Mimesis

  • Il y avait autrefois le cinéma, la photo, la peinture. Il y a désormais, de plus en plus, des images. Des passages entre les images : l'entre-images. Entre ces images, ces passages, il faut choisir : les representations, les oeuvres, par quoi faire exister encore un monde, et un art. Les essais rassemblés dans ce livre ne cherchent pas à faire, directement, l'histoire ou la théorie de l'entre-images. Ils tentent plutôt d'en dessiner le champ, d'en formuler l'expérience. Un livre sur le cinéma, l'un des premiers sur l'art vidéo, où la photo est très présente, plus comme horizon et limite qu'en tant qu'art.
    Un livre attaché aux images, porté par leur passion.

  • En 1929, Eisenstein prononce une conférence lors de la grande exposition de cinéma et photo des avant-gardes internationales, à Stuttgart. Il y développe sa conception de l'art et du cinéma. Cet ouvrage propose une édition critique de ce texte fondamental : dans sa version initiale allemande et dans une traduction française inédite. Les variantes des différentes éditions et les notes additionnelles en russe sont également présentées. Dans sa deuxième partie l'ouvrage donne une définition du constructivisme au-delà du point de vue esthétique, en dessinant précisément le contexte culturel et politique de cette période. Sont enfin analysés les liens qu'Eisenstein a entretenu avec ce mouvement constructiviste - né dans les arts plastiques, étendu au théâtre et à la photographie, et enfin au cinéma.

  • Un essai sur le cinéma de la sensation consacré à la filmographie du réalisateur mexicain contemporain Carlos Reygadas. Le but est de cartographier, en partant d´une analyse précise de l´esthétique reygadienne, une certaine pratique « décroissante » du cinéma contemporain, qui cherche à élargir la sensibilité grâce à une extension audacieuse du dispositif cinématographique vers des sensorialités « autres » (végétales, animales, enfantines). Ce travail s´attache à prendre la mesure de l´écart iconoclaste du cinéma de Reygadas par rapport aux normes de composition du cinéma «classique». En sabotant le sujet implicite du regard cinématographique, en affectant le spectateur de devenirs-autres, de bifurcations de la sensibilité, d´excroissances de la perception, l´esthétique du sensible mise en oeuvre par Reygadas est une véritable politique du sensible.

  • Nombreux sont ceux qui ont cru à la mise en scène du pédé qui rôde dans la nuit à ses risques et périls, tué par un jeune homme et par quelques autres voyous fascistes et homophobes. Ils y ont cru par désinformation, par indifférence, par automatisme, par antipathie envers Pasolini, quelques-uns aussi par peur. Ils ont tous dogmatiquement épousé la thèse ofcielle, fermant les yeux sur ses évidentes contradictions et faisant taire leurs propres scrupules de vérité.
    Pédé, et c'est tout retrace la généalogie du dernier roman de Pasolini, Pétrole, publié posthume en 1992. L'ouvrage aurait été mis sous presse tronqué d'un ensemble de pages décisives. Cette reconstruction, qui jette enn une nouvelle lumière sur la mort de Pasolini, porte sur la découverte de nouveaux matériaux inédits que Pasolini conservait parmi les feuillets du manuscrit et qui sont ici publiés pour la première fois.

  • De la photo par Hill d'une petite pêcheuse de New Haven, Walter Benjamin a écrit que « le réel [y] a en quelque sorte brûlé le caractère d'image ». Ce n'est pas seulement à ce cliché de 1845 qu'il faut appliquer un tel jugement mais à l'ensemble de la photographie argentique. Tout au long de son histoire, l'image photographique a fait l'objet d'une suspicion sur sa véritable nature. Tantôt on a voulu la maquiller en représentation artistique et tantôt la réduire à une simple trace de réel. Mais il est peut-être temps, à présent que son histoire est achevée, de faire face à son hétérogénéité foncière. De Talbot à Boiffard, de Stieglitz à Walker Evans, des Becher à Denis Roche, la photographie aura été révélatrice d'une impureté beaucoup plus générale.
    Une impureté qui concerne aussi les autres arts mais que, sous leur vernis d'idéalité, nous n'avons pas su reconnaître.

