Bächle a photographié, à l'été 2015, deux Rainbow Gatherings (Rassemblements) en Italie et en Lituanie.
    L'on s'y retrouve pour vivre ensemble, dans la nature, pendant plusieurs semaines. Dans le livre, une préface de Katherina Perlongo et des textes de l'auteur accompagnent des triptyques composés d'un portrait, d'une habitation temporaire et d'un document écrit à la main. Les textes manuscrits expliquent le choix de cette forme de vie : le désir de vivre en harmonie avec la nature, l'intérêt pour un mode de vie écologique, le contentement d'une vie de simplicité, le pacifisme et l'échange entre des cultures et nationalités diverses. Pour les gens qui participent à ces Rainbow Gatherings, le développement personnel, l'augmentation de la conscience, la guérison physique et psychologique sont particulièrement importants.

  • Un enfant se saisit d'un appareil photographique pour la première fois à Raqa, durant l'été 2010 et cadre des visages dans la rue. Il s'amuse parfois à en rogner une partie. Cette situation et la fiction qui va peu à peu en naître est encore un brouillon. Les visages montrés ici respiraient tous l'air commun d'un seul bout de rue. Il y a de cela treize mois. Ils de croisaient, s'apercevaient. Le drame syrien n'est pas encore perceptible parmi ces présences qui absorbent notre regard. Il est ici un film transparent, le faisceau d'une intention dont nous choisirons sans doute de recouvrir ces photographies ; un casting. Car regardons encore : les visages disposés sous nos yeux sont ceux de manifestants, de policiers, d'indics, de chabbihas (1), de mukhabarats (2), de victimes : de rebelles, d'indifférents, de pleures, de torturés. Mais aucun des costumes n'est encore endossé. Chacun est le personnage qu'il sera bientôt mais dans la plus grande discrétion.

    L'enfant sait-il de quel côté de l'Histoire vont tomber les visages qu'il fixe ?


    (1) Miliciens civils (2) Membres de la police secrète syrienne

  • Français Les sentiments de l'été

    Pascal Bastien

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    • 21 November 2018

    Quand Pascal Bastien se promène dans les pas de Jacques Henri Lartigue, il photographie sur le vif le littoral éclatant de lumière, de préférence au 6 x 6 et en noir et blanc. Corps alanguis au repos ou en suspension au moment de plonger dans la Méditerranée, scènes familiales pleines de drôlerie et de tendresse, visions cocasses ou paysages grandioses, le reporter a l'art de saisir au vol les petits détails qui font toute la poésie et le charme intemporel de l'été à Cap d'Ail. Au fil des images, la magie opère et l'on ressentirait presque la chaleur du soleil et le picotement du sel sur la peau.
    De ce livre se dégage une certaine idée du bonheur qui reviendra peut-être... L'été prochain.

  • Texte et photos. Durant une trentaine d'années, les mots de Daniel Carrot et les photos de Philip Anstett ont très souvent fait page commune dans les Dernières Nouvelles d'Alsace. Un duo de choc, de bric et de rock, qui fixa dans l'encre et le révélateur les nuits électriques mulhousiennes, mais pas seulement, entre 70's et an 2000.

  • Une ville marquée par l'Histoire : cela se dit de beaucoup d'entre elles, mais à Berlin qui, pour l'histoire récente - celle des deux siècles passés - devrait être l'emblème même d'une telle empreinte, le paradoxe est que, plus de vingt ans désormais après la réunification, cela ne se voie plus tellement. Certes, les traces, pour qui s'en ferait le sourcier, restent nombreuses, et plus particulièrement dans certains quartiers, mais dans ce que l'on pourrait appeler le centre et, par conséquent, là même où les destructions puis la visibilité de la division furent extrêmes, l'impression majeure que ressent le visiteur est celle d'une ville neuve et moderne, en partie transparente, où il semble que la volonté d'oubli (mais est-ce vraiment une volonté, ou un réflexe vital ?) ait triomphé.

  • Fourt

    Yves Tenret

    Au début des années 60, un jour de grève générale, des enfants traversent la Belgique en ravageant tout sur leur passage. Et en particulier le langage.
    Des barbarismes apparaissent et la plupart des petits mots disparaissent.
    Ce récit de la dérive d'une bande de gosses laissés à eux-mêmes est encore plus expérimental que ne l'étaient les textes disparates et aventureux de Funky Boy à propos desquels, dans l'Hebdo, Patrick Morier-Genoud traça ce portrait d'Yves Tenret du temps de sa vie lausannoise : « Il riait fort, grimpait sur les tables pour un oui ou pour un non, n'était ni prévenant ni poli. Et il parlait, parlait et parlait ». Maintenant, il se tait et, pour compenser, a décidé de publier un livre tous les six mois.

  • Français La photo du jour

    Philippe Lutz

    Depuis le 2 septembre 1999, Philippe Lutz prend une photographie qu'il met ensuite en ligne sur son site la-photo-du-jour.com. Après seize ans de présence virtuelle sur Internet, il franchit aujourd'hui le pas de la publication papier.

    Dans une interview pleine d'humour menée par le photographe Eric Franceschi, et suivie de vingt-six petits chapitres alphabétiques dans lesquels il associe photographies et histoires personnelles, Philippe Lutz raconte comment la contrainte qu'il s'est imposée est devenue un véritable rituel dont il ne saurait plus se passer, ainsi que le moteur de sa création photographique.

    Un livre tour à tour drôle, tendre et grave, qui fait le récit d'une expérience au long cours intimement liée au quotidien et permise par l'avènement de la photographie numérique et de l'Internet.

