Nicolas Chaudun

  • Qui ne connaît ces photos d'élégantes posant au volant de décapotables profilées ? la ligne des premières se prolongeant harmonieusement sur la carrosserie des secondes (si ce n'est le contraire) ! Mais peu savent qu'elles sont l'oeuvre de Boris Lipnitzki (1897-1971), photographe russe émigré en France.
    Cette première monographie conduite par l'historienne Françoise Denoyelle (auteur de Studio Harcourt (1934-2009), Éditions Nicolas Chaudun) nous plonge dans la fébrilité du Paris des Années folles et l'avidité affichée de l'après-guerre. Des modèles de Poiret, Schiaparelli, Chanel côtoient des hommes et femmes de lettres, de théâtre, de musique, d'opéra et de danse (Anouilh, Bardot, Cocteau, Colette, Giraudoux, Lifar, Prokofiev, Stravinsky). Pour légitimer son goût des mondanités et des jolies courbes, Lipnitzki avait créé son propre studio, qui couvrit l'actualité des sorties parisiennes jusqu'à la fin des années 1960.

  • Alexandra Boulat

    Collectif

    La Bosnie, le Kosovo, l'Afghanistan ou encore l'Irak, Alexandra Boulat est allée chercher ses clichés au coeur des conflits majeurs des deux dernières décennies.
    Elle fut également l'une des premières à témoigner de la condition des femmes dans des pays qui n'en font pas grand cas.
    Distinguée par de nombreux prix internationaux, elle est décédée prématurément le 5 octobre 2007.

  • Tania Mouraud

    Collectif

    La photographie et la vidéo sont les moyens privilégiés de Tania Mouraud. Dans « Exhausted Laughters », elle utilise cinq installations vidéos qui tournent autour du réel comme spectacle de la mort. NEEIING et la pièce ELLE sont le produit de rencontres fortuites, l'une à Yad Vashem à Jérusalem, l'autre à Paris lors d'un vernissage dans le XXe arrondissement.
    Si son diagnostic sur le monde réel ne fait pas de doute - « mon sujet c'est l'ogre » -, si elle injecte dans ses images, la tragédie et le sens du drame, Tania Mouraud est d'abord une artiste qui place la recherche sur les formes au coeur de son oeuvre. Ses oeuvres constituent des matières de résistance : à la barbarie, à la violence, au chagrin, à la mort... Fondamentalement critique, engagée dans un « art total », Tania Mouraud est une visual artist. Sans moralisme, elle cherche dans « la bataille de l'art » à rétablir vérité et beauté dans le grand récit de l'humanité.

  • André Morain est né en 1938 à Courbevoie. Autodidacte, il est l'oeil de l'art contemporain depuis les années 1950. Phorographe de la Fiac depuis sa création, il y créa à partir de 1982 un studio où il réalisa le portrait des artistes et galeristes qui venaient s'asseoir devant son objectif. Ces photographies ont fait l'objet du livre Les Ambassadeurs : 406 photographies publié en 1989 aux Editions de La Différence.
    Sur le vif, en noir et blanc, il photographie Andy Warhol grimaçant mais aussi des artistes mondialement connus dont nous ignorons le visage. Dans André Morain, l'oeil aux aguets 25 ans de photo André Morain a sélectionné 300 photographies qui témoignent de la vie artistique de l'époque. La Maison européenne de la Photographie exposera 101 photographies de l'artiste à partir d'avril 2013.

  • Théâtre de luttes incessantes depuis 1978, confronté à la présence sur son sol d'armées étrangères, l'Afghanistan pèse lourd d'incertitude sur le destin de la planète.
    L'avenir de son peuple est aussi le nôtre. C'est ce que rappellent les reporters photographes de l'agence VII et de l'ECPA-d.

  • Italie, le grand Tour offre une sélection des plus belles photographies des paysages italiens du XIXe siècle. Les légendes très complètes ainsi que les textes accompagnant les illustrations donnent à ce livre une qualité documentaire indéniable. 

