Shelter Press

  • Le nouveau livre de la photographe française Estelle Hanania regroupe dix années de collaboration et de documentation autour du travail de Gisèle Vienne.
    Monographie subjective dédiée à l'oeuvre de la chorégraphe, le livre propose l'un des corpus d'images les plus denses d'Estelle Hanania, présentant un ensemble de photographies réalisées entre 2008 et 2019.
    Pour Estelle Hanania, dont le travail a déjà fait l'objet de deux ouvrages publiés par Shelter Press, le corps humain est une source d'inspiration sans limite. Son habileté à capturer l'essence du travail de Gisèle Vienne, par son regard unique sur les corps et les objets, mais aussi en créant des ponts naturels entre ces spectacles et l'ensemble du son travail photographique, fait de ce nouvel ouvrage un élément majeur dans sa carrière.
    Bousculant les canons du livre de spectacle vivant, It's Alive! pose un regard singulier sur le travail de Gisèle Vienne, invitant le lecteur à regarder hors du plateau, à se positionner à une distance nouvelle, mais aussi à envisager l'ensemble de l'oeuvre de la chorégraphe sous un jour nouveau, le contenu du livre se déployant de façon sensible et libre, se détachant d'une approche chronologique ou thématique propre à ce type d'ouvrage.
    Livre de photographie ambitieux et en complète résonance avec le catalogue de Shelter Press, c'est avec une émotion non dissumulée que ce titre, portant le numéro de référence SP100, s'inscrit comme un jalon essentiel de notre catalogue.

  • Glacial jubilé

    Estelle Hanania

    Première monographie consacrée au travail de la photographe française Estelle Hanania, cet ouvrage présente six séries d'images « brutes » et hallucinées réalisées entre 2006 et 2011, lors de parades rituelles de personnages costumés et masqués dans diverses campagnes et montages d'Europe (en Suisse, en Bulgarie, au Pays Basque, en Italie et en Autriche).

  • Les oeuvres polaroïd de Julien Carreyn.

    Lycéen, Julien Carreyn (né en 1973 à Angers, vit et travaille à Paris) découpait des photos dans la Gazette Drouot ou dans le Courrier de l'Ouest, et il remplissait de cahiers ces images trouvées. Il les organisait en chemins de fer, méthodiquement mais spontanément, et c'était avant de connaître Hans-Peter Feldmann. DJ, quelques années plus tard, il était à la recherche de l'enchaînement le plus juste, de la séquence musicale permettant d'apporter surprise, rupture mais aussi fluidité. La cassette parfaite, c'était son obsession et celle de ses amis. Un enchaînement sonore et mental procédant de la concaténation, c'est-à-dire de l'action de mettre à bout au moins deux chaînes, AB BC CD... Lorsqu'il s'est agi de prolonger à la fois cette recherche de l'enchaînement parfait et cette quête infinie d'images, c'est-à-dire de travailler pour se constituer son iconographie, une règle s'est imposée : il devait être l'auteur de toutes ses images. La question des images trouvées et de leur usage ayant peut-être définitivement réglée par Feldmann ou Richard Prince, il lui fallait trouver une voie qui impose une puissance créatrice, une vitalité. Quelque chose ayant à voir avec une certaine idée de l'artiste comme surhomme, qui permettrait de réconcilier, selon l'utopie nietschzéenne, le rationnel et le passionnel. Quelque chose comme un nécessaire passage à l'acte. Alors Julien Carreyn s'est appliqué avec beaucoup de persévérance, et un brin d'obsession, à produire un corpus d'images (photos et dessins) de plus en plus dense, explorant des territoires aussi variés que l'est sa culture transversale de l'image et qui englobe aussi la bande dessinée érotique des années 70, les manga, l'illustration jeunesse...
    A l'instar des oeuvres mystérieuses du symboliste belge Fernand Khnopff - compositions peuplées de femmes hiératiques, inaccessibles et au regard trouble, ou paysages renvoyant au monde du rêve -, les images de Julien Carreyn évoquent un passé disparu, englouti dans le vague des souvenirs. L'artiste photographie des modèles qu'il fait poser dans des intérieurs saturés d'objets à haute valeur culturelle et symbolique. S'en suit un long travail d'atelier solitaire et minutieux pour faire naître, par le biais de techniques d'impression obsolètes, des dessins et des photographies qui sont ensuite assemblés en séries et disposés sous vitrine tels des vestiges culturels. Julien Carreyn a un désir d'imaginaire et d'esthétisme. Particulièrement intéressé par des techniques de reproduction anciennes et/ou rudimentaires, il a choisi de privilégier le dessin en tant que processus créatif pour tenter de créer un nouveau langage. Boulimique et érudit, c'est par la fusion de références multiples qu'il produit des oeuvres à l'aspect faussement désuet, mêlant l'abstraction à la figuration, associant un certain réalisme fragmenté aux images subconscientes et aux rêves, et ayant la particularité de rester parfaitement ouvertes.
    Julien Carreyn a notamment participé à des expositions à la Fondation d'Entreprise Ricard à Paris (Une Expédition, commissariat de Stéphane Calais, 2009), au Mac/Val de Vitry-sur-Seine (collection du FRAC Ile-de-France, 2008) et au Cneai de Chatou (Salons boudoirs et antichambres, 2002). Il a publié plusieurs livres d'artistes, dont Les Demoiselles de Vienne en collaboration avec Pierre La Police (Editions Cornélius, Paris, 2008).