  • Français Porno-théo-kolossal

    Pier Paolo Pasolini

    • Mimesis
    • 24 November 2016

    Porno-Théoo-Kolossal est le traitement du film éponyme que Pasolini s'apprêtait à tourner juste avant sa mort en 1975. Inédit en français, ce récit allégorique raconte l'histoire du voyage initiatique qu'accomplissent un Roi Mage et son serviteur pour se rendre à l'endroit où est né le Messie. Partis de Naples, ces deux personnages suivent l'étoile du berger à travers un long périple qui les mène d'abord à Sodome (Rome), puis à Gomorrhe (Milan) ensuite à Numance (Paris) et enfin à Ur. Au départ animés par le désir d'atteindre la vérité, les deux protagonistes réalisent finalement que dans la réalité il n'y a aucune vérité ultime à découvrir : ni le Messie ni le Paradis n'existent...

  • Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.

  • Cet essai historique s'intéresse aux discours ayant pointé l'existence d'un rapport privilégié entre Wagner et le cinéma. Il s'agit de mettre en lumière les généalogies en vertu desquelles les milieux cinématographiques ont pu s'approprier une certaine esthétique propre au wagnérisme. Le lieu commun d'un Wagner proto-hollywoodien, tourmenté par l'« immersion » technologique, fait notamment débat. Une première partie aborde les réflexions ayant cherché à définir le cinéma en tant que synthèse des formes d'expression artistique, en revenant sur les propos de divers théoriciens du cinéma, le scénographe Adolphe Appia ou le cinéaste S.
    M. Eisenstein. Une seconde partie envisage la référence à Wagner dans le domaine de la musique pour le film, plus particulièrement au travers du leitmotiv. Ancrée d'abord dans le grand spectacle « muet », cette tradition s'est vue récemment revitalisée au travers de blockbusters comme Star Wars ou The Lord of the Rings.

  • La théorie du film composée par Siegfried Kracauer (Francfort, 1889 - New York, 1966) développe une pensée critique, politique, jamais satisfaite, toujours aux aguets, à la recherche sans répit des failles, des fissures de l'histoire. S'engageant tour à tour sur les traces de sa pensée, cet ouvrage entend promouvoir une pensée critique du film et de l'histoire du cinéma à la lumière de l'oeuvre de Siegfried Kracauer. À partir notamment de Théorie du film et de L'Histoire. Des avant-dernières choses, seront ici interrogés les liens que Kracauer, ami proche de Theodor W. Adorno et de Walter Benjamin, établit entre l'histoire et le cinéma, entre les « médias photographiques » et d'autres pratiques artistiques.

  • Les relations entre les deux arts du temps et du mouvement, danse et cinéma, ont déjà fait l'objet de divers travaux, mais les problématiques restaient générales : comment le cinéma montre-t-il la danse ? Comment le cinéma fictionnet- il le monde de la danse ? Quelles sont les gains et les pertes de la rencontre entre ces deux arts (ce que le cinéma y gagnerait, ce que la danse y perdrait) ?
    L'hypothèse sera donc : comment parler de danse au cinéma au delà de l'évidence des performances ? Qu'entendre par les « danses idéales » créées par le cinéma selon le critique Ricciotto Canudo ?

  • Paris 1929. Eisenstein, Bataille, Buñuel : voilà l'histoire d'une série de rencontres et de coïncidences qui se produisent entre novembre 1929 et mai 1930, soit lors du séjour de Sergueï M. Eisenstein à Paris. Une période qui voit s'entrecroiser les vies et les activités intellectuelles d'Eisenstein, Georges Bataille, Luis Buñuel, ainsi que de James Joyce, Jean Painlevé et du groupe des ethnologues collaborant à la revue Documents. Le passage d'Eisenstein à Paris et ses contacts avec le milieu surréaliste « hétérodoxe » s'avèrent décisifs pour comprendre aussi bien la vision onirique et cruelle qui marquera le tournage de son film, non monté, Que viva Mexico ! (1931-32), que le « réalisme visionnaire » par lequel Luis Buñuel décrira la misère de l'Espagne rurale dans son documentaire Las Hurdes - Tierra sin Pan (1933).

  • En 1975, Laura Mulvey publie Plaisir visuel et cinéma narratif, texte polémique qui met en lumière la manière dont la forme filmique serait structurée par l'inconscient de la société patriarcale. C'est l'essai fondateur des études féministes sur le cinéma.
    Rédigés entre 1975 et 2011, les textes choisis dans ce volume sont marqués par la redécouverte féministe de la psychanalyse et les transformations induites par le développement des technologies numériques. Qu'elle s'attache à des genres ou à des auteurs incontournables (le western, le mélodrame, Ophüls, Hitchcock, Godard), qu'elle incarne l'avènement d'un « spectateur pensif », qu'elle analyse les paradoxes de l'esthétique hollywoodienne ou la compilation de films de propagande coloniale, Laura Mulvey fait preuve d'une cinéphilie active et engagée.