  • Pour se souvenir de l'enfant en nous... se rappeler ce qu'on voulait devenir, pour ne pas oublier.
    Je me suis perdu dans les rues d'Istanbul et j'ai demandé à ses habitants de jouer à sauter en l'air... le temps d'une photo.

  • Avec ce récit photographique conçu comme un journal entrecoupé de flashbacks, le photographe Pascal Bastien nous invite à le suivre au quotidien pendant toute une année.
    Image par image, il nous fait découvrir sa passion pour le cinéma, son rôle de père, sa profession, ses fixettes, ses joies et ses difficultés.
    On suit ses pérégrinations de la Méditerranée à la vallée du Rhin au fil des saisons, pas toujours très clémentes.

  • Traqueuse de fantômes

    Laure Vasconi

    Du Caire à Rome, d'Hollywood à Babelsberg, de Paramount à Fox, Laure Vasconi a vadrouillé, déambulé, ?âné, rêvé, toujours armée de sa prothèse devenue naturelle, l'appareil photo. Dans des studios plus ou moins en activité, en sommeil, voire en déshérence, elle a observé les coulisses des usines à rêves du XXème siècle, capté l'envers, les plis, l'inconscient du cinéma, saisi le hors champ des ?lms. Dans des locaux le plus souvent déserts, mais parfois peuplés de quelques employés, fourmis invisibles mais indispensables de la grande ruche cinéma, elle n'a eu de cesse de photographier ce que les foules ne voient jamais : la béance du cinéma, la latence entre les ?lms, avant ou après que ceux-ci soient fabriqués.

  • Français Les années combi

    Françoise Saur

    Dans Les années Combi, la photographe Françoise Saur rend un hommage buissonnier au fameux camping-car Volkswagen qui n'a cessé de se réinventer depuis 1950.
    Ce fidèle compagnon de route des routards et des familles nombreuses est aussi un sujet photographique qui n'aime rien tant que se glisser en douce dans le cadre.
    Qu'il s'installe dans le paysage le temps d'une pause casse-croûte, qu'il serve de refuge à la famille pendant l'orage ou serpente sur une route de montagne, le Combi, vu du dedans ou du dehors, s'invite à chaque page de ce petit road trip familial. Comme l'écrit joliment Michèle Lision dans le texte qui se faufile entre les images, « les années Combi sont des années de fraternité, d'amitié, d'huile de moteur, de vis-écrous, de stations-essence, de dépanneuses. » Baignée de lumière, la vie défile à toute blinde mais sans heurts dans le Combi de Françoise : famille voyageuse, famille heureuse !
    Texte de Michèle Lision

  • Clint Eastwood et Machiavel ; Kant et Le Train sifflera trois fois ; Wittgenstein et Sam Peckinpah ; Spinoza et Le Fils du désert ; Paul Ricoeur et Dead Man ; Django et Platon...

    C'est à partir de ces rapprochements que Marc Rosmini nous montre qu'une attention précise portée au western constitue une voie privilégiée vers la réflexion philosophique.
    La connaissance de soi, l'interprétation, le bien et le mal, le vrai et le faux, la réalité et le simulacre, la violence et le droit : toutes ces notions sont interrogées dans cet essai stimulant, qui entrecroise constamment l'analyse conceptuelle et la lecture de quelques séquences parmi les plus mémorables de l'histoire du cinéma.

  • Toujours accompagné d'un appareil de format 6x6 chargé d'une pellicule noir et blanc, Pascal Bastien poursuit depuis 2012 un travail de narration photographique à partir de scènes de sa vie de famille et de son travail de reporter de presse.

  • Français A taste for Mulhouse

    Martin Parr

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    • 20 January 2016

    Martin Parr pose son regard aigu sur le quartier populaire et métissé de la Cité-Briand à Mulhouse. Ses photos ont été exposées à La Filature du 11 mars au 10 mai 2015 avec deux séries emblématiques de son oeuvre, The Last Resort et Signs of the Times.
    C'est sur une invitation de La Filature que Martin Parr a accepté de séjourner quelques jours dans l'emblématique quartier Cité-Briand composé des « carrés mulhousiens », maisonnettes mitoyennes avec petits jardins imaginées par les industriels au 19e siècle autour des grands sites de production textile. Durant son séjour, Martin Parr rencontre des commerçants du quartier, des marchands ambulants de la place du marché et une trentaine d'habitants à leur domicile. Chez ces derniers, il s'attache à faire des portraits et à reproduire certains détails de leurs intérieurs. Ses hôtes lui parlent de leurs origines, de la vie de quartier, de leur vie de famille ; le photographe examine soigneusement chaque pièce, en observe chaque objet, chaque détail. Puis il appuie sur le bouton. Souvent en approchant très près un objectif macro, pour retrouver des motifs, des formes, des couleurs qui alimentent nombre de ses séries. Les natures mortes terminées, il se tourne vers ses sujets, les dirige, leur donne quelques indications de pose, d'attitude (pas de sourire) et très vite, déclenche l'appareil. Le portrait dans la boîte, il ponctue la séance d'un sourire. Martin Parr prend plus de 500 photos, une sélection est retenue pour être présentée à La Filature. Cette série réalisée à Mulhouse prolonge le projet que le photographe mène depuis plus de trente ans sur le thème de la consommation dans notre société occidentale. On y retrouve ses obsessions, son goût du kitsch, son attirance pour la surabondance. On y retrouve bien sûr aussi son regard intuitif sur notre société.
    Remerciements aux habitants du quartier Cité-Briand, Mulhouse

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