Sansouire

  • Français L'attente

    Jean-Marie Leroy

    Quand Jean-Marie Leroy m'a parlé de son projet, j'ai trouvé l'idée formidable. Beaucoup de livres de photos dévoilant les coulisses de tournages ont déjà été publiés, mais généralement avec l'intention - naturelle et louable de glorifier la magie de ce métier qui fait rêver tant de gens. En prenant ce principe à contre-pied, Jean-Marie a réussi à faire un portrait à la fois plus réaliste, et en même temps plus poétique, ou plus extravagant, de notre profession. Car il faut tout de même que nous soyons sacrément fous, et passionnés, pour accepter volontairement de sacrifier une si grande partie de notre temps dans un but aussi volatile et incertain. Ironie du sort, Jean-Marie m'a proposé d'écrire la préface de ce livre alors que je m'apprêtais à démarrer un nouveau tournage. Touché, et emballé par ses photos, j'ai immédiatement accepté, et lui ai promis de lui envoyer le texte rapidement. A l'heure où j'écris ces lignes, cela fait déjà six semaines. Et pendant ce temps, lui. il attend.

  • A travers les regards croisés du photographe et du conteur, nous vous invitons donc à une étrange promenade à la rencontre du souvenir de ceux qui « passèrent » ici, dormeurs du val qui viendront à notre rencontre. Rencontres et non pas catalogue ! Nous n'évoquerons ici qu'une petite trentaine de ces « dormeurs ». Non pas forcément les plus célèbres d'ailleurs ! Notre choix s'est porté de façon assez arbitraire, sur des protestants nîmois qui nous semblaient « incarner » au mieux tel évènement ou telle opinion bien caractéristique de l'histoire nîmoise au long des deux siècles et demi que nous allons parcourir ensemble dans ces allées sombres « où la lumière pleut ».

  • En faisant ce reportage, encadrée par mes amis chercheurs, j'avais l'impression de participer à un travail important pour le développement de la région, à l'approche de l'indépendance du Sénégal et de la Mauritanie. C 'était une équipe de jeunes scientifiques, en deçà de l'idéologie colonialiste, encore perceptible à l'époque dans certains milieux. J'habitais à Dakar avec mon compagnon depuis 1954 et aller en « brousse », c'était l'aventure, c'était rompre avec la vie urbaine à l'européenne. Nous avions l'intention de faire un grand tour en Mauritanie pour documenter par la photo la vie des nomades et des sédentaires.

  • Fulgurance trouble de ces images en suspens. Aiguës à s'y briser. Plutôt que la tranquillité. Ni chute ni angle. Fixer le sentiment de ce qui a été. En retenir le sens. Même s'il ne sert à rien. Cette violence fugitive est celle d'un absolu où le désir s'appartient. Le réel est ce qui déchire cette oeuvre et ce qui la contient, parfois jusqu'à la déroute. La solitude d'un monde entier à absorber, comme autant de photographies de poussières vivantes. Intensité du geste photographique, l'issue importe si peu. Elle aussi disparaîtra. Toujours des souvenirs plus vrais que le passé ; l'éclat transparent d'un souffle. Le temps, ici, a bien existé ; son effacement ne vaut ni ne dure. L'éveil sera lent, la parole assourdissante.
    Alejandro De Los Santos est né à Barcelone en 1978. Après une maîtrise en cinéma et audiovisuel, il s'intéresse à la photographie qu'il finit par adopter comme unique langage. Depuis une dizaine d'années, il fait sa place dans le monde de la photographie contemporaine par sa participation à des festivals, des expositions en galeries et des publications dans des revues spécialisées. Ses oeuvres sont regroupées actuellement sous trois séries : « Do not cross », « Nevermind », et « Providence ».

  • Français L'état des ruines

    Jean-Pierre Loubat

    L'état des ruines condense le travail mené depuis cinq ans par le photographe Jean-Pierre Loubat sur les architectures à l'abandon. Au départ de cette aventure, il y eut la rencontre du Théâtre Cervantès à Tanger, témoin magnifique et décati d'un passé glorieux, suivirent beaucoup d'autres lieux flottant hors de l'histoire, suspendus, hors du temps, énigmatiques et bouleversants. Le livre rend compte de cette traversée des espaces et des émotions, il nous convie à une réflexion sur notre société et à une méditation sur l'impermanence et la beauté des choses fragiles.

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