  • Le film populaire indien, lieu de postures et de motifs visuels et sonores sans cesse déclinés, fait siens les mythes ; ces derniers influent tant sur le contenu que sur la forme des fictions. La singularité de ce cinéma tient d'un travail d'hybridité : la mise en scène s'appuie sur le cadre du film formulatique (séquence musicale, frontalité, décor) pour mieux le torser. Cette torse passe par la répétition de motifs mythologiques, artistiques et par des références autres (historiques, politiques). En prenant la notion de « mythe » comme prisme, l'ouvrage permet d'interroger ces formes filmiques et leur rapport à la puissance des images. Qu'en est-il des formes filmiques dès lors qu'elles se mêlent à des enjeux mythiques et à des formes visuelles plus anciennes ? Cette réflexion sur les cinémas populaires croise alors l'art de bazar, l'imprimerie bon marché, la lanterne magique, le théâtre, la photographie et la série télévisée, non dans un fatras formel, mais dans l'intrication d'un champ visuel dense, riche et hétéroclite.
    C'est le cinéma qui donne une nouvelle forme à la mythologie, forme traversée d'une mémoire d'autres formes.

  • Ce livre vise à questionner les outils méthodologiques et les fondations théoriques de l'activité de restauration afin de les appliquer sur un corpus d'oeuvres trop souvent délaissées : Bruce Conner, Carolee Schneemann, Anthony McCall, Paul Sharits, entre autres.
    Conçu comme un dialogue entre les exigences de systématisation théorique et les spécificités des oeuvres, l'ouvrage défend une méthodologie ouverte et dynamique, à l'instar des objets considérés. En mobilisant des concepts issus de champs différents bien que complémentaires - de l'histoire de l'art à l'esthétique, tout en passant par l'histoire technologique du film -, ce livre dévoile l'activité herméneutique sous-jacente à toute entreprise de restauration.

  • Il est désormais évident que, un peu plus d'un siècle après la naissance du cinéma, les écrans sont devenus les dispositifs à travers lesquels nous regardons le monde. Il est non moins évident que ce n'est pas que notre manière de voir - investissant par ailleurs celle de percevoir, d'imaginer, de désirer - qui se construit à l'intérieur de ce dispositif, mais, inséparable d'elle, notre manière de penser. D'où la double formule qui compose le titre du présent volume, Voir selon les écrans, penser selon les écrans, et que les contributions ici rassemblées s'engagent à explorer, en enrichissant d'un échange réciproque leurs propres perspectives tirées de la philosophie, de l'iconologie, des théories du cinéma et des médias.

  • L'esthétique du cinéma muet américain des années 1910-1920 révèle non seulement une fonctionnalité mais également une intelligence des formes filmiques. Les assemblages non conventionnels laissent place à une reprise inventive des formes en usage : cut-backs, flashes, enchaînés, surimpressions.
    Si les films étudiés dans cet ouvrage partagent l'ambition de créer un cinéma d'idées, ils n'abandonnent cependant jamais les modes propres de la cinématographie hollywoodienne de l'époque : l'action et le spectacle. Comment composer alors ces trois éléments, l'idée, l'action et le spectacle, dans une harmonie de formes et contenus ?

  • Nanni Moretti est l'auteur italien qui, mieux que ses contemporains, a su lire et percevoir les égarements du présent, en représenter les fractures, en restituer les masques aussi bien privés que publics. De Io sono un autoarchico à Mia madre, le cinéma de Moretti a mis en images la radicalité d'une crise existentielle d'un sujet névrotique et fourvoyé, perdu, présent au monde à l'aide de déguisements idiosyncrasiques qui le placent, souvent, sous le signe du grotesque.
    En restituant son rapport lumineux à l'actualité, cet essai explore avec un regard singulier l'oeuvre du grand cinéaste italien. D'un cinéma, celui de Moretti, qui fusionne le comique et le tragique et nous restitue sans cesse un présent inquiet, non-résolu, douloureux ; un présent qu'il continue de traverser pour nous aider à nous y retrouver.