  • Ultra... ou l'adjectif qui qualifie une vision extrême, voire extrêmiste, de la féminité. Ou encore, ultra comme un mot-témoin - sauvage, heureux - d'années où tout paraît possible, où le monde est à portée de main pour ceux - et celles ! - qui veulent le saisir. Au moins veut-on le croire !
    Blonde... parce que le cinéma abandonne le noir et blanc, sa sophistication tout en retenue, pour les couleurs explosives du Technicolor et la vision élargie de la Panavision : la blonde sature l'écran. Viennent à l'esprit, Marilyn Monroe, Jean Harlow ou Marlene Dietrich. Si elles hanteront parfois ces pages, elles ne peuvent à elles seules répondre du phénomène Blonde.
    Nos quatre stars - Mae West, Jayne Mansfield, Kim Novac, Carroll Baker - participent pleinement de ce phénomène qui se répand sur la planète via les salles obscures et la presse. Dans Ultra Blonde il est question de cinéma, bien sûr, mais aussi d'émancipation, de rapports de pouvoir...
    De femmes bien réelles, enfin !
    Mae West, une carrière agitée et d'une incroyable longévité. Dès les années 1930, dans des pièces dont elle est l'auteure, elle s'emploie à secouer le cocotier de l'hypocrisie et du puritanisme. De l'aube du XXe siècle aux années 1970, s'assurant le plus souvent la possibilité de remodeler ses rôles, elle défraie la chronique et taille sa route. Indépendante.
    Jayne Mansfield, une blonde écervelée, de la chair à paparazzis ? Soi-disant pur produit des studios et rivale de Marilyn, elle a en réalité bâti un personnage qui s'est échappé de l'écran : une blonde archétypale existant par et pour elle-même. Un libre stéréotype.
    Kim Novac, lascive et sophistiquée. Plus que de jouer devant une caméra, son désir premier est de séduire. Ambivalente à l'instar de son / ses personnage dans Vertigo d'Alfred Hitchcock, elle affole le maître du suspense qui, en retour, la sadise à loisir. Une icône, un fantasme, que nul ne peut saisir.
    Carroll Baker, la « poupée » esclave ? Baby Doll d'Elia Kazan la révèle et l'emprisonne tout à la fois. Actrice représentative de la méthode Actors Studio, sa carrière est moins conséquente que celles de Mae, Jayne ou Kim. Les grands studios cherchèrent-ils à briser la résistance de celle qui osa s'opposer à eux ? Un parcours entre insoumission et dépressions.

  • En 1839, alors qu'apparaît en France le daguerréotype, William Fox Talbot met au point en Angleterre un procédé promis à un grand avenir puisqu'il utilise le principe du négatif et du tirage sur papier (tirage photo sur papier salé). Il nomme son invention calotype,« la belle image ». Si le daguerréotype est « offert au monde par la France » et libre de droit, Talbot dépose un brevet pour son calotype. Ainsi, le daguerréotype devient en Grande-Bretagne l'outil d'une photographie populaire et commerciale au cours de la décennie suivante ; le calotype y apparaît en revanche comme le loisir de gentlemen cultivés. Cette collection, d'environ 150 calotypes anglais, présente des tirages très anciens datant pour la plupart La belle image. L'art du calotype britannique. Premières photographies sur papier (1840-1865) des années 1840, c'est-à-dire au tout début de la photo (Nicéphore Niepce met au point la première photo en 1839). Choisies pour leurs qualités esthétiques et leur histoire, la plupart des photographies exposées n'ont jamais été montrées depuis le milieu du xixe siècle. Si certains de leurs auteurs sont bien connus - Talbot, Roger Fenton, Benjamin Brecknell Turner ..., plusieurs seront révélés au public français, ainsi William Collie ou Arthur James Melhuish. Contrepoint à l'exposition Le daguerréotype français (musée d'Orsay et MET, New York, 2003), L'art du calotype britannique met en évidence une conception différente de la photographie naissante et un autre postulat technique, esthétique et économique.

  • Voilà soixante-quinze ans qu'existe le Studio Harcourt. Créée en 1934 par deux patrons de presse entreprenants et une jeune femme non moins perspicace, Cosette Harcourt, cette prosaïque fabrique de portraits s'est immédiatement érigée en « manufacture de vedette » délivrant l'indispensable brevet d'éternité :

    « En France, on n'est pas acteur si l'on n'a pas été photographié par les studios d'Harcourt », confi rmerait Roland Barthes.