  • Cette nouvelle monographie de la photographe française rassemble 42 photographies prises entre 2011 et 2014 durant la fête juive de Pourim dans le quartier de Stamford Hill à Londres.

    Les photographies d'Estelle Hanania immortalisent des enfants en costumes fait-main, reflétant l'influence d'une histoire culturelle commune ainsi que l'identité visuelle de leur quartier (un mur de briques, une porte verrouillée, un trottoir). Nous retrouvons au sein de cette série les motifs d'intérêts de la photographe parisienne, notamment sa fascination pour les costumes, masques et défilés. Pour citer Delphine Horvilleur, femme rabbin qui signe un texte en fin d'ouvrage : « Pourim a la réputation d'être une fête destinée aux enfants. En outre, ce sont des enfants qui constituent le sujet même de ces photos, bien qu'à mon sens Pourim soit une fête pour adultes. D'une certaine façon, les enfants agissent comme un voile, un « masque » - dans tous les sens du terme - maquillant cette fête pour mieux en dissimuler la complexe signification, à savoir la question de l'apparence et de la vérité intérieure. En ce jour, nous lisons un texte appelé la Méguila d'Esther, dont le contenu doit pratiquement être censuré pour les personnes mineures. » Us et coutumes : l'originalité du travail photographique d'Estelle Hanania (née en 1980, vit et travaille à Paris) réside dans le fait qu'elle s'intéresse aux rites vernaculaires en Europe comme au Japon, sans chercher, à l'inverse de l'anthropologue ou du documentariste pur et dur, à en déceler le mystère. Une procession de géants dans un champs, un magicien sur un parking, une grotte organique... Les ombres d'une identité singulière se détachent d'un cadre pourtant non exotique, se révélant comme une hallucination.
    Diplomée des Beaux-Arts de Paris puis photographe primée au Festival de photographie de Hyères, Estelle Hanania n'a pas peur de la beauté, de l'esthétique pure, de l'étoffe ni du masque. Pour autant elle n'est nullement dupée par les artifices du déguisement, se tenant à une distance humaine, dans la lumière naturelle, en silence. Ses photographies représentent des portraits et des paysages d'hommes devenus bêtes ou végétaux, d'un maître de marionnettes englouti par ses poupées ; autant de figures chimériques incarnées dans un absurde contemporain. Au second plan apparait ainsi une voiture, une route, un parking ; des infrastructures banales qui signifient qu'il ne s'agit pas vraiment de lieux spectaculaires, mais de rituels extraordinaires nécessaires dans une communauté ordinaire, d'un présent en syncope, imbriqué dans le réel comme un lychen étrange sur un mur de béton.

  • Cette publication de l'artiste français met en valeur son travail photographique sur la couleur à travers une série de 41 reproductions, accompagnée de textes de Claire Moulène et de Mick Peters.

    Les photographies d'extérieur de Julien Carreyn explorent notre pays, ses difficultés à négocier son prestige essentiellement lié au passé, et son esthétique obéissant aux critères et goûts que l'on suppose être celui des classes moyennes. Il ne s'agit ni d'une approche critique ni d'un témoignage mais plutôt d'une fuite ; un désir d'éloignement spatio-temporel dont le point de départ serait une zone péri-urbaine située au bord du rien. Dans cette exploration, tel parking à demi-vide ou telle enseigne de salon de coiffure deviennent, soumis à certains choix esthétiques de cadrage et de distance, une composition à la manière de Morandi (substituant des Renault Mégane et Citroën Picasso aux bouteilles, cônes et entonnoirs) ou un curieux mélange de sémiologie et nostalgie. Certaines images sont imprimées en noir et blanc sur des objets, peut-être des presse-papiers en plexiglass de format carte postale, d'autres subissent un traitement dans lequel certaines couleurs sont voilées, atténuées ou supprimées (généralement le vert et le jaune), soulignant l'approche de l'esthète sans renier la séduction étrange advenue du charme discret de la fadeur. Après ces interventions, ce qui reste de proximité dans le corpus est encore écarté au profit de la loi du genre, ici le nu, dont l'apparition ponctuelle génère l'artifice et déplace l'ensemble des images dans le domaine de la mise en scène et la fiction pure.

    Publié à l'occasion de l'exposition éponyme à la galerie Crèvecoeur, Paris, du 18 mars au 14 mai 2018.

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