  • Au fil de l'histoire du cinéma, les gestes filmiques ont contribué à une « réflexion » esthétique qui a su suivre l'évolution des moyens techniques. D'autre part, les gestes filmés ont participé à la figuration d'une humanité prise entre le retour d'une gestualité perdue et le risque d'une dépossession de soi, liée à l'âge des machines. Sur des objets divers, les textes rassemblés ici explorent cette tension entre techniques et corps qui caractérise notre relation aux images et aux médias. Ce livre associe de la sorte des approches anthropologiques, esthétiques et historiennes : il s'interroge sur le déclin ou l'invention de certains gestes, étudie des questions de figuration gestuelle, et montre enfin comment le cinéma a su intégrer des conceptions du geste provenant d'autres domaines, culturels, scientifiques ou techniques. Apparaissent ainsi la complexité de l'articulation entre gestes filmés et gestes filmiques, dans des régimes spatiotemporels spécifiques, à l'orée du « deuxième âge des machines ».

  • Ce livre s'adresse à tous ceux qui sont entrés dans une salle de ciné-ma au moins une fois dans leur vie, mais aussi à ceux qui s'intéressent à la philosophie. À ces esprits qui se posent depuis tou-jours des questions obsessionnelles sans réponse définitive. Quel dé-sir nous incite à acheter un billet pour assister à la projection du der-nier film à l'affiche ? Le fait est que le cinéma représente une moda-lité de l'expérience tout à fait exceptionnelle, « unique », semblable à celle que la philosophie définit comme une expérience de vérité. Ce livre s'interroge sur le cinéma en tant que figure unique de cette épochê, une belle occasion de toucher du doigt (mais aussi de l'oeil et de l'oreille) ce que l'intellect a toujours désigné comme but impossi-ble à atteindre, et comme expression originelle du paradoxe de la « vérité ».

  • Au milieu du siècle dernier, alors que l'image en mouvement s'est pleinement constituée comme forme culturelle et intellectuelle, la phénoménologie et l'esthétique du cinéma partagent le projet délicat d'une mise en suspens partielle du langage verbal. L'union des actes de vision et de pensée anime alors simultanément les écrits de Maurice Merleau-Ponty et de Jean Epstein, autour desquels de nouvelles pistes de réflexion se sont ouvertes ces dernières années. Chez le philosophe, cette nouvelle constitution du savoir se manifeste par le retour à l'attitude corporelle. Pour le cinéaste, c'est la rencontre avec le regard de la machine cinématographique qui dévoile une terra incognita face à la connaissance rationnelle. Cet ouvrage propose une rencontre inédite entre deux pensées incontournables de l'image et une exploration des frontières plus que jamais complexes entre la philosophie et l'esthétique du cinéma.

  • Le film est un réseau cristallin d'images dont un plan, présent ou seulement virtuel, constitue la maille matricielle, ou plan-maille : l'une des tâches primordiales de l'analyse esthétique, qui suffit à en assurer la nécessité, consiste à l'identifier. Symétriquement, tout le film est contenu virtuellement dans chaque plan. En prenant la notion de « cristal » comme prisme de toute image filmique, cet ouvrage questionne le cinéma comme mode de production et d'expression des images à partir des concepts et des paradigmes de la cristallographie.
    Au travers de l'analyse de nombreux films - Le Phénix, ou le Coffret de cristal (Méliès, 1905), Le Royaume des cristaux (Mol, 1927), Crystal Ball (Nugent, 1943), La Cité pétrifiée (Sherwood, 1957), L'Âge de cristal (Anderson, 1976) - et en faisant dialoguer le cinéma avec les grandes théories du cristal, philosophiques ou littéraires (Novalis, Simondon, Deleuze, Bachelard, Ballard), mais également scientifiques (Haüy, Bavrais, Leduc, Laue, Schröndinger) y compris avec l'imagerie scientifique (Strindberg, Nettis, Bentley et Humphreys...), le livre propose une « théorie cristallographique » du cinéma.

  • La naissance et la diffusion des nouvelles images - photographie, cinéma, télévision et oeuvres audiovisuelles - ont entraîné une importante révolution épistémologique : les nouvelles images ont conduit l'homme contemporain à adopter une attitude confiante non seulement envers l'image mais aussi envers le réel. Le parfait double du réel offert par les nouveaux médias a silencieusement supprimé le doute sur la fidèle restitution de la réalité en images et sur les manifestations du monde externe. Cette attitude fait en sorte que la potentialité des nouvelles images conduise le spectateur à vivre une tromperie extatique. Pour contraster cette crédulité répandue dans la société contemporaine, il sera nécessaire de récupérer les principes et les thématiques de la pensée moderne née au dix-septième siècle. Cette récupération servira non seulement à s'opposer aux illusions et aux tromperies, mais aussi à mieux comprendre la nature des nouvelles images, qui s'avèrent être des filles de la modernité.
    Andrea Rabbito est maître de conférences à l'Université «Kore» d'Enna (Italie).

  • Apres welles - imitations et influences Nouv.

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