    C'est que le style Harcourt se fonde tout entier sur la sacralisation du visage. Un cadrage serré, un fond quasi inexistant, pas plus d'accessoires, et tout en lumière, en clair-obscur, un spot en contre-jour nimbant la chevelure d'une authentique aura. ce n'est plus une effi gie, c'est une sanctifi cation. Le divin, tout au moins le sublime, c'est à peu près à quoi aspire tout modèle convié au studio - n'a-t-on pas comparé l'immuable rituel (accueil, attente, maquillage, prise de vue, choix du cliché, retouche.) à un parcours initiatique ?

    La magie opère toujours. Cédé à plusieurs reprises au terme d'un déclin perceptible dès la fin des années soixante, le studio restaure aujourd'hui son prestige sous l'impulsion de nouveaux acquéreurs. Et après Marlène Dietrich et Ingrid Bergman, Cocteau ou Dali, Gabin comme Delon, toute une nouvelle Olympe défi le dans les somptueux salons de la rue Jean Goujon, acteurs et personnalités politiques, bien sûr, mais aussi sportifs, grands chefs étoilés.

    S'émancipant de l'exercice critique, Françoise Denoyelle, à force d'anecdotes et de témoignages, s'attache aux ressorts du mythe inusable. Elle transgresse encore les convenances obligées du discours photographique en retraçant les progrès d'une entreprise, détaillant ainsi les innovations, notamment commerciales, qui ont démultiplié ses premiers succès. Soixante quinze ans, c'est aussi ce que dure à peu près une vie d'homme. Et c'est à une véritable biographie de cette institution considérée comme un être que s'essaye cet ouvrage limpide, aussi vivant et lumineux que le sujet auquel il s'attache.

  • Pierre Boulat

    Collectif

    Après Cartier-Bresson, Doisneau, Lartigue et Ronis, c'est le nom de Pierre Boulat qui vient s'inscrire au panthéon des photographes français.
    Tour à tour collaborateur de Elle, Paris-Match, ou Life Magazine pour lequel il travailla pendant plus de vingt ans, Pierre Boulat n'a cessé de capturer l'air fugace de son époque, que ce soit à travers la mode, l'actualité ou le tourbillon de la vie parisienne dans les années 50 et 60. Cet ouvrage rassemble ses meilleurs clichés

  • Après Cartier-Bresson, Doisneau, Lartigue et Ronis, c'est le nom de Pierre Boulat qui vient s'inscrire au panthéon des photographes français.
    Tour à tour collaborateur de Elle, Paris-Match, ou Life Magazine pour lequel il travailla pendant plus de vingt ans, Pierre Boulat n'a cessé de capturer l'air fugace de son époque, que ce soit à travers la mode, l'actualité ou le tourbillon de la vie parisienne dans les années 50 et 60. Cet ouvrage rassemble ses meilleurs clichés. Alexandra Boulat La Bosnie, le Kosovo, l'Afghanistan ou encore l'Irak, Alexandra Boulat est allée chercher ses clichés au coeur des conflits majeurs des deux dernières décennies.
    Elle fut également l'une des premières à témoigner de la condition des femmes dans des pays qui n'en font pas grand cas.
    Distinguée par de nombreux prix internationaux, elle est décédée prématurément le 5 octobre 2007.

