Point Du Jour

  • Photographie documentaire et célébration de la maison individuelle sont deux axes essentiels de la culture visuelle des États-Unis. Cet essai s'attache à analyser leurs relations, à partir de l'oeuvre fondatrice de Walker Evans dans les années 1930, sur fond d'imaginaires et d'imageries qui remontent au dix-neuvième siècle.

    Avec Evans, le motif de la maison devient une manière de regarder les espaces ordinaires, entre inconnu et déjà-vu, lyrisme et neutralité, voire empathie et ironie, qu'adopteront, chacun à leur manière, des artistes américains comme Robert Adams, Lewis Baltz, Dan Graham ou Stephen Shore.

    La fécondité de ce sujet s'explique aussi par la rencontre de projets esthétiques avec des enjeux intellectuels et sociaux. Qu'il s'agisse des enquêtes des années 1930, du moment « pop » des années 1970, de la critique des banlieues ou des études culturelles, l'intérêt pour les maisons manifeste une attention aux situations collectives qu'incarne ce lieu commun de l'individualité.

  • Diaporama fait suite à trois expositions de Constance Nouvel, présentées successivement en 2019-2020 par la Galerie In Situ ? fabienne leclerc (Paris), Le Point du Jour (Cherbourg) et le Centre photographique d´Île-de-France (Pontault-Combault). Néanmoins, ce livre ne constitue pas un catalogue des oeuvres exposées, mais bien le quatrième volet d´un cycle, qu´il synthétise et relance. À l´origine, Constance Nouvel a conçu les expositions en imaginant, sur le modèle des « plateaux » dans le jeu vidéo, un passage qui relierait trois décors d´un même univers. Le livre concrétise cette utopie et en déploie les enjeux : comment les oeuvres trouvent forme dans l´espace et en modifient-elles la perception ? À quelles images du réel l´outil photographique donne-t-il accès ? Les vues des expositions et les reproductions des oeuvres sont accompagnées d´un entretien avec le critique d´art Paul Sztulman et suivies d´un récit de science-fiction par l´historien de la photographie Michel Poivert.

  • L'oeuvre photographique de Raoul Hausmann est restée longtemps méconnue.
    De cet artiste-clé du XXe siècle, la postérité a d'abord retenu le rôle majeur au sein de Dada Berlin, les assemblages, les photomontages, les poèmes phonétiques, quand les vicissitudes de l'Histoire ont effacé cette autre facette, à tous égards prééminente, de son travail.
    À partir de 1927, en Allemagne, Hausmann devient un photographe prolixe, avant que sa pratique ne décline après son départ d'Ibiza en 1936. Entre ces deux dates, il aura débattu du rôle de la photographie, publié des textes théoriques, quand ses compagnons d'aventure avaient pour nom August Sander et Lázló Moholy-Nagy, lequel ne craignait pas de déclarer : « Tout ce que je sais, je l'ai appris de Raoul. » Hausmann photographe étonne. Lui dont on connaît la veine acerbe et mordante de l'époque Dada vise ici la pacification, la réconciliation, une forme de résistance au temps par la sérénité. À partir de 1926, l'atmosphère de Berlin lui semblant de plus en plus oppressante, il prolonge sans cesse ses séjours dans de petits villages sur la mer du Nord et sur la Baltique. Là, il photographie le sable, l'écume, les tourbières, des corps nus, les courbes des dunes, le blé, les brins d'herbe, l'anodin qui s'impose dans un éblouissement.
    Son attention se porte aussi sur de modestes artefacts solitaires - râpes à fromage, chaises cannées, corbeilles en osier - tous objets troués qu'il transforme en flux, voire en tourbillon de lumière. Hausmann nomme ces expérimentations « mélanographies ». Elles restituent le saisissement né de l'apparition de l'image, écrit-il, comme « la dynamique d'un processus vivant ».
    Après l'incendie du Reichtsag en 1933, Hausmann, qui sera qualifié d'artiste « dégénéré » par les nazis, quitte précipitamment l'Allemagne pour Ibiza.
    Sa pratique photographique évolue. Fasciné par la pureté des maisons paysannes en forme de cubes blancs, il réalise l'inventaire photographique de ces « architectures sans architecte ». La photographie vient alors soutenir une étude anthropologique de l'habitat vernaculaire, engagée contre les théories racialistes agitant les milieux architecturaux dans les années 1930.
    Lui-même intégré à la communauté insulaire, évoluant presque hors du temps, comme dans un « état de rêve » , Hausmann réalise encore des portraits saisissants des habitants, tout en continuant son travail sur les formes du végétal. Le déclenchement de la guerre d'Espagne et l'abandon presque immédiat du petit territoire d'Ibiza aux franquistes marquent le début d'un exil autrement pénible qui ne lui permettra plus de se consacrer de façon aussi assidue à la photographie.
    Accompagné de textes de l'historienne d'art Cécile Bargues, auteur de Après Dada. Raoul Hausmann (Madraga, 2015), ce livre est le premier entièrement consacré à son oeuvre photographique. Il accompagne l'exposition présentée au Point du Jour à l'automne prochain, puis au Jeu de Paume début 2018.

