Ovadia

  • Voici un livre d'histoire et d'esthétique du cinéma qui, par sa clarté et sa précision, ravira et étonnera les cinéphiles. Il passionnera aussi les amateurs, donnant à ceux qui le désirent les clés d'or d'une connaissance du cinéma de la guerre française d'Indochine (1945-1955), de celui de la guerre américaine du Viêt-Nam (1955-1975), de celui de la troisième guerre d'Indochine (1975-2000). Parmi les 70 films environ ici sélectionnés, produits de 1948 à 2010 sur quatre des cinq continents, on trouve non seulement des classiques justement reconnus mais encore des titres injustement oubliés ou méconnus, parfois même curieusement inédits chez nous. Une annexe sur les documentaires militaires américains de 1964 à 1975, deux index des noms et des films cités, une filmographie sélective, des notes bibliographiques permettent de mieux situer les personnalités (réalisateurs, producteurs, scénaristes, compositeurs, techniciens, acteurs) qui ont contribué à cet univers filmique.
    Cette coupe opérée sur 60 ans de cinéma mondial révèle de curieuses interactions esthétiques, non seulement entre cinéma de la fiction et cinéma du réel mais encore entre divers genres (films de guerre, film d'aventures, film fantastique, film noir policier). Elle contribue de la sorte à la phénoménologie d'un cinéma mondial de la violence et de la mort, unifiable en tant que pur genre esthétique.

  • Entre 1902 et 1957, Sacha Guitry a écrit 116 pièces de théâtre, 36 films, enregistré 268 émissions de radio ou de télévision et une trentaine de disques microsillons entre 1921 et 1956. Malgré cela, cet homme d'Esprit, amoureux de sa France, dont Jean-Laurent Cochet disait que Molière lui était inférieur dans ses petites pièces et dont Le Roman d'un tricheur a été classé dans les 100 plus grands films du cinéma a fait l'objet, tout au long de sa vie, d'un procès d'intention puis, après la Seconde Guerre Mondiale d'un procès en collaboration sur la base d'un dossier vide mais dont les stigmates, 60 ans après restent visibles : misogyne infidèle, sexiste, collaborateur, Guitry, mal connu continue de trainer une réputation sulfureuse. Dans Rendez-nous Sacha Guitry, Antoine Gavory retrace l'ensemble de la carrière de celui qu'on surnommait le "Roi de Paris" et les Quatre années d'occupation qui ont valu à Guitry de passer soixante jours dans les geôles de Drancy. Au-delà d'une rectification de l'histoire, c'est avant tout le cri d'une génération d'auteurs à un monument du théâtre et du cinéma à ceux qui ont tenté de le faire oublier.

  • Ou? se trouve l'oeuvre d'art ? Il n'y a rien dans les sculptures, il n'y a rien dans les peintures sinon des molécules sur d'autres molécules?; vous allez, peut- e?tre, entrevoir que cet a priori est porteur de sens.
    C'est évidemment, le cerveau informe? par l'oeil, et sa mémoire qui cre?e l'oeuvre?; dont celui de l'artiste premier regardeur de la chose bien su?r. Mais de la? a? croire, a? un « en soi », a? un contenu intrinse?que, c'est errer dans une régularité Saint Sulpicienne?; curieuse tendance a? vouloir remplir de surnaturel un morceau de bois, de me?tal ou de cailloux, et pour certains de nous, ce serait me?me pe?cher.

  • Le 23 janvier 2018, Arnaud Giovaninetti a tiré sa révérence, à tout juste 50 ans. Depuis son plus jeune âge, il avait une passion pour le jeu : À 5 ans, il s'est lancé sur la scène de l'Opéra de Marseille, que son père dirigeait. Dès ses 8 ans, il a suivi des cours de théâtre, avant d'intégrer, à 13 ans, bien avant l'âge requis, le cours d'Irène Lamberton, puis d'embrayer, logiquement, vers le Conservatoire National d'Art Dramatique de Paris. Dont il est sorti avec le prix Louis Jouvet. Petit dernier d'une famille de musiciens, il a choisi un autre art pour s'exprimer, et de quelle manière ! Ses débuts, flamboyants, l'ont mené, au cinéma, de l'Amant de Jean-Jacques Annaud aux films d'auteur de Laetitia Masson ou Xavier Durringer. Au théâtre, il a travaillé avec les plus grands, de Gérard Desarthe à Marcel Maréchal, en passant par Jérôme Savary. La télévision l'a aussi beaucoup employé : Josée Dayan, Claude-Michel Rome, Thierry Binisti, Serge Moati, entre autres, lui ont donné des rôles à sa mesure. Et sa partition, toujours incandescente, participait de l'excellence. II était un visage familier, mais il s'est confondu avec ses rôles. Les téléspectateurs l'identifient désormais comme l'ex-mari mutin de la série à succès de France 2, Candice Renoir.
    Homme sublime et acteur de génie, Arnaud Giovaninetti n'aurait dû rencontrer que le succès. Pourtant, les dernières années de sa carrière, il s'est heurté à des murs. Lui qui avait dédié sa vie au jeu s'est vu rejeté par une profession en pleine mutation. La lutte l'a épuisé, le désespoir l'a tué. Si tout acteur se construit sur ses blessures, celles d'Arnaud, à vif, faute de pouvoir jouer, se sont transformées en plaies béantes. Avec ce livre, nous voulons lui rendre hommage, mais surtout lui rendre sa part de lumière.
    Arnaud Giovaninetti, soleil noir, c'est l'histoire d'un homme, dont la beauté ténébreuse cachait mal les fêlures. D'un homme sans doute trop pur, dans sa quête d'absolu, pour accepter compromis et compromissions. C'est l'histoire d'un homme, amoureux du beau et de son art, que son métier a laissé lâchement tomber.

  • 1975. Louis Malle vient de réaliser Black Moon, un conte onirique, tourné dans le sud-ouest de la France. Le film est audacieux, mais le réalisateur s'ennuie. Peur de s'installer dans une routine qu'il exècre. Malle a déjà une quinzaine de longs métrages à son actif, il est temps de passer à autre chose, d'aller chercher l'inspiration dans d'autres contrées. Entre 1977 et 1986, avec une coda pour son ultime film en 1994, Louis Malle fera des Etats-Unis la terre de ses explorations. A travers huit longs métrages (Pretty Baby, Atlantic City, My Dinner with André, Crackers, Alamo Bay, God's Country, ... And the Pursuit of Happiness, Vanya on 42nd Street), il dressera du pays un portrait inédit, explorant plusieurs thèmes (les migrations, la question raciale, le rapport au temps et au travail, le rituel, la morale, la gentrification) et plusieurs formes cinématographiques, entre fiction, documentaire, théâtre, polar, western et comédie ; Hollywood et cinéma indépendant. Dépeignant une galerie de personnages justes et sensibles, les films américains de Malle rendent compte d'un regard singulier et souvent visionnaire sur le pays, dialoguant avec les sciences sociales et l'anthropologie et toujours prêt à remettre en question les préjugés et les théories à l'emporte-pièce. Fruit d'une série d'entretiens et de recherches en archives, ce livre est à la fois un essai sur le parcours artistique de Louis Malle aux Etats-Unis, une réflexion sur les films qu'il y réalisa, et un voyage au gré de ce qu'il retint du pays et des cultures qui le forment.

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