  • En 1853, Haussmann est nommé préfet de la Seine. Sa mission : reconstruire sur elle-même la vieille capitale du Second Empire. Deux ans plus tard, alors que le formidable chantier dévoile sa mesure, Haussmann appelle à ses côtés le photographe Charles Marville. Celui-ci doit, pour le compte de la Ville, fixer le souvenir des ruelles, des placettes, voire des monuments condamnés par l'inflexible tracé des « percées » dont le « préfet éventreur » fait si grand usage. Un premier ensemble de ces vues naturellement pittoresques constituera le mythique « Album du préfet ».
    Nombre de photos de Marville sont aujourd'hui célèbres. Ce qu'on a jamais vu, en revanche, c'est leur double, fixé de nos jours, pour le plaisir d'une comparaison édifiante. Marville avait immortalisé ce qui était appelé à disparaître. Pour les besoins de ce livre, le jeune photographe Rémy Castan a saisi, 150 ans plus tard, ce qui devait braver l'éternité. Tout a changé, et pourtant la même ville demeure. Au fond, nos voitures le long des trottoirs ne diffèrent guère des fiacres et des charrettes dételés au pied des maisons borgnes. Celles-ci ont volé en poussière, mais des repères subsistent. Plus qu'Haussmann, c'est l'arrogance des modernes qui a scellé la métamorphose. Pas moins de 80 vis-à-vis (soit environ 160 photos) jalonnent ce voyage stéréoscopique.

  • Voilà 75 ans qu'existe le Studio Harcourt. Créée en 1934 par deux patrons de presse entreprenants et une jeune femme non moins perspicace, Cosette Harcourt, cette prosaïque fabrique de portraits s'est immédiatement érigée en « manufacture de vedette » délivrant l'indispensable brevet d'éternité :
    « En France, on n'est pas acteur si l'on n'a pas été photographié par les studios Harcourt » Roland Barthes C'est que le style Harcourt se fonde tout entier sur la sacralisation du visage. Un cadrage serré, un fond quasi inexistant, pas plus d'accessoires, et tout en lumière, en clair-obscur, un spot en contre-jour nimbant la chevelure d'une authentique aura. ce n'est plus une effigie, c'est une sanctification. Le divin, tout au moins le sublime, c'est à peu près à quoi aspire tout modèle convié au studio - n'a-t-on pas comparé l'immuable rituel (accueil, attente, maquillage, prise de vue, choix du cliché, retouche.) à un parcours initiatique ?
    La magie opère toujours. Cédé à plusieurs reprises au terme d'un déclin perceptible dès la fin des années 1960, le studio restaure aujourd'hui son prestige sous l'impulsion de nouveaux acquéreurs. Et après Marlène Dietrich et Ingrid Bergman, Jean Cocteau ou Salvador Dali, Jean Gabin comme Alain Delon, toute une nouvelle Olympe défile dans les somptueux salons de la rue Jean-Goujon, acteurs et personnalités politiques, bien sûr, mais aussi sportifs, grands chefs étoilés.
    S'émancipant de l'exercice critique, Françoise DENOYELLE, à force d'anecdotes et de témoignages, s'attache aux ressorts du mythe inusable. Elle transgresse encore les convenances obligées du discours photographique en retraçant les progrès d'une entreprise, détaillant ainsi les innovations, notamment commerciales, qui ont démultiplié ses premiers succès.

  • Coédition avec le musée d'art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole et le CIEREC Actes du colloque « Les photographes et la commande industrielle » qui a eu lieu à l'automne 2013 au musée d'art moderne et contemporain de saint-Étienne Métropole en partenariat avec le Centre Interdisciplinaire d'Études et de Recherches sur l'Expression Contemporaine (CIEREC) Université Jean- Monnet de Saint-Étienne).
    Les Éditions Paul-Martial (1927-1966), liées aux revues Arts et Métiers graphiques, Acier, etc.
    Ont joué un rôle de premier plan dans le développement de la publicité des entreprises au lendemain de la Première Guerre mondiale. Elles ont effectué des reportages photographiques dans des entreprises artisanales ou industrielles comme Schneider, les avions Potez, les constructions navales Penhoüet, les forges d'Homécourt, Bull. Les photographies réalisées dans ce cadre sont aujourd'hui conservées au musée de Saint-Étienne, à la BnF à Paris, au Kunstmuseum de Bâle.
    Initiée par le musée, cette réflexion transdisciplinaire s'est attachée à l'étude de la commande industrielle en France et en Europe au xxe siècle. Elle a permis des échanges entre chercheurs en histoire, histoire de l'art, esthétique et histoire des techniques. Les images réalisées renseignent sur les pratiques et les évolutions de l'industrie ; elles rencontrent parfois l'esthétique des avant-gardes et témoignent des représentations collectives du travail, du progrès ainsi que de l'évolution des mentalités.

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