  • De Chris Marker, on connaît généralement quelques films phares (Le Joli Mai, La Jetée, Le Fond de l'air est rouge), et parfois la légende : l'amour des bêtes, l'indépendance farouche, l'engagement constant, le goût du secret et des images. Mais son parcours biographique et artistique reste encore à explorer. Né en 1921 et décédé le jour de sa naissance, quatre-vingt-onze ans plus tard, Chris Marker a influencé plusieurs générations d'artistes et de cinéastes à travers le monde. Proche des réalisateurs Agnès Varda et Alain Resnais, célébré par le critique André Bazin dans les années 1950, il fut un des réinventeurs du documentaire et participa au mouvement du cinéma militant dans les années 1960-70. Dès les années 1980 et jusqu'à sa mort, il s'intéressa aux nouvelles technologies.
    Composé de vingt-deux notices à la fois historiques et analytiques, ce livre prend en compte l'ensemble du corpus markerien - des premiers articles dans la revue Esprit aux films célèbres ou méconnus, en passant par les photographies, les objets multimédias, les textes de toute nature. Les reproductions, nombreuses qui courent tout au long du livre, sont des « bandes » composées généralement de trois photogrammes. Tantôt il s'agit de réaliser des montages, rapprochements d'extraits venus d'oeuvres différentes ; tantôt de faire droit au filmage de Marker, et de restituer sa force discrète d'évocation. Idéalement, ce circuit des images doit permettre une autre perception des oeuvres, parallèle à celle proposée par le texte.
    Cette forme ouverte a paru la plus à même de restituer la diversité du « phénomène » Marker, ses complexités comme ses cohérences. Also known as Chris Marker (« Connu aussi sous le nom de Chris Marker ») est moins le portrait d'un homme ou d'un auteur qu'un récit suggestif, une traversée des signes qui en tracent les possibles visages.
    Dans un important dossier-hommage publié en août 2012, au moment de la mort du cinéaste, Libération recommandait Also known as Chris Marker comme le meilleur essai consacré à Marker. Le livre, réédité à l'occasion de la manifestation « Planète Marker » au Centre Pompidou, propose une liste des oeuvres et une bibliographie actualisées.

    1 autre édition :

  • Français Spolia

    Gilles Saussier

    Spolia est une enquête sur la Colonne sans fin du sculpteur roumain Constantin Brancusi, érigée dans les Carpates méridionales en 1938. Suivant le cours du Jiu, Gilles Saussier explore les conditions de fabrication du monument et photographie l'arrière-pays minier où il a pris forme. Le récit de cette élévation par des ingénieurs et des ouvriers creusant infiniment sous terre croise l'histoire de l'art moderne et la construction de l'Europe contemporaine, de la révolution industrielle à l'effondrement du bloc communiste.

    Les spolia désignent, dans l'architecture de l'Antiquité tardive et du Moyen Âge, les remplois de matériaux et d'éléments d'anciens édifices dans de nouvelles constructions. Pluriel du substantif neutre spolium dont l'étymologie renvoie à la dépouille d'un animal, aux pillages et aux butins de guerre.

  • Dès 1979, Douglas Crimp met en rapport, contradictoire, la reconnaissance de la photographie comme art moderniste par le musée, le marché (spécificité du médium, style propre à chaque artiste, tirages originaux) et l'usage inverse, qualifié de « postmoderniste », qu'en font de jeunes artistes (mélange des médiums, reproductions multiples, ambiguïté de l'auteur). Durant les années 1980, il poursuit cette réflexion polémique, en suivant ceux qu'on qualifie désormais de « Pictures Generation », d'après son premier article « Pictures ». Au moment de l'épidémie du sida, il insiste sur l'enjeu politique de la représentation des malades et milite au sein d'Act Up New York. Il participe alors à la naissance des Queer Studies, consacrées à la construction sociale des genres sexuels.
    /> Enfin, dans les années 1990-2000, Crimp revient sur des artistes qu'il a contribué à faire connaître, en s'intéressant au contexte de production de leurs images. Ce recueil est une réflexion sur les différents modes d'appropriation de la photographie. Il évoque aussi le parcours d'un théoricien de l'art, gay new-yorkais, inscrit dans son époque.

