Noires Terres

  • Les cent portraits rassemblés dans ce livre sont ceux d'Ardennais pour la plupart peu connus mais qui, par ce qu'ils font ou ce qu'ils sont, représentent l'âme de ce territoire.
    L'éleveur ici, côtoie l'aubergiste ou le vannier, l'estampeur rencontre la lavandière ou le bouilleur de cru. Au milieu des paysages ardennais, le tendeur de grives accompagne la modiste et le forgeron, le tout en noir et blanc.

  • Ici, les villages sont minuscules et tellement éloignés les uns des autres que chaque visite chez le voisin ressemble à une expédition. Ici, les seules fumées que l'on croise sortent des cheminées basses sous lesquelles ronflent des feux de bûches, montent des fumiers toujours gras ou auréolent les naseaux des boeufs à la tâche. Ici, les seuls bruits entendus sont ceux des pas sur la neige, des arbres qui craquent sous le vent, des coeurs qui battent et souffrent sous l'effort, des pierres qui peaufinent les faux pour l'été, des marteaux qui sculptent les fers des chevaux. Les villageois sont très souvent méfiants, ils n'aiment guère que l'on vienne interrompre leurs saisons. Comme tout amoureux, Marc Paygnard a très vite compris qu'il se devait d'être patient et discret. De se rendre invisible pour se faire accepter. S'il avait montré la moindre fougue, aucune des images présentes dans ce livre n'aurait jamais connu le jour. Jamais ses mots n'auraient traduit avec une telle justesse ce qu'était le quotidien de ces gens aujourd'hui quasiment disparus. Les plus jeunes d'entre les lecteurs croiront peut-être que ces habits, ces gueules, ces outils et ces fêtes nous viennent du Moyen-Âge et sont porteurs de nostalgie.

  • Du Mohon ferroviaire au Mont-Olympe des amoureux, en passant par les remparts de Mézières et par la place Ducale, Franz Bartelt, Thierry Chantegret et Jean-Marie Lecomte ont promené leur curiosité au hasard des rues, des quartiers, des bistrots. Ils en ont ramené des impressions et des sentiments, qu'ils ont essayé de traduire dans une succession de tableaux où les images répondent aux mots, où le soleil ne s'oppose pas systématiquement à la pluie, et où les paysages sont animés par des gens qui aiment la ville parce qu'ils aiment la vie.

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