  • Le projet Studio Shakhari Bazar débute en 1997 par une exposition sous chapiteau dans Shakhari bazar, dernière poche de diversité culturelle et religieuse de Dhaka, capitale du Bangladesh. Elle se composait de portraits d'habitants, restes inutiles d'un reportage mené en 1995/96 avant que Gilles Saussier ne se détourne de ce type de production. Le dernier jour, les photographies furent distribuées aux habitants, l'exposition prenant fin au fur et à mesure que chacun emportait son portrait.
    En 2001 et 2004, Gilles Saussier documente la dissémination de ses images dans les boutiques, les intérieurs, leur cohabitation avec les posters de cinéma, les images de la culture bengalie, les photos de familles. À cette occasion, il distribue également des portraits réalisés lors de l'exposition de 1997, qui représentent des habitants tenant à la main leur portrait de 1995/96. Ces couches d'images superposées forment le fil conducteur d'un processus d'une dizaine d'années - Gilles Saussier étant revenu une dernière fois en 2006 - qui paraît épouser le rythme cette rue-méandre faite de mouvements et d'attentes. Loin du tableau exotique, elle apparaît ici comme un fleuve qui nous demeure profondément insaisissable, tout en entrant étrangement en écho avec la rue pré-haussmanienne ou les petits métiers urbains de l'Europe d'avant-guerre.
    À travers un texte d'introduction et des notations au fil de l'ouvrage, Gilles Saussier précise l'histoire de Shakhari bazar, l'évolution et les modalités de son travail.

  • Diplopie (le fait de voir double) étudie deux effets de répétition produits par le 11-Septembre : diffusion massive d'un très petit nombre d'images dans la presse ; reprise dans ces images de celles d'une autre attaque surprise (Pearl Harbour) suivie d'une autre mobilisation nationale légitime (guerre du Pacifique). Evénement mondial sans précédent, le 11-Septembre n'illustre pas seulement une concentration économique et une diffusion instantanée, mais aussi une uniformisation imaginaire et historique.

    Dans la première partie, l'auteur fait un recensement très précis des images parues dans la presse et identifie des motifs récurrents (le nuage, les ruines, etc.). Dans la seconde, il élargit son corpus à d'autres représentations, quelques mois avant et après le 11-Septembre. Cette seconde partie, plus analytique, met en lumière des superpositions d'images, tant pour des raisons factuelles (anniversaire de Pearl Harbour en 2002) qu'idéologiques (restauration, après le Vietnam, de la guerre légitime) La force du livre est d'aborder de manière nouvelle un événement très connu ; non de manière " sentimentale " ou critique, mais en analysant les images à travers lesquels il nous est apparu.

  • Français Le grand ensemble

    M. Pernot


    j'espère que tu vas bien.
    le temps est froid. il a gelé blanc. je t'envoie une carte où tu vois le bâtiment en face de chez nous. il n'y a plus de grue comme tu vois mais de belles pelouses. ce sont des jeunes gens qui habitent là. où il y la croix c'était le nova service ; maintenant c'est une école maternelle provisoire. claudine s'est coupé la langue en tombant à l'école la semaine dernière. elle beaucoup saigné mais cela va bien maintenant.
    toujours pas de nouvelles de louis. ils sont fainéants ! le 11 novembre, nous avons été à ranchères en voiture. le gardien nous a conduits. marie-paule est 9e sur 36. elle travaille bien.

  • Français Le tableau de chasse

    En décembre 1989, Gilles Saussier photographie pour l'agence Gamma la révolution roumaine. Quinze ans plus tard, il revient à Timisoara mettre en relation ses images de presse avec les événements de 1989, le passé plus lointain et la situation actuelle du pays. Vigoureuse critique du photoreportage, Le Tableau de chasse est aussi une méditation sur l art et la mort, l histoire racontée par les pouvoirs et la mémoire des sans-voix.

  • Le titre évoque l'expression anglaise de « photographie vernaculaire ».
    « Vernaculaires » désigne ici des images situées hors du champ de l'art et liées à des pratiques propres à un milieu, à un usage très spécifiques.
    Si ces images sont généralement peu considérés par l'histoire de la photographie, elles jouèrent en leur temps un rôle social important.
    Clément Chéroux revient, en historien scrupuleux, sur quelques-unes de ces pratiques photographiques oubliées. Certaines se situent au croisement de la science et de l'ésotérisme au XIXe siècle, comme la photographie spirite (« La dialectiques des spectres ») ou l'enregistrement des fluides vitaux (« L'alphabet des rayons invisibles ») ; d'autres renvoient à des usages récréatifs comme la photographie foraine (« Portraits en pied de nez ») ou les techniques photographiques utilisées dans les films de Georges Méliés (« Le grand troc des trucs »).
    Ce n'est cependant pas par simple goût de la curiosité ou d'anecdotes souvent étonnantes, que ces essais ont été écrits et sont réunis ici. Plus fondamentalement, chacune de ces pratiques pose, à sa manière, question à l'histoire de la photographie. Ainsi, deux textes s'interrogent sur l'amateurisme en photographie (« L'expert et l'usager ») et la réception des photographies d'Atget (« Le décor de la rue »).
    C'est là une des vertus de la marginalité : en déplaçant les problèmes, elle les rend plus visibles, et donc plus faciles comprendre. En conclusion, Clément Chéroux appelle à une prise en compte de cette photographie vernaculaire qui invite à une relecture de l'histoire établie.

  • À la Libération, le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU) fut chargé de remédier aux destructions de la guerre autant qu'à la vétusté de l'habitat.
    Dès 1945, un service photographique interne documente l'état du bâti et surtout les constructions nouvelles. Plus de trente-six mille clichés sont ainsi réalisés jusqu'en 1958, date à laquelle le terme de "reconstruction" disparaît de l'intitulé du ministère. Le livre raconte cette histoire en mettant l'accent sur quelques chantiers et enquêtes remarquables, issus de ce fonds en grande partie inédit.
    Dans l'immédiate après-guerre, le MRU engage des"chantiers d'expérience" ; parmi ceux-ci, divers types de maisons préfabriquées à Noisy-le-Sec, et la vaste reconstruction du centre-ville d'Orléans. Vues générales, ouvriers au travail, phases de construction illustrent ici l'urgence de rebâtir. Les "chantiers d'Etat" répondent, eux, au besoin de loger mieux et davantage une population qui s'accroît. Du Havre à Marseille, les opérateurs du ministère photographient les premiers grands ensembles.
    Parallèlement, des "enquêtes sur l'habitat" accompagnent, au début des années 1950, des études sociologiques soutenues par le MRU. Elles décrivent des quartiers populaires à Rouen et Petit-Quevilly, en Normandie, au Chambon-Feugerolles, près de Saint-Etienne, à Montreuil-sous-Bois et à Pantin, en région parisienne. La plupart sont dues à Henri Salesse, photographe au MRU pendant près de trente ans. On y découvre les logements insalubres mais aussi les habitants et la vie de rue.
    Les images du MRU rendent sensibles les enjeux urbains, et plus largement sociaux, de la France d'après-guerre. Elles constituent aussi un exemple de cette production "grise" (administrative ou industrielle) que l'histoire de la photographie commence à étudier.

  • En février 1971, Michel Foucault fonde, avec des intellectuels, des militants, d'anciens détenus mais aussi des professionnels de l'institution judiciaire, le Groupe d'information sur les prisons (GIP). Son but est d'abord de rompre le silence qui pèse sur les lieux de détention en faisant connaître leur fonctionnement et en donnant la parole aux détenus. Jusqu'en 1973, le GIP mène clandestinement des « enquêtes-intolérance » qui font l'objet de publications, organise conférences de presse et actions de rue. Quelques mois après l'ouverture de ce nouveau front de lutte, éclatent différents mouvements de protestation à l'intérieur des prisons. A Nancy, le 18 janvier 1972, les détenus occupent pendant plusieurs heures les toits d'où ils font entendre leur colère et leurs revendications. Cette « mutinerie-manifestation », et le procès auquel elle donne lieu en juin, ont un formidable écho dans l'opinion.
    Le livre réunit une série exceptionnelle réalisée tout au long de journée par un photographe local, Gérard Drolc, ainsi que différents documents liés à la révolte de Nancy : deux conférences de presse du GIP, avec Jean-Paul Sartre et Michel Foucault ; une tribune de Gilles Deleuze ; des interrogatoires judiciaires des prisonniers et une pièce créée par le Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine, à partir des minutes du procès. Des photographies de Martine Franck et d'Élie Kagan illustrent ces textes.
    Enfin, une seconde conférence de presse de Michel Foucault, au nom du GIP, est ici publiée pour la première fois. Consacrée à la révolte de la prison de Toul, intervenue quelques semaines avant celle de Nancy, elle manifeste encore l'importance du GIP dans le parcours de l'auteur de Surveiller et punir (1975).

  • Français Cristina's history

    Poursuivi sur trois territoires très différents (une petite ville polonaise, Lisbonne, la Guinée-Bissau), ce travail retrace l'histoire d'une partie de la famille de l'auteur, du XIXe siècle à nos jours. Il interroge aussi l'histoire européenne, liée aux régimes autoritaires et à l'expansion coloniale, au regard de l'identité juive. Les textes proposent un triple éclairage : artistique, politique et biographique.

  • Français La photographie

    Ugo Mulas

    Sous un titre apparemment anodin, La Photographie constitue en fait une oeuvre unique.
    À travers de brèves séquences d'images introduites par un texte, Mulas y parcourt l'art de son temps et fait le portrait des artistes qu'il a côtoyés. Mais outre sa valeur documentaire, cet ensemble possède également une forte dimension autobiographique et spéculative. Représentant les oeuvres dans l'espace et en présence de leurs auteurs, bien souvent au travail, Mulas est conduit à s'interroger sur sa propre pratique, au croisement de la photographie et de l'art.

    Après l'Hommage à Niépce, première de la série des Vérifications, le livre débute à New York en 1964 avec Marcel Duchamp. Il se poursuit, au cours des années 1960, dans les ateliers de Stella, Johns, Warhol et Lichtenstein. Mulas rapproche ensuite, via des notions telles que « le comportement » ou « le rituel », d'autres artistes américains tels que Rauschenberg, Chamberlain et Calder, ou italiens comme Pistoletto et Fontana.
    Il s'intéresse aussi à « la ville », en évoquant les expositions dans l'espace public de Spolète et Pesaro, puis son projet de constituer une archive photographique de Milan. Enfin, un chapitre est consacré à la Biennale de Venise au fil de ses différentes éditions.
    Les Vérifications, que Mulas réalisa dans les dernières années de sa vie, concluent le livre comme l'exposition. Dans ces planches-contacts ou associations d'images, conçues pour être présentées telles quelles, le photographe prend pour objet la photographie elle-même, ses opérations essentielles, sa relation à l'espace et au temps.
    La dernière Vérification est dédiée à Marcel Duchamp. Elle montre le rouleau de pellicule qui constituait l'Hommage à Niépce sous un verre brisé à comme une manière de conjoindre, en un dernier geste, l'enregistrement photographique et le ready-made.

    L'exposition réunit essentiellement des photographies parues dans La Fotografia (1973).
    Elle présente une centaine de tirages d'époque en noir et blanc, appartenant aux Archives Ugo Mulas à Milan. L'exposition est coproduite avec la Fondation Henri Cartier-Bresson (Paris), en collaboration avec les Archives Ugo Mulas (Milan). Elle sera présentée à la Fondation Henri Cartier-Bresson du 15 janvier au 24 avril 2016.

  • Français Fuegogratis

    Jordi Colomer met généralement en scène des personnages dans des espaces urbains, à la fois imaginaires et concrets. Le cinéma muet, l architecture moderniste, les systèmes de langage, les avant-gardes artistiques, mais aussi les représentations communes, politiques ou commerciales, constituent des référents importants dans son travail. Le livre est constitué de séquences correspondant à une quinzaine de pièces, pour la plupart filmiques. Elles sont accompagnées de textes de différents auteurs, commissaires d exposition ou critiques d art. Deux essais et un entretien sont consacrés à l analyse de l'oeuvre en général. Notices techniques, bio et bibliographiques complètent cet ensemble. Cette monographie est à la fois un ouvrage de référence sur Jordi Colomer et un livre très visuel, qu'on aura plaisir à regarder même sans connaître les oeuvres originales.

  • Français Humaine

    Marc Pataut

    Ce livre est issu d'une résidence, initiée par le Centre régional de la photographie Nord-Pas-de-Calais (CRP), à Douchy-les-Mines entre 2008 et 2011. Le texte de Pia Viewing, directrice du CRP, et l'entretien conduit par l'historien Philippe Roussin rendent compte de l'évolution du projet en fonction du territoire, du temps passé, des personnes impliquées. Ces interactions sont au coeur du travail de Marc Pataut. Ainsi, se trouve aussi décrite une démarche poursuivie depuis une trentaine d'années.
    Le livre met en rapport le projet de Douchy avec un travail réalisé, il y a dix ans, dans la ville proche de Sallaumines. L'enjeu est à la fois intellectuel, politique et esthétique : dans cette ancienne région industrielle touchée par la précarité, comment représenter aujourd'hui le « peuple » ? Dans son texte, l'anthropologue Véronique Nahoum-Grappe, qui a travaillé avec Marc Pataut à Douchy et à Sallaumines, s'interroge sur la manière de traduire une atmosphère, des manières d'être, sans recourir à des catégories sociologiques préétablies.
    Pour Marc Pataut, ces questions ont une acuité particulière. Ses projets s'élaborent souvent dans des lieux marginalisés socialement, avec ceux qui y vivent. Ils constituent autant d'engagements ; non parce qu'ils témoigneraient d'une situation, mais parce qu'ils en participent, sont modifiés par elle. En distinguant le travail de Marc Pataut de la « photographie sociale », l'historien d'art Jean-François Chevrier insiste sur sa valeur expérimentale, particulièrement sensible ici.
    Pour la première fois en effet, Marc Pataut s'est intéressé au genre du portrait en travaillant avec trois femmes de Douchy. Il s'est concentré sur leur visage en évacuant tout décor, jusqu'à réaliser des nus avec l'une d'entre elles. Le livre manifeste une relation, indissociablement artistique et humaine, entre le photographe et celles qu'il a photographiées.

  • Parmi les artistes de sa génération utilisant la photographie, Taryn Simon est une des plus reconnues internationalement. Conçu en étroite collaboration avec elle, ce livre rétrospectif, accompagnée d'une importante exposition au Jeu de Paume, constituera en France un événement.
    Taryn Simon mêle la photographie et le texte dans des oeuvres au graphisme épuré. Elles montrent le monde globalisé actuel mais aussi la connaissance partielle que nous avons, sous la forme d'inventaires d'individus, d'objets et de lieux. De la recension de saisies faites par les douanes américaines à une enquête sur différentes lignées familiales à travers le monde, chaque série décrit avec une sobriété extrême des situations surprenantes.

  • Le livre est consacré au bâtiment dans lequel est installé à Cherbourg, depuis novembre 2008, Le Point du Jour, centre d'art et éditeur tourné vers la photographie. Il résulte du croisement entre les travaux d'un architecte (Éric Lapierre), de deux photographes (Emmanuel Pinard et Paola Salerno) et d'un graphiste (Benoît Santiard).
    Éric Lapierre s'intéresse de longue date à la photographie et, plus largement, à la représentation de l'architecture et du paysage. Il avait déjà collaboré avec Emmanuel Pinard et Paola Salerno à l'occasion du livre Architecture du réel (Le Moniteur, 2003). Tous deux ont ici produit des images, sans qu'aucune consigne ne leur ait été donnée, dans la continuité de leur travail personnel.
    Trois types de documents, sur un pied d'égalité, interagissent pour représenter la réalité construite et conceptuelle du bâtiment :
    - un groupe d'images : deux d'Emmanuel Pinard, vingt-cinq de Paola Salerno ;
    - un texte d'Éric Lapierre explicitant la prise de position théorique et esthétique qui sous-tend le bâtiment, sans en constituer une description ;
    - une série de dessins : plans / coupes / façades, à une échelle homogène.
    Un CD audio du trio de guitaristes improvisateurs AMP, formé de Noël Akchoté, Jean-Marc Montera et Jean-François Pauvros, est joint au livre. Il a été enregistré lors du concert qui s'est déroulé en août 2009 dans la grande salle d'exposition.
    Ce livre simple et radical, à l'image du bâtiment, s'adresse autant aux amateurs de photographie et de musique actuelles qu'au public intéressé par l'architecture contemporaine.

  • Français Images au centre 04

    Collectif

    Chaque automne, Images au Centre présente des oeuvres photographiques et vidéos dans des monuments de la Région Centre.
    Les commandes passées aux artistes de renom et les ensembles inédits exposés à l'occasion du festival sont des créations conçues en fonction de ces lieux uniques d'exposition. Les monuments sont les écrins exceptionnels où l'art contemporain dialogue avec l'histoire. Chacun des lieux accueille, le temps d'une saison, des expositions originales offertes à tous.*

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